Développement durable - Page 2

  • « Ecopop » : Brouillard vert sur la xénophobie ordinaire, ou l'écologie à la mode bunker

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    propriété privée.jpgEcolo fondamentaliste encarté au PDC, Philippe Roch ne voit pas ce que l'initiative « Ecopop » qu'il soutient peut bien avoir de xénophobe. L'a-t-il lue avant de la soutenir au seul motif qu'elle « lance le débat sur la démographie » ? L'initiative ne s'en prend pas à la consommation individuelle des ressources (et des espaces) par la population résidente, ni au gaspillage de ces ressources et de ces espaces par les Suisses eux-mêmes -elle s'en prend à l'immigration; elle ne s'en prend pas au vieillissement de la population résidente (un vieillissement lui-même fauteur d'immigration) mais à la natalité dans les pays bénéficiaire de l'aide suisse au développement... Elle ne « lance pas le débat » sur la démographie, elle le rabaisse au niveau d'un seul et unique prédicat : la dégradation de l'environnement, le bétonnage, le gaspillage, « c'est la faute des autres ». La faute des immigrants, la faute des pauvres du Sud. Et on serait bien chez nous, entre nous seuls, sans ces importuns... Bref, de l'écologie à la mode bunker : « propriété privée, défense d'entrer, chien méchant »...

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  • Pièges mortels au Bangladesh : Solidarité avec les ouvrières du textile

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    Le Bangladesh est après la Chine le deuxième pays producteur de textiles : quatre millions de personnes (dont trois millions et demi de femmes)  y produisent dans 4500 usines ce qu'on va retrouver dans les grands et petits magasins de nos pays. Et ce travail est effectué dans des conditions désastreuses, pour un salaire inférieur au minimum vital : les ouvrières du textile travaillent au moins treize heures par jour, n'ont droit à aucune vacances, vivent dans des bidonvilles sans accès à l'eau potable. Et leur lieu de travail peut être un piège mortel :  Il y a un an, le 24 avril 2013, le Rana Plaza s'effondrait à Dhaka, au Bangladesh. Plus de 1100 ouvrières (surtout) et ouvriers qui travaillaient dans cet immeuble transformé en usine textile ont été ensevelis sous des décombres. Les patrons, les autorités savaient l'immeuble dégradé, lézardé de fissures, mais couturières et couturiers avaient tout de même été contraints, sous menace de licenciement, de se rendre à leur poste de travail. Cinq mois avant, 112 ouvriers avaient déjà été tués dans l'incendie d'une usine textile dont les portes étaient fermée.

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  • Pérou : Eldorado des uns, calvaire des autres...

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    L'or contre la vie

    Depuis une dizaine d'années, le Pérou base sa politique économique sur l'exportation des matières premières. Non plus le bon vieux guano des aventures de Tintin, mais, entre autres, sur le cuivre et l'or. Economiquement, ça fait du bien à la balance du commerce extérieure et au PNB. Socialement et écologiquement, c'est une calamité. Il y a un an, à Espinar, trois paysans avaient été tués, et des dizaines d'autres blessés et/ou arrêtés dans la répression d'une manifestation contre la pollution générée par une mine de suivre exploitée par le groupe Xstrata. Aujourd'hui, c'est dans la province septentrionale de Cajamarca qu'un conflit a éclaté entre la population et le gouvernement allié aux multinationales (en l'ocurrence, l'étasunienne Newmont Mining), au sujet de l'extension des mines d'or. C'est loin, le Pérou. Mais où croyez-vous que l'or que l'on y extrait est raffiné et négocié ? Gagné : chez nous ! C'est vrai, quoi, on allait tout de même pas se contenter de blanchir l'argent sale, il fallait bien aussi pouvoir blanchir l'or pas propre...

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  • Vote du 3 mars sur l'aménagement du territoire : A la hauteur de l'enjeu ?

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    Le 3 mars, on votera sur la révision de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire, contre-projet indirect à une initiative populaire « pour la protection du paysage » imposant aux cantons un moratoire de vingt ans des zones à bâtir. Si la révision de la loi, combattue par un référendum lancé par l'organisation patronale des PME (l'Union Suisse des Arts & métiers)  passe, l'initiative sera retirée. Si elle est refusée, l'initiative sera soumise au peuple. Le Conseil fédéral, la majorité du parlement (dont la gauche), les villes, la majorité des communes et la quasi totalité des cantons (le Valais faisant bande à part), l'Asloca, soutiennent la nouvelle loi. Mais est-elle à la hauteur de l'enjeu ?

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  • Vingt ans après le « Sommet de la Terre » : Sauver la Terre ou les Terriens ?

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    « La cause principale de la dégradation continue de l'environnement mondial est un schéma de consommation et de production non viable, notamment dans les pays industrialisés, qui est extrêmement préoccupant dans la mesure où il aggrave la pauvreté et les déséquilibres » : ainsi s'exprimait en 1992 la déclaration finale du « Sommet de la Terre », à Rio de Janeiro. Deux conventions sur les changements climatiques et la diversité, plus un plan de « développement durable » (l'« Agenda 21 »), suivirent, mais vingt ans plus tard on n'est toujours pas sorti du « schéma de consommation et de production non viable », et le «développement durable» prôné à Rio apparaît pour ce qu'il est : une tentative de sauvegarder l'essentiel de ce « schéma », d'en pérenniser les « lois » fondamentales -à commencer par celle du profit, et celle de la propriété privée des moyens de production. La planète y survivra, mais quel prix paieront ses habitants humains ?

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  • Retour d'Afrique : Décalages horaires politiques

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    « L'histoire nous surprend là où nous sommes nés », écrivait Régis Debray -du temps où il était de gauche. Elle nous a surpris dans l'une des villes les plus riches de l'un des pays les plus riches du monde. Elle nous surprend aujourd'hui au retour du Burkina Faso, où nous étions partis en délégation des communes genevoises et de la Fédération genevoise de coopération, nous rendre compte sur place de la réalité des projets que soutiennent nos communes. et cette surprise pèse d'un sacré poids : celui de la comparaison entre deux situations extrêmes -la nôtre et celle d'un des trois ou quatre pays les plus pauvres de la planète. Mais toute mauvaise conscience mise à part, et toute posture contrite abandonnée, que faire de cette surprise, et de ce décalage horaire politique ?

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  • Un enjeu plus urgent que nos jeux

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    Avec une demie-douzaine d'autres conseillères et conseillers municipaux de quatre communes genevoises, nous partons dimanche, pour une semaine, au Burkina Faso, invités par la Fédération Genevoise de Coopération (organisation faîtière regroupant une cinquantaine d'associations actives dans la coopération au développement) à venir « voir sur place »  à quoi (tri des déchets, scolarisation des enfants handicapés, gestion de la faune, sécurité alimentaire...) sont utilisés les fonds accordés par nos municipalités à la coopération au développement, et avec qui se fait cette coopération.  On vous tiendra au courant (notamment sur www.secretariatfgc.blogspot.com). Et, avouons-le : entre les vautours planant sur les Bastions, l'appel de la droite à réduire le droit de manifester et les petits arrangements de l'«affaire Muller », on n'est pas trop mécontents de changer un peu d'air, et de réalités -pour des réalités pour lourdes que les nôtres, et des enjeux plus urgents que nos jeux.

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  • Population mondiale : Sept milliards d'humains, et alors ?

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    Nous sommes donc, nous annonce l'ONU, sept milliards d'humaines et d'humains sur terre. Sept milliards d'humains, et alors ? Nous produirions assez de nourriture pour en nourrir deux fois plus, si les ressources alimentaires étaient équitablement réparties, et si nous n'étions pas dans un monde où les uns bouffent trop quand les autres crèvent de faim. Mais sept milliards d'humaines et d'humains sur terre, il semble que cela en panique une partie -celle, apparemment, qui vit le mieux ou le moins mal. Parce que cette part de l'humanité est celle dont la croissance démographique est la plus faible, et qu'elle se sent menacée par l'autre part, plus jeune, plus pauvre... et plus prolifique. A qui on ne dit plus de se serrer la ceinture, mais de fermer sa braguette.

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  • Jeûnes genevois et fédéral : qu'en reste-t-il ?

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    Allez les Jeûnes !

    Demain, à Genève, c'est jour officiel de Jeûne. Et dans dix jours, dans le reste de la Suisse, c'est jour officiel de Jeûne.  Est-ce à Genève en hommage aux victimes du massacre de la Saint-Barthélémy, ou d'un massacre précédent à Lyon en 1567, ou d'une épidémie de peste que l'on est supposé jeûner ? Et en Suisse, est-ce toujours pour «  consolider la paix religieuse » que perdure le Jeûne fédéral  institué par la Diète (un Jeûne institué par une Diète, il y a de la logique là-dedans...) en 1832 ? Soyons franc : tout le monde se fout de savoir pourquoi ces journées de jeûne, que plus personne ne respecte en tant que telles, ont été instaurées. On ne jeûne plus les jours de Jeûne, mais on devrait s'y remettre, pour les raisons qu'on veut. Ou sans raison. Parce qu'un jour sans goinfrerie ne pourrait que nous faire du bien, de quoi que l'on se goinfre le reste de l'année.

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  • Cherpines-Charottons : Des cardons, du logement, quoi d'autre ?

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    Le référendum contre le déclassement du secteur des Cherpines, à Plan-les-Ouates, est lancé, à l'initiative de la coopèrative des Jardins des Charrotons. Face au projet du Conseil d'Etat (ou de Mark Muller tout seul, on ne sait pas trop), les référendaires affirment vouloir défendre l'agriculture de proximité (les terres de la Plaine de l'Aire sont, paraît-il, excellentes), contestent l'impact du projet sur la crise du logement et refusent un déclassement voté alors qu'on attend toujours que se concrétisent des projets déjà acceptés  (Communaux d'Ambilly, Vergers, Chapelle). Le projet voté par le Grand Conseil souffre d'une densification insuffisante (l'espace à déclasser pourrait, même en préservant les terres agricoles, accueillir plus de logements que le projet en prévoit), et envisage de gaspiller deux hectares et demi pour un centre sportif (agrémenté de l'inévitable « event center » et du non moins inévitable parking) dont le destin pourrait bien être celui du funeste stade de la Praille. Le référendum s'appuie sur une ébauche de contreprojet préservant la zone agricole tout en permettant la construction de 2500 logements. Les socialistes, qui ont posé au parlement des conditions (dont la densification, en faveur de logements sociaux) à leur soutien au projet, se prononceront lundi soir sur le référendum, prise de position qui quelle qu'elle soit, ne devrait préjuger nullement de leur mot d'ordre final, lorsque le référendum aura abouti : il faudra bien, à ce moment là, sortir de la confortable ambiguité en laquelle nous nous sommes lovés comme des cardons dans la bonne terre de la Plaine de l'Aire.

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  • Après Copenhague, Cochabamba. Et Eyjafjöll.

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    « Ou c'est le capitalisme qui meurt, ou c'est la planète »

    Le président bolivien Evo Morales a ouvert mardi, à Cochabamba la « Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère» en dénonçant la responsabilité historique du capitalisme dans la dégradation de l'environnement. Passons sur la référence chamanique à la «Terre Mère » et retenons de la conférence de Cochabamba, non cette invocation « new age », mais la volonté de répondre, par une sorte d'« appel à la base » au fiasco de celle, en décembre dernier, de Copenhague sur le climat. « Ou c'est le capitalisme qui meurt, ou c'est la planète » , affirme le président bolivien -qui l'avait déjà dit, en d'autres termes, à Copenhague. Mais à Copenhague, Morales parlait à des sourds volontaires. A Cochabamba, il entend parler aux mouvements sociaux et aux peuples. On change de registre, on hausse l'ambition : on ne cherche plus  à « écologiser »  le capitalisme,  on s'organise pour mettre fin à un modèle de développement fondé sur la mercantilisation de tout, l'exclusion de tous ceux qui n'ont pas les moyens d'accéder au marché global, le pillage des ressources non renouvelables et la destruction de tous les écosystèmes, sans exception. La conférence bolivienne s'est ouverte en pleine éruption islandaise. A la dénonciation politique exprimée par Morales, il fallait une démonstration par l'exemple de l'absurdité du système économique : notre camarade Eyjafjallajokull l'a donnée en clouant au sol la quasi-totalité de l'aviation civile européenne.

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  • Programme socialiste et « développement durable »

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    Camarades, encore un effort pour être écosocialistes...

    Dans le projet de programme du PSS, on trouve ceci :  « L'objectif du Parti socialiste est le suivant : assurer une qualité de vie optimale à un maximum de personnes à l'intérieur et à l'extérieur de nos frontières. La voie qui y mène, c'est le développement durable. Au 21e siècle, c'est le seul principe défendable en matière d'action politique, sociale et économique ». Le « seul principe défendable », vraiment, ou plutôt le seul principe a priori acceptable par l'opinion publique ? Si acceptable a priori qu'il est devenu une sorte d'invocation rituelle, de laquelle plus aucun programme politique ne pourrait se priver...  Pour le PSS, au-delà de l'invocation, il s'agirait de donner une « priorité à la perspective à long terme et non à l'action à court terme », de promouvoir une « logique sociale, écologique et économique et non pas la logique d'entreprise capitaliste », de  mettre l'économie financière « au service de l'économie réelle au lieu de mettre l'économie réelle au service - à haut risque - de l'économie monétaire et du capital financier », d'aménager la croissance économique « de telle sorte que nous consommions moins de ressources au lieu d'en consommer toujours davantage, au détriment des plus pauvres et des générations futures »,  de « faire primer la force du droit sur le droit du plus fort », de « placer la démocratie politique au-dessus des prétentions de celles et ceux qui veulent soumettre toujours plus de domaines de la vie au régime du marché »... Tout cela est fort bien et fort juste. Mais peut-être encore insuffisant pour donner un réel contenu politique, socialiste, au « développement durable ».

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  • Vers l'emploi vert...

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    Le Parti socialiste suisse lance une initiative populaire fédérale, soutenue par les Verts et les syndicats, pour « de nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables », titre malencontreusement résumé en anglo-zurichois par un très ridicule « Cleantech » qui renvoie plus à une marque de détergent qu'à un projet politique. L'initiative vaut mieux que cette navrante trouvaille publicitaire : elle vise à libérer la Suisse de sa dépendance à l'égard des énergies non-renouvelables, et à créer des emplois dans le secteur des énergies alternatives en y soutenant l'innovation et l'investissement privé et public. Les énergies alternatives et les technologies dites « propres » (encore qu'il il faudrait y regarder d'un peu plus près pour être sûrs qu'elles méritent ce label: comment, avec quoi, où et dans quelles conditions produit-on les panneaux solaires, par exemple ?), sont en effet, comme l'écrit le présidnt du PSS Christian Levrat, « synonymes d'emplois pour le futur », à condition que les investissements suivent et qu'une véritable volonté politique de les promouvoir se traduise en actes (en en lois incitatives, du moins tant qu'on a encore besoins de lois). De là à croire que « les technologies propres nous sortiront » de la crise « où l'industrie financière nous a jetés », il y a sans doute un pas qu'on ne franchira qu'avec beaucoup d'ingénuité...

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  • Réchauffement de la planète et eau de boudin diplomatique

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    De COPSenague à FLOPenague

    A Copenhague, on a commencé par cogner sur les altermondialistes, et on a fini par pisser dans un violon. Et le prochain sommet du même genre, sortant du même tonneau, aboutira sans doute au même résultat, pour les mêmes raisons : aucun des principaux acteurs de ce genre de raouts n'a la moindre envie de remettre en cause les fondements mêmes de son économie , qu'elle soit qualifiée de " développée " ou " émergentes " Copenhague est un fiasco ? Les plus importants des 120 Etats qui y participaient feront mines de s'en désoler, mais ce fiasco les arrange, et arrange surtout les puissances économiques dont la plupart d'entre eux ne sont que les commis. Le " Yes we can ! " d'Obama trouve là ses limites : celles que lui mettent les plus grandes entreprises américaines, dont celles, notamment dans le secteur automobile, qui ont été sauvées par les caisses publiques à coups de centaines de milliards de dollars. Les Etats-Unis n'en font pas assez pour réduire leurs émissions, la Chine ne veut pas être contrôlée, l'Europe donne des leçons qu'elle ne s'applique pas à elle-même, Moritz se rend à Copenhague en train, mais en revient en avion, tout est pour le pire dans le meilleur des mondes réchauffés possible, mais " l'économie " et la consommation sont sauves.

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  • De l'huile de palme dans les rouages des banques suisses

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    Quand l'UBS et le Crédit Suisse financent la destruction de la forêt tropicale

    En Indonésie, de grandes compagnies financées notamment, comme la " Golden Agri Ressources+ ", par l'UBS et le Crédit Suisse, s'approprient les terres et déboisent, détruisant les écosystèmes locaux (qui participent du poumon de la planète) et les espaces de vie des populations indigènes. L'organisation indonésienne Walhi s'y oppose, et soutient le mouvement d'occupation des terres communales volées à Sumatra par les industriels de l'huile de palme. A son tour, Walhi a obtenu le soutien du SOLIFONDS, le fonds de solidarité avec les luttes de libération sociale dans le tiers-monde, commun aux syndicats, à l'OSEO et au PS. Le Solifonds a donc besoin de notre propre soutien pour pouvoir soutenir Walhi : vos contributions sont attendues... Elles ne contrebalanceront pas matériellement les masses financières injectées par la Suisse dans ses banques, et qui leur permettent de financer les ravageurs de la forêt indonésienne, mais elles y répondront au moins comme il convient : par le soutien à celles et ceux qui, en Indonésie, s'y opposent.

    SOLIFONDS, Quellenstrasse 25, CH-8031 Zurich
    mail@solifonds.ch
    www.solifonds.ch
    Compte postal 80-7761-7

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  • En finir avec le développement du râble

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    Plans de relance ou décroissance ?

    Le 16 mai prochain, dans toute l'Europe, les syndicats et les partis de gauche manifesteront pour un " new deal social ". Les grandes organisations mondiales de protection de l'environnement militent quant à elles pour un " new deal vert " destiné à revitaliser l'économie mondiale et relancer l'emploi en accélérant la lutte contre le changement climatique, la dégradation environnementale et la pauvreté. " Sociale " ou " verte ", une relance fondée sur les fameux principes du " développement durable " nécessiterait au minimum un investissement d'un pour cent du produit intérieur brut (PIB) mondial, soit environ 750 milliards de dollars (bien moins que les masses financières gigantesques englouties depuis des mois dans le sauvetage du système financier mondial), à investir dans les économies d'énergie, les énergies renouvelables, les transports collectifs, l'accès à eau douce, l'infrastructure écologique et l'agriculture " durable ". Mais il s'agit bien d'une " relance ", et non d'un changement. On fait repartir une machine, on ne renonce pas à celle tombée en panne.

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  • Ecoquartiers ou boboghettos ?

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    Vers le développement durable de la ségrégation sociale

    Qui n'a pas son projet d' " écoquartier " ? L'implantation d'un " écoquartier " sur le site d'Artamis (en 2011, 2012 ou 2013, quand le site aura été décontaminé de toutes les saloperies laissées par les Services Industriels qui l'occupaient avant les milieux alternatifs) est pratiquement acquise, a annoncé Rémy Pagani; les radicaux ont eux aussi leur projet d' " écoquartier ", à la pointe de la Jonction. Quant aux Verts, trois de leurs députés ont déposé et fait accepter une motion pour en installer un à la Concorde, à Châtelaine, après que la Fondation Emile-Dupont pour des habitations bon marché ait décidé de démolir et de reconstruire une vingtaine d'immeubles du quartier des Ouches. La liste n'est ni exhaustive, ni close. Les écoquartiers sont conçus pour qu'on y privilégie des principes de " développement durable " (énergies renouvelables, toitures végétalisées, récupération des eaux de pluie, potagers etc…), qu'il n'y a cependant aucune raison de réserver à l'usage de quartiers expérimentaux, et qui mériteraient d'être appliqués dans toute la ville. Sauf à n'avoir aucun sens.

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  • menue monnaie, petit pas...

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    Aide au développement : 0,5 % du RNB en 2015...

    Le 26 mai dernier, une pétition revêtue de 200'000 signatures était remise à la Chancellerie fédérale, demandant une nette augmentation de la contribution suisse à l'aide publique au développement, pour la faire atteindre l'objectif de 0,7u % du revenu national -ce que le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède ont atteint ou s'apprêtent à atteindre, et que l'Union Européenne veut atteindre d'ici 2015. Pour la Suisse, cela signifierait une hausse de sa contribution annuelle d'environ un milliard et demi -et c'est à sa portée : cela ne fait après tout que 60 centimes par jour et par habitant, et cinquante fois mois que ce qui a été débloqué pour " sauver l'UBS " La droite UDC et radicale ne voulait pas lâcher plus. Finalement, le 2 décembre, une majorité de circonstance formée de la gauche et des représentants des réseaux chrétiens au sein des élus radicaux et PDC a imposé une modeste progression du pourcentage du revenu national brut affecté à l'aide au développement, de 0,4 à 0,5 %, d'ici 2015. Le montant de l'aide pasera de 4,5 à 5,3 milliards. 800 millions de plus en huit ans : dans un pays où on en a trouvé quatre-vingt fois plus quatre cent fois plus vite pour l'UBS, on devrait y arriver.


    Aider ou s'aider ?

    Finalement, le 2 décembre, une majorité de circonstance formée de la gauche et des représentants des réseaux chrétiens au sein des élus radicaux et PDC a imposé une modeste progression, de 0,4 à 0,5 % d'ici 2015, du pourcentage du revenu national brut affecté à l'aide au développement Le montant de l'aide passera de 4,5 à 5,3 milliards. 800 millions de plus en huit ans : dans un pays où on en a trouvé quatre-vingt fois plus quatre cent fois plus vite pour l'UBS, on devrait y arriver. La progression de 0,1 % en huit ans de la part du Revenu national brut affectée à l'aide au développement est " un petit pas dans le bonne direction ", a sobrement commenté la Conseillère aux Etats genevoise (et socialiste) Liliame Maury Pasquier. Elle a raison, Liliane : c'est un " petit pas " dans une moins mauvaise direction que celle de l'enfermement national pingre des temps de crise. Cette " bonne direction ", c'est l'objectif onusien du 0,7 % d'ici 2015, objectif repris dans une loi cantonale genevoise que le canton n'a jamais été foutu de respecter. A moins bien entendu de comptabiliser au titre de l'aide au développement le coût de la construction de centres de rétention pour immigrants illégaux : après tout, ces gens là viennent bien des pays où l'aide devrait se concrétiser, non ? Et qu'ils ont quitté à cause de leur sous-développement ou de leur mal-développement, non ? Et on les loge, on les nourrit, on les soigne même un peu, quand on trouve un médecin, non ? C'est-y-pas de la bonne aide au développement, ça ? Et financée par nos propres budgets sécuritaires et xénophobes, en plus ?
    * Le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles (elles sont actuellement un milliard) pourrait s'accroître à cause de la crise du crédit, selon un rapport bisannuel de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains, qui met l'accent sur l'accroissement des inégalités à l'intérieur des villes, et en particulier de celles des pays "émergents" ou "en développement", où coexistent des quartiers riches et bien alimentés en services et des bidonvilles privés des services de base. Les perspectives sont meilleures que jamais

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  • Ne plus acheter, pour ne plus se vendre

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    29 novembre : Journée sans achat

    Le 29 novembre se tiendra la " Journée Sans Achat " . A l'ordre du jour : ne rien acheter pendant 24 heures (ne rien acheter, pas ne rien voler ou ne rien troquer…) Organisée dans au moins 55 pays, la Journée Sans Achat veut nous interroger sur la réalité de notre société mercantile et consumériste, dénoncer une publicité omniprésente et une incitation permanente à amasser, se libérer d'un rêve de croissance infinie qui se transforme en cauchemar pour la majorité de la population humaine de la planète. A Genève aussi, la Journée Sans Achat sera l'occasion d'une critique de la marchandise, de la consommation et de la croissance. Cesser d'acheter pour ne plus se vendre : ça tombe au bon moment, et si la crise du système financier mondial, en faisant planer le " spectre de la récession ", pouvait concourir à une remise en cause radicale de nos comportements ?

    Ne plus consommer, mais consumer

    Une " Journée Sans Achat " pourquoi ? Pour se défendre de la marchandise, et de la mercantilisation. Pour remettre en cause la réduction de toute valeur d'usage à une valeur d'échange, de tout lien social à la propriété d'un signe d'appartenance (une bagnole, un home cinema, une console de jeu, un portable...). Cette socialisation de la marchandise, rigoureusement conjointe à la réification du lien social, est la marque du capitalisme socialisé. Ne pas acheter pendant un jour ne suffit évidemment pas à une critique de la marchandise, mais du moins en manifeste l'urgence. Pour le reste, et pour la suite, il n'est qu'un moyen de se délivrer de la marchandise : la détruire en tant que marchandise, c'est-à-dire détruire sa valeur d'échange. Celui qui détruit la marchandise s'en rend maître. Le gaspillage, le vol, le pillage, détruisent en effet ce qui, dans la marchandise, contient la valeur de l'exploitation du temps de travail qui l'a produite. L'exploitation ainsi niée, reste à nier aussi l'aliénation. Et à passer de la critique de la consommation à l'exercice de la consumation. On rejoint ici l'objectif que nous pouvons assigner à la décroissance : être non seulement l'instrument de la défense de l'environnement naturel contre les agressions humaines, ou de la défense des plus vulnérables d'entre les humains contre les actes et les comportements des privilégiés, mais être surtout la charge d'explosif dynamitant un ordre social fondé sur l'impératif de produire toujours plus, de consommer toujours plus, et de n'être plus que producteurs et consommateurs -surtout pas citoyens.

  • Du développement durable comme tarte à la crème (bio, la crème)

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    Un consensus qui sonne creux :
    Du développement durable comme tarte à la crème (bio, la crème)


    Quand un concept fait l'unanimité, il y a de fortes chances pour que ce soit en raison de sa vacuité. Et quand tout le monde, de l'UDC aux Communistes, et nous compris, prône le " développement durable ", c'est vraisemblablement que le concept ne gênant personne, il ne sert à rien. Sinon à remplir les discours de campagnes électorales. C'est le principe du tambour : ça résonne parce que c'est creux.

    Développement du râble

    Ce qu'il y a de plus durable dans le concept de " développement durable " est bien l'usage qu'on en fait pour tenter de pérenniser des comportements et des modes d'organisation sociale qui sont tous contradictoires des beaux objectifs proclamés. Il n'y a pas de développement " durable " concevable dans la poursuite d'une croissance fondée sur l'utilisation de ressources non renouvelables, sur la production et de la consommation de biens marchands acquis non pour leur utilité mais pour le signe d'intégration sociale qu'ils manifestent et sur l'appropriation privée de l'espace. Bref : il n'y a pas de développement durable sans rupture avec notre mode de vie actuel -pas de développement durable sans décroissance. Or tel qu'il nous est vanté, le " développement durable " n'est qu'une forme de croissance. Une croissance light, soft, fit, tant qu'on voudra, mais une croissance. Or c'est bien, désormais, la décroissance qui devrait s'imposer, et avec la décroissance, un changement radical des répartitions de la richesse, des ressources et du pouvoir. La crise financière actuelle pourrait-elle le provoquer ? Les Etats font et feront tout pour qu'il n'en soit rien. Avec les plus de 1000 milliards de dollars affectés par les USA et les Etats européens et asiatiques au sauvetage d'un système financier parasitaire, on éradiquerait la faim, l'analphabétisme et la plupart des maladies endémiques qui ravagent encore la périphérie; on assurerait l'accès universel à l'eau potable et aux soins. Et quand on s'inquiète ici sur le coût d'un plein pour sa bagnole, on a des soucis d'une toute autre nature ailleurs : 1,5 milliard de personnes, soit le quart de la population mondiale, sont menacées par la dégradation croissante des terres desquelles elles dépendent directement. Et la flambée des prix des denrées alimentaires a entraîné une augmentation de 50 millions du nombre des affamés dans le monde.