Culture - Page 3

  • Répartition des tâches entre les communes et le canton de Genève : "Désenchevêtrer", vraiment ?

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    ficelles.jpgUne réforme de la répartition des tâches entre le canton de Genève et les communes genevoise a été imposée par la nouvelle constitution cantonale et doit être achevée le 31 mai 2018. Elle est conduite en fonction d'une "feuille de route" faisant référence aux grands principes de "proximité, subsidiarité, transparence et efficacité", et selon une règle imposant que toute transfert de tâches est accompagné d'un transfert de ressources, via un "fonds de régulation" alimenté par le canton et les communes, chaque collectivité y versant ce que lui coûte la tâche qu'elle transfère à une autre collectivité. A la fin du processus, une "bascule fiscale" corrigera à la hausse ou à la baisse le montant des centimes additionnels (c'est-à-dire le niveau de l'impôt communal) pour arriver à une "neutralité globale" de l'exercice. Cette jolie mécanique pourrait fonctionner, si on ne tenait compte ni du contexte politique, ni des arrière-pensées des uns et des autres, ni des choix politiques majoritaires (en particulier de ceux du gouvernement et du parlement cantonaux). Or maintenant, on en arrive à un domaine qui est l'un des rares où, à Genève, les communes sont premières : la politique culturelle. Et là, on est plus dans le "désenchevêtrement", mais dans le marchandage.

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  • "Touchez pas au Plaza" : Frémissements...

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    Je suis Le Plaza.JPGOn vous reparle du sauvetage de la plus belle salle de cinéma genevoise, en déshérence depuis des lustres : le Plaza. Parce qu'il y a du nouveau. Oh, pas un bouleversement, pas un renversement de situation, non, mais des frémissements. Les auteurs des recours individuels contre l'autorisation de démolir la salle (sous réserve de la délivrance d'une autorisation de construire le souk que les propriétaires projettent à sa place) ont bien été déboutés, par dénégation de la qualité pour agir, mais un recours reste pendant, celui de la Société suisse des architectes, section de Genève, à qui la qualité pour agir peut difficilement être niée. Et puis, les défenseurs de la salle ont présenté il y a deux semaines un projet de "quartier culturel" dont le Plaza, en tant que salle de cinéma, serait le centre, et des messages indirects et informels de quelques autorités leur sont parvenus selon lesquels si un projet culturel était avancé à partir du Plaza cinéma, leur position (soit l'autorisation de démolir, conditionnée à une autorisation de construire) pourrait être revue dans le sens de la préservation de la salle. La rénovation réussie, par la Ville, de l'Alhambra  prouve d'ailleurs qu'on peut parfaitement réhabiliter et adapter une salle de cinéma historique (même plus ancienne que le Plaza) à une fonction culturelle plus large et plus polyvalente, sans attenter à sa structure et à sa qualité architecturale. C'est d'ailleurs ce que la Ville de Lausanne entend faire de sa salle du Capitole...

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  • Le cinéma Plaza n'est pas encore mort

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    Je suis Le Plaza.JPGLe Plaza, comme le Capitole ?

    Le cinéma Plaza n'est pas encore mort. Et s'il devait mourir, ce ne serait pas de sa belle mort, mais d'avoir été tué. Délibérément. Par ceux qui veulent le détruire, et ceux qui ne veulent rien faire pour les en empêcher. Contre l'autorisation donnée par le Conseil d'Etat de démolir cette splendide salle, il reste un recours pendant devant le Tribunal administratif de première instance (les autres ont été déboutés) : le recours de la Fédération des architectes suisses (FAS), qui avait déjà été active dans le sauvetage de la salle du Manhattan, et pour qui il ne s'agit pas seulement de sauver un bâtiment ou une salle, "mais aussi une spatialité, celle des années 50, et avec elle l'optimisme de l'après-guerre". La FAS, qui demande au Conseil d'Etat de "reclasser la salle" (classée en 2004 mais déclassée en 2007 sur pression des propriétaires), demande notamment la nomination d'un expert indépendant pour produire une contre-expertise (il n'y en a jamais eu...) à celles, de pure opportunité, commanditées par les propriétaires pour conforter leur volonté de détruire la salle. Enfin, le directeur de la Cinémathèque suisse, Frédéric Maire, a apporté son soutien à la lutte pour le sauvetage du Plaza, en s'appuyant sur l'expérience du sauvetage de la salle lausannoise du Capitole. Bref : le Plaza bouge encore...

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  • MAH : Du bon usage d'un refus

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    MAH, musée d'art et d'histoireDa capo !

    Par 54,3 % des votants (on avait parié sur une proportion encore plus forte), le peuple municipal de Genève a donc refusé le projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire. Le vote n'était que municipal -aurait-il été cantonal que le "oui" aurait peut-être gagné (comme il a gagné dans les arrondissements de droite de la Ville), encore qu'on ne puisse en jurer. Pas plus qu'on ne puisse jurer, même si on en est persuadé, que si la rénovation et l'extension du musée avaient été dissociées au lieu que d'être liées dans un seul vote, la rénovation aurait été acceptée -peut-être même sans vote populaire, parce que sans référendum. Reste que refus il y a eu. Et qu'il y en a un bon usage possible : il rouvre le débat que l'acceptation du projet aurait fermée, avant même qu'il ait réellement commencé. Non le débat sur le coût du projet, l'odeur de l'argent privé qui contribuait à le financer, ni même le débat patrimonial, mais le débat sur le rôle du musée, sa place dans le dispositif culturel genevois. Et même le débat sur un nouveau musée, ailleurs. Parce que le musée ne doit pas être prisonnier de son bâtiment et que peu nous importe au fond le sort du bâtiment Camoletti : il n'est pas le musée, mais son enveloppe...

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  • MAH : On efface tout et on recommence ?

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    Momie4.jpgTabula rasa !

    On saura donc dimanche si le projet de rénovation-extension du MAH pourra être réalisé ou s'il finira aux archives... mais en fait, on ne le saura pas gran chose d'autre  : un "non" ne "sauvera" pas plus le bâtiment de Marc Camoletti qu'un "oui" ne répondra au besoin genevois d'un nouveau "grand musée moderne". Dans un courrier de lecteur à la "Tribune de Genève", le patron de Vacheron Constantin, particulièrement intéressé à la possibilité d'un musée de l'horlogerie dans le MAH, estimait que "le projet soumis au vote (...) est une réponse concrète à des besoins devenus urgents". Nous, ici, on l'a plutôt considéré comme une mauvaise réponse à une question mal posée et mal comprise...  De toute façon, que ce soit "oui" ou "non" à ce qui reste du projet Nouvel-Jucker initial, le MAH devra être fermé : pour rénovation si c'est "oui", ou parce qu'il sera devenu inutilisable, faute d'être rénové, si c'est "non"... Peu importe donc le résultat du vote de dimanche : au terme d'un vrai débat de merde, ce résultat aura confirmé le vieux slogan d'"Hara-Kiri Hebdo" (ou était-ce déjà "Charlie" ?) : "votez con, vous n'avez pas le choix". A part le choix de la "table rase", bien sûr : on n'a pas si souvent l'occasion de chanter l'Internationale dans une votation municipale...

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  • Centenaire d'une révolte culturelle : Dada m'a (pas) tuer

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    Le 5 février 1916 naissait à Zurich le Cabaret Voltaire, et peu de temps après, Dada, dans un îlot au coeur d'une Europe ravagée par la guerre et la connerie chauvine (si la Suisse échappa à la première, elle n'échappa pas à la seconde), à laquelle Dada n'avait à opposer qu'un  ricanement souverain, un mépris absolu des convenances et des disciplines, un irréductible irrespect des maîtres. Il peut convenir de prendre un peu de hauteur -à moins qu'il s'agisse de profondeur ?- en célébrant  le centenaire d'une révolte culturelle qui remit en cause tout ce qui faisait la culture de son temps, tout ce que la culture de son temps faisait et tous les lieux où elle se célébrait. Y compris les musées. Une petite prise de distance s'imposw, comme une respiration, avec un simulacre de débat (d'autant qu'on y participe) : le débat foireux sur le projet de rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire de Genève, débat qui, "culturellement" se réduit, à un affrontement entre la sacralisation du patrimoine (nous chantions naguère"du passé faisons table rase"...) et le fétichisme d'une modernité aussi bruyante, parce qu'aussi creuse, qu'un tambour.

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  • Politique culturelle genevoise : un piège est ouvert

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    MAH, Nouvelle Comédie, Pavillon de la danse...Un débat gratiné...

    N'y a-t-il plus à Genève d'enjeu culturel, de débat sur un tel enjeu, que celui de la rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire ? En tout cas, ce débat, ou ce qui en tient lieu écrase tous les autres. Ou plutôt les recouvre d'une sorte de couche gratinée, sous laquelle on se doute bien qu'il y a quelque chose, mais recouvert par les polémiques sur le projet Nouvel-Jucker -ou plutôt, le plus souvent, sur les aspects collatéraux de ce projet. Et sur son financement. Et sur la campagne du « oui ». Et sur celle du « non ». Et sur Nosferatu. Et sur Gandur. Et sur l'âge du capitaine. Alors,  bien sûr qu'il est important, le projet MAH+, parce que le MAH est important -mais bon sang !, la politique culturelle de la Ville ne s'y résume pas, même si, quelque soit le résultat du vote du 28 février, elle risque fort d'en pâtir... Un piège est grand ouvert pour toute politique culturelle digne de ce nom... Et on n'est jamais si bien piégé que par soi-même...

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  • Coupes dans les subventions culturelles et sociale en Ville de Genève : qui va trinquer ?

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    La Ville accorde un total de plus de 200 millions de francs de subventions (212 millions au projet de budget 2016, raboté par la droite).
    Sur ce total, le projet de budget 2016 prévoyait 131 millions de subventions par le département de la cohésion sociale et de la solidarité, 65 millions par le département de la culture et 11 millions par le département des Finances et du logement.

    La majorité de droite coagulée a décidé de couper 2 % dans toutes les subventions (sauf celles au sport et à la petite enfance, et celle au Grand Théâtre -en revanche, l'Orchestre attitré du GTG est frappé... Deux pourcent ça n'a l'air de rien, mais ça fait au total une coupe de plus de 4 millions de francs, dont plus de 2,5 millions dans la politique sociale, et plus d'un million dans la politique culturelle. D'autant que les fonds généraux de soutien à la création culturelle et à sa représentation sont, eux, amputés de 10 %, et que ces coupes s'ajoutent aux coupes cantonales, et à d'autres coupes municipales (dans les lignes de fournitures et dans les "fonds généraux").
    Voici, sauf erreurs ou omissions, par domaines, tous départements municipaux confondus, une longue liste (même pas exhaustive, et qui ne tient pas compte des subventions en nature) de victimes des coupes municipales dans les subventions (vous les trouverez aussi dans le projet de budget du Conseil Administratif, disponible sur le site internet de la Ville) : si ces victimes se réveillent, elles peuvent encore, en signant nos référendums*, repousser les ciseaux et les rabots de la droite coagulée... et en pousser une partie à repentance, comme le PDC semble s'y apprêter.
    Les indications suivies d'un astérisque concernent les coupes supérieures à 5'000 francs.
    Les indications suivie de deux astérisques concernent les coupes supérieures à 10'000 francs
    Les indications suivies de trois astérisques concernent les coupes supérieures à 20'000 francs, jusqu'à près de 200'000 francs (OSR)

     

    * Les feuilles de signatures pour les référendums peuvent être téléchargées sur http://www.fichier-pdf.fr/2015/12/23/feuille-de-signatures-re-fe-rendums-budget-ps-final/

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  • Jean-Claude Gandur, "Le Courrier", le MAH+...

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    Confusion des enjeux


    Jean-Claude Gandur s'invite dans la campagne contre le projet Nouvel-Jucker d'extension du Musée d'Art et d'Histoire, projet dont il est le principal partenaire financier privé : L'homme d'affaires a déposé deux plaintes contre «Le Courrier», pour calomnie, diffamation et atteinte à l’honneur, à la suite de la parution dans le quotidien d'un dossier lui étant consacré et qui lui a fort déplu. La plainte demande au Tribunal de Première instance de condamner le Courrier à lui verser (ainsi qu'à sa fondation et sa société) 20'000 francs, avec des intérêts à 5 % (Gandur affirmant ensuite qu'il se contenterait d'un franc symbolique), soit condamné aux frais et dépens, et à une participation aux frais d'avocat. L'attaque de Gandur contre "Le Courrier" a été dénoncée par le syndicat des media, Syndicom, et par l'association professionnelle des journalistes, Impressum, comme une "attaque frontale contre la liberté de la presse et l'indépendance du journalisme" (Syndicom). Impressum s'inquiète de la tendance croissante à l'intimidation judiciaire des journalistes, de la part de personnalités publiques, et les deux organisations s'étonnent que Gandur n'ait utilisé ni son droit de réponse, ni son droit de plainte auprès du Conseil suisse de la presse, et se soit adressé directement à la Justice pénale.  Heureusement que, comme le relève Sami Kanaan, "le projet du MAH va bien au-delà du rôle de Jean-Claude Gandur dans le montage" financier, parce qu'il ne manquait plus que l'appel à la justice salvatrice de l'amour-propre pour rendre l'enjeu totalement inintelligible...

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  • Musée d'Art et d'Histoire, Nouvelle Comédie : Périlleuse conjonction d'enjeux

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    La culture est une arme.jpgL'année politique qui s'ouvre va sceller le sort de deux projets d'investissements lourds dans deux institutions culturelles pérennes : le Musée d'Art et d'Histoire (on  votera le 28 février sur le projet de sa rénovation et de son extension, tel qu'approuvé par le Conseil Municipal, et contesté par un référendum populaire) et la Nouvelle Comédie, projet lui aussi approuvé par le Conseil Municipal mais ensablé au Grand Conseil par les palinodies du PLR cantonal, et menacé d'un référendum par l'UDC et le MCG. La conjonction des ces deux enjeux, auxquels il faut ajouter le référendum contre les coupes budgétaires en Ville de Genève, est périlleuse : elle met en évidence les contradictions de la plupart des forces politiques genevoises (à deux exceptions, antagoniques près, le PS et l'UDC) sur les enjeux culturels. Dans les deux cas du Musée et du Théâtre, les projets ont été approuvés par le Conseil Municipal par des majorités différentes : la gauche, le PDC et le PLR (celui de la Ville, contre celui du canton...) pour la Nouvelle Comédie, une partie de la gauche (le PS et une partie des Verts) et une partie de la droite (le PLR, le PDC et le MCG) contre une autre partie de la gauche (Ensemble à Gauche) et de la droite (l'UDC) pour le MAH+... toute la gauche se retrouvant pour s'opposer aux coupes budgétaires assénées par toute la droite dans le udget culturel (notamment).

    Au cas où, ce soir à 19 heures 30, le PS organise (à son siège, rue des Voisins) une discussion publique sur les enjeux culturels liés à l’agrandissement du MAH, avec Jean-Yves Marin et Sami Kanaan...

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  • Il faut fermer l'Usine. Pis voila. Pis c'est tout.

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    Et soudain, dans la nuit d'un samedi et d'un dimanche de décembre dernier, à Genève, les GPS médiatiques et les boussoles politiques s'affolèrent et les cartes de géographie se brouillèrent : éditorialistes et correspondants se mirent, après une manif "sauvage" ayant "dégénéré" en tags et casses de vitrines, à confondre Genève et Sarajevo. Genève "défigurée", sanglotait "Le Temps", qui évoquait aussi le "chaos", la "Tribune" préférant écrire d'un "grand saccage". Lorsqu'un èmecégiste avait comparé une précédente manif et les tags qu'elle avait laissé derrière elle à la "Nuit de Cristal" nazie, on s'était indignés. Là, on se contentera de ricaner.  On a les débuts d'années débonnaires.

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  • Manif casseuse au prétexte de la défense de la culture alternative : Providentielle diversion

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    On a attendu un peu avant de vous livrer nos états d'âme sur la manif casseuse de samedi, à Genève, convoquée au prétexte de la défense de la culture alternative. On a attendu le temps de laisser dégoiser les blaireaux et de nous repaître des commentaires hallucinés foisonnant sur les réseaux sociaux (on vous recommande notamment les délires miliciens du président du Conseil municipal de la Ville de Genève, qui appelle notamment les "commerçants" à s'armer et à tirer dans le tas). Le débat, ou ce qui en tient lieu, que suscite l'événement se situe lui-même au niveau spéléologique d'un échange décérébré d'invectives, avec la sommation, d'un côté, de condamner sans chercher à comprendre, et de l'autre de se solidariser sans essayer de réfléchir : avec son fameux "ni rire,ni pleurer, mais comprendre", Spinoza passerait auprès de chaque camp pour un suppôt du camp adverse... Et la défense de la culture alternative et de ses lieux, dans tout ça ? Oubliée. Providentielle diversion opérée par la casse, pour les épurateurs culturels.

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  • Ville de Genève : le quatrième débat sur le budget commence. Dans la rue.

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    Qu'a imposé la droite coagulée en Ville de Genève ? Pour nous en tenir à la politique culturelle, première visée par ces coupes, elle a imposé une coupe de 10 % dans les fonds de soutien à la création et à sa représentation (les « fonds généraux ») et une coupe de 2 % dans les subventions directes. Sauf pour le Grand Théâtre, mais en revanche, pour son orchestre attitré. On admire la logique. Cette coupe dans les subventions municipales s'ajoute à une coupe cantonale proposée de 1 % par année pendant cinq ans dans les subventions directes. Un théâtre comme Am Stram Gram y perdrait 30'000 francs, dont 20'000 francs du seul fait de la Ville. Une économie ridicule sur le budget de la Ville. Une perte importante sur celui d'un théâtre qui n'a pas vu augmenter depuis 10 ans le soutien public qu'il, reçoit... A elle seule, et sans compter, évidemment, les coupes dans les lignes de biens et marchandises qui concernent des lieux culturels la création culturelle devrait assumer, pour 1 million 400'000 francs de coupes dans les fonds de soutien et les subventions, soit 9 % de toutes les coupes proposées, pour économiser à peine plus d'un pour mille des dépenses municipales.  On est donc bien face à une attaque en règle contre, non pas tant la politique culturelle de la Ville, ce qui serait déjà inacceptable puisque la droite n'en proposez aucune qui soit alternative, sinon ne plus financer que le Grand Théâtre et le Musée d'Art et d'Histoire, mais contre l'ensemble du champ culturel genevois, du tissu culturel genevois, de ses lieux, de ses acteurs, de ses salariés. Avec une cible prioritaire : la culture émergente, la création indépendante des institutions, et, évidemment, la culture alternative. Et le secteur le plus fragile de l'économie et du si bien nommé « marché » du travail, celui des intermittents du spectacle. Ces choix budgétaires frappent un secteur qui a fait travailler, et vivre de leur travail, près de 1900 personnes l'année dernière, sans compter le personnel des institutions. Ni, évidemment, le personnel municipal affecté aux institutions. Les coupes dans les fonds de soutien à la création et à leur représentation vont en outre affecter toutes les manifestations qui permettent cette représentation comme les festivals de cinéma (Black Movie, Filmar, Cinetransat et les autres), les fêtes du théâtre et de la danse.

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  • Débat budgétaire en Ville de Genève : la droite coagulée innove

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    tract manif.jpg

    On touche le fond...

    On se résignerait facilement à passer deux jours et une nuit et demie à éplucher un projet de budget municipal, comme il nous est déjà arrivé de le faire, si c'était pour qu'au bout du compte la Ville ait un budget équilibré (et même en l'occurrence bénéficiaire) qui maintienne à la fois ses prestations à la population et les droits des quelques milliers de ses employés. Or la droite  dilatée, qui avait en Ville de Genève entamé l'exercice budgétaire par refuser de s'y livrer, ne s'y est finalement résolue qu'en proposant des coupes n'importe où, sur n'importe quelle ligne, n'importe quelle subvention, n'importe quelle allocation. Pour donner un signe de son existence.
    Il y a, dans une démocratie, deux moyens de prendre la place d'un exécutif : gagner les élections, ou réussir un putsch. La révolution est exorbitante de ce choix : elle bouleverse le cadre même de la société, et de toutes ses institutions. La droite municipale genevoise a évidemment usé du premier moyen, mais depuis vingt ans, elle se casse les dents sur une élection au scrutin majoritaire que la gauche emporte régulièrement haut la main. Quant au putsch, la droite municipale n'en a pas la force (ce qui explique qu'elle soit régulière tentée de faire appel au canton pour museler la commune...). Elle s'est donc mise à la recherche d'un nouveau moyen, et l'a trouvé : la prise d'otage de la politique sociale et culturelle. Une  prise d'otage budgétaire comme consolation de l'impuissance politique : on touche le fond, là...

     

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  • MAH : la campagne pour la votation du 28 février est lancée

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     Pas de doute, on est à Genève...

    La campagne pour la votation municipale du 28 février sur la rénovation et l'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire de Genève lancée. Des deux côtés : celui des partisans du projet Nouvel-Jucker, celui de ses opposants. Et ce ne sera pas vraiment être un combat gauche contre droite et réciproquement, puisque de la gauche et de la droite, on en trouve côté  "oui" comme côté "non". Côté "oui", aux côtés du MCG,  du PLR et du PDC, on trouve le PS. Côté "non", aux côtés de l'UDC (et des Verts libéraux en prime), on trouve "Ensemble à Gauche" et, tardive recrue ralliée avec pas mal d'hésitations (ils avaient refusé de soutenir le référendum), les Verts. Le Cercle de soutien au projet rassemble des gens de droite et de gauche, les organisations de défense du patrimoine qui combattent le projet rassemblent des gens de gauche et de droite. Le PDC, le PLR et le MCG qui passent leur temps politique à exiger que la Ville "réduise sa voilure" et son budget, notamment son budget culturel, acceptent une augmentation de 20 % des charges du musée (charges assumées parla Ville), les Verts et Ensemble à Gauche qui dénoncent le financement du projet par Jean-Claude Gandur se retrouvent à le combattre aux côtés de Stéphane Barbier-Muller... Bref, pas de doute : on est à Genève...

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  • Large soutien, de partout, à l'Usine : Défendre l'exception

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    culture1.jpgLa Fédération suisse des salles de concerts et des festivals de musiques actuelles à but non lucratif ("Petzi", dans son acronyme germanique, qui nous renvoie à nos lectures de gamins) a exprimé, comme des milliers de personnes et des dizaines de lieux culturels genevois et suisses (et étrangers) son soutien à l'Usine dans le "bras-de-fer" engagé avec la bureaucratie cantonale. Un soutien apporté en particulier à ses salles de concert, en relevant que "le cadre administratif et légal, notamment au sujet des patentes est inadapté à nos membres dans l'Usine et le plus souvent aux salles de concerts à but non lucratif", dont "l'objectif est d'abord culturel", et dont les subventions et recettes, y compris celles, "secondaires et accessoires" tirées des bars, "servent ce but et aucun autre". Constat d'évidence : L'Usine est une exception culturelle à laquelle on veut appliquer un règlement (le "règlement d'exécution de la loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement") dont les 66 articles  prennent 18 pages de la Feuille d'Avis Officielle... Cette exception, de plus, est une survivante : elle est l'héritage des grandes années des squats, de leur brassage social, de leur fonctionnement associatif, autogestionnaire, égalitaire, collectif, rigoureusement incompatible avec les logiques administratives derrière lesquelles l'Etat se réfugie (la Ville, pour sa part, s’accommodant tant que faire se peut de ces logiques "alternatives", et n'y voyant en tout cas pas motif à renoncer de soutenir les lieux où elles sont à l'oeuvre).

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  • Petits marchandages Ville-canton : Soldes au Bricoculture

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     Un accord, sous forme de "déclaration conjointe", a donc été passé entre le Conseil administratif de la Ville de Genève et le Conseil d'Etat du canton pour une première répartition des compétences et des charges dans le domaine de la politique culturelle. Un accord qui n'engage que les deux exécutifs et qui n'est pas en soi une décision : les parlements cantonal et municipal (mais surtout le premier) devront se prononcer, spécifiquement ou dans le cadre de leurs débats budgétaires respectifs, sur chacun des points de cet accord, chacune des allocations budgétaires qu'il prévoit, chacun des transferts qu'il propose. Et il contient quoi, cet accord ? Les bases d'une réelle politique culturelle commune ? Que non pas : une "shopping liste" au Bricoculture, un grand marchandage à partir de critères imprécis, voire introuvables : la Ville prendrait ainsi en charge le soutien à la création dans les arts de la scène, le canton celui de la politique du livre, la Bibliothèque de Genève, puis à terme, l'art lyrique.  En fonction de quel raisonnement ? Pourquoi ces domaines à ces collectivités, et pas d'autres domaines ? Parce que, comme le suggérait un conseiller municipal UDC, le théâtre serait de gauche et l'opéra de droite ? On peine à comprendre. A moins qu'il n'y ait rien d'autre à comprendre qu'un gage donné au PLR pour sortir la Nouvelle Comédie de l'ornière dans laquelle il l'a embourbée ?

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  • Démolition du cinéma "Le Plaza" ? On ne lâche rien !

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    salle Plaza.JPG



    Nous avions appris par la presse que le Conseil administratif de la Ville de Genève avait renoncé à faire recours contre la décision du canton d'autoriser la démolition du cinéma Le Plaza, alors même qu'il avait émis un préavis négatif -sur lequel le canton s'était assis- à la demande d'autorisation de la démolition, eu égard aux qualités de cette salle, à sa valeur architecturale, patrimoniale et culturelle. Or une motion et une pétition demandant précisément à la Ville de s'opposer à cette démolition, sont à l'examen à la commission des pétitions et à la Carts. N'aurait-il pas été, de la part du Conseil administratif  politiquement élégant, plutôt que préjuger cet examen par les commissions municipales, de faire recours contre l'autorisation de démolir, dans l'attente d'un vote du plénum, quitte à retirer ce recours si le plénum ne suivait pas les demandes de la pétition et de la motion ? Poser la question,  c'est (un peu) déjà y répondre. Et pour mieux y répondre encore, cinq recours ont été déposés lundi contre l'autorisation de démolir le Plaza. Parce que quand les zautorités baissent les bras, les citoyens lèvent le poing. Et que les seuls combats perdus d'avance sont ceux qu'on refuse de mener. Non mais.

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  • "La Bêtise au front de taureau"

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    L'Usine

    Le conflit entre l'Usine et Supermaudet et ses supplétifs municipaux aura au moins eu un mérite : mobiliser les milieux artistiques et culturels, bien au-delà des "alternatifs" pour la défense non seulement d'un lieu culturel mais de tous les espaces culturels, y compris les institutionnels, contre  la "bêtise à front de taureau" bureaucratique. Et s'il fallait trouver une vertu à ce conflit  (et à tous les autres conflits en gestation dans le champ culturel -y compris à propos d'institutions culturelles, comme la Nouvelle Comédie, voire le Grand Théâtre, ou la répartition des tâches culturelles entre le Canton et les communes) ce serait celle, pédagogique, de matérialiser l'importance d'un rapport de force politique, et de rappeler la nécessité de se battre. Parce que ça roupillait un peu, faut bien le dire, dans le champ culturel genevois, réveillé ces temps à coups de pompe dans le fondement. Alors, si Maudet, ses services et ses supplétifs municipaux peuvent, entre deux inaugurations de prisons, ressusciter une mobilisation de la jeunesse "querelleuse, protestataire et bohème" (comme la décrit, amoureusement, "Le Temps") et secouer le tissu culturel genevois, ils auront, involontairement, bien mérité de la République, de la Commune et de la culture, alternative ou pas. Alors, après Baudelaire, saluons donc, pour sa contribution à la résistance culturelle qu'elle-même nécessite, « l’énorme bêtise. La Bêtise au front de taureau »...

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  • Projet scientifique et culturel du MAH : Hâte-toi lentement ?

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    Tels que vous nous lisez, là, on était tout inquiets : on n'avait aucune nouvelle du projet scientifique et culturel  (PSC) du Musée d'Art et d'Histoire, annoncé il y a un an, proposé par un Conseil scientifique, soumis à consultation auprès du personnel, et qui devrait être validé en ce moment. Partant du principe qu'un projet tel que celui de la rénovation et de l'extension du MAH doit témoigner d'une ambition culturelle le justifiant, et qu'avec un musée on a affaire à tout autre chose qu'à un centre commercial, on a demandé à notre Conseiller administratif préféré (le Che Kanaan, donc) de calmer notre angoisse et de nous assurer que ce projet scientifique et culturel nous sera communiqué à temps pour que nous puissions en débattre, et pour qu'il soit débattu lors de la campagne précédant la votation référendaire municipale du 28 février. Parce que c'est la condition sine qua non pour que le débat sur le sort de la rénovation et de l'extension du Musée d'Art et d'Histoire ne prenne pas le tour calamiteux d'un populisme "anticulturel" -du genre de celui qu'on entend et lit à propos de la Nouvelle Comédie. Ou de l'Usine.

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