• Conseil municipal de la Ville de Genève : D'une majorité à l'autre...

    Imprimer

    balayeuse.jpg

    Ides de mars

    La majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève a refusé hier soir, avec obstination, les propositions de la gauche pour concrétiser la transition écologique (rénover les bâtiments, renforcer la mobilité douce, protéger les sols, replanter des arbres, favoriser des projets innovants par le fonds G’innove, etc.), et tout aussi systématiquement les propositions socialistes destinées à rendre plus transparents le financement des groupes politiques et la rétribution des élus au Conseil municipal, renforcer l'efficacité du fonctionnement même de cet illustre parlement et rationaliser l'octroi d'une aide sociale et le règlement des piscines... Et pourquoi diable cette majorité a-t-elle refusé des propositions qui relèvent pour les unes de l'urgence, pour d'autres de la logique, pour d'autres encore de l'urgence et de la logique ? La réponse est simple : parce que cette majorité est de droite (elle va du PDC au MCG en passant par l'UDC et le PLR). La nécessité d'une majorité de gauche ? Cette droite hétéroclite, distendue, incohérente, devrait à elle seule vous en convaincre...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 1 commentaire
  • "Nouvelles censures... nouvelles dictatures"

    Imprimer

    charlie_hebdo_cover1_0.jpg

    Cinq ans après le massacre de "Charlie Hebdo"

    La semaine dernière, "Charlie Hebdo" sortait un numéro revenant, cinq ans après, sur le massacre dont sa rédaction fut la victime. Ce numéro, l'hebdo l'a titré "Nouvelles censures... nouvelles dictatures". "Charlie Hebdo" peut légitimement nous parler de la censure : il en a été la cible sous sa pire forme, celle du meurtre.  Et c'est pour nous, ici, qui n'avons jamais rien risqué qui y ressemble, fût-ce de très loin, l'occasion de revenir sur ce qui se développe à la faveur du des réseaux "sociaux" (asociaux, en l’occurrence) comme entraves nouvelles aux libertés d'expression, de création, de représentation. Il ne s'agit pas de poser comme principe l'irresponsabilité des artistes, intellectuels, journalistes, de leurs actes, de leurs paroles, de leurs oeuvres, mais de s'interroger sur la propension de plus en plus généralisée de groupes minoritaires ("trente personnes organisées sur les réseaux sociaux peuvent suffire", observe le professeur Laurent Dubreuil) d'empêcher que ces paroles soient dites ou écrites et que ces œuvres soient représentées. Céline avait à répondre de son antisémitisme et l'éditeur de Sade de l'apologie par le Divin Marquis du "tout m'est permis", mais pour qu'ils en répondent, il fallait que Céline et Sade fussent édités et lus... Et s'il n'était certainement pas nécessaire qu'un Matzneff soit édité, il l'est encore moins de faire l'honneur à ce médiocre égocentrique de pilonner ses médiocres écrits.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : De tout un peu, libertés 6 commentaires
  • Politique de la santé et de l'assurance-maladie : Quand est-ce qu'on change ?

    Imprimer

    lobotomie.jpg"Révolution au parlement" titrait "Le Temps" de samedi... quelle "révolution" nous avait donc échappé ? la réduction du nombre de représentants des groupes de pression du secteur de la santé, à commencer par celui des caisses-maladie, dans les deux commissions de la santé du Conseil National et du Conseil des Etats... "Révolution", c'est donc beaucoup dire pour une réduction des risques de conflits d'intérêt, grâce au renoncement des partis de droiteà présenter ou à représenter des hommes (ou des femmes)-liges des caisses maladioe ou des associations professionnelle des médecins. Un renoncement facilité par les échecs électoraux du PLR et de l'UDC : le président de l'association faîtière des caisses-maladie ("Santésuisse"), l'udéciste Heinz Brand, n'a en effet pas été réélu dans les Grisons. Des cinq udécistes liés aux caisses-maladie qui siégeaient dans la commission du Conseil national sortant, il n'en reste plus qu'un. Ce petit nettoyage d'hiver, cette perte de pouvoir direct des caisses-maladie (qui gardent un pouvoir indirect considérable), et le renforcement de la présence des représentants des prestataires de soins, notamment des hôpitaux, annonce-t-il un changement plus ambitieux de politique de la santé et de la protection sociale contre la maladie ? On se gardera bien de l'annoncer -on se contentera de l'espérer, sans grande illusion : la majorité du parlement est toujours à droite, celle du gouvernement aussi, le ministre de la santé est toujours ligoté par le cadre "libéral" du système d'assurance-maladie... et même les propositions de réformes avancées par la gauche se gardent de remettre fondamentalement en cause ce cadre...

    Lire la suite

  • Avions de combat : NON à un chèque en blanc

    Imprimer

    avion de combat 001.jpgLe jeu de l'avion lasse

    Le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une suisse sans armée, soutenus par Greenpace et d'autres organisations,  ont lancé mercredi le référendum contre l'achat dispendieux de nouveaux avions de combat dont on ne connaît même pas le type, seulement le coût : six milliards, à multiplier par quatre pour tenir compte de la maintenance, de l'exploitation, des accidents possibles et des mises à niveau inévitables... Ce jeu de l'avion, dont le dernier épisode fut le rejet de la proposition d'achat de Gripen suédois pour un coût moitié moins élevé que la proposition actuelle, et qui a débuté en 1964 avec l'"Affaire des Mirage", commence à lasser sérieusement.  Nous avons cent jours (pas de ceux qui ne mène qu'à Waterloo) pour récolter 50'000 signatures valables, pour provoquer un vote populaire qui pourrait avoir lieu le 27 septembre. Commençons donc dès maintenant à signer et faire signer le référendum : on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/

    Lire la suite

  • Un vote d'utilité publique

    Imprimer

    bandeau logement.jpg

    Soutenir l'initiative "Davantage de logements abordables"

    L'initiative populaire fédérale de l'Asloca pour "davantage de logements abordables", déposée  avec 125'000 signatures récoltées en un an., sera soumise au vote du peuple et des cantons le 9 février. Elle veut encourager la construction de logements à loyers modérés, en fixant un minimum de 10 % de logements d'utilité publique dans les logements nouvellement construits (soit une proportion double de l'actuelle, qu'aucune disposition légale ou constitutionnelle n'impose), par des maîtres d'ouvrages (collectivités publiques, coopératives) œuvrant précisément à la construction de logements d'utilité publique.  Ces 10 % représentent une proportion tout à fait atteignable : à Zurich, par exemple, l'objectif de la Ville est de 33 % de logements d'utilité publique sur son territoire. L'initiative propose aussi un droit de préemption des cantons et des communes, c'est-à-dire la possibilité pour elles d'acheter en priorité des terrains ou des immeubles mis en vente pour y construire, ou les affecter, à du logement "social", c'est-à-dire aux logements qui échappent à la spéculation, dont les loyers ne sont pas soumis à la loi du rendement maximum et à celle du profit à court terme. Le parlement fédéral et le gouvernement combattent (évidemment) l'initiative, mais selon un sondage Tamedia d'avant Noël, 63 % des Suissesses et des Suisses pourraient la soutenir . Une proportion encourageante, mais qu'il s'agit de maintenir jusqu'au moment du vote, face à une droite qui se met en ordre de bataille contre l'initiative.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Logement, Politique, Suisse, votations 2 commentaires
  • Réveil de la gauche française ? 

    Imprimer

    grève SNCF.jpgQuand la grève remet la question sociale au centre de la politique

    Aujourd'hui, la France en est à son 34ème jour de grève, essentiellement dans les transports, contre la réforme du système de retraite proposée par le gouvernement, appliquant en l’occurrence  une promesse du candidat Macron à la dernière élection présidentielle. Cette mobilisation pour la défense du système de retraite contre la volonté gouvernementale de le réformer a d'abord cette vertu qu'elle réinstalle la question sociale, et la question des droits sociaux, au centre de la politique -et du clivage politique que Macron voulait dissoudre pour le recomposer à sa manière et dans l'intérêt de son maintien au pouvoir. A l'agenda politique du président et du gouvernement français, il y avait certes la réforme du système de retraite, mais il y avait aussi des débats sur l'immigration et la laïcité, dont on peut sans grands risque de s'égarer considérer qu'ils étaient là pour conforter la substitution macronienne  d'un clivage entre "ouverture" et "fermeture" au clivage gauche-droite. Cette substitution est précisément ce qui avait fait élire Macron contre Le Pen -un duel auquel il tient à réduire le choix des Français.  Or la mobilisation autour (ou plutôt contre) la réforme des retraites opère le mouvement inverse : on retrouve en effet, dans la rue et l'opinion publique, le clivage gauche-droite,  avec une droite qui soutient la réforme face à une gauche qui la combat, et qui  tente de s'y ressourcer.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : France, Politique, syndicats 1 commentaire
  • Famille, je ne vous hais plus

    Imprimer

    David_and_Jonathan.jpgDe quelques mouvements qui déplacent les lignes

    Le "parlement" de l'église protestante de Genève a décidé que les couples de même sexe devaient avoir le même accès à la bénédiction de leur union que les couples de sexes différents, et que cette bénédiction (le mariage religieux protestant, quoi) devait être la même que celle accordée aux mariés hétéros (contrairement au canton de Vaud, où l'Eglise protestante n'accorde aux couples homos qu'une "cérémonie"). On saluera donc en toute laïcité ce petit pas religieux vers l'égalité des droits entre couples, qu'ils soient de même sexe ou de sexes différents. Non sans rappeler que le pas de l'église protestante genevoise, l'église catholique romaine, les églises orthodoxes et les protestants "évangéliques" sont loin de l'avoir fait, confits qu'ils sont encore dans une homophobie bibliquement ordinaire. l'Eglise genevoise reconnaît aujourd'hui, enfin, que "l'homosexualité n'est pas un péché", et que la Bible n'est pas un code pénal. Il faut bien laisser du temps au temps : : après tout, David et Jonathan n'auront guère attendu qu'un peu plus de 2000 ans avant de pouvoir convoler à Genève...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Famille, moeurs 5 commentaires
  • Pour un nouveau millésime moins navrant que le précédent

    Imprimer

    ane-qui-rit.jpgBonne ânée

    Nous sommes le jour de la Fête des Rois dans le calendrier grégorien, celui de l'an nouveau dans le calendrier julien, celui de la marne (le 17 Nivôse) dans le calendrier républicain et celui de la Dormition de Jacques Vaché (le 9 Décervelage) dans le calendrier pataphysique. Qu'est ce que cela nous dit ? qu'ayant le choix de nos calendriers, nous avons celui de nos festivités et de nos références. Et de nos échéances, de nos agendas, des défis que nous avons à relever ? c'est plus incertain. Nous avons en tout cas une échéance électorale en tête -non qu'elle nous obsède, mais comme notre vision politique s'arrête à la Versoix (au-delà de quoi vivent les rupestres) et à la Seymaz (au-delà de quoi sévissent les racailles), cette échéance est celle des élections municipales genevoises.  "L'heure de vérité pour la politique genevoise" titrait la dernière "Tribune de Genève" de l'an désormais passé. Est-ce-à-dire que jusqu'à ces élections nous égrainions  des heures de mensonges ? C'est en tout cas dire qu'on peut espérer de l'année qui vient de s'ouvrir qu'elle soit politiquement moins navrante que celle dont le passage du temps nous a débarrassés...

    Lire la suite