Politique genevoise du parcage des bagnoles : Clé de Ville

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épaves.jpgLe référendum municipal lancé par l'Alternative (PS, Verts, SolidaritéS, Parti du Travail), Pro Velo et l’Association transports et environnement contre le projet anachronique du parking "Clé de Rive" a largement abouti -les signatures nécessaires avaient déjà été obtenues avant noël. Un autre référendum, cantonal celui-là, et lancé en sens inverse par le TCS et une organisation patronale, a aussi abouti : il conteste l'assouplissement décidé par le Grand Conseil, sur proposition du Conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco, de l'obligation de compenser par une nouvelle place de parking toute place de parking supprimée en surface. Dans la "Tribune de Genève", un candidat PLR se plaint de l'aboutissement du référendum contre le parking Clé-de-Rive. Nous ne nous plaindrons pas de l'aboutissement de celui contre la compensation des places de parking supprimées. Le peuple de la Ville et celui du canton vont donc pouvoir se prononcer sur la politique genevoise du parcage des bagnoles et c'est une excellente chose : Les Genevoises et les Genevois peuvent, s'ils le veulent, se donner les clés-de-ville...

Redonner aux habitantes et aux habitants un espace confisqué par la bagnole

"Quand on veut donner la priorité aux transports en commun et à la mobilité douce dans les zones urbaines, comme le prescrit la loi, tout comme lorsqu'on tente de fluidifier les axes routiers qui doivent l'être au sens de cette même loi, on se heurte aux places de parc" observe le Conseille d'Etat Serge Dal Busco. Que l'utilisation des parkings dans l'hyper-centre soit en baisse constante, que les parkings existants affichent continûment des places libres, que le pourcentage des ménages sans voiture en Ville de Genève ne cesse de croître, peu importe au lobby bagnolesque : ils veut des parkings supplémentaires. Et compenser en sous-sol, le plus près possible de la nappe phréatique, les places qu'on arriverait malgré eux à supprimer en surface.

De toute évidence, il faut qu'à la mise en service du Léman Express et de la nouvelle ligne de tram vers Annemasse s'ajoute une politique de restriction des possibilités de parcage en ville (de ce point de vue, le parking des clés-de-Rive est en contradiction évidente avec ce qu'on attend du Léman Express), de traversée de la ville en automobile, de priorisation systématique des transports publics, de généralisation des zones 30 et de développement des zones piétonnes et des pistes cyclables. Sans quoi, la baisse de 12 % du trafic en ville qu'on attend du nouveau réseau de transports publics, sera rapidement annulée -d'autant que la population de la ville, du canton et de la région va continuer d'augmenter aux rythmes annuels de milliers d'habitants en ville, de dizaines de milliers dans le canton et de centaines de milliers dans la "Grande Genève".

On peut se demander si l'objectif des défenseurs des parkings au centre-ville est bien de "fluidifier les axes routiers" -si on ne se demande plus depuis longtemps si les quelques concessions rhétoriques qu'ils consentent à faire, pour rester dans l'air du temps, à la "priorité aux transports en commun et à la mobilité douce" sont autre chose qu'un rideau de fumée. Le compromis de 2016 sur la mobilité, ils ne l'ont jamais accepté, quoi qu'ils en feignent. Aujourd'hui, ils agitent la promesse d'une "smart city" où les voitures à motorisation thermique seraient remplacées par des voitures électriques en présentant ce remplacement comme une manière de relever les enjeux climatiques et d'améliorer le paysage urbain... comme si les voitures électriques ne confisquaient pas d'espace public, comme si leur production (et celle des bornes de recharge) était sans effets négatifs sur l'environnement, comme s'il était fatal et définitif que la ville soit encombrée de bagnoles (électriques ou non) et que l'on gaspille, pour les faire circuler et les parquer, un espace qu'elles confisquent et parasitent.

C'est pour que cet espace confisqué soit remis aux habitantes et aux habitants qu'on dira NON au parking "clé-de-Rive" et OUI à la réforme du stationnement.

 

 

 

Lien permanent Catégories : Genève, Transports 2 commentaires

Commentaires

  • Les gens prennent leur voiture pour aller travailler! Ils n’ont pas leurs déplacements payés par l’État... Contrairement aux élus qui disposent des impôts de CES travailleurs!
    Marre de ces politiques qui n’ ont rien à fiche de leurs journées qu’a Lancer des référendum et nous faire des pieds de nez avec ce genre de déclarations de la verdure ... : « +Ce n’est pas parce qu'on est des verts qu’on doit marcher à pied » ben oui! Messieurs dames! Respectez ce que vous voulez imposer aux autres à enquiquiner le monde! Marcher sur la tête si cela vous chante mais INTERDICTION de prendre des taxis! Le «  fais ce que je te dis et pas ce que je fais » est bon pour vos électeurs ..... Uniquement vos pauvres électeurs !

  • Rendre la ville aux citoyens, c'est ce que je souhaite. La voiture électrique, j'entends ce que vous dîtes, mais structurellement, la ville n'est pas à la hauteur avec les transports publiques.
    Enfin, le problème de base, c'est l'économie qui attire de nouvelles population et qui annule tout effort (transport, qualité de vie,....). A partir de quel moment les transports publiques seront saturés ? 10 ans ?

    On ne résout pas des problèmes en courant derrière eux.
    Si les politiciens sont prêt à pourrir la ville pour le dieu économie, la population montre des signes d'exaspération. Est-ce qu'il sera bientôt encore possible de faire accepter des projets, j'en doute.

    Le parking au centre ville, isolément, c'est une importance nulle comparé à l'enjeu de société. C'est un projet de ville qu'il faut offrir, avec ces pendants liés à la structuration de la ville (répartition des commerces), transports denses, permettre aux handicapés de rapporter des achats sans voitures, qualité de vie ( création de "villages"),.... Si les Uni n'étaient pas si conventionnelles (même les jeunes sont "vieux"), il y'aurait beaucoup de possibilités d'aides dans l'aménagement.

    L'enjeu est de transformer la ville en lieu de vie et non comme fournisseur de "viandes" l'économie. Pour ce faire, il faut des changements de visions radicales dans une continuité de mouvement structurant.

    Ca commence à savoir réguler la croissance de l'économie et de la population, parce que Genève est dans la voie de destruction/enlaidissement, et ce sera plus difficile de redresser la barre en laissant aller tel quel.

    Un parking au centre ville, c'est idiot, mais logique avec la politique genevoise de croissances.
    J'ajoute qu'il est important de réformer les écoles d'architectures qui font passer le laid pour le beau. C'est presque une affaire de santé publique.

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