"Construisons des logements pour toutes et tous"

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En finir avec la pénurie

Un vote chasse l'autre : dans dix jours, les urnes genevoises scelleront le destin de l'initiative populaire cantonale "Construisons des logements pour toutes et tous : une priorité en période de pénurie !". Lancée par la gauche, l'initiative propose de rendre obligatoire, tant que sévira une pénurie de logements (moins de 2 % de logements vacants) le recours à la zone de développement en cas de modification des limites de zones pour construire des logements. La droite, fidèle aux milieux immobiliers, combat l'initiative. Aux côtés de la gauche, les syndicats, les associations d'habitants, l'Asloca et la Cigüe (coopérative de logements pour étudiants) soutiennent l'initiative.
Par ailleurs, un référendum a été lancé contre une modification de la loi sur les zones de développement, modification qui permettrait d'y construire 70 % de logements destinés à la vente alors que 80 % de la population n'a pas la possibilité financière de cette acquisition. Signez-le, et renvoyez la feuille de signature (téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2019/11/14/referendum-asloca/) avant le 6 décembre.

Soustraire le droit au logement aux "lois du marché"

Au temps où nous écrivons et où vous nous faites la grâce de nous lire, 8500 personnes, inscrites sur les listes de l'Etat et de la Ville, attendent un logement dont le loyer leur soit accessible. Dans le même temps, pourtant, on construit. Mais que construit-on ? Près de la moitié des nouveaux logements sont en PPE, en propriété par étage. Autrement dit : des logements à acheter, inaccessibles à la majorité des personnes en manque de logement. Et le but de 30 % de logements sociaux dans les zones de développement n'est toujours pas atteint, treize ans après avoir été fixé.

L'initiative "Construisons des logements pour toutes et tous" est une réponse à cette situation : pour y répondre, et répondre aux besoins de la population , il faut construire en zone de développement des logements accessibles à l'écrasante majorité de la population -celle qui est directement et durement frappée par la pénurie de logements, celle pour qui, quand elle est logée, doit s'acquitter de loyer dont le montant atteint une part insupportable du revenu (plus du tiers du budget familial pour les revenus inférieurs à 4000 francs, par exemple).

À Genève, le taux de logements vacants est de 0.54%, alors qu'on estz en situation de pénurie dès que ce taux est inférieur à 2 %. Cette pénurie provoque une très forte augmentation des loyers, dans un canton qui compte plus de 80% de locataires. Pour construire de nouveaux logements, le canton dispose d'un instrument : la zone de développement, où, au contraire de la situation en zone ordinaire, totalement dérégulée, des garde-fous ont été instaurés contre la spéculation :
contrôle des prix de vente et de location, quotas de logement subventionnés ou sociaux, exigence que les acheteur-euse-s de logements en propriété par étage habitent leur logement, cession de terrains au profit du domaine public, pour construire par exemple des écoles sans que les commune doivent racheter à des privés et au prix (d’or) du marché les terrains nécessaires.

C'est cet instrument indispensable d'une politique du logement répondant aux besoins réels de la majorité de la population que l'initiative veut défendre. Et c'est donc pour rendre possible une telle politique, et soustraire le droit au logement au "lois" d'un marché qui n'a que faire de la concrétisation de ce droit qu'il importe de soutenir l'initiative, dans les dix jours qui viennent.

Lien permanent Catégories : Genève, Logement, votations 3 commentaires

Commentaires

  • La croissance de Genève entrainera toujours un déficit de logements et des prix élevés.
    Chaque tentative pour maîtriser les loyers sont vouée à l'échec.

    Le genevois ne veulent certainement pas de nouvelles constructions-clapier pour accueillir de nouveaux habitants, en aucun cas cela va résoudre leur problème.

    Dégrader la qualité de vie pour accueillir encore plus de gens, ce n'est pas une solution durable. Seul la stabilisation de la population permettra la baisse des loyers.

    Le genevois doit comprendre qu'il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Si il veut la croissance, ce sera des loyers élevés, du bétonnage. Si il souhaite la qualité de vie, des loyers convenable, il n'y a pas d'autre solution que de réguler l'économie.

    Les logements pour tous sont une utopie.
    Quelle Genève les genevois veulent t'ils léguer à leurs enfants ? Une ville où il fait bon vivre ou une ville sacrifiée à l'économie ? Les 2 sont impossibles, à moins que la ville béton et ses logement-clapiers sont le rêve de chacun.

    Les loyers seront à un juste prix lorsqu'il n'y aura plus de croissance de population. En attendant, grâce à cet afflue de population, certains s'enrichissent, et les loyers sont haut. Les politiques en sont les responsables, la population, jusqu'à présent, complice.

  • Votre initiative part d’une bonne intention on ne peut le nier
    Toutefois le remède de cheval que vous voulez administrer ne fera que bloquer des constructions !

    Il y a plusieurs vérités à rappeler

    Il y a environ 30 demandes par appartement ppe en zone de développement et avec un accord de principe des banques
    Et ce ne sont pas des riches qui achètent la plupart du temps en zd à cause des contraintes


    Les lup et autres régimes hm hlm sot utiles mais le saut est énorme en terme de loyer pour ceux qui dépassent les barèmes et souvent ne sont pas riches loin s’en faut!

    Les communes ont besoin de contribuables qui payent pour financer leur fonctionnement
    Donc n’avoir que des lup avec une faible contribution fiscale .....

    Vous demandez de la mixité sociale où elle sera avec uniquement du lup et autre hm ???

    Les ppe zd financent souvent dans les plq une partie des équipements !!!

    Vous allez voir que les communes vont bloquer très rapidement car on leur demandera d’avoir les charges sans des recettes suffisantes avec uniquement du lup

    Attaquer la part de ppe dans les zones de développement est donc un non sens

    Je vous propose au contraire de plus les réglementer

    A savoir rajouter à l’obligation de résidence de dix ans et limitation des plus Values une condition de revenu pour favoriser la classe moyenne

    Pour mon cas personnel j’ai réussi à force d’épargner pendant plus de 15 ans à me constituer les fonds propres et mon coût logement sera inférieur à un lup Et je ne suis pas un riche simplement une famille de la classe moyenne ( couple d’employés avec des salaires moyenne cantonale donc loin d’être riche!!) et donc je refuse d’être stigmatisé par votre initiative

    Il faut du logement pour tous y compris les un peu plus riches qui payent beaucoup d’impôts

    Développons aussi plus des coopératives les seules qui garantissent sur le long terme des loyers abordables j’y ai vécu une dizaine d’années et j’aurais voulu y rester mais n’arrivait plus à trouver un logement adapté à ma famille

    Votre initiative ne répond qu’à une petite partie de la population mais oublie toute la classe moyenne qui paye beaucoup sans recevoir bien souvent grand chose !!!

    Les riches auront eux toujours des possibilités

    Meilleures salutations

  • Je sais que vous n`aimez pas publier mes commentaires car vous ne pouvez pas plus m`identifier a la "gauche" qu`a la "droite" mais permettez-moi quand meme de faire part de mon opinion. Comme vous le savez, ce qui manque le plus a Geneve, c`est l`espace et donc notamment les logements (mais aussi les zones piétonnes et les zones vertes non-agricoles). Si l`on commence a convertir tout l`espace restant en logement "social" ne va-t-on pas attirer encore plus de gens a Geneve et se retrouver tres vite de nouveau en situation de pénurie de logement? Il me semble que la fuite en avant consistant a batir batir et encore batir risque d`aboutir a une situation a la Hong-Kong ou il n`y a plus aucun espace libre et une population bien trop nombreuse pour le territoire. Qu`en pensez-vous ?

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