Dernier petit cadeau fiscal de la dernière session parlementaire : référendons !

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argent.jpgLe dernier jour de la dernière session du parlement sortant, la majorité de droite UDC-PLR, élargie pour la circonstance au PDC, a décidé d'accorder un cadeau fiscal de 300 millions de francs aux familles les plus aisées, par le moyen démagogique d'une augmentation des déductions pour enfants (ce qui explique le soutien du PDC). Ce sont surtout les familles dont le revenu dépasse 150'000 francs par an (soit 12 % des familles) qui vont bénéficier de ce cadeau. On choie banquiers, médecins chefs et cadres supérieurs, pas les vendeuses, les nettoyeuses ou le3s petits employés. Quant aux familles de la "classe moyenne" (en gros, si on la définit par le revenu, celles dont le revenu se situe entre 50'000 et 100'000 francs annuels, elle ne recevront que les miettes du gâteau-cadeau. Et la moitié des familles ne recevront rien du tout puisqu'elles sont en-dessous du seuil d'imposition fédérale.
Un référendum est lancé contre ce cadeau fiscal -signez le : https://stop-cadeaux-fiscaux.ch/wp-content/uploads/2019/10/Kinderabzuege_A4_FalzKarte_fr_SP-1.pdf

« Vous êtes beaucoup, ils sont peu »

Le cadeau fiscal accordé par les Chambres fédérales par le moyen d'une augmentation des déductions pour enfants est évidemment le produit du réflexe antifiscal qui détermine à lui seul les choix d'une bonne partie de la droite parlementaire. Mais comme on ne peut se satisfaire politiquement d'une explication des votes par la référence aux instincts reptiliens et aux réflexes pavloviens, il fallait bien trouver à ce vote-là une justification un peu plus présentable. Ce fut le "soutien aux familles" -autrement dit, une politique familiale réduite à un allègement de la ponction fiscale sur les revenus dépassant le double de la moyenne suisse. Mais c'est quoi, concrètement, une politique familiale soucieuse des conditions de vie de la grande majorité des familles ? c'est une politique qui leur permet de payer les primes d'assurance-maladie sans s'endetter, de se loger sans se ruiner, de trouver des places de crèche... Augmenter la possibilité de déductions fiscales pour les ménages les plus riches ne répond évidemment à aucune de ces exigences.

L'impôt joue deux rôles, complémentaires : il finance le fonctionnement, les activités, les "missions" de l'Etat (en attendant qu'on puisse s'en passer...), et il redistribue les richesse, en les prenant là où elles sont pour les transférer là où elles ne sont pas, en prenant aux plus riches et aux moins pauvres pour améliorer le sort des moins riches et des plus pauvres (les réformes fiscales libérales faisant le contraire). L'action sociale et culturelle de l'Etat (au sens large, y compris les communes) est d'ailleurs en elle-même redistributrice : la gratuité de l'école et des bibliothèques les ouvrent à une part de la population qui n'a pas les moyens d'acheter des livres ou de payer une école privée ou un précepteur. L'offre de places de crèches publiques à des tarifs accessibles aux plus bas revenus (la gratuité étant un objectif légitime, comme pour l'école) répond à la même nécessité. Or chaque fois que l'on réduit les ressources des collectivités publiques, on réduit leur capacité de jouer ce rôle de concrétisation des droits sociaux. En 2017, des baisses d'impôts pour les gros contribuables lucernois ont contraint le canton à fermer des écoles pendant une semaine. A Nyon, c'est l'imposition des personnes physiques qui doit être augmentée pour compenser les pertes dues aux réformes fiscales vaudoises...
Au final, c'est toujours la majorité de la population qui paie la note des cadeaux accordés à une minorité. Mais « Vous êtes beaucoup, ils sont peu » (Percy Shelley) : signez le référendum contre le dernier cadeau fiscal de la dernière session du défunt parlement fédéral !

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