• Choeurs de pleureuses sur la "classe moyenne"

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    classe moyenne.jpgLarme de crocodiles

    L'autre jour, au Conseil municipal,la droite en avait plein la bouche de la "classe moyenne", pour refuser la modeste augmentation des tarifs des crèches. L'autre jour, au Grand Conseil, la droite en avait plein le micro, de la "classe moyenne", pour refuser la modeste réduction des déductions fiscales possibles des primes d'assurance-maladie.L'autre jour, dans GHI, le Journaliste en avait plein la plume, de la "classe moyenne", pour chanter sa douleur. C'est que c'est bien pratique, la "classe moyenne", ça peut être invoqué à propos de tout et de n'importe quoi, puisque personne n'est capable de la définir de manière crédible, de telle sorte que l'hypothèse la plus vraisemblable est qu'elle n'existe pas. Ce qui permet de verser sur elle et son sort des torrents de larmes. Des torrents en crue en période électorale. Nous verserons donc nous aussi une larmichette sur la classe moyenne. Mais gardez-vous, crédules lecteurs, de prendre ce sanglot court comme le violon d'une compassion automnale : cette larmichette est de caïman.

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  • Comme un arbre dans la ville

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    Irminsull.jpgLe prix politique d'un arbre

    On a passé la fin de la séance du Conseil municipal de Genève, mercredi soir, sous les arbres. Ou à côté de ceux qui ont été abattus. Et on a fini la soirée en adoptant, à une quasi unanimité au moins de façade (végétalisée), une motion des Verts demandant à l'Exécutif communal d'introduire un moratoire sur toutes les nouvelles demandes de coupes d'arbres valide, sauf raisons de sécurité. Le Conseil administratif a bien lancé un plan de végétalisation de la Ville, mais le Conseil municipal l'a jugé insuffisant et trop lent à mettre en oeuvre dans sa conception actuelle. Il y a 40'000 arbres en Ville de Genève. Le Conseil municipal veut les garder (en un an, entre juin 2016 et juin 2017, 1379 ont été coupés et 709 plantés) -mais est-il prêt à en payer le prix politique, le renoncement à des projets d'aménagement, de construction de logements, de parkings ?

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  • Quand "le populisme de gauche ne paie plus"

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    populisme.jpgReculs...

    A la gauche de la gauche européenne, on s'est essayé au populisme, un peu à l'exemple de la gauche sud-américaine -il en vient, d'ailleurs, le populisme, de ce canton du paysage politique, la gauche : le populisme révolutionnaire a sa source en France, en 1789, et dans la Russie tsariste, avec les narodniki. Mais voilà : "Le populisme de gauche ne paie plus", résume le philosophe Manuel Cervera-Marzal, qui rappelle que la "gauche radicale" a perdu plus 20 % de ses sièges au parlement européen, que la "France Insoumise" a  réalisé aux Européennes son plus mauvais score depuis sa création, que Podemos a été affaiblie aux législatives espagnoles et que Syriza a perdu les législatives grecques (et le pouvoir)... Il est vrai qu'en même temps, la social-démocratie aussi recule dans l'Union Européenne (mais pas en Suisse...) : son groupe au parlement européen n'a jamais été aussi faible, le Labour de Jeremy Corbyn n'a réuni aux élections européennes que moins d'un tiers de son pourcentage électoral par rapport aux législatives de 2017 (14,1 % des suffrages contre 40 %), et le PS français est au plus bas.

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  • D'héroïques défenseurs de la démocratie nous sont nés

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    Martyre_de_Saint_Érasme.jpgMartyrs larigot

    Hier, au Conseil municipal de la Ville de Genève, en fin de soirée, alors que nous peinions quelque peu à prendre au sérieux les règlements de compte pré-électoraux auxquels nous assistions, notre esprit se mit à vagabonder. Et nous imaginions l'état dans lequel pouvait se trouver un téléspectateur égaré devant la retransmission de nos ébats, se souvenant avoir suivi sur une chaîne d'info les manifestations d'opposition à Hong Kong, à Moscou, à Alger, et se retrouvant devant des élus locaux genevois se posant en résistants à une dictature (celle, évidemment, du Conseil administratif, posé en réincarnation du Politburo soviétique de la grande époque). En rit-il ou en pleure-t-il, notre téléspectateur égaré ?

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  • Budget 2020 de la Ville de Genève : Le prix de la RFFA

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    rien.jpgLe Conseil administratif de la Ville de Genève propose au Conseil Municipal un projet de budget se soldant par un déficit net de 29,9 millions de francs. Pourquoi ce déficit ? Parce que les recettes de l'imposition des entreprises ont baissé de 33,8 millions. Et pourquoi ont-elles baissé ? A cause de la réforme cantonale de l'imposition des entreprise (RFFA), acceptée par le peuple en mai dernier (contre l'avis de la gauche). Le déficit toutefois a été anticipé, puisque la baisse des ressources fiscales, inhérentes à la RFFA, était prévue (c'était même l'une des raisons de notre opposition à cette réforme) : la Ville s'était dotée d'une "réserve conjoncturelle" lui permettant d'absorber en cinq ans les déficits prévus, en étant alimentée par les excédents des exercices budgétaires, tels que révélés par les comptes Des excédents qui pourraient certes être utilisés plus utilement que pour compenser les pertes fiscales provoquées par des réformes nuisibles, mais des excédents qui témoignent tout de même de la qualité de la gestion financière de la Municipalité. Ce qui n'empêche pas (les conneries continuent (à moins qu'il s'agisse de comique de répétition) la droite de refuser rituellement ces comptes. Un vote sans enjeu puisqu'au final, même refusés par la majorité de la commission des finances puis par le plénum du Conseil municipal, les comptes sont validés par le Conseil d'Etat à partir des critères habituels de tenue des comptes : la véracité et la sincérité. Pour le reste, comme l'a résumé une conseillère municipale PDC "le combat politique se mène lors du budget, pas lors des comptes". Ben ouais, mais mener un combat politique sur un enjeu politique, c'est sans doute trop difficile pour la majorité de droite du Conseil municipal de Piogre.

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  • Glissements progressifs des choix électoraux

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    Conseil national.jpgUrnes communicantes

    Selon le dernier "baromètre électoral" de la SSR, les Verts, avec 10,6 % des suffrages (+3,5 % par rapport à 2015) dépasseraient le PDC (10,4 %, -1,4 %) lors des élections fédérales. Les Verts libéraux progressant également (de 2,3 points) pour obtenir 6,9 % des suffrages, les deux partis écolos dépasseraient  ensemble le PLR (16,7 %, + 0,3 %) et frôleraient, avec 17,5 %, le PS (18,7 %, -0,1 %). L'UDC resterait le premier parti du pays, mais le sondage confirme son recul de 2,6 points, à 26,8 %). La gauche dans son ensemble, en comptant les petites listes de la gauche de la gauche, dépasserait les 30 %. L'UDC et le PLR perdraient la majorité absolue des sièges qu'ils détiennent actuellement ensemble au Conseil National, le recul du PDC ne l'affectant pas au Conseil des Etats, où il détient la majorité absolue des sièges avec le PS... et le Vert. La Suisse n'est pas vraiment le pays des grands bouleversements électoraux -mais ce glissement électoral vers la gauche pourrait au moins permettre à la prochaine législature d'être moins "perdue" que celle qui se termine.

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  • Leur écologie et la nôtre

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    dev_durable.jpgUne lecture pour le Jeûne : André Gorz

    Ce texte d'André Gorz initialement paru en avril 1974 dans le mensuel écologiste "Le Sauvage", n'a pris ni rides ni bide. Et à l'heure électorale où il n'est plus dans le champ politique que des écolos, de conviction ou d'apparence,il est bon de rappeler qu'il y a 45 ans, Gorz avait déjà remis les pendules à l'heure. On republie donc ce texte, en vous en conseillant la lecture pour accompagner la tarte aux pruneaux du Jeûne Genevois

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  • Un parking pour prix d'une zone piétonne ?

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    épaves.jpgNON à la clé de (dé)Rive

    Hier soir, et à la quasi unanimité de son assemblée générale, le Parti socialiste de la Ville de Genève a refusé dfe soutenir le projet du nouveau parking "Clé de Rive" (900 places au centre-ville), présenté comme contrepartie à un projet de piétonisation de la zone du carrefour de Rive. Une contrepartie qui n'est en fait qu'un parasite. En commission, toute la gauche s'est opposée à ce projet obsolète et contradictoire, alors que la droite s'y accrochait comme un morpion à une vieille couille, sans comprendre (ou en refusant de comprendre) que les temps avaient changés depuis que ce projet avait été conçu : on peut, on doit aujourd'hui développer les zones piétonnes sans se contraindre à les farcir de parkings. Et s'abstenir de créer de nouveaux parkings dans la "petite ceinture", c'est-à-dire au centre ville, là d'où précisément on doit réduire autant qu'il est possible la circulation automobile. On combattra donc le parking "Clé de Rive" dans le même mouvement où l'on soutiendra la création d'une zone piétonne à Rive, parce que ce parking est un projet du passé, et que cette zone piétonne est un projet d'avenir.

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  • L'Italie dans le labo du docteur Maboul

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    Machiavel.jpgD'une chimère l'autre

    L'Italie a toujours été un laboratoire politique -elle l'était déjà bien avant que d'être un Etat. Mais ce qui sort d'un laboratoire a parfois, comme dirait Mary Shelley, de quoi inquiéter. Après tout, si l'Italie de Machiavel a inventé la science politique, celle de Mussolini a inventé le fascisme. Que nous inventerait celle de Salvini ? Ni les populistes des "5 Etoiles" ni les "sociaux libéraux" du Parti Démocrate n'ont voulu courir le risque de l'expérience. Ils se sont alliés pour former un gouvernement sans Salvini et sa Ligue, sous la présidence de celui qui présidait déjà le gouvernement de l'alliance entre les "5 Etoiles" et la Ligue fascisante, Giuseppe Conti. C'était cela ou des élections législatives anticipées dont les sondages donnaient tous la Lega (actuellement soupçonnée d'avoir tenté de faire financer sa campagne électorale des Européennes par la Russie poutinienne) gagnante. Mieux valait sans doute accoucher d'une nouvelle chimère... Reste toutefois à la faire vivre...

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