D'une élection l'autre : dans six mois, les Municipales

Imprimer

Groupe PS municipal 2.jpg

Groupons-nous et demain...

Changement d'élections réjouit les militants : hier soir, en pleine cam pagne pour les élections fédérales, le Parti socialiste de la Ville de Genève a décidé en assemblée générale de sa liste pour les élections municipales du 15 mars 2020, conduite par Sami Kanaan et Christina Kitsos, que le parti présente au Conseil administratif : 47 candidates et candidats au Conseil municipal, présentés selon l'habituelle méthode socialiste, d'autant plus égalitaire qu'elle est le fruit du hasard : par ordre alphabétique à partir d'une lettre tirée au sort (cette fois, le "I"), femmes et hommes en alternance. Elles sont 20, ils sont 27. En décidant de sa liste pour les Municipales, le PS de la Ville de Genève a réaffirmé ses objectifs : "répondre aux défis de l'urgence sociale et climatique; pour cela, reconstruire une majorité de gauche au Conseil municipal et garder une majorité de l’Alternative au Conseil administratif".

La droite genevoise, c'est plus de la politique, c'est de la physique des particules

On se souvient du soir des élections municipales de 2015 : pendant cinq minutes, on a eu le sourire : on (le PS donc) avait gagné des sièges, on s'était renforcé comme le premier parti de la Ville de Genève et le premier groupe de son Conseil municipal, et nos deux magistrats allaient être assez confortablement réélus, en tête de l'élection du Conseil administratif. Sauf que la gauche n'était pas majoritaire, et que la droite et l'extrême-droite, ensemble, l'étaient. A l'heure du bilan de cette législature, on peut alors se demander pourquoi il n'est si désastreux qu'il risquait de l'être ? Pour trois raisons : d'abord, l'incompétence politique de nos adversaires. La droite était majoritaire, elle a été incapable de faire de cette majorité quoi
que ce soit de présentable même à son propre électorat : c'est un PLR dont on ne peut analyser la déliquescence qu'en se référant aux lois de la thermodynamique, en particulier celle de l'entropie; c'est un PDC incapable de choisir entre son ambition centriste et son alliance à droite; c'est une UDC qui ne pèse rien; c'est un MCG dont on se demande si son ambition est d'entrer dans le jeu politique ou au pavillon des admissions de Belle-Idée.
Ensuite, le recours au peuple : à chaque fois que la droite à voulu imposer son propre budget, le peuple a rétabli le budget du Conseil administratif après que la gauche ait lancé des référendums.
Enfin, et si paradoxal que cela soit, la faiblesse, par ailleurs tout à fait dommageable, des compétences communales, et de celles du Conseil municipal face au Conseil administratif. Comme il est dit dans la Bible, le Coran et le Talmud, d'un grand mal peut sortir un grand bien : plus d'une dizaines de décisions du Conseil municipal, arrachées par la droite, ont été annulées par la Surveillance cantonales des Communes parce que relevant de compétences exclusives du Conseil administratif.

Nous nous donnons pour objectif le retour d'une majorité de gauche au Conseil municipal de la Ville de Genève, et pour le moment, nos adversaires semblent curieusement nous faciliter les choses. La droite municipale, en Ville de Genève, affiche (ou plutôt n'affiche pas, et tente de le masquer par une agitation brownienne) un bilan politique calamiteux : six votations perdues , une quinzaine de votes du Conseil municipal annulée pour illégalité, une Ville de 200'000 habitants privée de budget deux années de suite (les budgets ont dû être rétablis en votation populaire après des référendums de la gauche), des comptes refusés en commission et en plénières mais validés par le canton parce qu'il n'y avait aucune raison de les refuser... et des propositions stupides brandies comme des étendards (réglementation de la longueur des manches des tenues de bains des femmes dans les piscines municipales, octroi des allocations de rentrée scolaire sous forme de bons, restauration des "promotions" calviniennes...).

La droite française est réputée être la plus bête du monde. Certes, Genève n'est plus française depuis 1815 -sa droite municipale semble l'être restée. Jusque dans ses stratégies d'alliances : le PLR voudrait bien constituer une « droite élargie » avec le MCG, l'UDC et le PDC, mais le PDC ne veut pas s'allier avec le MCG et l'UDC, laquelle hésite à s'allier seulement avec le MCG mais est d'accord de s'allier avec le MCG, le PLR et le PDC, lequel PDC ne veut pas d'une telle alliance mais est accepte de rester dans une alliance avec le PLR qui se demande si ça vaut la peine de s'allier avec le PDC comme il l'a fait pour les Fédérales après que le PDC ait fait mine de partir dans une autre alliance, avec les petits partis du centre.
La droite genevoise, c'est plus de la politique, c'est de la physique des particules. Très élémentaires.

 

Commentaires

  • Le succès de la gauche dépend de la bêtise de la droite, un peu comme en France, jusqu'à un certain Macron qui torpille la gauche.
    Parce que le point faible de la gauche est de trouver l'argent pour ses rêves, chez le contribuable, et il y aura bien un moment où même le fonctionnaire se posera des questions sur les impôts, même si il en profite généreusement aux détriments des autres.
    L'autre point, est l'aveuglement dans plusieurs thèmes, le souci de ne pas penser futur, notamment sur le devenir de Genève et ses habitants.

    Reste un aspect majeurs qui tient le PS en haut, ce n'est pas l'égalité, les crèches, mais le PS donne l'impression d'avoir une approche plus humaine. Malheureusement, le PS semble s'installer dans sa tour d'ivoire à distiller son idéologie.

    L'avenir du PS dépendra de sa capacité à se connecter à la population, en dehors des bobos qui gentiment vieillissent. Et ce n'est pas un retour à Marx ou sa conversion au libéralisme expansionnisme qui le sauvera d'une descente marquée.

    Il est temps de voir un nouveau PS soucieux de la vie des gens ordinaire qui ont droit eux aussi à vivre dans un environnement humain à défaut de pouvoir s'acheter une maison.
    Peut-on en vouloir à des architectes et urbanistes qui ont reçu une formation médiocre ? Oui si ils ne se remettent pas en cause. Quant aux politiciens qui acceptent des horreurs, ils ne devraient plus s'occuper des dossiers, l'incompétence est dramatique sur l'impact. Je préconise que seuls des gens compétents qui privilégient le beau, choisissent les projets, plus du tout les politiques qui ont montré leurs limites en privilégiant les clapiers durable ou pas

    Si le PS sort de ses charentaises (égalité, crèches) et s'occupent de ceux qui n'ont pas la chance de vivre dans un quartier bobo ou dans une maison, ce sera une révolution.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel