D'héroïques défenseurs de la démocratie nous sont nés

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Martyre_de_Saint_Érasme.jpgMartyrs larigot

Hier, au Conseil municipal de la Ville de Genève, en fin de soirée, alors que nous peinions quelque peu à prendre au sérieux les règlements de compte pré-électoraux auxquels nous assistions, notre esprit se mit à vagabonder. Et nous imaginions l'état dans lequel pouvait se trouver un téléspectateur égaré devant la retransmission de nos ébats, se souvenant avoir suivi sur une chaîne d'info les manifestations d'opposition à Hong Kong, à Moscou, à Alger, et se retrouvant devant des élus locaux genevois se posant en résistants à une dictature (celle, évidemment, du Conseil administratif, posé en réincarnation du Politburo soviétique de la grande époque). En rit-il ou en pleure-t-il, notre téléspectateur égaré ?

La casserole tintinnabulante du ridicule

Or donc, n'en doutez pas, naïfs lecteurs, ni n'en ricanez, malveillants commentateurs : des héros nous sont advenus. Des héros de la démocratie, de la liberté d'expression, des franchises parlementaires. Pourquoi cette transfiguration des Bidochon en Philibert Berthelier, en Pierre Fatio, en Michel Servet ?`Parce que des projets de délibération votés par la majorité de droite du Conseil municipal ont été annulés ou transformés en simple résolutions par le SAFCO (la surveillance cantonale des communes) pour non conformité à la loi. Un complot du Conseil administratif de gauche ? Que nenni : plus bêtement, leurs auteurs ont été infoutus de se conformer au cadre légal. Peu leur chaut : eux se voient en martyrs. Pas moins. Telle conseillère municipale PLR ? C'est Blandine de Lyon. Tel candidat PLR au Conseil administratif ? aucun doute : c'est Saint Sebastien réincarné. Tel candidat MCG au même Conseil administratif ? L'évidence saute aux yeux : c'est Jean Baptiste.

Bon, ne dramatisons pas : Après tout, rien de plus efficace que laisser s'ébrouer des martyrs de carnaval pour convaincre des citoyennes et des citoyens un peu indécis de ne leur accorder qu'une charitable commisération. Le seul risque que courent celles et ceux d'entre nos collègues qui se posent en archanges de la démocratie quand ils ne sont que diablotins de la tambouille électorale, c'est le risque du ridicule. Et si ça ne tue jamais personne, le ridicule, c'est tout de même une casserole qu'on peut traîner, tintinnabulante, pendant toute une campagne électorale.

 

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