Budget 2020 de la Ville de Genève : Le prix de la RFFA

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rien.jpgLe Conseil administratif de la Ville de Genève propose au Conseil Municipal un projet de budget se soldant par un déficit net de 29,9 millions de francs. Pourquoi ce déficit ? Parce que les recettes de l'imposition des entreprises ont baissé de 33,8 millions. Et pourquoi ont-elles baissé ? A cause de la réforme cantonale de l'imposition des entreprise (RFFA), acceptée par le peuple en mai dernier (contre l'avis de la gauche). Le déficit toutefois a été anticipé, puisque la baisse des ressources fiscales, inhérentes à la RFFA, était prévue (c'était même l'une des raisons de notre opposition à cette réforme) : la Ville s'était dotée d'une "réserve conjoncturelle" lui permettant d'absorber en cinq ans les déficits prévus, en étant alimentée par les excédents des exercices budgétaires, tels que révélés par les comptes Des excédents qui pourraient certes être utilisés plus utilement que pour compenser les pertes fiscales provoquées par des réformes nuisibles, mais des excédents qui témoignent tout de même de la qualité de la gestion financière de la Municipalité. Ce qui n'empêche pas (les conneries continuent (à moins qu'il s'agisse de comique de répétition) la droite de refuser rituellement ces comptes. Un vote sans enjeu puisqu'au final, même refusés par la majorité de la commission des finances puis par le plénum du Conseil municipal, les comptes sont validés par le Conseil d'Etat à partir des critères habituels de tenue des comptes : la véracité et la sincérité. Pour le reste, comme l'a résumé une conseillère municipale PDC "le combat politique se mène lors du budget, pas lors des comptes". Ben ouais, mais mener un combat politique sur un enjeu politique, c'est sans doute trop difficile pour la majorité de droite du Conseil municipal de Piogre.

 

Pour améliorer un budget, il faut bien commencer par l'étudier...

Revenons-en donc au "combat politique" à mener sur le budget : si le déficit que présente le projet du Conseil administratif ne pose pas de problème (ni en principe, ni dans le cas présent puisqu'il est absorbé par la réserve conjoncturelle), et si le projet contient un renforcement à saluer de l'effort municipal dans l'accueil de la petite enfance (nouvelles places de crèches), du contrôle financier interne (nouveaux postes), de l'hébergement à l'année des personnes sans domicile fixe (pour 1,8 millions supplémentaire), et s'il assume les coûts de la Nouvelle Comédie, il est faiblard dans la réponse donnée à l'"urgence climatique" décrétée par le Conseil municipal. Mais cette faiblesse du projet n'a rien d'irrévocable, et n'implique évidemment pas qu'on refuse de l'examiner -bien au contraire, puisque que pour l'améliorer, il faut bien commencer par l'étudier...

On ne demande pas aujourd'hui, ou demain, au Conseil municipal d'adopter le budget de la Ville. On lui demande seulement de condescendre à l'examiner, à l'étudier -ne serait-ce que pour pouvoir l'amender.Aucun budget ne peut prétendre à la perfection. Aucun budget ne sera jamais totalement satisfaisant, surtout en période électorale, où il convient forcément d'être dans la posture de l'insatisfaction -pour le moins. Mais c'est précisément parce qu'il sont toujours insatisfaisants qu'il faut examiner les projets de budget qui nous sont soumis : pour les évaluer, les jauger, les amender. Les améliorer. Ce ne devrait pas être trop demander aux Conseillères et élus municipaux, même de droite : elles et ils ont précisément été élus pour cela.

Parfois, les choses sont plus simple qu'elles paraissent. Et comme lors des quatre débats budgétaires précédents en Ville de Genève, le clivage qui divisera le Conseil municipal sera moins entre la gauche et la droite, qu'entre celles et ceux qui se sentent capables de faire le boulot pour lequel elles et ils ont été élus, et celles et ceux qui en sont incapables ou s'y refusent.

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