Glissements progressifs des choix électoraux

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Conseil national.jpgUrnes communicantes

Selon le dernier "baromètre électoral" de la SSR, les Verts, avec 10,6 % des suffrages (+3,5 % par rapport à 2015) dépasseraient le PDC (10,4 %, -1,4 %) lors des élections fédérales. Les Verts libéraux progressant également (de 2,3 points) pour obtenir 6,9 % des suffrages, les deux partis écolos dépasseraient  ensemble le PLR (16,7 %, + 0,3 %) et frôleraient, avec 17,5 %, le PS (18,7 %, -0,1 %). L'UDC resterait le premier parti du pays, mais le sondage confirme son recul de 2,6 points, à 26,8 %). La gauche dans son ensemble, en comptant les petites listes de la gauche de la gauche, dépasserait les 30 %. L'UDC et le PLR perdraient la majorité absolue des sièges qu'ils détiennent actuellement ensemble au Conseil National, le recul du PDC ne l'affectant pas au Conseil des Etats, où il détient la majorité absolue des sièges avec le PS... et le Vert. La Suisse n'est pas vraiment le pays des grands bouleversements électoraux -mais ce glissement électoral vers la gauche pourrait au moins permettre à la prochaine législature d'être moins "perdue" que celle qui se termine.


Rendre possible un changement de majorité parlementaire

Le mouvement "Grève pour le climat" a présenté fin août une charte qu'il propose à la signature aux candidates et candidats aux élections fédérales : elle exige que la Suisse déclare l'"urgence climatique", qu'elle parvienne à une neutralité des émissions de gaz à effet de serre en 2030, et qu'elle respecte le principe de justice climatique : ce ne sont pas aux plus pauvres (pays ou personnes) de payer la facture d'un changement de politique environnementale, mais aux plus pollueurs. Les candidates et candidats des partis de gauche, et sans doute des Verts libéraux, du PBD et du PDC, pourront sans contorsions signer cette charte. A droite, ça sera évidemment plus compliqué...

L'Alliance-Environnement, dont font partie les principales organisations de défense de l'environnement (WWF, Greenpace, Pro Natura, ATE, notamment) a passé au crible les votes des parlementaires fédéraux sur 54 objets en lien avec l'écologie pendant la législature qui s'achève. Résultat : les Verts (98% de votes favorables à l'environnement), le PS (97 %), les Verts libéraux et les Evangéliques (91 %) soutiennent clairement les propositions favorables à l'environnement. Le PBD (64 %) et le PDC (49 %) sont plus partagés . Quant au PLR (22 %) et l'UDC (5 %), ils ont clairement voté "à l'encontre des sujets écologiques". Et du coup, l'Alliance considère la législature qui s'achève comme une "législature perdue". Gageons cependant qu'elle ne l'a pas été pour tout le monde : quelques grosses entreprises, bon nombre de patrons et une tripotée d'actionnaires tirent bien profit de l'inaction volontaire des Etats face au dérèglement climatique.
Aux citoyennes et aux citoyens d'y remédier : en rendant possible un changement de majorité parlementaire. Ce n'est pas que le parlementarisme soit le nec plus ultra de l'action politique, c'est seulement qu'il convient de lever un obstacle à la satisfaction des revendications et à la réalisation des projets qui naissent dans la société, descendent dans la rue et font mouvement social.
Lien permanent Catégories : élections, Politique, Suisse 2 commentaires

Commentaires

  • Etre minoritaire permet d'être écolo à 100%, ce genre d'étude ne vaut pas grand chose.
    Par contre, les actions au niveau cantonal et communal donne un indice de sincérité. Et là, le PS comme les Verts sont loin d'approcher le 100% d'actions écolos.
    A vrai dire, le bétonnage, l'absence de place pour les voitures électriques, la pollution avec ses pics, le bruit,(....) n'est pas la priorité, dans aucun partis.

    J'aimerais donc une étude sur les actions écolos des partis qui gouvernent (cantons, communes). Ensuite on peut y discuter. Ca ne sauverait pas l'UDC qui dans son entêtement se ridiculise, mais ça donnerait une vision plus juste des partis.

    Si le PS et les Vert étaient 100% écolo, Genève ne serait pas ce qu'elle est devenu.
    Faut t'il attendre une crise ou décréter ce blabla inutile qu'est l'urgence climatique pour agir contre la pollution et protéger la santé ?
    Notre planète est malade parce qu'on est assez idiot pour se laisser empoisonner, et se laisser vivre dans un environnement qui parfois nous rend fou.

    J'attends des partis qu'ils parlent de l'avenir, et des actions qu'ils souhaitent entreprendre par exemple pour abaisser la pollution. Il y a déjà des actions en cours, comme des communes qui favorisent les véhicules électriques. Ce sont plus des actions individuelles qu'une philosophie politique.

    Bref, quelle est l'ambition écologique des partis dans la réalité du pouvoir ? Puisque la mode est à l'horreur du bétonnage, n'y a t'il dans les constructions, pas place pour le solaire ?

  • Ce billet a le mérite de l'honnêteté. Les questions environnementales sont donc bien un moyen récupéré pour faire avancer la gauche qui s'adjuge le titre de défenseur du réchauffement climatique.
    Sauf que, dans les faits et comme le relève motus, les questions climatiques sont reprises par toutes les formations quelles que soient leur sensibilité et la gauche ne fait pas mieux que ses adversaires. La stratégie ne consiste pas à répondre aux préoccupations de certains, ce n'est qu'arithmétique de base pour engranger des suffrages. Celui qui ne surfe pas sur cette vague risque gros.
    C'est beau la politique. Et c'est presque distrayant si les conséquences n'étaient pas si ravageuses.

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