Villages africains en lutte contre les multinationales de l'agrobusiness

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Capture.JPGCoopération au développement ou collaboration au néo-colonialisme ?

La coopération au développement est une noble cause, même si la question doit être posée de la nature du développement que les pays les plus riches (dont, évidemment, la Suisse) doivent soutenir dans les pays et les régions les plus pauvres. Mais quand sous couvert de coopération au développement, des institutions publiques ou soutenues par des fonds publics ne coopèrent en fait qu'à l'extension de la prédation exercée sur les terres, le "développement" n'est plus que celui d'un héritage colonial et la "coopération" plus que la collaboration au néo-colonialisme. Deux exemples viennent d'être donnés par le Solifonds de ce dévoiement de la coopération au développement : l'un au Congo (RDC), l'autre en Sierra Leone. Avec dans les deux cas, une résistance des populations locales. Une résistance à soutenir :
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Soutenir la résistance des habitants des régions où sévissent les multinationales

La Banque britannique de développement et son homologue allemande, comme bien d'autres banques et fonds européens de développement, place des capitaux dans une société (Feronia) qui cultive au Congo (RDC) des plantations de palmiers à huile sur des terres volées aux habitants pendant la période coloniale. Feronia a même été sauvée de la faillite par l'"African Agricultural Fund" (AAF) et la banque britannique de développement (CDC). Or l'AAF regroupe notamment des agences étatiques de développement française, espagnole, européenne, américaine, et un fonds de développement (l'Emerging Africa Infrastructure Fund, EAIF) financé, entre autres, par... le Secrétariat d'Etat suisse à l'économie (SECO)...

On est là, exemplairement, dans une pratique néo-coloniale soutenue par des organismes supposés soutenir le développement des pays et des régions les plus pauvres mais soutenant en fait la prédation des multinationales dans ces pays et ces régions, comme en Sierra Leone celle de Socfin, dont la direction opérationnelle est en Suisse (à Fribourg). Ces multinationales sont impliquées dans des conflits avec les habitants. C'est la résistance des populations locales à l'accaparement de leurs terres, à la destruction de leur cadre de vie et de leurs ressources vivrières qu'il s'agit de soutenir. Parce qu'elle as besoin de ce soutien, face à la violence des forces de sécurité officielles, voire de milices privées.

Au Congo, des villages sont littéralement cernés par les plantations de palmiers à huile de la société Feronia -un héritage de la période coloniale, lorsque des communautés avaient été chassées de leurs terres, que des villages avaient dû être abandonnés, que leurs habitants avaient perdu leurs terres et leurs moyens de subsistance parce que la puissance coloniale (la Belgique, en l'occurrence) en avait décidé ainsi en attribuant 100'0000 hectares à une filiale d'Unilever (rachetée par Feronia en 2009). Cela fait un siècle que les populations locales luttent contre l'accaparement colonial, puis néo-colonial, de leurs terres et la violation de leurs droits fondamentaux par les accapareurs.

Comme au Congo, des villageois de Sierra Leone doivent lutter contre la prédation des multinationales, les expulsions, la destruction de la faune et de la flore, la disparition des cultures vivrières, la condamnation des paysans sans terre à un travail sous-payé dans les plantations des multinationales. Là, c'est la multinationale Socfin qui est en cause -or son siège opérationnel est en Suisse. Socfin s'est accaparé 18'000 hectares dans le district de Malen : ce sont 36'000 habitants de 52 villages ont été privée de l'accès aux terres qu'ils cultivaient pour subvenir à leurs besoins. En janvier, deux membres d'une communauté villageoise ont été abattus, d'autres blessés, des centaines expulsés.

Or ces pratiques, cet accaparement des terres, cette spoliation des population, est légitimée par les institutions européennes... d'aide au développement. D'aide au développement de qui, de quoi ? des populations locales ? non : des profits des multinationales.

Les populations résistent. Et cette résistance a besoin de soutien. Parce qu'elle se heurte à la violence: razzias, emprisonnements sans jugement et sans autre motif que celle de cette résistance, ainsi criminalisée. Le Solifonds entend soutenir l'auto-organisation des habitants des régions où sévissent les multinationales, soutenir leur préparation à la résistance, soutenir cette résistance.
A nous de soutenir ce soutien :

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Commentaires

  • Voilà pourquoi les Africains doivent rester dans leur patrie. Pour combattre les multinationales et les corrompus à leur solde.

    Mais apparemment cela n'intéresse personne.

  • Ce genre de commentaire me fait doucement rigoler quand on sait que beaucoup en Suisses sont prets a migrer dans un autre canton rien que pour payer moins d`impots. La plupart des migrants africains n`ont pas le choix car rester équivaudrait a mourir lentement par la faim et les maladies de la sous-nutrition ou alors mourir moins lentement par les armes.

  • Les Africains qui le peuvent restent dans leur patrie. L'écrasante majorité de deux qui la quittent ne la quittent que pour un pays voisin, et avec la ferme intention d'y revenir. Le problème est que les décisions qui les affectent ne sont pas prises chez eux, mais chez nous...

  • Nous avons un moyen, et peut-être cette fois la possibilité, d'intervenir au noeud du problème en votant l'initiative cet automne : http://posttenebraslux.blog.tdg.ch/archive/2019/03/24/des-multinationales-responsables-c-est-un-gag-297964.html

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