• Rentrée scolaire à Genève : "Des allocations, pas des aumônes" ?

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    On ne lâche rien...

    La Ville de Genève accorde aux familles les plus modestes de la commune une allocation de rentrée scolaire, que la droite municipale n'avait cessé de combattre et qu'il avait fallu lui imposer. Ne pouvant la supprimer, elle avait décidé de la dénaturer : l'allocation était versée sous forme monétaire, sur un compte postal ou bancaire, la droite a imposé qu'elle soit désormais versée sous forme de bons d'achat dans les commerces de ses copains. Nous avions combattu au Conseil municipal cette régression vers les aumônes intéressées du XIXe siècle, puis, après qu'elle ait été ratifiée par la droite dilatée (du MCG au PDC), lancé une pétition ("Des allocations, pas des aumônes") pour en revenir "à un mode acceptable et rationnel de versement des allocations de rentrée scolaire". Hier soir, au Conseil municipal, la même droite dilatée qui avait imposé le retour aux bons caritatifs a refusé la pétition. Comme on dit dans ces cas là : "le combat continue" -et il continuera jusqu'à ce quelques bribes de rationalité sociale se fraient, si péniblement que cela dusse se faire, dans quelques cerveaux de droite. Têtus, on est. Et optimistes, aussi...
     
     

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  • L'ordre politique doit naître de l'ennui qui naît de l'uniformité

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    index.jpgNeutralisons !

     Le PLR municipal genevois a déposé un projet de délibération modifiant le règlement du Conseil afin d'y inscrire des règles portant sur les apparences vestimentaires et les modes d'expression des conseillères et conseillers municipaux. Le fétichisme vestimentaire est un peu une manie de la droite locale, elle nous avait déjà fait le coup avec les tenues de bain dans les piscines municipales, elle récidive avec les tenues de séance au Conseil municipal. Pour les apparences lors des séances plénières, le PLR ne s'est pas contenté de reprendre en substance une disposition de la loi cantonale sur la laïcité -celle qui, absurdement, prescrit qu'en séances plénière, "les membres du Grand Conseil et des Conseils municipaux s'abstiennent de signaler leur appartenance religieuse par des signes extérieurs", il y a ajouté une pétition de principe normalisatrice, selon quoi "il importe de clarifier explicitement les limites à l'intérieur desquelles la tenue et le comportement des conseillères et des conseillers municipaux doivent s'inscrire afin de consolider et de maintenir la sérénité des débats parlementaires". Et donc, clarification explicite : les élus et élues doivent se vêtir d'une tenue "neutre s'apparentant à une tenue de ville". Genre employé de banque des années cinquante et institutrice des années soixante ? Il s'agit de neutraliser les apparences pour normaliser le parlement. Neutraliser la forme, avant que de pouvoir neutraliser le fond. La proposition a été renvoyée pour étude en commission. On pourrait, si on était fatigués, se contenter de s'y opposer en arguant  que la loi cantonale suffit, si absurde  qu'elle soit. Mais on n'est pas fatigués. Et donc
    on se servira du projet de règlement que le PLR nous soumet comme d'un marchepied, pour aller plus loin dans son ambition : la normalisation du Conseil municipal de Genève.

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  • Genève : De l'usage invocatoire de la "Séparation des pouvoirs"

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    Tutelle est prise sur qui croyait s'en déprendre

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    "Affaire Maudet", notes de frais des Conseillers administratifs de la Ville et des Conseillers d'Etat  : "Le Ministère public et la Cour des Comptes montent en puissance alors qu'ils sont des instances de contrôle et non du faire", maugrée le président du Conseil d'Etat genevois, Antonio Hodgers, dans "Le Temps" de samedi. Et l'ancien redac'chef de la "Julie", devenu chroniqueur, Pierre Ruetschi, de confirmer : "nos politiques, qu'il s'agisse de la Ville, ne contrôlent plus vraiment leur destin" (comme si en démocratie il pouvait en être autrement...), "le pouvoir a passé progressivement en d'autres mains, celles du Ministère public et de la Cour des comptes, qui déterminent la capacité de faire (ou de ne rien faire) de nos élus. Le politique est sous pression. A moins qu'il ne soit sous tutelle". Bon, et alors ? Tout dépend de qui il est sous tutelle, non ? Pourquoi a-t-on créé à Genève une Cour des comptes et en fait-on élire (activement ou tacitement) les magistrats par le peuple ? Pourquoi fait-on aussi élire le Procureur général, ses adjoints et tous les juges par le peuple ? Pour leur donner aux uns et aux autres la même légitimité démocratique que celle des députés et du Conseil d'Etat... 
     

     
     

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  • Comment contourner une loi votée par le peuple

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    ouverture le dimanche.jpgLe 19 mai, à Genève, on votera sur une modification de la loi sur l'ouverture des magasins, modification étendant à trois dimanches par an les possibilité d'ouverture dominicale en contournant la condition posée par la loi actuelle, et ratifiée par le peuple en novembre 2016, d'une convention collective de travail étendue à l'ensemble du secteur. Le patronat du commerce de détail a instrumentalisé (avec leur accord) les partis de droite pour faire voter ce contournement par le Grand Conseil -les syndicats et la gauche ont riposté par un référendum, d'où l'inscription de l'enjeu à la votation du 19 mai. Mais le patronat ne s'en est pas tenu là : après avoir fait passer au Grand Conseil une loi contournant un vote populaire, ils tentent de faire ratifier par le Conseil d'Etat une convention collective au rabais signée par un syndicat jaune... Comment contourner une loi votée par le peuple ? en la faisant bidouiller par le parlement et en s'acoquinant avec un pseudo-syndicat...

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  • La gauche genevoise unie contre les réformes fiscales

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    rffaNotre Surmoi et leur ça

    A Genève, comme le titrait la "Tribune" du lieu, le "front favorable à la réforme fiscale se lézarde" : à droite, l'UDC a lâché le PLR, le PDC et le MCG sur la réforme cantonale (tout en restant de leur côté sur la réforme fédérale), et à gauche, le PS a rejoint les syndicats, les Verts et "Ensemble à gauche" dans l'opposition aux deux réformes. On notera avec quelque maligne satisfaction, que le choix socialiste a mis en fureur la droite alors que celui de l'UDC l'a laissée indifférente. "Le Temps" diagnostiquait amèrement que (on ne s'en lasse pas) "les socialistes genevois ont, avec Ensemble à gauche et les Verts, un surmoi social qu'ils peinent à dépasser". Pire, ils le revendiquent, ce "surmoi social" -que partagent au sein même du PS partisans et adversaires de la réforme fiscale cantonale, s'ils l'expriment par des mots d'ordre différents. Ce "surmoi" de gauche vaut bien un "ça" de droite, non ?

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  • Plus d'un mois de grève des nettoyeurs à Genève

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    la-ville-intervient-dans-la-greve-des-nettoyeurs-936x546.jpgToilettes publiques, mandat privé


    Ils sont quatorze. Ils nettoient jour et nuit, la semaine et le dimanche,  les toilettes publiques de la Ville de Genève. Chacun en nettoie douze, quatorze, voire dix-sept, pour 21 francs 70 à 23 francs 60, ou même de l'heure.  Ils travaillent pour la Ville de Genève mais sont employés par une entreprise privée, Onet, à qui la Ville a sous-traité cette tâche. Et ils sont en grève depuis plus d'un mois, soutenu par leur syndicat (le SIT) et l'Assemblée générale de la fonction publique municipale, pour que leurs droits et la loi soient respectés par leur employeur. Pour qu'il leur paie le travail qu'ils font et qu'il ne leur paie pas, qu'il leur compense le travail de nuit qu'ils font et qu'il ne compense pas, qu'il leur fournisse du matériel de travail et de protection adapté, qu'il réintègre un travailleur licencié pour avoir participé au mouvement de revendication qui a abouti à la grève.

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  • "Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

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    feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

    L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

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  • Fin du premier acte du "Grand Débat" français :

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    Macron, Grand Débat, Gilets JaunesJupiter regonflé...

    La première phase du "Grand Débat" national lancé par Emmanuel Macron est terminée*, place aux "conférences nationales" avec des organisations sociales (syndicats, associations), ces fameux "corps intermédiaires" que le macronisme jupitérien méprisait. De réunions locales seront faites des synthèses soumises à des citoyens tirés au sort. Et le parlement se saisira du résultat de cette vaste consultation, avant que le gouvernement y puise des propositions qui reviendront au parlement, voire des décisions qui n'auront pas besoin de l'aval parlementaire. Et peut-être un référendum pour clore le débat par des questions d'ordre institutionnel (référendum d'initiative populaire, prise en compte du vote blanc etc...) afin de donner ou redonner au président et à son gouvernement (du moins si le résultat du référendum est positif pour ses organisateurs) une légitimité qu'une dissolution de l'Assemblée nationale ne lui (re)donnerait pas. Bref, on est largement dans le flou quant aux résultats de l'exercice -sauf sur un point : il a regonflé Jupiter.

    * Sur France Culture, aujourd'hui, Jupiter regonflé débattra avec "65 personnalités de la vie de idées", dès 18 heures 20...

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  • Changer de système, pas de climat

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    pollutionbagnoles.jpgChanger de système, pas de climat

    Le 18 janvier dernier, plus de 65'000 personnes ont manifesté en Suisse, et des millions dans le monde, pour exiger des "responsables" politiques qu'ils prennent sans délai les mesures nécessaires pour faire face au dérèglement climatique tel que provoqué par les activités humaines (et entretenu par les inactivités politiques). Un mois plus tard, le même mouvement à l'origine de cette première  "grève climatique" appelait dans 60 pays à de nouvelles manifestations, avec les mêmes revendications : neutralité carbone d'ici 2030 sans recours à la "séquestration carbone)" ou à la géo-ingénirerie, déclaration de l'état d'urgence climatique, défense de la justice climatique. "Pour atteindre ces objectifs, le changement de système est nécessaire", proclame le manifeste d'appel aux manifestations. Le changement de système, pas la culpabilisation individuelle -et surtout pas celle des plus pauvres ou des moins riches, qui seront les premières victimes d'un désastre environnemental s'il se produit.

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  • Le PS de la Ville de Genève a désigné son candidat et sa candidate à la Municipalité

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    candidats PS CA.jpgUn coup de deux

    Hier soir, le Parti socialiste de la Ville de Genève, qui dispose de deux des cinq sièges de l'Exécutif municipal, y a désigné son candidat (Sami Kanaan) et sa candidate (Christina Kitsos) à l'élection du printemps 2020. C'est le premier parti de gauche à le faire. Il avait le choix entre cinq candidatures à la candidature qui toutes ont été inscrites par celui et celles qui les posaient dans une volonté de r4econquête d'une majorité de gauche au Conseil Municipal, et de maintien de celle au Conseil administratif. Mais au-delà de cette double volonté de reconquête et de maintien, il y a, également partagée, celle de défendre d'abord, d'étendre ensuite, la capacité de la Ville de Genève à mener une politique différente, alternative, à celle du canton -c'est-à-dire de la majorité politique qui la détermine (pour l'essentiel). Le PS a joué hier soir un coup de deux qui n'abolit certes pas le hasard de toute élection, mais lui permet dès aujourd'hui d'entrer en campagne.

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  • Réformes fiscales : le PS face à un choix simple

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    Choisis ton camp, camarade...


    Affiche RFFA-RIE.jpgDemain, l'assemblée générale du PS genevois choisira de soutenir ou de combattre le projet de réforme fiscale cantonale porté par la majorité du Grand Conseil. Et au fond, ce choix ne pourrait pas être plus simple, plus brut de décoffrage politique, que tel qu'il se présente dès lors qu'aucune autre force de gauche ne soutient cette réforme, et qu'aucune force de droite ne la combat : le PS genevois préfère-t-il être avec toute la gauche ou avec toute la droite ? L'étrange n'est pas dans cette simplicité mais dans l'hésitation d'une partie des socialistes à l'assumer. Et à choisir entre deux destinataires de leeur propre crédibilité : tient-elle aux compromis parlementaires qu'ils passent régulièrement avec la droite ou à leur capacité de tenir une ligne politique claire, celle de leur refus de la réforme fiscale fédérale et de leur soutien à l'initiative "zéro pertes" ?

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  • Journée internationale des droits des femmes

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    feminisme.jpgAvant la grève...

    Aujourd'hui est une Journée internationale des droits des femmes*. Et dans trois mois, le 14 juin, ce sera en Suisse la deuxième grève nationale des femmes. Outre des revendications sociales qu'on se désole de devoir réitérer (l'égalité salariale, notamment), et des oppositions à des propositions péjorant la situation des femmes (le report de l'âge de leur droit à la retraite, par exemple), la réponse à donner aux violences spécifiquement faites aux femmes sera au centre du mouvement. "nous avons d'abord un problème de violence masculine dans une société patriarcale", résume la présidente de la Jeunesse Socialiste, Tamara Funiciello, et ce qui explique la forte implication d'immigrés dans des actes de violence conjugale, ce n'est pas leur qualité d'immigrés, mais le force du patriarcat dans leur société d'origine. Ce qui ne signifie nullement que dans la société suisse toute trace de comportements patriarcaux se soit miraculeusement effacée, comme si des hommes suisses ne se rendaient plus coupables d'actes violents sur des femmes, à commencer par leurs compagnes ou leurs filles...

    *A Genève, deux rendez-vous :  de 16 à 18 heures, goûter féministe au Rond-Point de Plainpalais et à 19 heures, marche pour des féminismes révolutionnaires, départ devant la  Poste du Mont-Blanc

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  • L'"Appel de Genève" en crise ?

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    Unique en son genre

     

    Un déficit de plusieurs centaines de milliers de francs (dû notamment à la perte d'une contribution européenne), de nombreux départs au sein du personnel, le départ de sa co-fondatrice : l'"Appel de Genève" serait en "crise profonde", et cette crise inquiéterait la Confédération qui le soutient. Mais plus grave, cette organisation profondément originale dans son but, son rôle et ses pratiques s'en éloignerait pour devenir une sorte de petit CICR-bis. Le but, le rôle, la pratique de l'"Appel de Genève" : intégrer des groupes armés non-étatiques qui l'acceptent (des mouvements de libération nationale, des organisations révolutionnaires, des mouvements de résistance...) à un cadre de respect du droit international humanitaire, en élargissant celui-ci à des acteurs qu'il ignorait et qui l'ignoraient : refus de l'usage d'armes exclues par ce droit (les mines anti-personnel), renoncement à l'enrôlement d'enfants-soldats, notamment. Cela, il est le seul à le faire. Unique en son genre, s'il ne fait plus, ou moins, ou mal, ce pour quoi il a été fondé, il ne se justifie plus.

     

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  • Succès de l'opération genevoise de régularisation des sans-papiers

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    Papyrus.jpgPost Tenebras Lux

    A Zurich, l'association "Zuri City Card" a lancé une pétition, soutenue par la gauche, pour que la ville accorde aux sans-papiers (Ils seraient 14'000) une carte d'identité locale (qui serait aussi accordée à tous les autres habitants. Evidemment, l'UDC a dénoncé une tentative de "légaliser les sans-papiers en catimini". Des propositions semblables ont été déposées à Berne, Bienne et Lucerne et sont à l'étude à Genève où une autre voie, originale, a déjà été prise : celle de "Papyrus" : la légalisation (et pas "en catimini") des "sans-papiers" répondant à plusieurs conditions objectives. Un premier bilan vient d'en être tiré (en l'absence du responsable politique initial de l'opération, Pierre Maudet), après la fin du délai de dépôt des dossiers le 31 décembre dernier (mais des dossiers pourront encore être déposés, si le Secrétariat d'Etat au Migrations n'y fait pas obstacle). 1846 personnes ont déjà été régularisées (365 familles totalisant 1176 personnes dont 610 enfants, 14 couples, 642 célibataires), 1757 dossiers sont en cours de traitement. Dans trois quart des cas, les demandes de régularisation étaient déposées par des travailleuses et des travailleurs de l'économie domestique. Au final, 3500 personnes pourraient être régularisées et passer de l'ombre à la lumière. Comme la devise de la République y incite : Post Tenebras Lux...

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  • Anthropocène (de crime)

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    centrale à charbon.jpgCharbon actif

    Pour tenter, sans même être certains d'y parvenir, de maîtriser le dérèglement climatique, on doit parvenir en un peu plus d'une génération (d'ici 2050) à la "neutralité carbone", c'est-à-dire à des émissions de CO2 ne dépassant pas ce que le milieu naturel (les océans, les forêts) et les puits artificiels (stockage géologique, produits manufacturés et industriels) peuvent absorber.  Mais la consommation de charbon, énergie fossile qui contribue le plus au changement climatique avec 40 %  des émissions totale de CO2, repart à la hausse depuis 2017. Les nouvelles semblaient pourtant pouvoir porter à un optimisme mesuré : l'Allemagne (cinquième plus gros consommateur de charbon au monde) prévoit un arrêt total en vingt ans de la production d'électricité à partir du charbon, la France va fermer ses quatre dernières centrales à charbon d'îci 2022 et aux USA, où Trump fait le forcing pour soutenir l'industrie charbonnière, sa production ne cesse de décliner (non en raison d'un choix politique, mais en raison des "lois du marché" : le gaz est moins cher grâce aux forages de schiste) et la moitié des 1400 mines américaines ont fermé. Or la part (38 %) du charbon dans la production mondiale d'électricité ne se réduit pas alors que cette production globale explose, cette production à partir du charbon croît ainsi de 0,5 % par an et les émissions de CO2 dues à la combustion du charbon correspondent toujours à 40 % des missions totales. Parce que la production d'électricité à partir du charbon est moins onéreuse que les autres modes de production énergétique et qu'elle peut être mise en oeuvre rapidement. Du coup, un pays comme la Chine, dont les besoins en électricité explosent (+ 8,5 % par an), concentre à lui seul 48 % de la consommation totale d'énergie produite à partir du charbon, brûle 25 % du charbon utilisé dans le monde pour produire de l'électricité et construit des centrales dans toute sa région alors même qu'elle investit massivement dans les énergies renouvelables, éoliennes et solaires . Et dans toute l'Asie du sud-est (mais aussi en Pakistan et au Bangladesh) la consommation de charbon augmente, alors qu'elle se réduit en Europe et aux USA.

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  • Drame à Genève : le PS déçoit la droite...

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    Na!.JPGD'entre deux maux et deux mots...

    Le Comité directeur du PS genevois propose à l'Assemblée Générale du parti, qui se tiendra le 12 mars prochain, d'appeler à voter "NON" aux deux réformes fiscales soumises à votation en mai, la réforme fédérale et la réforme cantonale. La situation du PSG est intéressante : quelle que soit la position que prendra son assemblée générale, elle sera contradictoire d'une autre : si elle soutient la réforme fiscale cantonale, cette position sera contradictoire à la fois de celle prise sur la réforme fédérale, contre laquelle le PSG a soutenu le lancement du référendum, et de celle sur l'initiative "zéro pertes", dont le PS a soutenu le lancement. Et si, comme il devrait, le PS combat la réforme fiscale cantonale, il reviendra sur le vote d'une minorité de ses députés au Grand Conseil (la majorité n'ayant pas participé au vote). Le PS a donc le choix entre une contradiction avec une minorité de son groupe parlementaire et une double contradiction avec lui-même. A notre humble (clause de style...) avis, la première contradiction est infiniment plus bénigne que ne le serait la seconde : de deux maux il devrait choisir le moindre, et de deux mots (d'ordre) le plus clair : un double NON à la double réforme fiscale, fédérale et cantonale.

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  • Abdelaziz Bouteflika candidat grabataire à sa succession

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    Bouteflika.jpgLe fantôme de l'Algérie

    Le 21 février dernier, un fantôme est apparu à la télévision algérienne : le président de l'Algérie. Les Algériennes et les Algériens ont vu l'homme qui préside leur République "démocratique et populaire" dans l'état où il se trouve -et où avec lui se trouve le régime qu'il incarne depuis vingt ans et que ceux qui se cachent derrière lui voudraient bien qu'il continue à incarner puisqu'ils le présentent pour un nouveau mandat présidentiel. Abdelaziz Bouteflika est arrivé à Genève dimanche dernier pour subir des examens aux hôpitaux universitaires : après un AVC en 2013, il est presque grabataire : aphasique, ne se déplaçant plus que poussé dans son fauteuil roulant, incapable d'autres geste que quelques signes mécaniques de la main, et sans nul doute totalement incapable d'assumer ses fonctions. Les Algériens se mobilisent pour qu'on le libère du rôle tragique qu'on lui fait jouer. Et pour que l'Algérie ne devienne pas aussi fantômatique que son président.

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