"Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

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feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

"C'est le système qui doit changer, pas les femmes"

Il y a un air de 1918 dans la Grève des Femmes de 2019. Sans doute le mouvement a-t-il été lancé depuis la gauche -depuis les syndicats et les partis de gauche, mais il peut agréger sur tout ou partie de son cahier de revendications des femmes de droite, d'autant que les droits durement acquis depuis un demi-siècle sont à nouveau remis en cause.
28 ans après la première grève des femmes suisses, elles ont obtenu un congé maternité, le droit à l'avortement, l'inscription du principe d'égalité dans la Constitution. Mais l'égalité est toujours une revendication, le droit à l'avortement est toujours menacé, les violences contre les femmes perdurent, les femmes sont souvent contraintes au travail à temps partiel, les métiers réputés "féminins" sont toujours dévalorisés, le travail ménager et familial est toujours fort mal partagé...

La grève générale de 1918 a manifesté l'irruption de la classe ouvrière sur la scène politique et contraint "le système" à des concessions majeures (l'élection des chambres fédérales à la proportionnelle d'abord, puis, des années, voire des décennies plus tard, l'AVS, le suffrage féminin...). L'ambition de la Grève des Femmes de 2019 n'est pas moi9ndre, telle que la fixe la secrétaire du SSP, Maria Pedrosa : "Nous souhaitons montrer que lorsque les femmes s'arrêtent, c'est l'ensemble de la société qui s'arrête". Mais pas pour rester immobile : pour prendre son élan : "C'est le système qui doit changer, pas les femmes", proclamaient les féministes islandaises.

Commentaires

  • Bonjour,
    C'est, de tout temps, l'esprit de la femme qui a guidé le monde. Quand la femme pense et agit, le monde marche ; quand elle tombe dans l'apathie intellectuelle, quand elle se laisse réduire en esclavage et abdique son pouvoir, le monde tombe dans l'obscurité.
    Tous les grands mouvements de l'esprit sont dus à l'initiative féminine. La femme donne l'impulsion, l'homme la suit.
    En voici un exemple frappant avec la Révolution Française :
    Le grand mouvement philosophique qui au XVIIIème siècle a remis tous les problèmes de la Nature en discussion a été, tout entier, fait par des femmes.
    La marquise de Lambert, Mme de Tencin, Mme Geoffrin, inspirent Fontenelle et son école. La marquise du Deffand, la baronne de Staal, surtout la marquise du Châtelet, influencent l'esprit de Voltaire. Mlle de Lespinasse fait d'Alembert. Mme d'Épinay, la comtesse d'Houdetot font Rousseau. Mme d'Épinay, cette petite femme que Voltaire appelait « un aigle dans une cage de gaze », fait aussi Grimm.
    C'est ce grand réveil de la pensée féminine, se dégageant subitement des entraves du Christianisme, qui prépare la Révolution. Mais cette première révolte de l'esprit de la femme en face des erreurs du vieux monde n'est pas bien comprise par l'homme, elle est défigurée, mal interprétée, mal rendue, elle est traduite en idées masculines.
    La femme esclave demandait son affranchissement : l'homme traduit ce cri de révolte par la demande des droits de l'homme. La femme veut l'affranchissement des entraves mises à la liberté des fonctions de son sexe : l'homme traduit cette aspiration par un nouveau déchaînement dans ses vices à lui et ne continue pas moins à opprimer la femme dans sa sexualité ; ce déchaînement de l'homme amène même une recrudescence de jalousie sexuelle.
    Tout ce que la femme demande pour elle, l'homme, dans la traduction qu'il fait des idées de la femme, le demande pour lui.
    C'est ainsi que la Révolution préparée par la femme pour être l'avènement de la justice ne fut que l'avènement d'un système bâtard qui vint détruire l'ancien régime, mais ne le remplaça pas par ce que la femme avait rêvé.
    Suite : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/la-revolution-francaise-cest-la.html
    Cordialement.

  • Inversement à la grande panne d'électricité de New York en 1965..... :)

  • Bof...

    C'est quoi l'obscurité Anwen ?

    Le soleil et sa lumière, la lune qui réverbère ?

    Si demain l'homme s'arrête, tout s'arrête aussi. A la limite, il ne demanderait que ça, genre on fout plus rien, basta !

    Mais alors rien. Rien de chez rien, le strict minimum histoire de s'alimenter (la fin/faim justifiant les moyens) et voilà.

    A chacun d'imaginer le reste...Mais moi ça me plairait bien de les voir, les femmes, à ce moment là...

  • Sélectif la « silhouette «  :)))))))

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