Le PS de la Ville de Genève a désigné son candidat et sa candidate à la Municipalité

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candidats PS CA.jpgUn coup de deux

Hier soir, le Parti socialiste de la Ville de Genève, qui dispose de deux des cinq sièges de l'Exécutif municipal, y a désigné son candidat (Sami Kanaan) et sa candidate (Christina Kitsos) à l'élection du printemps 2020. C'est le premier parti de gauche à le faire. Il avait le choix entre cinq candidatures à la candidature qui toutes ont été inscrites par celui et celles qui les posaient dans une volonté de r4econquête d'une majorité de gauche au Conseil Municipal, et de maintien de celle au Conseil administratif. Mais au-delà de cette double volonté de reconquête et de maintien, il y a, également partagée, celle de défendre d'abord, d'étendre ensuite, la capacité de la Ville de Genève à mener une politique différente, alternative, à celle du canton -c'est-à-dire de la majorité politique qui la détermine (pour l'essentiel). Le PS a joué hier soir un coup de deux qui n'abolit certes pas le hasard de toute élection, mais lui permet dès aujourd'hui d'entrer en campagne.

Affirmer et défendre la commune comme lieu premier de la démocratie

 

Ni la faiblesse des compétences municipales à Genève, ni l'"affaire des notes de frais", ni le fantôme de Pierre Maudet n'y font quoi que ce soit : en Ville de Genève, les zélections municipales de 2020 suscitent, s'agissant des sièges dans les exécutifs municipaux, (pour composer les listes pour les conseils municipaux, les sections locales de partis vont devoir ramer), un déluge de vocations, notamment (mais pas seulement) à gauche, Ainsi, en Ville de Genève, et à ce jour, quatre candidates se présentaient chez les socialistes à la succession de Sandrine Salerno (c'est Christina Kitsos qui a été choisie) et Sami Kanaan a été confirmé à sa propre succession. On a aussi une bonne dizaine de candidatures à la succession d'Esther Alder chez les Verts, une candidate à la succession de Rémy Pagani au Parti du Travail (et deux à solidaritéS, ne serait-ce que pour entraver le PdT). A droite, on a un candidat du PLR à la succession (tardive) de Pierre Maudet, deux candidates PDC à celle de Guillaume Barazzone, un candidat (permanent) du MCG et on attend un candidat de l'UDC. Et pourquoi pas des Verts libéraux... Un candidat à l'Exécutif de la commune de Genève habite la commune de Bardonnex ? Et alors ? Genève n'est-elle pas plus grande qu'elle même ? on est internationaliste ou on ne l'est pas...

Plus sérieusement : Pour la gauche, l'enjeu de l'élection municipale de 2020, à Genève, est double, en Ville de Genève (et dans les principales autres villes du canton : Vernier, Meyrin, Lancy, Onex, Carouge) : regagner une majorité au sein des conseils municipaux, maintenir les majorités au sein du Conseil administratif. Ces deux enjeux -et le premier est sans doute l'enjeu prioritaire- supposent tous deux le maximum d'unité possible entre les trois composantes (dont une est elle-même une composition...) de la gauche genevoise : le PS, les Verts, "Ensemble à Gauche". Mais regagner au Conseil municipal une majorité stupidement perdue il y a cinq ans et maintenir la majorité actuelle au Conseil administratif sont des moyens, pas des fins.  Politiquement, au sens profond du terme, il s'agit à la fois de conquérir des compétences supplémentaires pour les communes en général (et donc la Ville en particulier) et les moyens de les exercer. Des moyens légaux, des moyens financiers. D'où la nécessité de s'opposer à tout ce qui peut réduire ces compétences, et donc de s'opposer à un report de charges cantonales sans report de compétences, et de s'opposer dans le même temps et pour les mêmes raisons à la réduction des moyens des communes et donc à la réforme de la fiscalité des entreprises mais aussi à la suppression de la taxe professionnelle communale et de l'imposition partielle sur le lieu de travail, deux ressources essentielles aux villes.
Les élections municipales ne sont pas le moment de placer des femmes et des hommes à des postes : elles sont le moyen d'affirmer (et, aujourd'hui, de défendre) la commune comme le lieu premier de la démocratie, son lieu fondateur, plus légitime que les autres (sauf sans doute la rue) parce qu'il ne produit pas des lois mais couvre des besoins et garantit des droits au plus près de ces besoins.
Et donc (mais peut-être vous l'a-t-on déjà clamé) : Vive la Commune !

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