Genève : grève des nettoyeurs des toilettes publiques

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Onet.jpgCelles et ceux qui nettoient pour la Ville doivent être employés par la Ville

Depuis le 18 février, les nettoyeurs salariés de l'entreprise ONET sont en grève pour la défense de leurs droits. A l’instar de l’Etat, la Ville de Genève externalise
depuis longtemps les tâches de nettoyage de ses bâtiments, locaux et installations . ONET est l'une des entreprises bénéficiaires de cette externalisation sans justification pertinente. Ces privatisations du nettoyage de bâtiments publics, qui ont connu un développement sans précédent ces dernières années, entraînent un dumping social et salarial aussi inévitable qu’inacceptable pour les travailleuses et les travailleurs occupés à ces tâches déjà pénibles et peu rémunérées.

Il est nécessaire d'espérer pour entreprendre, pas de réussir immédiatement pour persévérer, dit la gauche taciturne.

Pour emporter les marchés publics, les entreprises du nettoyage se livrent à une concurrence féroce sur le dos du personnel, baissant le coût de la prestation à chaque remise aux concours des mandats par les autorités adjudicatrices. Pour empocher leur marge, elles diminuent soit le nombre d’heures de travail des employé-e-s, soit leurs salaires, soit leurs droits sociaux, soit tout cela à la fois. Ce genre de situations scandaleuses se multiplie et les travailleurs d’ONET SA occupés au nettoyage des WC publics de la Ville de Genève nous le rappellent depuis le lundi 18 février, date à laquelle ils se sont mis en grève pour obtenir des conditions de travail décentes. En effet ils subissent une triple, voire quadruple, peine : Diminution drastique de leurs heures de travail salarié, passant successivement de 43 heures hebdomadaires, à 40 heures puis pour certains à 32 heures, travail généralisé du dimanche, baisse de leurs salaires, flexibilisation totale de leur temps de travail et précarisation extrême de leurs conditions de vie, baisse également de leur prévoyance professionnelle, non-respect de la Loi sur le travail, violation de la convention collective de travail du nettoyage.

Pour les travailleurs et pour les syndicats, la seule solution pour mettre un coup de frein à la précarité des nettoyeuses et nettoyeurs sur les marchés publics  passe par la réinternalisation du personnel au sein de l’Etat et de la Ville de Genève, employeurs aimant à se dire exemplaires. Ces femmes et ces hommes travaillent pour des collectivités publiques sans que qu'elles assument leurs responsabilités d'employeurs et garantissent les droits de celles et ceux qui travaillent pour elles. Nous avons déjà demandé, sans succès à la Ville d'intégrer dans sa fonction publique les femmes et les hommes qui assument ces tâches. Nous le redemanderons. S'il est nécessaire d'espérer pour entreprendre, il ne l'est pas de réussir immédiatement pour persévérer, dit la gauche taciturne.

Lien permanent Catégories : Genève, syndicats 5 commentaires

Commentaires

  • Qui s’occupe de nettoyer les wc des bureaux de la gauche?

  • "tâches déjà pénibles et peu rémunérées". Ah, vraiment? Comparons leurs droits & secteurs.

    Les CTT du secteur nettoyage GE ont depuis longtemps obtenu les meilleurs salaires minimum: soit Frs. 28,55 l'heure depuis 2016.

    A savoir: Les entreprises du secteur emploient des travailleurs dépourvus de toute connaissance - y inclus celle de la langue française.
    Sauf exception, les employés de ces entreprises genevoises sont issus d'Afrique et résident (plus ou moins légalement) en HLM frontaliers.

    Retenez ce chiffre: salaire horaire de 28.55 CHF i tutti frutti (vacances etc.) pour les nettoyeurs.

    A comparer avec, selon les CTT du secteur, le salaire d'agents de sûreté dont ceux employés à la sécurité internationale aéroportuaire de Cointrin en sous traitance, ce qui requiert un niveau de compétences ad minima + formation sine qua non

    Pour ces gens-là, aux services horaires (toujours de nuit, pour commencer le service ou pour le finir) & aux conditions de travail épuisants (pauses-repas souvent impossibles), leur salaire horaire, sans indemnité de vacances, à partir de la 2ème année de service, n'est que de: CHF 23.05

    Vous lisez bien: 23.05 l'h pour ces gens qui font leurs 8h/jr à 80%, ou à 90% (mais ceux-là démissionnent rapidement pour épuisement). C'est bien pourquoi l'employeur mandaté dans cette sous traitance n'offre aucun poste à 100%.

    Ce qui n'est qu'un exemple. Pour écrire un tel condensé de contre-vérités, avez-vous seulement été employé hors de vos fonctions politiques?

  • Je peine à suivre.
    Si j'ai bien compris, seuls les services découlant directement des missions de service public seraient dorénavant protégées de ces abus ?
    C'est quoi l'idée ? Donner l'exemple ?
    Et puis les chiottes publiques, elles sont où ? En tant que chauffeur de taxi j'ai vainement cherché ces zones d'aisance. Elles sont toutes fermées pour faute d'entretien.
    J'ai alerté les autorités sur le fait que les toilettes et les robinets fuyaient régulièrement. Au plateau de Champel et à la place des Augustins pour ne donner que ces exemples proches de nos stations, la chasse d'eau s'enclenchait automatiquement toutes les trois minutes. Faut-il vous faire un calcul de la consommation d'eau ?
    La ville a fermé ces lieux pour mettre en place des cabines payantes, sous utilisées. Payer pour pisser, faut pas abuser.
    Avant de fustiger le privé et tenter de sauver ce qui peut l'être en réintégrant ces services dans la fonction publique, il serait peut-être sain de revoir l'ensemble des éléments qui révèlent les errements de nos élus dans leur incapacité à appréhender un sujet dans sa globalité.

  • personne : la gauche est assez constipée pour ne pas avoir besoin de WC...

  • Les toilettes publiques ont souvent été situées en sous-sol, donc enterrées, comme tout ce qui est honteux. Cette "pudeur", qui ressemble fort à certaines attitudes religieuses, a prédominé jusqu'à l'apparition des toilettes automatiques payantes, ce qui faisait de toute satisfaction des besoins dits naturels une épreuve aussi bien que pour les habitants que pour les touristes soumis à une urgence.
    C'est cet état de fait quoi aurait dû être honteux pour notre ville et non le fait qu'elle soit fréquentée par des êtres humains (avec des besoins d'êtres humains) civilisés (qui ont appris à ne pas souiller les alentours de leurs déchets).
    P.S. Il semble que nous avons fait de notre instinct animal à enfouir nos déchets une norme architecturale.

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