Refus de la création d'une caisse d'assurance-maladie publique à Genève : Un vrai vote de classe

Imprimer

inegalites.jpgL'initiative du Parti du Travail pour la création d'une caisse publique d'assurance-maladie aété repoussée dimanche à Genève par 55,5 % des voix. Une défaite, sans doute, mais une défaite plus qu'honorable, pour un texte qui n'était soutenu ni par le PS (qui même s'y opposait) ni par la coalition dont le PdT est membre, "Ensemble à Gauche" qui, comme les Verts ne donnait pas de mot d'ordre. L'initiative n'a été repoussée que de justesse (à 50,37 % des voix) en Ville de Genève, alors que onze arrondissements sur dix-sept l'acceptaient. Là encore, comme pour l'autre initiative du Parti du Travail, celle sur les soins dentaires, et comme pour la loi sur la laïcité, le différentiel de participation entre arrondissements de droite et de gauche a joué à plein pour produire le résultat final. En Ville, les six arrondissements de droite ont fait la majorité. Et au plan cantonal, l'initiative a été repoussée à plus de 70 % des suffrages dans les niches rupines de la rive-gauche "campagnard" (Anières, Conches, Collonge-Bellerive, Jussy...). Un vrai vote de classe... lors duquel le PS s'est trompé de classe...

Well done, old chap

Genève n'ouvrira donc pas la voie à une réforme de l'assurance-maladie. Comme pour l'autre initiative du Parti du Travail, celle sur les soins dentaires, tous les vainqueurs (de droite, de gauche, d'ailleurs et de nulle part) du jour, Mauro Poggia compris, ont fait tourner leur moulin à prière : l'initiative faisait un constat juste mais proposait une solution fausse. Constat juste : un système d'assurance-maladie en bout de course, incontrôlé, opaque et hors de prix, qui oblige l'Etat à dépenser des centaines de millions de francs pour prendre en charge, totalement ou partiellement, les primes que les assurés ne peuvent pas payer. Solution fausse, la solution cantonale ? Les opposants à l'initiative du PdT ont tous renvoyé la balle dans le champ fédéral.

Toutefois, le débat n'est pas clos, et l'agenda n'est pas vide : le 19 mai, les Genevois et voises se prononceront à nouveau sur l'assurance-maladie, à la faveur d'un doublée vote, sur une initiative de la gauche demandant le plafonnement des primes à 10 % du revenu et un contre-projet du Conseil d'Etat et du parlement proposant un élargissement des subsides accordés par le canton aux assurés les moins aisés pour leur permettre de payer leurs primes.
C'est actuellement l'Hospice Général qui paie les primes d'assurance-maladie et les frais médicaux de 40'000 Genevoises et vois. Et c'est l'Etat qui a payé 276 millions de francs en subsides pour alléger (voire assurer totalement) la charge des primes de dizaines de milliers d'assurés. Ces subsides ne vont pas aux assurés : ils vont aux assurances. Il serait donc parfaitement logique que, venant des caisses publiques (ce qui vaut pour les aides accordées par l'Hospice Général, institution publique financée par l'Etat), ils aboutissent à une caisse publique. Eh bien non, ils continueront à gonfler les réserves du secteur privé, et à contribuer à financer les salaires mirobolants des dirigeants des caisses.
Well done, old chap...

Commentaires

  • J’ai toujours été pour et là encore j’ai voté oui! Et je ne comprends et n’ai jamais compris ce refus!? Il doit y avoir une raison... mais laquelle? Les primes grimpent et les assurances se sont déchargés du remboursement de certains médicaments, et la liste s’allonge.....

    Bonne soirée quand même......

  • Eh bien peut-être que ceux qui ont voté non et qui, malgré le pseudo-clivage de classe, ont tout de même été majoritaires, ont réfléchi au-delà de leur aigreur, et se sont aperçus que deux projets aussi mal ficelés ne pouvaient aboutir qu’à deux kolossale Genfereie, coûtant très cher aux finances publiques sans soulager aucunement la classe moyenne, et que la solution, dans notre système, ne pouvait être que fédérale (à moins de proclamer l’indépendance de la République de Genève, mais ceci est un autre débat).

  • Il faut comprendre que la Santé est aussi une priorité de la fonction et du devoir d un Etat qui est mentionné dans sa constitution, n importe est le pays inclus la Suisse. Par ailleurs, la Suisse est un pays riche avec un pouvoir d achat et de productivité par habitant qui se situent au 2ème rang après le Liechtenstein.

    Le problème des caisses maladie en Suisse est l absence de toute transparence quand aux coûts de leurs organisations, des salaires de leurs employés et surtout de leurs administrateurs qui semblent pour ces derniers exorbitants et quasi inadmissibles (La Mobilière payaient par exemple chaque membre de son conseil d administrateurs 10 à 15 milles francs par année pour deux réunions par année inclus un bon gueuleton et bien arrosé!

    In fine, un tiers des députés à Berne sont membres des conseils d administration des caisse-maladie (CM), vous voyez ce que je veux dire.
    De ce fait, aucune loi ni de transparence publique ni de surveillance accrue des dépenses de ces C.M. ne pourraient passer sans le feu vert voire la satisfaction au préalable de ce tiers sus-cité et on se renvoie mutuellement l ascenseur entre ce tiers et les deux autres tiers!!

    Bien à Vous.
    Charles 05

  • Un vrai vote de classe. Oui a chaque votation c'est le meme refrain la classe du oui affronte la classe du non.
    Plus sérieusement, ce modèle de résultat par bureau de vote se répète votation après votation, rien de neuf autour de la rade.

  • Olivier Levasseur : «  ne pouvait être que fédérale « 

    C’est oublié qu’une bonne partie des votants suivent le Conseil fédéral! Ensuite, ce qui a retenu le plus l’attention sont: le mitage et la laïcité! Quant à l’intérêt apporté par les Suisses..... No comment! La nouvelle à surveiller de très très près est l’excedent de 2,9 milliards de la Confédération...... :)

  • Il faut comprendre que la Santé est aussi une priorité de la fonction et du devoir d un Etat qui est mentionné dans sa constitution, n importe est le pays inclus la Suisse. Par ailleurs, la Suisse est un pays riche avec un pouvoir d achat et de productivité par habitant qui se situent au 2ème rang après le Liechtenstein.

    Le problème des caisses maladie en Suisse est l absence de toute transparence quand aux coûts de leurs organisations, des salaires de leurs employés et surtout de leurs administrateurs qui semblent pour ces derniers exorbitants et quasi inadmissibles (La Mobilière payaient par exemple chaque membre de son conseil d administrateurs 10 à 15 milles francs par année pour deux réunions par année inclus un bon gueuleton et bien arrosé!

    In fine, un tiers des députés à Berne sont membres des conseils d administration des caisse-maladie (CM), vous voyez ce que je veux dire.
    De ce fait, aucune loi ni de transparence publique ni de surveillance accrue des dépenses de ces C.M. ne pourraient passer sans le feu vert voire la satisfaction au préalable de ce tiers sus-cité et on se renvoie mutuellement l ascenseur entre ce tiers et les deux autres tiers!!

    Bien à Vous.
    Charles 05

Les commentaires sont fermés.