mercredi, 16 janvier 2019

La Chambre des Communes rejette l'accord sur le Brexit

roulette russe.jpgRoulette britannique

On connaît la roulette russe, on connaissait moins la roulette britannique. C'est à quoi pourtant a joué la première ministre de Royaume-"Uni", Theresa May, hier, à la Chambre des Communes. Elle avait, dimanche, prévenu les députés : si vous rejetez l'accord que son gouvernement  a négocié avec l'Union Européenne pour mettre en oeuvre le "Brexit",  et qui a été conclu en novembre dernier,la "rupture de confiance" que cela exprimerait serait une "catastrophe" pour la démocratie. Par 432 voix contre 202, l'accord a été rejeté. C'est depuis un siècle la défaite la plus lourde d'un gouvernement britannique face au parlement. Et cette défaite, face à une majorité composite, contradictoire, formée de partisans du Brexit et de partisans du maintien dans l'Union Européenne, produit une crise politique qui la dépasse, et qui ne met pas en jeu seulement le gouvernement et la mise en vigueur du Brexit, mais surtout l'unité même du Royaume-Uni : l'Ecosse, l'Irlande du Nord, Londres avaient voté contre le Brexit. Qui (à part Pierre Maudet, bien sûr) peut encore sauver la Grande-Bretagne du piège dans lequel elle s'est elle-même précipitée, sinon le peuple -pardon : les peuples britanniques eux-mêmes, soit par des élections anticipées aboutissant à un changement de majorité et de gouvernement, ce qui justifierait un report de la date butoir du Brexit, et l'ouverture de nouvelles négociations, soit par un second référendum sur le Brexit lui-même, avec la possibilité d'une annulation du premier -non par le gouvernement ou le parlement, mais par le peuple, qui ayant le pouvoir de décision a aussi celui de changer d'avis (après tout, en Suisse,  les exemples ne sont pas rares de votes populaires corrigeant, voire annihilant, des votes populaires antérieurs).

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15:08 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : grande-bretagne, brexit | |  Facebook | | | |

mardi, 15 janvier 2019

"Affaire Maudet" : Décervelage, pirates, flibustiers et thaumaturges

Maudet De Senarclens 2018.jpgDans le calendrier pataphysique, ce 15 janvier est le 18ème jour du mois de Décervelage, et c'est le jour des Sts Pirates et Flibustiers, thaumaturges. Et il est à Genève un homme politique dont c'est le grand jour -on ne dira pas le grand soir, aucune révolution n'étant prévue, juste, peut-être, un petit putsch ou un gros règlement de compte. Cet homme politique, c'est Pierre Maudet. Et ce jour est celui d'une Assemblée générale de son parti, le PLR (parti libéral-radical, au cas où ce sigle vous serait inconnu), qui va devoir choisir entre soutenir Maudet ou l'appeler à démissionner de son mandat de Conseiller d'Etat. Faut-il vous rappeler pourquoi le PLR et son ministre de choc en sont arrivés là ? vous rappeler l'"Affaire Maudet" ? Comment ça, quelle affaire ? vous suivez pas l'actu genevoise ou quoi ? Vous savez pas qui est l'"Homme de l'Année" ? Depuis huit mois vous ne lisez pas les journaux, n'écoutez pas les radios, ne regardez pas les télés, ne suivez pas les réseaux sociaux de Romandie ?

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13:54 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, plr | |  Facebook | | | |

lundi, 14 janvier 2019

"Gilets jaunes", série 1, 9ème épisode : Le dur désir de durer

Cause toujours.jpgSamedi, c'était le 9ème épisode de la mobilisation des "gilets jaunes", cette étrange mutinerie à temps partiel, le week-end, d'une classe ("moyenne") qui n'en est pas une. 80'000 policiers avaient été mobilisés dans toute la France pour contenir à peine plus de manifestants. Ce n'est donc pas tant l'ampleur du mouvement qui fait son succès, indéniable, que son obstination, sa pérennité : il tient des rond-points, des rues, des places, des péages, depuis déjà plus de deux mois, sans relais politiques ni syndicaux. En juin, mai'68 était dépassé... en janvier 2019, novembre 2018 dure... La philosophe Catherine Malabou, admettant qu'"il serait certes abusif de qualifier les "gilets jaunes" d'anarchistes", observe que "le retour de la lutte des classes, la visibilité des anonymes, le refus, dont on espère qu'il durera, de l'obédience à un chef ou un parti, préfigurent sans nul doute l'écriture d'un nouveau chapitre de l'actualité libertaire, susceptible de conférer à l'aujourd'hui sa ressource d'avenir". La philosophe est optimiste, en appelant, après Gramsci, à la fois au pessimisme de la raison et à l'optimisme de la volonté... et donc à ne pas se faire d'illusion sur le mouvement des "gilets jaunes", mais à ne pas non plus à désespérer de ses effets.

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15:01 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : populisme, gilets jaunes | |  Facebook | | | |

vendredi, 11 janvier 2019

Révocation des élus : réveil d'un vieille revendication démocratique

1794.JPGGenevois, encore un effort pour être démocrates...

L'"Affaire Maudet" (on suppose que vous savez de quoi il est question...) a déjà eu deux mérites avouables ici : celui de geler le projet d'une prison supplémentaire à Genève, celle des Dardelles, et celui de réveiller une vieille revendication démocratique (et révolutionnaire) : celle d'un droit populaire de révocation des élus. Et pas seulement de Pierre Maudet -il ne s'agirait plus alors d'un droit démocratique, mais d'un droit de vindicte. La première constitution genevoise, celle de 1794, le prévoyait (avec une définition restrictive du "peuple", réduit aux hommes protestants) et la proposition avait été faite (on y avait même contribué) à la Constituante genevoise (dont on n'était pas membre) auteure de la Constitution en vigueur depuis 2012. Mais réveillée aujourd'hui à partir des fautes d'un Conseiller d'Etat, la revendication du droit de révocation des élus ne l'est encore qu'à moitié, ou au quart : on hésite à donner ce droit au peuple et on préférerait le réserver au parlement, et on hésite à l'étendre au parlement (ce qui impliquerait alors qu'on le donne au peuple)... Genevois, encore un effort pour être démocrates...

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15:28 Publié dans Démocratie, droits politiques, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

jeudi, 10 janvier 2019

Caisse-maladie publique et assurance soins dentaires : Oui et Oui

caisse-maladie.jpgDans un mois, le 10 février, on votera à Genève sur deux initiatives populaires lancées par le Parti du Travail, et qui ont largement abouti : l'une pour l'instauration d'une assurance cantonale de soins dentaires, l'autre pour la création d'une caisse cantonale publique d'assurance-maladie. Ces deux initiatives ont le même mérite : celui de proposer une alternative concrète et réalisable au système qui règne sur la politique de la santé. Ainsi, le projet d'une caisse cantonale publique est de garantir à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins. Les primes de cette assurance devraient être abordables pour tous, peut-être (s'il est légalement possible) proportionnelles aux revenus, mais les initiants précisent que cette assurance s'adresserait d'abord aux personnes ne disposant que de bas revenus. La caisse serait un établissement public autonome, comme les Services Industriels ou les Transports Publics. Elle offrirait les prestations de base garanties par le droit fédéral. Quant à l'initiative pour une assurance de soins dentaires obligatoire, financée pour moitié par l'Etat et pour moitié par un prélèvement paritaire (deux fois 0,5 %) sur les salaires, elle permettrait à toutes les personnes qui actuellement renoncent à ces soins faute de pouvoir les payer d'y accéder. Deux propositions de justice sociale, auxquelles il convient de dire deux fois OUI.

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15:33 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

mardi, 08 janvier 2019

Il faut détruire le Plaza !

Plaza par Dali.jpg

Une bonne résolution pour 2019

Plus de 11'000 personnes ont signé une initiative, et plus encore de personnes ont signé une pétition, et des députés ont signé un projet de loi, et des conseillers municipaux un projet de motion, pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza"... "la plus belle salle de cinéma de Genève", qu'ils disent*... Font chier les cultureux, les gauchistes et les patrimoinomaniaques, à vouloir bloquer un grand projet pour Genève, avec leur initiative à la noix que le Conseil d'Etat a bien fait d'invalider, et leurs pétitions, leurs projets de loi, leurs motions  à la mords-moi- le-béton que le Grand Conseil et le Conseil municipal ont bien fait de refuser de traiter en urgence... Parce que qu'est-ce qu'on en a à cirer du patrimoine architectural, des espaces culturels, de Saugey, de son talent, de la beauté de sa salle de cinéma, de ses innovations ? Rien, nada, nitchevo, des clous, des nèfles.

* En 2016, la Suisse comptait environ 75 000 monuments historiques protégés. Il en manque un à l'inventaire. Un cinéma. On vous laisse deviner lequel.

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15:35 Publié dans Culture, Genève, Plaza, cinéma, patrimoine | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

lundi, 07 janvier 2019

Feliz ano novo

Bolsonaro.jpgUne année 2019 qui commence comme elle peut...

L'année a commencé sur les chapeaux de roue. Ou de chenilles de chars, on ne sait pas trop. Depuis mardi, Jair Bolsonaro préside le Brésil. Il a été élu fin octobre avec un peu plus de 55 % des suffrages (contre un peu moins de 45 % au candidat du Parti des Travailleurs, Fernando Haddad, qui avait pourtant gagné 16 millions d'électeurs supplémentaires entre le premier et le second tour, contre 8 millions pour Bolsonaro). Bolsonaro a été élu grâce, arithmétiquement à une abstention de 20 % des inscrits et à près de 10 millions de votes blancs ou nuls, et politiquement grâce au soutien des groupes agro-alimentaires exportateurs (la violence a l'égard des paysans sans terre s'est d'ailleurs accrue sitôt Bolsonaro élu), des évangéliques, des forces armées (des militaires juchés sur des tanks ont célébré son élection, et sept des 22 ministres du nouveau gouvernement -qui ne compte que deux femmes, dont une pasteure évangélique, aucun noir et aucun représentant du Nordeste- sont des militaires), de la place financière et économique, des partis de droite et des grands media. Il a de bons amis, Bolsonaro : Trump, Salvini, Orban. Et un chouette programme : exploiter les territoires indiens, autoriser les pesticides (sa ministre de l'agriculture est la créature de l'agrobusiness), déforester l'Amazonie, normaliser l'enseignement, purger politiquement la fonction publique, criminaliser les migrants (dans un pays constitué par des migrants après extermination des indigènes) et les réfugiés. Et dans deux semaines, il sera en Suisse. A Davos, bien sûr, sinon où ? à Belle-Idée ?

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14:29 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brésil, bolsonaro, amazonie, extrême-droite | |  Facebook | | | |