lundi, 12 novembre 2018

Frais professionnels des magistrats de la Ville de Genève : "Tous pourris (sauf moi)" ?

avuedenezilestcinqheures.jpgDernière nouvelle du front (on va faire semblant de croire que c'en est un) de la polémique sur les notes de frais des conseillers administratifs de la Ville de Genève : une procédure pénale est ouverte contre inconnu pour "gestion déloyale des intérêts publics" (cette procédure pénale suspend toute procédure disciplinaire), les bureaux de quatre Conseillers administratifs ont été perquisitionnés, le Conseil administratif a publié les notes de frais de tous ses membres depuis dix ans (y compris Manuel Tornare, Patrice Mugny et Pierre Maudet...) et le Conseil d'Etat annonce qu'il "sera transparent sur ses notes de frais". "Sera"... il ne l'était donc pas ? Enfin, ne boudons pas notre plaisir de constater que tout le petit monde politique genevois réclame désormais la transparence du financement des activités politiques. Même la droite ? même. On ne doute donc pas qu'elle finira par soutenir l'initiative populaire pour "plus de transparence dans la vie politique", que, comme le Conseil fédéral, elle rejette actuellement totalement...

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vendredi, 09 novembre 2018

L'ennemie publique N° 1

culture.jpgQue signifie une "politique culturelle" ?

"Culture et savoir diminuent en tout homme qui les possèdent la possibilité d'être dupe des mots, d'être crédule aux mensonges. Culture et savoir augmentent en tout homme le pouvoir de comprendre la réalité où il vit. (...) La conscience de cette réalité a une valeur explosive : elle ne peut qu'entraîner à la volonté de la transformer. (...) La bourgeoisie doit donc abaisser la culture, la conscience des gens qu'elle domine". (Paul Nizan, "L'ennemi public n° 1", 1935). Bien sûr, Nizan écrit ainsi il y a presque 90 ans. Mais le temps est-il passé, de cet abaissement de la culture et de la conscience par "la bourgeoisie", de quelque manière qu'on la définisse ? Disons, pour parler d'autre chose que des notes de restaurant, de taxi ou de téléphone des magistrats municipaux genevois, qu'à entendre les représentants des partis de droite exposer ce qui leur tient lieu de programme culturel, nous avons la lourde impression que le temps stagne...

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jeudi, 08 novembre 2018

Restructuration de la radio-télé publique suisse : "Idée Suisse" et idées à la con ?

RTS, SSR"Idée Suisse" et idées à la con ?

La Société suisse de radiodiffusion envisage de supprimer 200 postes de travail d'ici 2022, dont 41 en Suisse romande. Outre les "mouvements naturels" (départs à la retraite, réductions du temps de travail), des licenciements sont envisagés. But de l'opération : "faire des économies" de 5 millions de francs sur 13 millions à économiser (la redevance radio-TV a baissé, les revenus publicitaires reculent). Et la SSR choisit donc la méthode la plus simple -et la plus stupide : tailler dans la masse salariale. Et donc les postes de travail. En 2016 déjà, la SSR avait supprimé 250 postes de travail. Et en Romandie, elle envisage de transférer 200 salariés de Genève à Ecublens, sur le site de l'Ecole Polytechnique. Le studio radio de Berne (avec ses 170 collaborateurs) devrait quant à lui être déménagé à Zurich. Dans la dénomination officielle de la SSR, il y avait les mots "Idée Suisse". Faut-il les remplacer par "Idées à la con" ?

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mercredi, 07 novembre 2018

Politique genevoise des transports : changements de paradigme et de magistrat...

embouteillage.jpgElu de droite, politique de gauche ?

La politique genevoise des transports est-elle en train de changer ? Le changement du magistrat en charge politique de la mener semble en tout cas correspondre à l'acceptation d'un "changement de paradigme" (comme on dit en langue de bois) qu'il est le premier depuis Bernard Ziegler à prendre en compte, à la grande inquiétude d'une bonne partie de son camp : s'il se dit "centriste", le démochrétien Serge Dal Busco est en effet un élu de la droite, soupçonné par la droite de mener une politique de gauche. Et Dal Busco d'aggraver encore son cas, déjà pendable aux yeux des bagnolards, en proposant de fiscaliser les parkings d'entreprises, en renonçant, plus ou moins explicitement, à faire de la traversée routière du Petit-lac la priorité des priorités prioritaires et en mettant fin à l'autorisation donnée aux deux-roues motorisés d'utiliser les voies de bus... On comprendra donc, mais sans trop y compatir, l'inquiétude qui commence à régner à droite : aurions-nous porté au pouvoir non le continuateur de Luc Barthassat mais celui de Michèle Künzler ?

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15:36 Publié dans Genève, Politique, Transports | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

mardi, 06 novembre 2018

Ouverture des magasins genevois le dimanche, sans convention collective ?

dimanche

 

Ouverture des magasins genevois le dimanche, sans convention collective ?
Décidément, c'est NON

En novembre 2016, les Genevois et voises ont accepté (en vote populaire) l'ouverture des magasins trois dimanches par année à condition que le personnel soit protégé par une convention collective de travail. La droite du Grand Conseil a décidé d'ignorer cette condition et de faire passer un projet de loi autorisant l'ouverture dominicale alors même qu'il n'y plus de convention collective du commerce de détail genevois depuis juillet 2017. En septembre de l'année dernière, les associations patronales du secteur en ont bien signé une, mais bidon, en contournant les deux syndicats représentatifs des travailleuses et travailleurs du secteur genevois, Unia et le SIT et en signant avec la seule Société suisse des Employés de commerce (même pas sa section genevoise mais la faîtière suisse), qui ne pèse pas grand chose à Genève (et a d'ailleurs été exclue de la Communauté genevoise d'action syndicale). On est donc dans un vide conventionnel. Or sans convention collective, les employé-e-s sont bien moins protégés. La loi imposée par la droite devrait être soumise au vote populaire. Et on lui dira NON. Parce qu'elle ne mérite rien d'autre.

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lundi, 05 novembre 2018

Frais privés et vertus publiques

escalade.jpgLa Cour des Comptes et les frais professionnels des magistrats municipaux de Genève

S'autosaisissant (comme elle en a le droit) de la "problématique de la prise en charge des frais professionnels des conseillers administratifs et des membres de la direction de la Ville de Genève" (directeur général, directeur général adjoint, directeurs et codirecteurs des départements, directeur du contrôle financier), la Cour des Comptes a produit et rendu public la semaine dernière un  rapport dévastateur qui relève "d'importantes lacunes du cadre réglementaire ainsi qu'un manque d'exemplarité et de jugement (des magistrats et des plus hauts fonctionnaires municipaux) en matière de frais professionnels". Elle estime "impératif que le Conseil administratif prenne conscience du caractère inapproprié de ses pratiques en matière de frais professionnels". Elle met notamment en cause l'absence de contrôle du bien-fondé des demandes de remboursement des dépenses des Conseillers administratifs, l'absence de plafond pour le remboursement de certaines d'entre elles,  les activités militantes (au sein de leurs partis) et les activités professionnelles des magistrats. la confusion, pour certains d'entre eux, entre leurs dépenses personnelles et celles liées à leur mandat... Et elle émet onze recommandations, dont huit ont été acceptées par le Conseil administratif. En reste donc trois -il refuse notamment d'être le seul exécutif genevois à devoir rendre public chaque année le montant (et le détail) des frais forfaitaires et effectifs des élus à l'exécutif municipal de la seule Ville de Genève.

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vendredi, 02 novembre 2018

Poutine, Erdogan, Salvini, Bolsonaro, Trump, Orban...

populisme.jpg"National populisme" ? Y'a pas à dire, Macron est à l'extrême-gauche...

Poutine, Erdogan, Salvini, Bolsonaro, Trump, Orban : cette énumération n'est pas une identification, elle renvoie à une addition de personnages, de forces et de discours politiques "nationaux", agissant et tenus dans des situations et à partir de traditions différentes. Il n'y a pas d'"Internationale nationale-populiste" (il serait d'ailleurs contradictoire qu'il y en eût, du fait même du nationalisme commun aux uns et aux autres), mais tout de même : le nationalisme, l'homophobie, la xénophobie, le machisme, la "militarophilie", l'usage de la violence et le culte du chef (de l'homme fort...) leur sont communs... la référence religieuse n'est jamais très loin, et tous ont été portés au pouvoir démocratiquement, par des élections qu'ils ont gagnées. Le populisme n'est pas étranger à la démocratie, il y est inhérent. Mais l'onction démocratique n'est pas un certificat de respect des droits démocratiques, de la séparation des pouvoirs, des libertés individuelles, du pluralisme politique, social et médiatique : pour les "nationaux-populistes", l'opposition est par définition illégitime, et les minorités nuisibles. Et si en démocratie, un vote doit pouvoir se corriger par un autre (sans quoi la Suisse ne connaîtrait ni l'AVS ni le suffrage féminin), le "national populisme" (dont il convient, au passage, de rappeler qu'il ne s'installe que dans l'espace politique que la gauche lui abandonne) fera tout pour réduire au maximum le risque d'une alternance.

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13:59 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : populisme, national-populisme | |  Facebook | | | |

jeudi, 01 novembre 2018

Le Plaza, le pognon, le patrimoine et le gouvernement

Affiche Plaza57.jpgIndifférence ou complicité ?

Les autorités genevoises célèbrent à leur manière l'année européenne du patrimoine : en le laissant détruire chez elles.  Le chantier de démolition du cinéma "Plaza" s'est ouvert mercredi 24 octobre. La démolition réelle de la plus belle salle de cinéma genevoise (pour faire place à un centre commercial de plus et un parking de plus) a donc commencé. Malgré une motion et une pétition (signée par 1700 personnes) approuvées par le Conseil Municipal, une initiative populaire avec plus de 11'000 signatures, une pétition en cours (plus de 6000 signatures hier soir), et qu'on peut encore signer sur https://www.change.org/p/antonio-hodgers-ne-laissez-pas-mourir-le-plaza), des interventions de partis politiques, de défenseurs du patrimoine, d'architectes et de milliers de citoyennes et de citoyens, le Conseil d'Etat laisse faire.  Indifférent ou complice ?

La pétition NE LAISSEZ PAS MOURIR LE PLAZA, ANTONIO HODGERS a recueilli des milliers de signatures. Malgré l'annonce de la démolition, les signatures n'ont cessé d'affluer. Ses auteurs vous invitent toutes et tous aujourd'hui 1er novembre pour son dépôt à 16 h 30 au Grand Conseil de Genève, à l'UIT,  2 rue de Varembé, Immeuble Montbrillant, et à la remettre en main propre à Monsieur le Conseiller d'Etat Vert en charge du Département du Territoire, et accessoirement de la présidence du Conseil d'Etat, Antonio Hodgers. S'il  est là.

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12:09 Publié dans Genève, Patrimoine, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plaza, cinéma | |  Facebook | | | |