vendredi, 05 octobre 2018

Quand le gouvernement genevois oublie la traversée routière du lac...

rafiot.jpgLaissons couler le rafiot

Le Conseil consultatif pour la traversée du lac a comme un doute sur l'utilité de son travail : ce projet n'a été évoqué par le gouvernement genevois ni lors de son investiture, ni lors de la présentation de sa "stratégie de mobilité", fin septembre. "Sans volonté politique, faudra-t-il poursuivre nos travaux après notre prochain rapport ?", s'interroge le président du Conseil consultatif, Raymond Loretan. Nous, bien sûr, on répondrait "Non, laissez tomber, ce machin n'est ni utile (il est même nuisible), ni finançable. Le porte-parole du Conseiller d'Etat Dal Busco, chargé de ce dossier plombé, se contente de dire que si cet ouvrage reste prioritaire, il n'est prévu que dans plus de vingt ans, ce qui nuance considérablement son caractère très hypothétiquement "prioritaire", d'autant qu'avant lui, d'autres ouvrages sont plus "prioritairement prioritaires" (et même, eux, en voie de réalisation), comme le "Léman Express" -dont la mise en service réduira plus encore, si c'est possible, la pertinence du projet de faire traverser le Petit Lac par une semi-autoroute, quand Annemasse sera à vingt minutes de Cornavin par le train... Il y a des rafiots qu'il faut laisser couler.


Une priorité fixée par le peuple : la mobilité douce...

Pas un mot du président (d'alors) du Conseil d'Etat, Pierre Maudet, sur la traversée du lac, dans son "discours de Saint-Pierre", supposé être quelque chose comme un programme gouvernemental pour les cinq ans de la législature. Bon signe ou prudence ? Son prédécesseur à la tête du gouvernement genevois, François Longchamp, a été plus disert, dans un long entretien à la "Tribune" (encore) de Genève : "nous n'avons pas les moyens de porter seuls un chantier qui coûtera au moins 4 milliards. Et les Genevois, finalement, refuseront un projet qui fleure bon le siècle passé et fait fi des changements que nous sommes en train de vivre dans nos modes et nos habitudes de transport". C'est qu'ils sont crédible, nos présidents du gouvernement, qaund ils ne sont plus présidents du gouvernement...
Et rappelons, incidemment, que six ans après son adoption par le peuple genevois. l'initiative populaire pour la mobilité douce n'est toujours pas appliquée, même si le nouveau gouvernement genevois, et le nouveau responsable de la politique des transports, Serge Dal Busco, a commencé à en tenir compte dans ses propositions de "stratégie pour la mobilité". (il y a deux semaines, le peuple suisse, le peuple genevois plus fortement encore, a accepté d'inscrire dans la constitution fédérale le principe du soutien aux déplacements à vélo). Et le "libre choix du mode de transport" inscrit dans la constitution genevoise n'en est nullement contradictoire. Malgré l'opposition du PLR, de l'UDC et du MCG, le Conseil Municipal de la Ville de Genève a d'ailleurs voté mercredi soir de soutenir les aménagements nécessaire à rendre cette mobilité cycliste possible sans risquer sa peau. Ces petits pas, ou ces petits coups de pédale, valent bien mieux que l'attachement fétichiste à un projet nuisible et ruineux de traversée routière du lac... Et eux, au moins, sont réalisables.

17:36 Publié dans Genève, Politique, Transports | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : traversée du lac, mobilité douce, pistes cyclables | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Nous n'avons pas les moyens de porter seuls un chantier qui coûtera au moins 4 milliards. Et les Genevois, finalement, refuseront un projet qui fleure bon le siècle passé et fait fi des changements que nous sommes en train de vivre dans nos modes et nos habitudes de transport".

Monsieur Longchamp pense-t-il aux drones? Il a peut-être raison. Ce qui me paraît inéluctable, c'est l'explosion des transports, de la quantité des transports, le nombre de kilomètres effectués par l'ensemble des gens qui se déplacent. Les jeunes ne manifestent plus le même intérêt pour la voiture, mais ce n'est pas parce qu'ils se déplacent moins. En 1970, nous voulions visiter l'Europe, parce qu'avec la voiture, elle était à notre portée. Aujourd'hui, ils visitent le monde entier, parce qu'en avion il est à notre portée. La voiture est ringarde.

Les modes de transport changeront certainement, Monsieur Longchamp a raison su ce point. Mais s'il pense que le changement de nos habitudes va nous amener à réduire la quantité de transport, je crains que l'avenir lui donnera tort.

Écrit par : weibel | vendredi, 05 octobre 2018

Répondre à ce commentaire

Parce qu'il est encore là Longchamp? Et pour faire quoi?

Écrit par : divergente | vendredi, 05 octobre 2018

Répondre à ce commentaire

Quand on prend l'avion pour se déplacer, on finit presque toujours par prendre un bus ou un taxi pour terminer le trajet. En tout cas pas un vélo.

Écrit par : Mère-Grand | samedi, 06 octobre 2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.