jeudi, 13 septembre 2018

Trois hectares de zone piétonne en surface contre six niveaux de parking en sous-sol

bagnole-en-ville.jpgBon deal ou marché de dupes ?

Le Conseil administratif de la Ville propose au Conseil Municipal un crédit de 28 millions de francs pour piétonniser une partie du quartier de Rive, dans le cadre d'un accord avec le promoteur privé d'un parking qui recevrait un droit de superficie pour installer sur six niveaux souterrains son aspirateur à bagnoles (500 places) et à motos (390 places). La proposition a été renvoyée mardi en commission. Trois hectares de zone piétonne contre six niveaux de parking : Bon deal ou marché de dupes ? Enterrer les véhicules individuels motorisés, après tout, ça se défend si c'est pour laisser toute place en surface aux piétons, aux cyclistes et aux transports publics. Sauf que les bagnoles et les motos, il faut bien qu'elles y arrivent, dans leur silo souterrain. Et elles y arrivent par la surface. Et ce ne sont, sauf exceptions, pas des habitants du quartier (à qui 100 places seraient réservées dans le parking) qui les conduisent, vu que des habitants du quartier de Rive, on peine à en trouver beaucoup.. Sans surprise, la droite soutient la proposition, les Verts et Ensemble à Gauche la combattent, le PS hésite : accepter le parking pour obtenir la zone piétonne, ou renoncer à la zone piétonne pour éviter le parking ? Une méthode, en tout cas s'impose : dissocier les deux propositions, séparer la carpe et le lapin, déficeler le paquet...


La bagnole en ville : qu'en faire ?

 

Il n'y aura pas de "Journée sans voiture" à Genève en 2018. Ni de "BikeUp". Ni de "SlowUp". Pas de pique-nique dominical sur le pont du Mont-Blanc, donc. Mais le Département des infrastructures assure qu'en 2019, plusieurs rendez-vous seront proposés, en lien avec la mise en service du "Léman Express". De toute façon, comme le relève la coordinatrice de "Pro Velo", "faire une journée sans voiture alors que pas grand chose n'a été réalisé" pour que les bagnolards puissent se passer de leur bagnole avait "peu de sens".
Il serait en effet temps de répondre clairement à la question : que faire de la bagnole en ville, ou elle n'a rien à faire, mais où elle menace de prendre de plus en plus de place, sans donner plus de mobilité ?  La croissance démographique projetée dans l'agglomération risque, si rien n'est fait pour y parer, d'engorger encore plus les voies de circulation de la ville-centre, déjà saturées, et d'aggraver encore plus la pollution due au trafic automobile. Il s'impose donc diminuer le nombre de voitures accédant au centre-ville, et dont la plupart s'y rendent en bagnole sans raison impérieuse, Et pour celles qui continuent de s'y rendre, comme pour celles qui ne s'y rendent pas parce qu'elles y sont à demeure, de réduire la vitesse (à 30 km/h), ce qui permet de les rendre à la fois moins dangereuses, moins bruyantes et, qu'on le dise clairement ou non, d'usage moins commode.


En attendant, vous avez encore moins de deux semaines pour voter "oui" à l'initiative populaire "pour la promotion des voies cyclables et des chemins pédestres". L'approbation de l'initiative ne va sans doute pas révolutionner la politique des transports dans ce pays, mais c'est un mais c'est un début. Seulement un début. Pour faire sortir la bagnole de la ville, y faire régner la mobilité douce et instaurer la gratuité des transports publics au moins dans le centre urbain, on mettra le temps qu'il faut : en voyage politique aussi, le trajet le plus long est le franchissement de la porte pour partir...

 

05:19 Publié dans Genève, Politique, Transports, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

La plus grande nuisance dans ce dossier c'est l'intégrisme. Il empêche aux personnes raisonnables de trouver des solutions communes qui tiennent compte de tous les impératifs.
Je partage votre avis sur le fait que les véhicules individuels motorisés, bruyants et polluants ne devraient pouvoir accéder à l'hyper-centre que dans des cas bien spécifiques. En revanche, lorsqu'on parle des bagnolards, on considère la majorité car, comme le révélait déjà le rapport "Mobilité 2030" de Mme Künzler, ce sont plus de 30% de tous les déplacements qui sont encore effectués avec les TIM.
En fustigeant cette population, on alimente la guerre des transports et on rigidifie les fronts. Mais surtout on oublie que ces modes deviennent de moins en moins bruyants et polluants et resteront la référence pour des décennies à venir car ce n'est pas demain la veille que nous verrons des drones personnels obscurcir le ciel.
Le seul moyen de véritablement dégager le centre de cette engeance consiste à supprimer rapidement l'aberration du U lacustre, qui oblige de pénétrer jusqu'au milieu de la cité pour traverser, en validant sans délai une traversée hybride entre la place des Nations (où arrive la grande pénétrante de la route des Nations) et le carrefour Malagnou-Rieu. Finaliser la boucle du Léman Express entre la gare des Eaux-Vives et une gare de soulagement à Sécheron qui permettrait de renoncer à l'agrandissement de Cornavin.
Alors seulement se réaliseront les rêves les plus fous des Verts qui s'y prennent décidément très mal pour pacifier la ville.
A défaut, d'ici dix ans nous devrons envisager de doubler les temps de déplacement, quels que soient les modes, car la ville sera paralysée.

Écrit par : Pierre Jenni | dimanche, 07 octobre 2018

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