mardi, 19 juin 2018

Soutien du Solifonds aux mouvements sociaux brésilien

Brésil, Solifonds

SOLIDARIEDADE

Il y a trois mois se tenait à Bahia le Forum social mondial (et, parallèlement, le Forum, alternatiF de l'eau). Les mouvements sociaux brésiliens y étaient, évidemment, particulièrement présents, pour appeler à la solidarité avec les luttes qu'ils mènent depuis la très discutable destitution de la présidente Dilma Rousseff il y a deux ans. Après cette destitution, c'est à une véritable offensive de démantèlement des droits conquis pendant la présidence de Lula (emprisonné, mais candidat à la présidence et favori des sondages...) qu'ils doivent résister. Cibles de cette offensive de la droite brésilienne : les ouvriers, les femmes, les indiens, les noirs, les sans-terre, les petits paysans. Une vague de protestation a déferlé sur le pays, pour la défense des droits conquis, pour la réforme agraire, pour le droit au logement, pour le droit à l'eau, contre la violence. Cette résistance doit être soutenue, comme doivent être soutenus les mouvements qui la mènent. Le SOLIFONDS* appelle à ce soutien : répondons à cet appel.

* SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, PC 80-7761-7


Un théâtre tragique où la Suisse ne joue pas un rôle glorieux

 

"Le Brésil traverse actuellement sa plus grave crise depuis la fin de la dictature militaire", constate le Solifonds. Crise politique, par l'installation du pouvoir actuel après un véritable coup d'Etat institutionnel (la destitution de la présidente Dilma Rousseff et l'emprisonnement de son prédécesseur, Lula), crise sociale, aggravée par les privatisations engagées par ce pouvoir et les coupes qu'il pratique à la hache dans les budgets de la formation, de la santé, de l'aide sociale. Crise sécuritaire, enfin : En mars dernier, Marielle Franco a été assassinée en pleine rue à Rio de Janeiro. Femme, noire, conseillère municipale, elle dénonçait la militarisation des favelas (les quartiers pauvres), la violence régnant (avec 190 meurtres par jour, le Brésil détient un record mondial) et la brutalité de la répression des mouvements sociaux.

Ce tragique retour en arrière du Brésil dans les temps les plus sombres de son histoire récente ne se fait pas sans résistance : les mouvements sociaux, malgré une répression qui peut aller jusqu'à des actes de terrorisme, sont partout présents, partout mobilisés. Et donc, partout ciblés par le pouvoir et la classe sociale ultraminoritaire dont il est, littéralement, le bras armé. Mais sur le terrain, il a à faire face à un peuple mobilisé :  le mouvement des sans-terre (MST) occupe des terres en friche (175 millions d'hectares, alors que 4 millions de paysans et de paysannes sont sans terre...), y installe des paysans qui y pratiquent une agriculture biologique, y construit des écoles et des magasins, et le mouvement des sans-toit (MTST) occupe les parcelles non utilisées et les bâtiments inoccupés. Face à eux, le pouvoir et les gros propriétaires terriens (y compris ceux qui laissent leurs terres en friche) usent de la violence : 70 militantes et militants ont été assassinés en 2017, dont 57 étaient des défenseurs du droit à la terre. En même temps, le gouvernement de droite supprimait le ministère du Développement rural et coupait dans les budgets de la réforme agraire et de la protection des indigènes.

La Suisse n'est pas absente de ce théâtre tragique, et n'y joue pas un rôle très glorieux : l'entreprise d'armement Ruag, propriété de la Confédération, annonce la construction prochaine d'une usine de production de munitions dans l'Etat de Pernambouc en assurant que ces munitions seront uniquement destinées à la police fédérale (dans le seul Etat de Rio de Janeiro, 8466 personnes ont été tuées par la police entre 2005 et 2014...). Et l'instance fédérale de coopération au dévelop-pement, la DDC, accorde un soutien financier et politique à un groupe, le «Water Resources Group», mis sur pied par le Forum économique mondial et des multinationales pour promouvoir la privatisation de la distribution d'eau potable : le  directeur de la DDC est membre du Conseil d'administration du groupe... présidé par le président du Conseil d'administration de Nestlé...

C'est aussi parce qu'au Brésil la Suisse joue ce rôle sans qu'il importe que de Suisse la solidarité avec les mouvements sociaux brésiliens s'impose. Ce geste se fait ici :
SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, PC 80-7761-7

15:19 Publié dans Droits de l'Homme, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brésil, solifonds | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le Brésil est une démocratie dont les acteurs sociaux ont la parole.
Lula est corrompu. Le fait que beaucoup d'autre le sont ne l'excuse pas.
Bref si la droite détruit les acquis , la démocratie amènera la gauche au pouvoir.

La Suisse n'a pas à se mêler de la politique intérieure. Les brésiliens savent se faire entendre et n'ont pas besoin d'aide.

En Amérique latine il n'en manque pas des pays à problèmes, je suis sidéré de cet appel.

Écrit par : motus | mardi, 19 juin 2018

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