vendredi, 25 mai 2018

Loi fédérale sur les jeux d'argent : Le pain des jeux

casino-en-ligne.jpgLe 10 juin, en vote fédéral, nous sommes appelés à accepter ou refuser la loi fédérale sur les jeux d'argent, combattue par deux référendums, un de droite libertarien largement financé par des établissements de jaux, et un autre, de gauche, lancé essentiellement au nom de la liberté d'accès à l'internet, la loi soumise au vote permettant de bloquer l'accès à des sites étrangers de jeux payants qui ne respecteraient pas le cadre légal qu'elle pose. En deçà de cet enjeu de principe, il y a un enjeu financier : fort prisés, les jeux d'argent, de la roulette des casinos à la loterie à numéros, rapportent des milliards à ceux qui les organisent, mais aussi un milliard de contributions obligatoires à l'Etat et, à partir de lui, aux organismes, aux activités, aux acteurs sociaux et culturels, ainsi qu'à l'AVS, à qui il redistribue le produit des jeux. La loi proposée par le Conseil fédéral et le Parlement veut étendre les règles nationales sur les jeux d'argent a l'espace numérique, appliquer le droit suisse aux entrepreneurs de jeux sur internet basés à l'étranger et accessibles depuis la Suisse, pour pouvoir aussi tirer des revenus de ceux dégagés par ces opérateurs, et pouvoir donc redistribuer aussi le pain réel de ces jeux virtuels. Une ponction assez "morale", finalement. Et on ne voit pas pour quelle raison les opérateurs basé à l"étranger" y échapperaient, dès lors qu'ils appâtent des joueurs résidant en Suisse.

Ce n'est pas le forum qui est menacé, c'est le souk.

Deux méthodes de contrôle de l'offre de jeux payants sur internet sont actuellement mises en oeuvre. La première est celle de la menace de blocage en ligne des sites non autorisés : 17 pays européens la pratiquent, dont la France et l'Italie. La seconde, pratiquée en Grande-Bretagne ou au Danemark, est celle de la licence, attribuée ou non à des exploitants étrangers : les sites sans licence ne sont pas bloqués, mais la possibilité de les payer l'est. Ce qui est proposé au vote populaire suisse, c'est un régime d'autorisations et de concessions publiques à des exploitants à qui sont imposées des exigences et des contrôles. La principale nouveauté est l'extension de ce système aux jeux en ligne et aux tournois de poker hors des maisons des jeux. Par ailleurs. la loi imposerait aux cantons et aux loteries de prendre des mesures contre l'addiction au jeu, aux fédérations sportives et sociétés de paris de signaler tous trucages possible et élargirait le cercle des exploitants de jeux d'argents soumis à la loi sur le blanchiment.

Ce qui fait débat et contestation dans ce dispositif est la possibilité de blocage des sites internet de jeux payants basés à l'étranger et donc non soumis au droit suisse, mais proposant des jeux en Suisse sans disposer d'autorisation et sans contribuer financièrement ni à l'AVS, ni à la culture, ni au sport, ni à aucune activité d'utilité publique. Ce "marché noir du jeu" pèse 300 millions de francs par an et échappe à toute ponction utile. La possibilité offerte par la loi de bloquer l'accès en Suisse à ces sites (comme 17 pays européens peuvent déjà le faire) révulse deux groupes, contradictoires d'opposants : les dévots du libre marché et les défenseurs de la liberté d'accès à l'internet. Le premier groupe nous indiffère. Le second nous semble se tromper de combat : la capacité donnée par le projet de loi de bloquer les sites de jeux en ligne basés à l'étranger ne menace en rien la liberté d'informer, de débattre, ds s'exprimer -elle ne menace que la liberté de margoulins de siphonner les revenus des joueurs, sans avoir à en redistribuer la moindre parcelle à activité plus utile (ou au financement de l'AVS). Ce n'est pas le forum qui est menacé, c'est le souk. Et encore : la marge du souk, son  arrière Cour des faux Miracles. Pas de quoi monter aux barricades. Bref, on votera OUI à la loi, Parce qu'on ne mélange pas les torchons mercantiles avec les serviettes ludiques.

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mercredi, 23 mai 2018

Nouveau gouvernement genevois : Pas maudit, Maudet

Le président du PDC genevois se posait "la question de la désignation de Pierre Maudet" à la présidence du Conseil d'Etat, le président des Verts se posait la question de la présence même de Maudet au Conseil d'Etat, la présidente du PS considérait que Maudet ne pouvait plus conserver la tutelle politique de la justice et de la police, le syndicat de la police judiciaire assurait que les policiers ont "perdu toute confiance et tout respect" en/pour Maudet... Résultat des courses ? Pierre Maudet prend comme prévu la présidence du Conseil d'Etat tout en gardant la sécurité et l’aéroport. Serge Dal Busco lâche les Finances mais reprend les transports, Thierry Apothéloz hérite de la culture, des sports etdu social que lâche Poggia, Nathalie Fontanet se retrouve aux Finances, Anne Emery-Torracinta se concentre sur la formation et l'instruction publique, Antonio Hodgers élargit son champ à l'environnement, l'agriculture, le nature et le développement durable, Mauro Poggia lâche le social mais gagne l'inspection et les relations du travail... Chaque camp politique est dans son écosystème : Les finances et la sécurité à la droite, l'environnement, la culture et le social à la gauche, les infrastructures et les transports au centre. On change les noms des départements, on s'échange les services et les offices, on redéfinit les champs, mais on ne bouleverse rien : on réorganise. Un peu. Une sorte de Genferei molle...

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15:58 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 22 mai 2018

Le PAV en votation populaire le 10 juin : Un bon gros "oui" s'impose

PAV.jpgLe 10 juin, à Genève, en votation cantonale, on se prononcera sur une loi modifiant les limites de zone du quartier "Praille-Acacias-Vernets" (le fameux PAV), 130 hectares à cheval sur trois communes (Genève, Carouge, Lancy). Plus fondamentalement, il s'agit, en modifiant une loi de 2011, de savoir si on accepte ou non de doubler la part de nouveaux logements par rapport à celle de nouveaux emplois (1900 logements supplémentaires sont prévus, pour arriver à un total de 12'400 logements) et si on ouvre ou non la possibilité de réaliser des logements en propriété par étages, tout en maintenant la part de logements d'utilité publique et en augmentant le nombre de HBM (les logements sociaux aux loyers les plus bas). Toute la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche, Egalité & Equité, PC, PRG, syndicats), plus le MCG, accepte le projet, toute la droite (PLR, PDC, UDC, Chambre de commerce, Syndicats patronaux, PBD, Verts libéraux -et même "AgriGenève, dont on se demande ce qu'elle vient foutre là-dedans) le refuse (quoique des personnalités de droite le soutiennent, comme Mark Muller, Claude Haegi, Pierre-François Unger, Michel Balestra), en proclamant que "62 % de logements sociaux, c'est trop" (alors que c'est 5 % de moins que dans la loi actuelle), qu'il n'y a "pas assez de PPE" et que celles qui sont possibles ne sont pas de "vraies PPE" (alors qu'il n'y en a pas du tout dans la loi actuelle)...

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16:26 Publié dans Genève, Logement, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : pav | |  Facebook | | | |

vendredi, 18 mai 2018

Politique des transports à Genève : Maudite mobilité ?

embouteillage.jpgEt le petit monde politique genevois de s'interroger gravement : mais à quel (ou quelle) Conseiller (ou Conseillère) d'Etat confier le dossier de la "mobilité" (de la politique des transports, pour être clair), après la débâcle de son précédent titulaire, Luc Barthassat ? : Depuis la fin du mandat du socialiste Bernard Ziegler, ce dossier, ce département, serait maudit. Foutaise.Si quelque chose est "maudit", c'est la tentative de mener une politique des transports qui ne fasse pas de choix entre les différents modes de transports. Qui refuse de prioriser réellement les transports publics, qui croit pouvoir faire circuler (et se parquer) tout le monde partout, de toutes les manières possibles : à pied, à vélo, en scooter, en bagnole, en bus, en tram, en train. Sur la voirie ordinaire, sur les trottoirs, sur les pistes cyclables, dans les zones piétonnes. Pour ne fâcher personne. Résultat : Les TPG sont les transports publics urbains les plus lents de Suisse. Et Genève est la ville la plus embouteillée de Suisse. Et les cyclistes continuent de risquer leur peau dans une ville en queue de classement suisse des aménagements les concernant.

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15:03 Publié dans Genève, Transports | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mercredi, 16 mai 2018

Initiative "Monnaie Pleine", soumise au vote le 10 juin : OUI à une assurance...

francs suisses.jpg

Souvenez-vous (c'est pas si vieux) : il y a dix ans, en 2018, la Confédération et la Banque Nationale (BNS) balançaient des milliards dans une opération de sauvetage d'UBS, menacée de disparaître dans les tourbillons de la crise financière mondiale, et "trop grande pour faillir" (to big to fail) sans risquer de casser toute l'économie suisse. La crise qui avait failli engloutir UBS avait en fait été créée par les imprudences systématiques (systémiques, même)des banques, qui avaient accordé des crédits non garantis par les débiteurs, ni couverts par les fonds propres des créditeurs. L'initiative "monnaie pleine" soumise au vote populaire le mois prochain est une forme de réponse à cette crise : elle prévoit que les banques ne pourront plus accorder de prêts au-delà des fonds dont elles disposent réellement (et qui aujourd'hui ne couvrent que 1 % des dépôts en banque). Autrement dit,. qu'elles ne pourront plus créer de la "monnaie scripturale" (qui représente actuellement 90 % de la masse monétaire dans un pays comme la Suisse). Une forme d'assurance, en somme, chaque prêt étant garanti par les fonds propres de la banque, celle-ci ne risquant plus de se retrouver dans la situation d'UBS, et la Confédération et la BNS dans l'obligation de sauver une banque "trop grande pour faillir".

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15:26 Publié dans Economie, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monnaie, banques | |  Facebook | | | |

mardi, 15 mai 2018

Elections genevoises : Du canton à la commune

autonomie Ville.jpgLe résultat des élections cantonales genevoises a des effets directs, immédiats (ou presque) sur les instances municipales (Conseils municipaux et conseils administratifs) : Un magistrat communal, Thierry Apothéloz, a été élu au Conseil d'Etat, trois autres, Sandrine Salerno, Carole-Anne Kast et Yvan Rochat, au Grand Conseil, où ont également été élus des conseillers municipaux (une dizaine rien qu'en Ville de Genève -mais ils étaient quarante conseillères  municipales et conseillers municipaux de la Ville à se présenter au Grand Conseil). Si les règles en vigueur dans les partis politiques excluent le cumul des mandats (sauf au MCG), elles permettent tout aussi généralement des dérogations au moins temporaires à ce principe (le temps par exemple de terminer un mandat en cours -les élections municipales étant prévues dans deux ans) : en Ville, Rémy Pagani en a obtenu une, Sandrine Salerno devrait également en obtenue une, l'un et l'autre pouvant ainsi terminer leur dernier mandat au Conseil administratif de la Ville (on ne voit pas pourquoi on le leur refuserait). Mais plus fondamentalement que cette petite cuisine, l'élection d'un nouveau parlement et d'un nouveau gouvernement pourrait être, avant les élections municipales de 2020, l'occasion de reposer la question de l'autonomie communale, dans un canton qui l'a toujours eu en horreur (surtout, mais pas exclusivement, s'il devait s'agir de celle de la Ville de Genève...)...

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16:29 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : communes, répartition des tâches | |  Facebook | | | |

lundi, 14 mai 2018

Autodissolution de ETA : Dans le sens de l'histoire...

ETA, Espagne, Euzkadi, Pays Basque, Catalogne

Le 3 mai à Genève, puis le 4 à Combo-les-Bains, ETA a annoncé son autodissolution par le « démantèlement de toutes ses structures » et sa décision de mettre fin « à toute activité politique » : « ETA ne sera plus un acteur qui exprime des positions politiques, engage des initiatives ou interpelle d’autres acteurs », mais ses anciens membres pourront poursuivre la lutte « dans d’autres champs » que le militaire, pour un Pays Basque « réunifié, indépendant, socialiste, euskaldun (linguistiquement basque) et non patriarcal », et pour le droit du peuple basque d’en décider ainsi (ce qui suggère un référendum d’autodétermination, « à la catalane »). Cette décision, dans le sens de l'histoire (ETA n'avait plus aucune perspective réaliste) aurait été approuvée à 93 % par un vote interne. David Harland, directeur du Centre Henri-Dunant pour le dialogue humanitaire où l’annonce de la dissolution d’ETA a été faite, remercie l'ancien Premier ministre socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero pour ses efforts en faveur d'une cessation des actions violentes d'ETA, annonce « la fin du terrorisme européen » : « Bien sûr, il y a encore des attentats, mais ils sont le fait de groupes fondamentalistes religieux extérieurs ». Encore faudrait-il que des gouvernements comme celui de Madrid renoncent à jeter de l'huile sur d'autres feux que celui qui vient de s'éteindre...

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mercredi, 09 mai 2018

Conseil d'Etat genevois : qui fera quoi ?

Capture.JPGLe message et le messager


Les sept élues et élus au Conseil d'Etat genevois ont jusqu'à la fin mai pour présenter au Grand Conseil la répartition entre eux des départements. Et le Grand Conseil se prononcera sur cette répartition. Et s'il la refuse, il faudra lui en proposer une nouvelle. Hier, la "Tribune (encore) de Genève" titrait : "Comment composer le Conseil d'Etat idéal". On pourrait évidemment répondre qu'il n'y a pas de Conseil d'Etat "idéal", qu'il n'y a que des Conseils d'Etat réels, et qu'ils ont le plus souvent assez peu de rapports l'un avec les autres. Ou alors que le Conseil d'Etat idéal, c'est forcément celui qui a été élu. Et que ce n'est pas la presse qui le compose mais le peuple (ou plutôt la part minoritaire de celles et ceux qui y disposent du droit d'élire : le mieux élu du second tour, Mauro Poggia, ne l'a été que par un peu plus de 10 % de la population genevoise...). Quant à savoir qui fera quoi dans le nouveau gouvernement genevois, ce n'est certes pas sans importance, mais ce n'est pas cela qui devra déterminer la position de la gauche face aux propositions du collège gouvernemental, mais le contenu de ces propositions. Le message, plus que le messager.

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mardi, 08 mai 2018

Une loi idiote mérite-elle un référendum ?

signes religieux ostentatoires.jpg

Petits énervement sur la laïcité

Les Verts genevois ont annoncé qu'ils allaient faire recours devant la Chambre constitutionnelle de la Cour de Justice contre l'interdiction faite par la nouvelle loi cantonale genevoise sur la laïcité aux membres et élus du Grand Conseil et des Conseils municipaux (les communes n'ayant pas été consultées, rappelle Carole-Anne Kast...) d'arborer des signes religieux "ostentatoires". Ils ont également fait savoir qu'ils étaient "a priori favorables aux objectifs d'un référendum" contre la loi -laquelle n'est d'ailleurs pas encore entrée en vigueur (elle ne le sera qu'au terme du délai référendaire si aucun référendum n'a été lancé ou n'a abouti, ou après un vote populaire qui lui serait favorable si référendum valide il y a eu), et ne peut donc être invoquée contre quelque élu ou quelque élue que ce soit. D'autant qu'elle a été votée par le précédent parlement, à écrasante majorité de droite et d'extrême-droite, et qu'il n'est pas du tout exclu que le nouveau parlement, où l'Alternative forme le "bloc" le plus important, finisse par la réviser, ne serait-ce que pour s'éviter le ridicule d'avoir à sévir contre tel ou telle de ses membres pour un bout de tissu, un crucifix en collier, une kippa ou une passoire athée. En attendant, la seule question qu'on se pose est de savoir si des dispositions aussi idiotes que celles qui ont été votées par le défunt parlement cantonal genevois méritent plutôt l'honneur d'un référendum ou l'indignité de n'en tenir aucun compte.

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16:34 Publié dans Genève, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

lundi, 07 mai 2018

Election du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

avuedenezilestcinqheures.jpgElection du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

Genève n'a pas fait la révolution, hier. D'ailleurs, elle ne voulait pas la faire, et même la gauche avait calibré ses ambitions à l'aune du possible : gagner un siège. Objectif atteint. On ne révolutionne pas, on rééquilibre. Mauro Poggia peut être satisfait, qui espérait se retrouver dans un Conseil d'Etat dont il serait le "médiateur" -entendez : le pivot, le faiseur de majorité entre trois élue et élus de gauche et trois élue et élus de droite, ce qui serait "logique avec le parlement en présence" où ni l'Entente ni l'Alternative ne sont majoritaires, ni peuvent l'être sans l'apport de ce qui reste du MCG. Il faut bien avouer que la gauche de la gauche n'a pas manifesté une envie contagieuse d'êtrepartie prenante d'une majorité gouvernementale  : Sa candidate, Jocelyne Haller, ne fait qu'un peu plus de la moitié des suffrages de Thierry Apothéloz, et est même distancée par Luc Barthassat. A défaut de morale, il y a là une logique : si l'envie d'être élu ne suffit pas à l'être (sinon Barthassat l'aurait été), l'absence d'envie de l'être suffit à ne pas l'être...

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vendredi, 04 mai 2018

Election du gouvernement genevois : Deux tiers d'abstention ?

votez!.jpgMercredi soir à minuit, à quatre jour du scrutin, le taux de participation au deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat stagnait misérablement à 16,7%. Parti comme c'est parti, on devrait avoir deux tiers d'abstention. Il est désormais trop tard pour voter par correspondance. Si comme apparemment beaucoup de Genevois vous n'avez reçu votre bulletin de vote qu'aujourd'hui, il va falloir vous rendre au local de vote de votre quartier ou de votre commune, dimanche matin de dix heures à midi. Et si vous ne l'avez pas reçu du tout, ce matériel, comme l'auteur de ces lignes à l'heure où il les écrit ? Vous revêtez une robe de bure, vous prenez un cierge, vous vous couverez la tête de cendres et vous vous rendez au service des votations et élections supplier qu'on vous donne le moyen d'exercer votre droit de vote -après vous être platement excusé de vouloir l'exercer, ce droit ?

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jeudi, 03 mai 2018

Autocommémoration : Notre Mai à nous

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On commémore : Il y a cinquante ans, c'était le Mai 1968 français. C'est celui-là qu'on commémore -on bougeait beaucoup ailleurs, on se révoltait, on subvertissait aussi, mais dans nos contrées, c'est le printemps français qu'on se remémore, en nostalgie ou en détestation, en apologie ou en envie de revanche, en autocélébration ou en excorcisme.
Remémorons-nous alors le nôtre* : On avait 16 ans en 1968. On était entre l'Aubépine (on s'était fait virer l'année précédente du CO) et La Clairière. On avait commencé, mélancoliquement, un apprentissage de commerce. Et vint le printemps. De ce que ce printemps a pu réveiller en nous, c'est une volonté d'agir sans certitude du chemin à prendre pour agir. On dit "réveillé"parce que ça y était déjà, présent comme un héritage familial, celui d'un milieu politiquement engagé et culturellement curieux. Un milieu de membres du Parti du Travail (qui le quittèrent l'année même de notre naissance pour suivre Léon Nicole dans sa tentative de créer un nouveau parti de gauche) -un milieu fort ressemblant à celui du communisme à la française ou à l'italienne, et dont on oublie aujourd'hui ce qu'il a apporté, culturellement, à celles et ceux qui en étaient et venaient d'"en bas" de la hiérarchie sociale : Il leur a apporté ce qu'on appelait encore à l'époque "la grande culture" -des livres, des disques, des places de théâtre et de concert. Il leur a ouvert un monde -même si ce monde était surtout celui du patrimoine culturel, pas celui de la subversion culturelle.

* "On" n'utilise pas la première personne du pluriel (ou l'indéfini) par envie de majesté, mais parce que "notre" situation n'est pas si exceptionnelle que le Moi Je s'imposerait naturellement...

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mercredi, 02 mai 2018

Elections genevoises : eine Grosse Koalition ?

Bandeau Conseil d'Etat.jpg


Lieber eine Linksmehreit

En édito, lundi, "Le Temps" plaide pour une "Grosse Koalition" à Genève : "Le Conseil d'Etat sorti des urnes doit s'inspirer de l'exemple allemand" d'un accord entre la démocratie-chrétienne et la social-démocratie. Avec Pierre Maudet dans le rôle d'Angela Merkel pour "faire travailler les ministres sur un programme de gouvernement où l'intérêt partisan cède devant celui du canton". Concrètement, ça veut dire quoi ? Faire avaler à la gauche la traversée du lac ou un taux d'imposition des entreprises calibré sur la concurrence avec Vaud ? C'est ça, "l'intérêt du canton ?". D'ailleurs, on rappellera que ce qui a provoqué la "Grosse Koalition" allemande, c'est surtout la crainte d'un retour, faute de gouvernement, à de nouvelles élections que l'extrême-droite pourrait gagner... Or à Genève, elle vient de les perdre, les élections... Alors, plutôt qu'une Koalition, il siérait de donner à Genf eine Mehreit. Lieber eine Linksmehreit... Et on peut le faire...

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19:04 Publié dans élections, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 01 mai 2018

1er Mai (12 Palotin), Fête de la Réprobation du Travail

1ermai.jpg

L'Egalité : point final ou poing dans la poche ?

Dans le calendrier pataphysique, le 1er Mai est le 12ème jour du mois du Palotin. Et c'est le jour de la Réprobation du Travail. Réprouvons donc comme il le mérite le travail tel qu'il est socialement imposé, et qui en effet est à réprouver, non le travail tel qu'il sera quand il sera libéré. Dans son appel à célébrer cette Fête des travailleurs, l'Union Syndicale Suisse met l'accent sur l'égalité salariale : "L'égalité salariale. Point final !" Point final ? La Constitution fédérale proclame l'égalité entre femmes et hommes depuis 1981, la loi prescrit l'égalité salariale depuis 1996. Et les femmes gagnent toujours 20 % de moins que les hommes à travail égal, plus du tiers de cette inégalité ne s'explique que par une discrimination des femmes en tant que telles et en moyenne nationale, chaque femme reçoit chaque mois un salaire plus bas de 600 francs que celui d'un homme. Et lorsque le Conseil fédéral propose une mesure prudente, timide, sans sanction si elle n'est pas respectée, de transparence salariale, le Conseil des Etats n'ose certes pas la refuser, mais la renvoie à l'étude en commission alors qu'elle en sortait... "L'égalité salariale, point final" ou "poing dans la poche", pendant encore 25 ans ?

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13:24 Publié dans syndicats, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er mai | |  Facebook | | | |