mardi, 17 avril 2018

Election du Conseil d'Etat genevois, deuxième Round : un choix clair

savate.jpgDans une Assemblée générale compacte, le PS genevois a décidé, sans coup férir et sans débat, de présenter la double candidature d'Anne Emery-Torracinta et de Thierry Apothéloz au Conseil d'Etat, Sandrine Salerno s'étant retirée (respect...) pour renforcer les chances d'élection des deux candidats socialistes, et donc de la reconquête d'un siège perdu, alors même qu'elle avait obtenu plus de voix que le PDC Barthassat, figurant pourtant sur la liste unique de l'Entente. En même temps, le PS a confirmé, sans vote, son choix d'une liste unique avec les Verts (et Antonio Hodgers) et "Ensemble à Gauche", (et Jocelyne Haller). Ainsi, la gauche genevoise revendique-t-elle une majorité gouvernementale, face à un parlement sans majorité, où la gauche détient un siège de plus que la droite démocratique, et où la droite populiste suisse (UDC) et genevoise (MCG) a perdu douze de ses 31 sièges... Excellentes choses, pour un choix clair, le 6 mai : la droite, en effet, revendique elle aussi une majorité gouvernementale, sur la base d'un programme de casse sociale revendiquée -elle a obtenu pour cela le soutien d'Eric Stauffer. Et de ses sponsors brésilien et thaïlandais ?


« Retour au consensus » ou redécouverte de la cohérence ?

 

Et maintenant, on fait quoi ? D'abord, on assure le deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat, le deuxième siège socialiste et, si possible, une majorité gouvernementale de gauche. Parce que c'est légitime. D'ailleurs, la droite,démocratique (l'Entente) la revendique aussi pour elle, cette majorité gouvernementale, alors qu'elle n'est pas plus majoritaire que la gauche au Grand Conseil (elle a même un siège de moins, 40 contre 41), ni d'ailleurs dans l'électorat.  La gauche est fondée à revendiquer cette majorité gouvernementale, pour une raison symbolique : parce qu'elle est en progression, et qu'elle est un peu plus forte électoralement et parlementaire que la droite, et pour une raison politique : parce que la droite populiste est en régression, et qu'avec la scission staufférienne et son échec, elle a perdu son aile ultralibérale (qui appelle du fonds de son tombeau électoral à voter pour l'Entente au deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat).

Et puis, il y a la suite de la suite, l'après-élection, les cinq ans à venir. Parce que les élections, c'est un moment, pas une fin, et parce que le parlement et le gouvernement ne sont pas les seuls lieux de l'action politique (surtout dans un  système où le peuple est supposé avoir le dernier mot ».
Dimanche, de sagaces commentateurs politiques, des élus, des présidents de partis, ont prédit, et espéré pour Genève, un "retour au consensus" à la mode helvétique. Un consensus sur quoi ? les modalités de la casse sociale ? Espérons au contraire que si consensus il puisse y avoir, c'est sur la résistance à cette casse, et sur l'invention de nouveaux instruments de solidarité. Un consensus de la gauche, face à la droite, sans le brouillard dissipé par un MCG dévalué. Plus qu'un « consensus » : un réapprentissage de la cohérence entre nos programmes et nos actions, nos proclamations et nos votes.

19:08 Publié dans élections, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le vote est clair, moitié à droite, moitié à gauche. Le respect est de gouverner pour tout le peuple et non pour une moitié.
La cohérence, ce n'est pas imposer un programme d'un parti minoritaire. Je parle autant pour la partis de gauche que de droite.

Plus on va dans les extrêmes, moins le peuple est respecté.

La vraie démocratie, c'est un gouvernement pour le bien de tous et non que pour une partie du peuple.

Le consensus, c'est le respect du peuple.
Le résultat médiocre de la gauche gauche, montre que ce n'est pas votre vision de combat qui est attendu par la population.

J'ajouterai que le consensus est le meilleure rempart contre le mouvement ultralibéral qui ne favorise que les riches et fragilise le reste de la population.
Si le consensus est haï par les extrêmes, ce n'est pas pour rien, c'est l'outil contre la bêtise idéologique.

Écrit par : motus | mercredi, 18 avril 2018

Je ne partage pas l'analyse générale du retour à la normale des deux blocs qui s'affrontent.
L'hémorragie du MCG était le prix à payer pour la purge. Mais le troisième bloc existe dans la population qui risque bien de le manifester en élisant Nidegger au deuxième tour. Car il pourrait bien récupérer les dissidents déçus et même ratisser plus large auprès des Verts puisque l'UDC milite pour un bon et non un grand Genève.
Reste à savoir où se situe l'actuel MCG. On le dit plutôt à gauche parce qu'il défend la fonction publique. Mais est-ce vraiment la bonne lecture ? Un policier est certes un fonctionnaire, mais vote-t-il à gauche ?
L'inconnue c'est Barthassat. L'entente va-t-elle jouer le jeu du vote compact ? Et même si c'est le cas, ne va-t-elle pas ajouter le poulain UDC pour tenter de faire l'impasse à la gauche ? C'est un jeu risqué car en donnant des voix à Nidegger elle risque de le voir dépasser Barthassat.
Finalement c'est plutôt distrayant la politique.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 18 avril 2018

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