vendredi, 13 avril 2018

Genève : Petite campagne, petit vote, programme de casse

droite-gauche.jpgA droite toute ?

ça vote petitement, pour les élections genevoises de ce week-end : mercredi soir, le taux de participation se traînait à 22,9% (soit 60'268 votes enregistrés). C'est bien peu, même si c'est à hauteur des élections cantonales précédentes. Il ne reste plus que dimanche, de 10 heures à midi, pour voter, dans les locaux de vote. A midi, les Genevoises et Genevois auront élu leur nouveau parlement. Les Genevois, les Genevoises ? Disons plutôt autour de 40 % de celles et ceux qui ont le droit de vote et qui ne constituent pas même la moitié de la population. On reviendra ailleurs sur ce que cela signifie de l'état d'une démocratie et de la représentativité de l'une de ses institutions (le parlement). On se contentera ici de rappeler que la droite, qui a su s'unir pour l'élection du Conseil d'Etat alors que la gauche en a été infoutue, a un vrai programme de casse sociale, dont l'énoncé devrait suffire à réveiller l'instinct unitaire de l'électorat de gauche...


Un paysage politique émietté, dispersé façon puzzle.

 

Mardi, les cinq candidats de l'"Entente" PLR-PDC pour le Conseil d'Etat ont présenté leur programme commun -commun, comme leur liste. Il est sans ambiguïté, ce programme : faire passer la réforme de l'imposition des entreprises avec le plus bas taux d'imposition possible, réformer la caisse de pension de l'Etat en péjorant les rentes, réduire l'imposition de la fortune, faire traverser le Petit Lac par une autoroute, construire des prisons, couper dans les dépenses sociales... Ce programme de gouvernement est porté dès le premier tour de l'élection du Conseil d'Etat par une alliance face à laquelle la gauche n'a pas été capable de former la sienne, chacun jouant sa carte en priant les dieux des urnes pour qu'elle soit meilleure que celle des autres cartes de gauche -oe réunira certes pour le second tour, parce qu'il le faut bien dans une élection majoritaire, mais on n'aura ainsi fait que l'effort unitaire minimum. Ajoutez à cela l'émiettement des listes de gauche pour le Grand Conseil (les trois listes de l'Alternative, plus trois autres les grignotant pour le plaisir de se faire voir et entendre le temps d'une campagne) et vous aurez le tableau pointilliste d'un paysage politique émietté, dispersé façon puzzle.
Alors, même si comme disait le camarade Spinoza "ce qu'on ne peut interdire, il faut nécessairement le permettre, malgré le dommage qui en résulte souvent", on peut, et on doit même, aller plus loin que cette molle résignation : s'allier, ne serait-ce que pour éviter que la submersion d'une ou de plusieurs des listes de gauche ne fragilise durablement la capacité de toute la gauche d'au moins résister aux programme de casse sociale adopté par la droite.

Un puzzle, toutefois, a vocation a être rassemblé. Et si les formations politiques de gauche en sont incapables, c'est bien aux électeurs de gauche qu'il incombe d'y suppléer.

15:37 Publié dans élections, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"une alliance face à laquelle la gauche n'a pas été capable de former la sienne, chacun jouant sa carte"
La gauche est peuplée de crétins. Je vote à gauche, mais pas pour ceux qui soutiennent les impérialistes, combattent la laïcité en présentant des femmes voilées, ou diffament la Russie. Et ça fait du monde.
Ah oui, et je vote pour Guy Mettan.

Écrit par : Daniel | vendredi, 13 avril 2018

Répondre à ce commentaire

Quelle débandade !

Écrit par : Pierre Jenni | vendredi, 13 avril 2018

Répondre à ce commentaire

Cela montre que les partis ne sont pas en phase avec la population. La naïveté des partis est de croire que les gens votent pour leur idéologie alors qu'il en est rien.

Ainsi, les gens votaient socialistes pour la défense de leurs intérêts face à une économie libérale. Et lorsque l'immigration, la qualité de vie est devenu un problème, les socialistes sont resté droit dans leur botte idéologique. Et ils ont perdu des voix.

Si une majorité de la population trouve qu'il y a trop de migrants, il est stupide de vouloir convaincre que ce n'est pas le cas.
La population demande que les problèmes soient résolus, pas philosophés.

C'est la même chose à droite. Est-ce que les gens votent à droite pour que ceux-ci, par pur idéologie coupent dans les dépenses ?

Tout ça fait que beaucoup de gens ne se sentent plus concernés.

Le plus grand problème de la société n'est pas la religion, mais la bêtise de l'idéologie.
Que les politiques agissent avec leur cerveau et non avec leur livre rouge, blanc ou noir.

Écrit par : motus | vendredi, 13 avril 2018

Répondre à ce commentaire

Pierre Gauthier et Magali Orsini sauvent l'honneur d'une gauche désemparée.
Leur programme pourrait servir de point de départ à un renouveau républicain.
Si les egos pouvaient prendre quelques vacances prolongées.

Écrit par : Otto Matthik | vendredi, 13 avril 2018

Répondre à ce commentaire

"Le plus grand problème de la société n'est pas la religion, mais la bêtise de l'idéologie."
Assez d'accord sur le reste, mais pas sur cette phrase. Du point de vue des choix politiques en tout cas la religion est une idéologie.

Écrit par : Mère-Grand | samedi, 14 avril 2018

Répondre à ce commentaire

Demain Genève: à Bhoutan touchant,le film qui range les "politiques" au rang de facilitateurs d’initiatives sociétales "et pas forcément citoyennes"et propose une lecture du " Vivre ensemble" à la dimension de la famille , de la crèche, du quartier , bref de la proximité sans délégation de pouvoir , donc à mille lieues des républicains de droite ou de droite qui délèguent l'éducation" dont la cour d'école se confond avec la cour de caserne et dont la caserne sert de cour à une école de Polisse militaire "Savatan"guerre civile à une élite extraite d'un peuple magnifié par la droite de droite ou de gauche.

Écrit par : briand | samedi, 14 avril 2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.