lundi, 26 mars 2018

Les élus du peuple, des "agents de l'Etat" ?

avuedenezilestcinqheures.jpgComme une odeur de moisi...

Du peu que nous ayons eu le courage de le suivre (à la télé, on n'a pas poussé le masochisme jusqu'à l'Hôtel-de-Ville), nous ne pûmes qu'être assez consternés par le débat, au Grand Conseil genevois, sur la loi cantonale sur la laïcité -un débat qui va se poursuivre en avril, puisque le parlement n'a pas réussi à le clore en mars, et qui a atteint une sorte d'apogée pataphysique lorsqu'il a porté sur les apparences vestimentaires et bijoutières des élus et des élues : pour complaire aux obsessions fétichistes d'une majorité, cultiver la laïcité de la peur et imposer aux parlementaires la règle imposée aux magistrats (Conseillers d'Etat, Conseillers administratifs, Maires et adjoints) de s'abstenir d'arborer des "signes religieux ostentatoires", le Grand Conseil a assimilé (en s'y assimilant lui-même) les députés et les conseillers municipaux à des "agents de l'Etat". Même les staliniens, même les théocrates, même les monarchistes de la Restauration (ou leurs compères pseudo-républicains de la Restauration genevoise) n'avaient pas osé pareille confusion... C'est quoi, un député ou un conseiller municipal, dans une démocratie ? c'est le représentant du peuple, de la nation ou de ses électeurs,  mais jamais le représentant de l'Etat ! Alors à Genève, les députés et les conseillers municipaux seraient des "agents de l'Etat"... Une Genferei de plus, mais nettement moins marrante que les autres : si les députés et conseillers municipaux sont des "agents de l'Etat", il n'y a plus d'opposition parlementaire concevable... Il ne resterait plus alors qu'à pousser cette ânerie politique à son terme logique, et à faie nommer directement les députés et les conseillers municipaux par le Conseil d'Etat, comme les fonctionnaires (comme des agents de l'Etat, quoi)... Il était vraiment temps que le Grand Conseil sortant puisse sortir, il commençait sérieusement à sentir le moisi...

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04:40 Publié dans Genève, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démocratie, parlement | |  Facebook | | | |

vendredi, 23 mars 2018

Projet de loi sur la "laïcité à la genevoise" : Vivement l'indifférence !

LAICITE3.jpgHier soir, le Grand Conseil de la République (et un peu canton) de Genève a accepté, à une large majorité, d'entrer en matière sur un projet de loi sur la laïcité, supposé concrétiser et préciser un principe posé depuis 2012 dans la constitution cantonale (et un peu républicaine) genevoise -le principe de laïcité, précisément. Le débat se poursuit, et devrait se clore aujourd'hui, mais indépendamment du contenu du projet porté par Pierre Maudet, c'est son utilité qui est contestable -et a d'ailleurs été contestée par un petit tiers du parlement (le PS, l'UDC et "Ensemble à Gauche"), se satisfaisant de la norme constitutionnelle et estimant qu'une "loi sur les religions" était en soi contradictoire du principe de laïcité -conviction que nous partageons et qui se résume simplement ainsi : Une république laïque n'a pas plus à s'immiscer dans les pratiques religieuses (et les signes de ces pratiques) que celles-ci (et ceux-ci) n'ont à s'imposer à  celles et ceux qui n'en veulent pas. Aux religions, la République laïque ne devrait avoir à opposer que son absolue indifférence...

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12:09 Publié dans Genève, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 mars 2018

Invalidation de l'initiaive populaire « Le Plaza ne doit pas mourir » : on recourt

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Dans un mois se tiendra le premier tour de l'élection du Conseil d'Etat. L'un des dernier actes du gouvernement sortant aura donc été de tenter de priver les Genevoises et les Genevois du droit de se prononcer sur une initiative signée par plus de 11'000 d'entre elles et eux : l'initiative populaire législative "Le Plaza ne doit pas mourir", qui propose de déclarer d'utilité publique le maintien de la plus belle salle de cinéma genevoise, et, par le moyen de l'expropriation dans le cadre de la loi et de cette utilité publique, d'en faire un espace culturel novateur, au centre d'un quartier qu'il pourrait redynamiser -et qui en a grand besoin. Hier, le Conseil d'Etat sortant a décidé d'invalider l'initiative, et donc de ne la soumettre ni au parlement, ni au peuple. Le Comité d'initiative fera, bien sûr,recours contre cette invalidation.

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15:05 Publié dans Genève, Plaza, cinéma, patrimoine, votations | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

mardi, 20 mars 2018

Après le naufrage de "No Billag", c'est l'aide à la presse qui fait surface

carcan.jpgLes cris de l'écrit

Après le naufrage de l'initiative "No Billag", naufrage qui n'a fait de victimes que les initiants, la possibilité d'une aide publique à la presse privée a fait surface. Elle était catégoriquement refusée par les grands éditeurs privés, lors même qu'elle était soutenue, voire réclamée, par les journaux indépendants. Et puis voilà, surtout en Romandie, que de fervents opposants à ce qu'ils dépeignaient comme une "mainmise de l'Etat sur la presse" se ravisent, et envisagent ce qu'ils affectaient de prendre pour une calamité. C'est sans doute qu'ils ont compris qu'ils pouvaient eux-mêmes y avoir avantage. Mais c'est aussi que la situation de la presse écrite privée s'aggrave de jour en jour -et les grands groupes ne sont d'ailleurs pas innocents de cette aggravation. L'éditeur de la "Liberté" de Fribourg considère qu'une "aide directe à la presse est souhaitable, tant qu'elle n'altère pas l'indépendance de nos médias". Pourrait-elle l'altérer plus, cette indépendance, que l'intégration de nombre de ces media dans de grands groupes (genre Tamedia ou Ringier) qui suppriment des journaux, fusionnent des rédactions, font disparaître des rubriques et taillent dans les effectifs des journalistes ? Ce sont pourtant de là, surtout, que nous viennent les cris de l'écrit...

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15:41 Publié dans Médias, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : presse | |  Facebook | | | |

lundi, 19 mars 2018

Au prétexte de la Catalogne

FIFDH.jpgLa démocratie, c'est l'autodétermination

La visite de Carles Puigdemont à Genève, la rencontre que nous avons eu avec lui, le débat auquel il a participé à la clôture du Festival international du film et forum des droits humains, hier soir (on y reviendra) sont l'occasion ici de refaire le point sur le conflit politique majeur qui a secoué (et secoue encore) l'Espagne depuis l'engagement, par le parlement catalan, sa majorité indépendantiste, son gouvernement et son président, dans un processus d'autodétermination. Refaire le point sur ce conflit, et sur ce qu'il signifie précisément du droit des peuples à l'autodétermination -c'est-à-dire le droit des peuples de se définir comme des nations, et le droit des nations à l'indépendance étatique, toute relative qu'elle puisse être. Car qui peut décider qu'un peuple devient une nation, sinon ce peuple lui-même ? Et qui peut décider que cette nation peut être un Etat, sinon cette nation elle-même ? Et l'autodétermination n'est-elle pas précisément ce qui distingue la démocratie de toute autre forme de régime politique ?

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15:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, catalogne, autodétermination, indépendance | |  Facebook | | | |

samedi, 17 mars 2018

"Repenser le système d'aide sociale" : pour en faire quoi ?

exclusion.jpgLe droit, pas l'aumône

"Le système d'aide sociale doit être repensé", déclare le Conseiller d'Etat sortant, et candidat à sa réélection, Mauro Poggia. Et il a parfaitement raison Mauro Poggia. Du moins quand il affirme cette nécessité de "repenser" ce système. Et aussi quand il constate que "l'emploi n'est plus un rempart à la précarité" et que "les "working poors" sont de plus en plus nombreux". Il faut donc "repenser le système d'aide sociale". Mais pour en faire quoi ? Et d'abord, comment décrire ce système ? Comme un empilage de prestations toutes conditionnelles et jamais suffisantes, de procédures suspicieuses et incoordonnées entre elles, de bureaucraties et de réglementations tatillonnes... En attendant l'instauration d'un revenu garanti et inconditionnel, couvrant les besoins essentiels, et d'un salaire minimum permettant aux "working poors" d'être "working" sans être "poors", il ne suffira pas de "désenchevêtrer" pour "repenser", et il faudra commencer par le commencement : admettre que l'aide sociale est un droit, pas une aumône, sortir du mépris et du paternalisme, cesser de considérer les ayant-droit à une aide sociale comme des solliciteurs présumés coupables de mensonge à qui il convient d'exiger de prouver, à réitérées reprises par des dizaines de documents (et à qui, quand ils les ont tous fournis, on va en redemander encore d'autres) qu'ils ne sont pas des "abuseurs de l'aide sociale"...

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jeudi, 15 mars 2018

Genève : la gauche lance une initiative constitutionnelle sur la fiscalité

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgPFffffff 17

Face à un rapport de force parlementaire ne lui laissant guère d'espoir de faire entendre raison sociale aux promoteurs de la traduction genevoise de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises (la PF 17, qui reprend l'essentiel de la défunte réforme RIE III balayée en votation populaire), la gauche politique et syndicale genevoise a choisi de donner la parole au peuple : elle lance aujourd'hui une initiative constitutionnelle encadrant toute réforme fiscale pour en limiter les conséquences sur les ressources des collectivités publiques, pour assurer les prestations à la population et combattre la concurrence fiscale intercantonale, pour ne pas dire le dumping fiscal auquel se livrent certains cantons sur le dos des autres. L'initiative, lancée par l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche) et la Communauté genevoise d'action syndicale (c'est-à-dire l'ensemble des syndicats genevois) propose d'inscrire dans la constitution le mandat donné au canton de lutter contre cette concurrence fiscale intercantonale et de soumettre la mise en oeuvre cantonale des réformes fiscales fédérales au respect de trois objectifs : la préservation du financement des services publics et des prestations à la population, le maintien du niveau des recettes fiscales du canton et des communes, le renforcement de la progressivité de l'impôt.

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15:35 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Fiscalité, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pf17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 mars 2018

Droit international, droits humains, juges "étrangers" : Affaiblir encore l'arme des faibles ?

CEDH.jpgJusqu'au 18 mars se tient à Genève le festival annuel du fil et forum international des droits humains, le FIFDH. Et hier, au Conseil des Etats, une initiative de l'UDC dite "le droit suisse au lieu des juges étrangers", mais dont la cible est le droit international des droits humains, subissait son examen de passage parlementaire et était clairement rejetée -seuls les six udécistes l'ont soutenue. Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC propose de contraindre les traités internationaux à la constitution nationale, sinon à les dénoncer. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Au-delà de la simple opportunité politicienne (les élections fédérales, c'est l'année prochaine, le vote sur l'initiative aussi, et il faut caresser son électorat dans le sens du poil), et de la rogne de voir des textes d'initiatives votés par une majorité populaire se heurter, lorsqu'il s'agit de les appliquer, à des normes de droit supérieur, ce qui suscite l'ire de l'UDC dans la primauté du droit international sur le droit national n'est rien moins que les textes internationaux garantissant les droits humains fondamentaux,  individuels et collectifs. Des textes qui, précisément, pour autant que la Suisse respecte ses propres engagements et sa propre signature (ce que l'UDC trouve superfétatoire) empêchent de faire n'importe quoi au nom du "peuple souverain". Et permettent à chaque personne de ce peuple (suisse) de se défendre contre "son" Etat (la Suisse), ou son canton, ou sa commune... Ce moyen pour les plus faibles de se défendre contre les plus forts, va-t-on l'affaiblir alors qu'il faudrait le renforcer ?

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16:06 Publié dans Droits de l'Homme, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mardi, 13 mars 2018

JO d'hiver en Suisse : Les Valaisans se prononceront le 10 juin. Et les autres ?

Sion 2026.jpgLe Grand Conseil valaisan a, à une majorité écrasante (101 voix contre 22), et sans surprise, apporté son soutien financier (100 millions) à la candidature de Sion à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Les Valaisans se prononceront en votation populaire le 10 juin prochain ? Et les autres ? des votes sont certes prévus, ou possibles, dans les cantons, voire les communes, associées à la candidature valaisanne, mais dans la mesure où toute la Suisse devra payer (au moins un milliard) pour une éventuelle organisation des JO hivernaux sur son territoire, et que le budget cantonal couvrant les 100 millions votés par le parlement valaison n'est lui-même couvert que par la redistribution aux cantons "pauvres" (dont le Valais) de contributions des cantons "riches" (dont Genève) à la péréquation financière fédérale, un vote de toute la Suisse, comme le demande une motion socialiste au Conseil national, et que le Conseil national vient d'accepter,  serait pour le moins légitime.

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16:22 Publié dans Sports, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sion 2026, jo | |  Facebook | | | |

lundi, 12 mars 2018

Qu'arrive-t-il à l'Italie qui ne lui soit déjà arrivé ?

5 Etoiles.jpgQualunquismo ?

Qu'arrive-t-il à l'Italie, qui fut l'un des lieux d'invention, de Machiavel à Gramsci, de la politique ? Avec le résultat des législatives italiennes d'il y a une semaine, on croit être revenus septante ans en arrière, au temps du "qualunquisme" et du "Fronte dell'Uomo Qualunque" (Front de l'Homme quelconque), créé fin 1944 par Guglielmo Giannini. Il y a en effet bien des points communs entre les "Cinque Stelle" de Beppe Grillo et Luigi Di Maio, quelques soient par ailleurs leurs divergences, et le Front Qualunquiste de Giannini : la défiance envers les institutions, les partis, la classe politique... Aucun parti, aucune coalition n'a obtenu la majorité des sièges au parlement, et n'est donc en mesure de former le prochain gouvernement, mais arrivé en tête de tous les partis concourant aux élections législatives italienne d'il y a huit jours, c'est au Mouvement des Cinq Etoiles que le président de la République devrait, logiquement, confier les rênes de l'Etat. Et un parti foncièrement antigouvernemental et pour le moins eurosceptique formant le gouvernement d'un des Etats fondateurs de l'Europe, grâce à une loi électorale concoctée précisément contre les Cinq Etoiles par un Premier ministre victime de sa propre loi, le paradoxe serait bien dans le droit fil de la tumultueuse histoire italienne, et de son inventivité politique. Pour le pire et le meilleur.

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13:11 Publié dans élections, Europe, Italie, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinque stelle, m5s | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 mars 2018

Genève : le spectre de la densification exorcisé deux fois sur trois

banlieue résidentielle.jpg

La ville en ce jardin

Contre l’avis d’un comité référendaire solidement ancré à droite pour s'opposer à toute modification de zone remettant en cause quelques privilèges et quelques conforts, les habitant-e-s de la Ville (sauf au Petit-Saconnex...) ont largement approuvé (à 60 %) le préavis positif sur un projet visant à densifier légèrement une zone villa au Petit-Saconnex. Même approbation, dans une proportion plus faible (53,5 %) à Bernex. A Chêne-Bougeries, en revanche, le préavis favorable à la construction d'immeubles sur une parcelle privée a été refusé  à 54,6 % des voix (mais le Conseil d'Etat a adopté un autre plan localisé de quartier prévoyant la construction de 205 logements, et sur lequel le Conseil municipal avait donné un préavis défavorable). Trois votations communales, donc, sur des préavis  d'aménagement combattus par référendum, et deux acceptations sur trois. "On pouvait s'attendre à plus de refus", commente le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, finalement assez satisfait du résultat : plusieurs centaines de logements pourront être construits dans un canton où le taux de vacances de logements ne dépasse pas 0.5% (il en faudrait quatre fois plus), et où la zone villa recouvre près de 60% des surfaces construites pour ne loger qu’environ 10% de la population. Et la commune (Chêne-Bougeries) qui a refusé d'accepter le déclassement d'une zone inconstructible en zone constructible est une commune privilégiée, éloignées des nuisances de l'autoroute et de celles de l'aéroport, avec une zone villas hégémonique et un des impôts municipaux les plus bas du canton.  Le projet était pourtant équilibré, mais il a été fort mal défendu par l'exécutif de la commune (et par le canton, ajoute le propriétaire du terrain...). Le mot d'ordre "pas dans mon jardin" (mais pourquoi pas dans celui du voisin ?) a été suivi à Chêne-Bougeries (et reste mobilisateur ailleurs), lors même (ou du fait même ?) qu'il n'exprime qu'une réflexion urbanistique d'un niveau proche du zéro. Dans "urbanisme" il y a "urbs", la ville. Et la ville, les samsuffistes ne l'aiment pas. Alors qu'objectivement, ils y sont -mais sans l'admettre.

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17:11 Publié dans Genève, Logement, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 mars 2018

8 mars, Journée internationale de lutte des femmes : Debout, sorcières !

sorciere.jpgDepuis plus d'un siècle, le 8 mars est la journée de la lutte des femmes pour leurs droits (l'institution de cette journée remonte au congrès des femmes socialistes de 1910). Dans le calendrier pataphysique, ce jour du 8 mars est Jour de Sabbat. Ce qui tombe bien pour un jour de solidarité avec les luttes de celles qui furent si longtemps (et sont encore en quelques contrées, et quelques milieux) considérées et traitées comme des sorcières. Et qui, lasses d'attendre que les promesses des lois, des constitutions, des chartes et des déclarations universelles aient été concrétisées, pourraient (devraient) retrouver l'usage de la seule sorcellerie qui fasse bouger les choses politiques, sociales et culturelles : les mobilisations de masse, façon "Grève des Femmes" : à demi-mot, même la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga le leur recommande.  En attendant, écoutez-les chanter, les sorcières, avec les mots d'Anne Sylvestre et la voix de Pauline Julien : https://www.youtube.com/watch?v=kM8M7mGEQzM

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08:11 Publié dans Femmes | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mercredi, 07 mars 2018

Fêtes de Genève : on prend les mêmes et on recommence. En 2019.

Une occasion perdue

La Ville de Genève n'organisera pas les Fêtes de Genève. Elle ne les subventionnera même pas. Ainsi en ont décidé, comme le leur demandaient le Conseil administratif, le Conseil municipal, le PS et le PDC, les votantes et votantes de la Ville dimanche : ils ont refusé (à 54,5 %) l'initiative populaire "pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales". Plus courtes : une semaine. Plus conviviales : leur forme et leur contenu devait être déterminé par les habitants des quartiers du pourtour de la rade (les Pâquis et les Eaux-Vives). Le contre-projet du Conseil municipal a, lui, été accepté à 54,6 % des voix : les Fêtes dureront onze jours, dont deux week-ends. Mais après les cacades financières à répétition qui ont marqué leurs deux dernières éditions, elles se limiteront cette année, pour l'essentiel, au grand feu d'artifice de rigueur, que tout le monde voulait d'ailleurs maintenir, et au champ de foire sur les quais. Comme Ensemble à Gauche, on regrettera ici l'échec de l’initiative sur les Fêtes des Genève et l’acceptation d’un contre-projet qui n'avait pour fonction que de pérenniser les Fêtes dans leur format actuel. On notera cependant que ledit contre-projet a repris plusieurs intentions de l'initiative, et que celle-ci n'a donc pas été inutile. Sauf qu'elle était plus claire. Et obligeait à repenser complètement des festivités qui ont précisément besoin d'être complètement repensées. Une occasion perdue...

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16:19 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |

mardi, 06 mars 2018

Rejet massif de l'initiative "No Billag" : Tabula non rasa

poubelle.jpgLa SSR ne mettra pas la clef sous la porte : les Suissesses et les Suisses, même celles et ceux dont on supposait qu'elles et ils pourraient soutenir l'initiative "No Billag" (les plus jeunes, les Tessinois...) l'ont refusée, à une majorité massive (presqu'à trois contre un) du peuple et de tous les cantons. Au final, "No Billag", soutenue par l'UDC et les Jeunes PLR, fait moins bien que l'initiative 1:12 de la JSS et que celle du GSsA pour l'abolition de l'armée. Toutefois, et même s'il est habituel qu'une initiative populaire puisse "décoller" dans les premiers sondages qui la concerne, bien avant que la campagne de votation ait démarré, le fait que cette initiative-là ait pu recueillir dans ces premiers sondages une majorité approbative signifie bien au moins un double questionnement, sur le rôle des media publics, et sur leur financement. Que cette approbation se soit affritée, pour se dissoudre, dans les mois qui suivirent son expression initiale, tient moins du grand complot médiatico-politique évoqué par ses partisans que de sa faiblesse constitutive (consubstantielle à son hypocrisie fondatrice : elle proclamait s'attaquer à la redevance alors qu'elle s'attaquait à la SSR) : en mettant l'accent sur la seule redevance, en ne tenant aucun discours crédible sur le rôle de la SSR, et en confondant le moyen de communication et ses instruments (les postes de radio et de télévision) avec le producteur du contenu communiqué (comme si regarder une émission de la SSR sur internet par un ordinateur ou un smartphone était regarder autre chose que la même émission vue sur un poste de télévision ou entendue sur un poste de radio), l'initiative a raté sa cible, et ses partisans l'ont décrédibilisée.

 

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lundi, 05 mars 2018

Genève : Les habitants de la Ville rétablissent le budget de la Ville

i-love-baffes-132145360157.jpgBudget semi-participatif

N'était le résultat regrettable de l'initiative sur les Fêtes de Genève, refusée, on a passé un bon dimanche de votations, hier. D'autant qu'à Zurich, la gauche a gagné les élections municipales (au Conseil municipal, le PS gagne 4 sièges, les Verts 2 et la liste Alternative 2… et l'uDC perd six sièges. Et la socialiste Corine Mauch est réélue Maire au premier tour). On reviendra sur la claque infligée à "No Billag" et, à Genève et Bernex (mais pas à Chêne-Bougeries) sur le refus des nostalgies pseudo-villageoises. Là, maintenant, c'est la confirmation du refus des pulsions budgétaires sécatoriales et raboteuses de la droite municipale coagulée de la Ville de Genève qui nous réjouit. Ses coupes dans les dépenses générales ont été refusées à plus de 62 % des voix, celles dans la solidarité internationale à près de 53 % (on peut voir dans la différence de force du refus la prégnance d'un réflexe xénophobe, mais on notera tout de même que c’était, sauf erreur, la première fois en Suisse qu’un budget de solidarité internationale était ratifié par un vote populaire), celles dans la culture à plus de 61 % et celle dans l'allocation de rentrée scolaire à plus de 63 % (c'est le refus le pluis net : pas touche aux prestations sociales !). On connaissait le budget participatif façon Porto Alegre : la population fait le budget municipal. On connaît désormais le budget semi-participatif façon Genève : la Municipalité (le Conseil administratif) fait le budget, la droite fait la gueule, la population ratifie le budget de la Municipalité. Et le Conseil municipal et sa commis-sion des Finances, ils servent à quoi dans cette procédure ? Qui ça ? Le quoi ? La quoi ?

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vendredi, 02 mars 2018

Votation sur les coupes budgétaires municipales : On ne lâche rien !

vignette coupes budgétaires.JPGLa Ville de Genève n'aura pas de budget avant avril, voire mai prochains. D'îci là, elle fonctionnera sous le système des "douzièmes provisionnels", c'est-à-dire en calibrant mois après mois ses dépenses sur le budget de l'année dernière. Or c'est ce budget qui a été attaqué par les quatre référendums de la gauche. Parce que le projet de budget présenté par l'exécutif municipal avait été victime d'un tronçonnage absurde (et sans justification financière puisque le projet de budget tronçonné était équilibré) opéré par la droite dans les crédits proposée pour la culture, la solidarité internationale, l'allocation de rentrée scolaire et les dépenses générales de l'administration.A quoi cela sert-il ne voter en mars 2018 le budget 2017 de la Ville ?, se demandent sans doute nombre d'électrices et d'électeurs de Genève. Cela sert à rétablir le projet de budget que la droite municipale a mis à mal. Cela sert à réitérer le refus du peuple de voir le budget de la Ville pris en otage par une majorité d'occasion pour manifester son existence. Cela sert, enfin, à dire aux membres de cette majorité qu'ils siègent au Conseil municipal pour y faire leur boulot de Conseillers municipaux et de Conseillères municipales. Un triple message déjà délivré en juin 2016, à délivrer une nouvelle fois en mars 2018, et que nous espérons n'avoir pas à faire délivrer une troisième fois, si la droite municipale devait s'obstiner à maltraiter le budget 2018 de la Ville comme elle a maltraité ceux des deux années précédentes.

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jeudi, 01 mars 2018

Votation municipale du 4 mars sur les Fêtes de Genève : Nique ta teuf ?

orageGenève.jpgLe sort des Fêtes de Genève ne sera pas scellé dimanche prochain. Mais dimanche prochain, on saura au moins à quoi elles ne ressembleront plus : à leurs dernières éditions, pilotées (si on peut dire, vu le résultat...) par "Genève Tourisme". On a le choix entre trois prononcements : l'un, le vote en faveur de l'initiative populaire "pour des fêtes plus courtes et plus conviviales", remet les compteurs à zéro et propose des fêtes sur une semaine, dont le contenu serait déterminé par un comité d'acteurs culturels et de riverains. C'est ce choix qu'on vous invite ici à faire. Le deuxième choix (dans tous les sens de l'expression), c'est celui du contre-projet du Conseil municipal : des fêtes sur onze jours, ce qui limite au moins leurs nuisances, mais qui ne sont au fond qu'une version raccourcie des Fêtes de ces dernières années. Et puis, il y a le troisième choix : le refus des deux autres, le "double non". Un choix qui n'en est pas un, qui par définition ne propose rien, et se résume à attendre qu'une idée géniale sorte d'un cerveau individuel ou collectif, privé ou public, dont le détenteur reste à ce jour inconnu.

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15:18 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |