mardi, 13 mars 2018

JO d'hiver en Suisse : Les Valaisans se prononceront le 10 juin. Et les autres ?

Sion 2026.jpgLe Grand Conseil valaisan a, à une majorité écrasante (101 voix contre 22), et sans surprise, apporté son soutien financier (100 millions) à la candidature de Sion à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Les Valaisans se prononceront en votation populaire le 10 juin prochain ? Et les autres ? des votes sont certes prévus, ou possibles, dans les cantons, voire les communes, associées à la candidature valaisanne, mais dans la mesure où toute la Suisse devra payer (au moins un milliard) pour une éventuelle organisation des JO hivernaux sur son territoire, et que le budget cantonal couvrant les 100 millions votés par le parlement valaison n'est lui-même couvert que par la redistribution aux cantons "pauvres" (dont le Valais) de contributions des cantons "riches" (dont Genève) à la péréquation financière fédérale, un vote de toute la Suisse, comme le demande une motion socialiste au Conseil national, et que le Conseil national vient d'accepter,  serait pour le moins légitime.


Pourtant, que la montaaaaagne est bêêêêêleuh...

Au Grand Conseil valaisan, les partisans de l'organisation en Suisse des JO d'hiver en 2026 ont enfilé les lieux communs comme des perles brillant du pathos rituel tous les débats sur des investissements "sportifs" (ou supposés tels) : il faut "raviver une merveilleuse flamme", "croire en un rêve", "affirmer ce que nous sommes"... on avait eu droit aux mêmes salades lorsqu'il s'était agi à Genève de construire le stade de la Praille. On vous fera grâce d'un rappel de la suite. On ne fera en revanche pas grâce aux partisans de l'organisation de JO d'hiver en Suisse en 2026 de quelques rappels :
Le 15 octobre dernier, les Tyroliens ont refusé (par 53,5 % des voix) un projet de candidature aux Jeux Olympiques d'hiver 2026. A Innsbruck, qui avaient par eux fois accueilli les JO d'hiver, en 1964 et en 1976, c'est à deux contre un que le refus de les accueillir une troisième fois s'est imposé. Huit mois plus tôt, les Grisons avaient eux aussi refusé (à 60 %) un projet de candidature aux mêmes JO d'hiver 2026. Quant à ceux de 2022, trois candidatures envisagées avaient été refusées par les populations concernées, à Cracovie, à Munich et déjà dans les Grisons, et la candidatures d'Oslo avait été abandonnées du fait de sondages d'opinion défavorables. Il n'y a plus eu de Jeux Olympiques d'hiver en Europe depuis ceux de 2006 à Turin (dont la candidatures s'était imposée à celle de Sion, dont une éventuelle candidature pour 2026 serait la dernière d'une ville alpine. Car c'est peu dire que sur notre bout de continent, ces festivités ne suscitent plus un enthousiasme débordant là où elles pourraient s'implanter. "Notre rêve ? Des Alpes sans JO, qui affichent leurs spécificités naturelles, culturelles, historiques et non un volume exponentiel d'équipements normalisés" (Vincent Neyrinck, directeur de "Mountain Wilderness"), mis en place pour les sports d'hiver et réduisant (voire ruinant) le développement du tourisme d'été, tout cela étant la conséquence d'un modèle de développement qui aménage la montagne comme on aménage une ville suburbaine qu'on aurait vouée à la récréation des foules, les collectivités s'endettant pour financer les investissements non rentables, les privés récupérant les rentables : "l'or blanc s'est peu à peu transformé en plomb", résumait il y a dix ans Philippe Bourdeau...
Et le plomb, dans le projet des JO 2026 en Suisse, pèse des milliards. De francs, d'euros ou de dollars, comme on voudra. Et comme on paiera tous -à moins que nos zautorités fédérales consentent à donner la parole au peuple.

 

16:22 Publié dans Sports, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sion 2026, jo | |  Facebook | | | |

Commentaires

La question du fric est discutable. Il faudrait des chiffres objectifs sur les diverses répercutions. Il faut croire que si les candidats se bousculent au portillon c'est qu'il y a des sous à prendre.
Ce qui me gêne c'est plutôt les questions de fond. Ce besoin de spectacle permanent, où nous pouvons nous sublimer par procuration, bien assis dans notre sofa avec bière et chips.
Le prix fort est payé par les athlètes, pris au berceau sans aucun moyen d'évaluer les conséquences d'un entrainement qui les bousille à vie. Au delà de 25 ans ils sont jetés et doivent se réinventer une vie.
Tout ça pour nous distraire.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 14 mars 2018

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