vendredi, 09 mars 2018

Genève : le spectre de la densification exorcisé deux fois sur trois

banlieue résidentielle.jpg

La ville en ce jardin

Contre l’avis d’un comité référendaire solidement ancré à droite pour s'opposer à toute modification de zone remettant en cause quelques privilèges et quelques conforts, les habitant-e-s de la Ville (sauf au Petit-Saconnex...) ont largement approuvé (à 60 %) le préavis positif sur un projet visant à densifier légèrement une zone villa au Petit-Saconnex. Même approbation, dans une proportion plus faible (53,5 %) à Bernex. A Chêne-Bougeries, en revanche, le préavis favorable à la construction d'immeubles sur une parcelle privée a été refusé  à 54,6 % des voix (mais le Conseil d'Etat a adopté un autre plan localisé de quartier prévoyant la construction de 205 logements, et sur lequel le Conseil municipal avait donné un préavis défavorable). Trois votations communales, donc, sur des préavis  d'aménagement combattus par référendum, et deux acceptations sur trois. "On pouvait s'attendre à plus de refus", commente le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, finalement assez satisfait du résultat : plusieurs centaines de logements pourront être construits dans un canton où le taux de vacances de logements ne dépasse pas 0.5% (il en faudrait quatre fois plus), et où la zone villa recouvre près de 60% des surfaces construites pour ne loger qu’environ 10% de la population. Et la commune (Chêne-Bougeries) qui a refusé d'accepter le déclassement d'une zone inconstructible en zone constructible est une commune privilégiée, éloignées des nuisances de l'autoroute et de celles de l'aéroport, avec une zone villas hégémonique et un des impôts municipaux les plus bas du canton.  Le projet était pourtant équilibré, mais il a été fort mal défendu par l'exécutif de la commune (et par le canton, ajoute le propriétaire du terrain...). Le mot d'ordre "pas dans mon jardin" (mais pourquoi pas dans celui du voisin ?) a été suivi à Chêne-Bougeries (et reste mobilisateur ailleurs), lors même (ou du fait même ?) qu'il n'exprime qu'une réflexion urbanistique d'un niveau proche du zéro. Dans "urbanisme" il y a "urbs", la ville. Et la ville, les samsuffistes ne l'aiment pas. Alors qu'objectivement, ils y sont -mais sans l'admettre.

Lire la suite

17:11 Publié dans Genève, Logement, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |