lundi, 19 février 2018

Vers une loi genevoise sur la laïcité ni très utile, ni très cohérente

laïcité.jpg"La loi sur la laïcité sort de commission très fragilisée", titrait la "Tribune (encore) de Genève du 5 février, à propos de l'examen d'un projet présenté par Pierre Maudet, et de deux autres projets,  tous trois étudiés par la commission des droits de l'homme du Grand Conseil genevois et tous trois portant sur le même enjeu : concrétiser le prédicat constitutionnel de la laïcité de l'Etat (la constitution genevoise actuelle étant d'ailleurs la première de l'histoire de la République à poser explicitement la laïcité comme principe), jusque dans des détails comme la perception par l'Etat d'une dîme religieuse volontaire (l'actuelle "contribution ecclésiastique" dont l'Etat assure la perception pour les trois églises chrétiennes reconnues mais pour aucune autre "communauté religieuse") ou le port de signes religieux par des agents de la fonction publique... La loi sur la laïcité sort donc de commission "très fragilisée" (le projet Maudet, amendé, n'a obtenu que 4 voix sur 9). Mais fragilisée par quoi ? par son contenu, ou par de lourds doutes sur son utilité même, voire sur la cohérence de l'exercice consistant à légiférer sur les "communautés religieuses" au nom de la laïcité de l'Etat ?

Lire la suite

16:05 Publié dans Genève, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 15 février 2018

Service postal public : la "tactique du salami"

office postal fermé.jpgInconvenience formats

Le Conseil des Etats a exigé, le 30 novembre dernier, que l'accès aux services de la Poste, y compris pour les paiements, soit garanti dans toutes les régions du pays, alors que la Poste veut faire passer le nombre de ses bureaux de 1197 en décembre dernier à 800 ou 900 (avec 1200 suppressions d'emplois à la clef), en compensation de quoi le nombre des "points d'accès" basés dans des commerces privés passerait d'un millier aujourd'hui à 1200 ou 1300 dans deux ans. Or "Le Courrier" de mardi révélait qu'un document interne de La Poste, datant de mai 2016 et signé par le directeur de l'unité "réseau postal", envisageait de réduire d'un quart, dès 2020, le nombre de ces mêmes "agences postales", tout en continuant de supprimer les bureaux traditionnels ("le nombre d'offices postaux n'est pas gravé dans la pierre", avait déclaré le mois dernier le président du Conseil d'administration de la Poste, Urs Schwaller). Par quoi va-t-on alors les remplacer, les bureaux supprimés et les agences abandonnées ? par des automates (des "convenience formats"), ou par rien du tout ? Le Conseiller national PDC grison Martin Candinas dénonce la "tactique du salami" engagée par la poste : on coupe une tranche après l'autre, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Hypothèse optimiste : au moins, le salami, il aura nourri quelqu'un une fois coupé...

Lire la suite

15:26 Publié dans service public, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : poste, la poste, offices postaux | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 février 2018

"No Billag" : des plans "B" sortis d'un chapeau claque

tvfuture-ok.jpg

Les derniers sondages donnent l'initiative "No Billag", et donc l'abolition de tout financement fédéral d'une chaîne de radio ou de télévision, qu'elle soit publique ou privée), assez largement (plus de 60 % de "non") défaite : seuls les électeurs de l'UDC seraient enclins à dire "ja". Il est vrai qu'il n'y a guère que de mauvaises raisons de voter "oui" à "No Billag". Pour autant, il faut bien admettre qu'il y en a aussi quelques unes, de mauvaises raisons, de voter "non", la première étant le maintien de la SSR telle qu'elle est. Or telle qu'elle est, elle a besoin de réformes -y compris de réforme de son financement, afin de passer de la redevance à l'impôt. Sauf que pour réformer la SSR (et son financement), il faut bien qu'il y ait encore une SSR à réformer. Et qu'après l'attilesque "No Billag", la seule question qui pourra encore se poser est celle du délai de disparition de la SSR, et de la durée de son agonie, car tous les plans "B" sortis du chapeau claque des initiants ou de leurs soutiens relèvent du pur foutage de gueule (la majorité des "sondés" Tamedia du 1er février n'y croyant d'ailleurs même pas).

Lire la suite

15:29 Publié dans Médias, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ssr, rts, no billag | |  Facebook | | | |

mardi, 13 février 2018

Budget municipal : Quatre NON nécessaires

vignette coupes budgétaires.JPGDans moins d'un mois, le 4 mars, les habitantes et tants de la Ville de Genève (celles et ceux qui ont le droit de vote, du moins) se prononceront sur le budget municipal. Pas celui de cette année, celui de l'année dernière. Mais comme la majorité du Conseil municipal a été infoutue d'adopter un budget 2018, et qu'elle sera toujours infoutue d'en adopter un avant le vote du 4 mars, c'est à partir du budget 2017 que la Ville fonctionne, mois après mois (c'est le système des "douzièmes provisionnels). Et donc, c'est bien, aussi, le fonctionnement de la municipalité cette année qu'il s'agit d'assurer, en rétablissant le budget de l'année dernière tel qu'il avait été proposé par le Conseil administratif, et pas tel qu'il a été salopé par la majorité du Conseil municipal (ce contre quoi la gauche avait lancé et fait aboutir un référendum, d'où le vote du 4 mars, un peu tardif du fait d'une amusante Genferei). Mais il s'agit surtout de dire clairement, une fois de plus, que les coupes mécaniques, arbitraires, inutiles et purement défoulatoires opérées désormais chaque année par une majorité (de droite et d'extrême-droite) d'occasion sont inacceptables, nuisibles et absurdes tout à la fois : les finances de la Ville sont saines, ses comptes sont excédentaires, le budget attaqué par la droite était mieux qu'équilibré... Le vote 4 x NON le 4 mars ne sera pas un vote pour rien : il est nécessaire pour rétablir un budget 2017 qui permettra à la Ville de fonctionner en 2018, et pour dire à nouveau son fait à la droite coagulée du Conseil municipal.

Lire la suite

15:27 Publié dans budgets publics, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

lundi, 12 février 2018

Hébergement des requérants d'asile : Post Tenebras Lux ?

Après les ténèbres du sous-sol, les lumières du jour ? "Plus aucun requérant d'asile ne dort sous terre", se félicitaient fin janvier l'Hospice Général et son ministre de tutelle, Mauro Poggia, en annonçant la fermeture du dernier abri de Protection Civile utilisé pour l'hébergement des requérants, l'abri des Coudriers. Et deux semaines plus tard, ils ouvraient  à la campagne Rigot, à deux pas du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le chantier d'un centre d'hébergement de 370 places, dont l'ouverture est prévue en 2019 etg qui devrait fonctionner pendant dix ans. L'Hospice clame son espoir de ne plus avoir besoin de recourir aux abris de protection civile pour héberger des requérants d'asile, une tâche à laquelle il ne peut se soustraire et qu'il espère pouvoir assumer en recourant à des centres, pérennes ou provisoires, pouvant assurer des conditions d'hébergement plus dignes que celles du stockage souterrain pratiqué dès octobre 2014 dans l'abri PC de Châtelaine. Ce qui était présenté alors comme une mesure provisoire rendue nécessaire par l'urgence aura duré trois ans, et aura mobilisé jusqu'à neuf abris PC. Le directeur de l'Hospice Général et son ministre reconnaissaient que cette "solution" n'en était pas une, qu'elle atteignait à la dignité de celles et ceux à qui on l'appliquait, et qu'elle coûtait en outre fort cher, mais protestaient de l'impossibilité de faire autrement, faute de lieux plus adaptés. Mauro Poggia s'engageait alors à fermer tous les abris PC d'ici fin 2016, début 2017 -à deux mois près, le délai est tenu. Mais il aura fallu pour cela trouver des terrains où implanter des hébergements provisoires, et donc faire face aux oppositions des riverains, voire des communes, comme à Thônex. Et il aura aussi fallu que le nombre d'arrivées de requérants baisse (on n'en a comptabilisé que 885 à Genève en 2017, soit deux fois moins qu'en 2016, et les nouvelles requêtes d'asile ont diminué de moitié au plan suisse), non parce que les causes de leur exil ont disparu, mais parce qu'on a multiplié les entraves et les barrières à leur migration vers l'Europe, et à leurs mouvements en Europe. Post Tenebras Lux : il n'y a plus de requérants d'asile en sous-sol de Genève. Mais il y en a toujours des milliers qui finissent au fond de la Méditerranée.

Lire la suite

15:20 Publié dans asile, réfugiés, Genève, Immigration, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 février 2018

Elections cantonales genevoises : ouverture des festivités

Constituante_1848_par_Cham.JPG

Passé les votations du 4 mars, il ne restera guère qu'un mois et demi aux partis politiques genevois pour remobiliser un électorat que happe pour encore un mois le débat sur "No Billag" (et les enjeux municipaux genevois) : Les Genevois et voises n'auront pas beaucoup de temps pour souffler : le 15 avril, ils éliront leur parlement cantonal, et procéderont au premier tour de l'élection de leur gouvernement. Les partis se sont mis en ordre ou en désordre de bataille et ont désigné leurs candidates et candidats au Conseil d'Etat (31 candidates et candidats pour 7 sièges) et au Grand Conseil (397 candidats et 224 candidates pour 100 sièges 145 candidatures de plus qu'il y a cinq ans). Record, aussi, de listes elles sont treize, dont six à gauche : les trois listes de l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche), la liste "pour Genève" des radicaux de gauche et de La Gauche, une "Liste Femmes" et une liste anticapitaliste "Egalité et Equité". A la droite de la droite, la concurrence sera rude entre l'UDC, le MCG et le nouveau parti d'Eric Stauffer, "Genève en Marche" (qui compte bien marcher sur son ancien parti, le MCG), et les Verts libéraux et le PBD vont grignoter l'électorat de l'Entente PDC-PLR... Un champ politique fragmenté que vont labourer ces onze listes, dont seules quatre sont à l'abri du couperet d'un quorum maintenu au niveau excessivement haut de 7 % des suffrages... mais les apparentements vont manifester la persistance de trois blocs politiques : la gauche, avec les trois listes de l'Alternative (mais sans les trois autres listes), la droite, avec l'Entente PLR-PDC, les Verts libéraux et le PBD, et la droite de la droite qui n'aime pas qu'on la qualifie d'extrême-droite, avec l'UDC et le MCG (mais sans "Genève en Marche").

Lire la suite

15:23 Publié dans élections, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : quorum | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 février 2018

« Le socialisme, ou comment NE PAS s'en débarrasser »

couverture.jpg

Lire la suite

15:51 Publié dans Agenda, PS | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

mercredi, 07 février 2018

Pétition au Conseil Municipal de la Ville de Genève : Des allocations ne sont pas des aumônes

Carte de pauvre.jpgFort mal inspirée par un mélange assez consternant de mépris social et de clientélisme corporatiste, la majorité de droite et d'extrême-droite du Conseil municipal de la Ville de Genève a, l'année dernière, décidé d'imposer le versement de l'allocation de rentrée scolaire accordée aux familles qui y ont droit (parce qu'elles en ont besoin), sous forme de bons valables uniquement dans les commerces de la Ville de Genève acceptant de se prêter à cet exercice. Or cette limitation a été considérée par la Commission fédérale de la concurrence comme contraire aux lois fédérales. Du coup, le règlement municipal relatif aux aides financières se retrouve, s'agissant du versement de l'allocation de rentrée scolaire, invalide, et doit être à nouveau modifié. Ce serait l'occasion pour le Conseil municipal d'en revenir à un système d'allocation simple, efficace et respectueux de ceux à qui il s'applique. Nous lui avons proposé hier soir d'au moins en étudier la possibilité, il l'a refusé, on passe donc à la vitesse supérieure, et on lance une pétition réitérant cette demande.
La pétition est téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2018/02/06/petition-allocs/ et y attend votre signature, pour rappeler aux élus municipaux qu'une allocation n'est pas une aumône, et que celle-là est, pour autant qu'on en remplisse les conditions, un droit.

Lire la suite

14:57 Publié dans Genève, pauvreté, exclusion, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allocations | |  Facebook | | | |

lundi, 05 février 2018

Votation municipale du 4 mars sur les Fêtes de Genève : On se calme, on réfléchit, et on vote !

Martine aux Fêtes de Genève.jpg
On vote en Ville le 4 mars prochain sur une initiative populaire "pour des Fêtes de Genève plus courtes et conviviales", à laquelle le Conseil municipal oppose un contre-projet. Et cette initiative fait peur : pour ses adversaires, sont acceptation signerait carrément la fin des festivité estivales genevoises. Or une initiative municipale n'est pas immédiatement, et intégralement, exécutoire : si elle est acceptée en votation populaire, le Conseil administratif a six mois pour présenter au Conseil municipal un projet de délibération allant dans son sens, sans forcément la reprendre intégralement, et le Conseil municipal six mois de plus pour se prononcer sur ce projet, l'accepter, l'amender ou le refuser. Et c'est seulement dans l'hypothèse où ces délais ne seraient pas tenus et qu'au bout d'un an aucun projet de délibération n'était accepté par le Conseil municipal que l'initiative entrerait en vigueur sous la forme où elle avait été votée par le peuple. Alors on se calme, on réfléchit... et on vote pour l'initiative : elle est l'expression d'un mécontentement général de la population à l'égard de ce que son devenues les Fêtes de Genève, et elle donne un mandat clair aux conseils de la Ville  -à eux de le respecter intelligemment.

Lire la suite

15:21 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |

vendredi, 02 février 2018

Il y a cent ans, la Grève Générale : Commémorer pour quoi faire ?

Grève Générale 1918 cahier de revendication.jpgNous voilà donc dans l'année du centenaire d'un mouvement et d'un moment qui fut celui d'un accouchement de la Suisse actuelle : la Grève générale de novembre 1918. Ce "moment" syndical (et politique) est d'abord celui d'une peur surmontée, celle de la grève générale, ensuite celui d'une peur assumée, celle d'une répression sanglante, enfin celui d'une peur provoquée,  celle qui s'est emparée de la bourgeoisie, du patronat, de la classe politique dominante du pays, face à un mouvement qu'elles n'imaginaient pas possible, qu'elles réprimèrent, mais dont, les unes après les autres, elles acceptèrent les revendications, pour éviter de revivre l'expérience traumatisante qu'elles en firent. La question que pose la commémoration d'un moment aussi exceptionnel est bien : qu'en faire ? Une nostalgie ou un enseignement ?

Lire la suite

16:23 Publié dans Histoire, Politique, Suisse, syndicats | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche, grève générale | |  Facebook | | | |