mercredi, 10 janvier 2018

Age de la retraite des femmes : le Conseil fédéral s'obstine ? Alors nous aussi...

pas de victoire sans lutte.jpgTenir bon...

Tirant ce qu'il considère, lui (mais pas nous), comme les leçons de son échec avec sa défunte réforme (PV2020) de l'assurance-vieillesse, le Conseil fédéral, qui avec Alain Berset voulait une réforme conjointe de l'AVS (1er pilier) et de la Prévoyance professionnelle (2e Pilier) propose désormais de les disjoindre et de privilégier l'"assainissement" de l'AVS. La capacité du gouvernement de tirer les leçons du vote de septembre dernier a toutefois ses limites : il semble n'avoir pas compris, ou du moins pas admis, que cet échec tenait pour beaucoup, du moins en Romandie, au report à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes, refusé par la majorité d'entre elles, et qu'il remet sur le tapis. Ce qui lui vaut déjà les félicitations du PLR, mais lui vaudra aussi, et vaudra au parlement s'il suit le gouvernement sur cette voie, un nouveau référendum de gauche. Qui, cette fois, pourrait -disons : devrait être soutenu par le PS et par l'Union syndicale suisses, et plus seulement par la Jeunesse socialiste, le PS genevois et les cartels syndicaux genevois et vaudois.


A quelque chose défaite dans les urnes est bonne

Selon un rapport de l'OCDE publié le mois dernier, "la pauvreté parmi les gens de plus de 65 ans est bien plus répandue en Suisse que dans les autres pays de l'organisation", à part l'Estonie et le Lettonie : en moyenne, les Suissesses et les Suisses ne touchent au moment du passage à la retraite que 45 % de leur revenu d'actives et d'actifs (compte non tenu du "3e Pilier, l'épargne individuelle), alors que la moyenne de l'OCDE est de 63 % : nul ne prétend d'ailleurs qu'on puisse vivre décemment avec pour seul revenu une rente AVS, et le Conseil fédéral sait qu'aucune réforme de l'assurance-vieillesse ne peut passer si elle ne maintient pas, au moins, le niveau déjà bas des rentes du seul "pilier" du système de retraite auquel tout le monde a droit... Il sait aussi qu'il ne peut pas proposer un report de l'âge de la retraite des femmes sans les "compensations substantielles" qu'exige déjà le PS, sauf à pousser le PS suisse (et pas seulement les socialistes genevois) dans le camp du référendum de gauche. Et la flexibilisation de l'âge de la retraite, entre 62 et 70 ans, ne peut être considéré comme une compensation tant que la prise de retraite avant 65 ans entraînera une réduction "substantielle" des rentes.

L'Union Syndicale Suisse, dont la faîtière avait appelé à soutenir la réforme PV2020 malgré le report qu'elle prévoyait de l'âge de la retraite des femmes, a décidé de prioriser la lutte pour l'égalité salariale entre femmes et hommes, sans accepter pour autant l'égalisation de l'âge de la retraite -que propose à nouveau le projet de réforme des retraites présenté par le Conseiller fédéral Alain Berset. L'USS demande également une augmentation des rentes, afin qu'elles puissent suivre le rythme des hausses des primes-maladie et des dépenses de santé, dont on sait qu'elles pèsent lourdement sur le budget des retraités.
Cette position rompt avec celle adoptée par la centrale suisse lors du vote de la précédente proposition de réforme du système des retraites : le syndicat avait alors justifié son acceptation du projet par le fait que le report d'un an de l'âge de la retraite des femmes était compensé par l'augmentation de 70 francs des rentes mensuelles (que la droite refusait) et par la possibilité pour les femmes de prendre une retraite anticipée d'un an, c'est-à-dire à l'âge actuel de la retraite (64 ans) sans que leurs rentes en soient réduites. Aujourd'hui, l'Union Syndicale clame à la fois son refus de la proposition de la droite de repousser, à plus ou moins (mais de préférence moins) long terme l'âge de la retraite à 67 ans pour femmes et hommes, et son refus de la proposition réitérée de le fixer à 65 ans pour les femmes, comme il l'est déjà pour les hommes.
A quelque chose défaite dans les urnes est bonne : à faire réfléchir sur ce qu'on défend, et où on place la limite de l'acceptable.

15:24 Publié dans Retraites, AVS, AI, Suisse, syndicats | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

On ne s'en sortira pas car tout nouveau projet d'AVS sera élaboré par un gouvernement à majorité de droite (le projet de Berset, qui n'est déjà pas vraiment de gauche, doit être approuvé par le Conseil fédéral) alors que, dans ce cas précis, le peuple ne validera (en cas de référendum) qu'un projet plutôt de gauche !

Écrit par : Jeanne | jeudi, 11 janvier 2018

Silhouette inquiétante que la vôtre PH :) Combien mesurez-vous? 1,88! 191?

Écrit par : Patoucha | jeudi, 11 janvier 2018

Actuellement, 1m88, j'ai rapetissé avec l'âge...

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 11 janvier 2018

LOL j’ai visé juste :) J’admire votre fair play !

BONNE ANNÉE 2018

Écrit par : Patoucha | jeudi, 11 janvier 2018

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