jeudi, 14 décembre 2017

Recyclage de la réforme de l'imposition des entreprises : Bis Repetita

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgLa Communauté genevoise d'action syndicale, qui réunit tous les syndicats genevois, jusqu'à celui de la police, est très claire : que le projet fédéral ou cantonal de réforme de l'imposition des entreprise ait changé de nom, passant de "RIE III" à "PF17", importe peu : si son contenu ne change pas profondément, la CGAS lancera les référendums contre le recyclage du projet fédéral et contre son volet cantonal, tant qu'ils entraîneront des pertes fiscales pour les collectivités publiques et une détérioration des prestations à la population. C'était déjà la raison pour laquelle les syndicats avaient été, avec le PS suisse, en première ligne du combat, victorieux, contre la RIE III fédérale le 12 février dernier. Le nouveau projet fédéral et son volet cantonal risquent donc fort de se retrouver face à une opposition tout aussi déterminée que celle qui mit à bas leurs premières moutures, d'autant que s'il a été revu sur certains points (il renonce par exemple à la "déduction des intérêts notionnels", le projet fédéral contient toujours des éléments (la "patent box", les déductions fiscales pour la recherche et le développement, par exemple) contestables, et que le volet cantonal proposé par le Conseil d'Etat fixe le nouveau taux d'imposition des entreprises à un niveau "vaudois" trop bas (13,8 %). Les syndicats ne contestent nullement l'objectif avoué de la réforme, c'est-à-dire l'établissement d'un taux d'imposition unique pour toutes les entreprises, et donc la fin du privilège jusqu'alors accordé aux multinationales. Mais ils contestent fermement l'usage de cet objectif comme un prétexte pour faire de nouveaux cadeaux à toutes les entreprises, pouvant aller jusqu'à 70 % d'allègements fiscaux, au détriment des finances et des prestations publiques -et donc de l'ensemble de la population, mais surtout de sa part économiquement la plus modeste.

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15:22 Publié dans budgets publics, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii, pf 17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 décembre 2017

"Le Plaza ne doit pas être démoli et doit rester un cinéma" : D'une pétition à une initiative

Vignette Plaza.jpgOn a failli oublier de vous le dire : le Conseil Municipal de la Ville de Genève a accepté samedi matin la pétition "LE PLAZA NE DOIT PAS ETRE DEMOLI ET DOIT RESTER UN CINEMA", lancée en avril 2015 et signée par 1700 personnes, qui demandent à l'exécutif de la Ville de tout faire pour empêcher la démolition du cinéma. Et donc, le Conseil municipal a décidé sans même en débattre (elle lui paraissait sans doute d'une telle évidence qu'un débat eût été superfétatoire) de la soutenir... Comme s'il ne s'agissait plus que d'une formalité... Le Plaza n'est pourtant pas encore sauvé -il s'en faut même de beaucoup, et la pétition tombait un peu comme la grêle après les vendanges, en demandant une intervention que la Ville ne peut plus faire (l'opposition à l'autorisation de démolition et à l'autorisation de construire), et en demandant d'entreprendre des démarches que l'aboutissement  de l'initiative populaire qui propose l'expropriation par l'Etat, pour la Ville, de la société propriétaire de l'immeuble semblait rendre inutiles. Pourtant, le soutien du Conseil municipal à la pétition a une utilité : celle d'exprimer l'avis du parlement de la Ville, celle de prendre une position d'opposition à la démolition de la plus belle salle de cinéma de Genève, celle de donner un signal de disponibilité à la réanimer, à en refaire un cinéma, cette position, publique, pesant tout de même dans le débat que la pétition voulait ouvrir, qui s'est ouvert sans elle, et qui va s'élargir autour de l'initiative populaire. En somme, le renvoi de la pétition au Conseil Administratif de la Ville la transforme en une résolution, disant simplement, et demandant simplement au Conseil administratif de dire ce que plus de 11'300 personnes ont dit en ayant signé l'initiative populaire cantonale, après la pétition municipale : "Le Plaza ne doit pas être démoli", la Ville doit prendre sa part de sa sauvegarde et de sa renaissance.

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14:40 Publié dans Culture, Genève, Patrimoine, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plaza, cinéma | |  Facebook | | | |

mardi, 12 décembre 2017

De la Corse à la Catalogne

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Les autonomistes et les nationalistes corses, unis sur la liste "Pè a Corsica" ("Pour la Corse") ont obtenu une victoire historique dimanche, au deuxième tour de l'élection de la nouvelle assemblée territoriale : Avec 56,5 % des suffrages (40 points devant la liste de droite et la liste macroniste, le Front National et les "Insoumis" ayant été éliminés au premier tour avec moins de 10 % des suffrages) et une participation de 52,6 %, ils raflent la majorité des sièges du parlement corse, et sans doute la totalité des sièges du gouvernement régional (le Conseil exécutif), et seront en position de force pour obtenir de Paris davantage (le plus possible...) d'autonomie pour la Corse, dans le cadre français -les nationaliste eux-mêmes n'évoquant plus l'indépendance qu'au terme d'un processus bien plus long qu'une rupture. De quoi donner des idées, à supposer qu'ils en manquent, aux nationalistes et aux autonomistes catalans, qui éliront le 21 décembre leur parlement, lequel élira leur gouvernement ? Peut-être, l'idée principale des autonomistes et des indépendantistes corses étant de constituer démocratiquement un rapport de force qui rende inévitable une véritable négociation, ce à quoi Madrid se refuse avec obstination en Catalogne.

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15:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corse, catalogne, espagne, nations | |  Facebook | | | |

lundi, 11 décembre 2017

La Grève Générale, un siècle plus tard : Quel cahier de revendication ?

Grève Générale 1918.jpgEn novembre prochain, la gauche et les syndicats suisses célébreront
(www.greve-generale.ch) le centenaire du plus important mouvement social de la Suisse moderne (celle qui naît avec la République Helvétique dont
on pourrait d'ailleurs aussi célébrer, toujours l'année prochaine, le 220e anniversaire) : la Grève Générale de novembre 1918. 250'000 travailleurs (dans un pays de 3 millions et demi d'habitants) se mettent en grève, à l'appel du Comité d'Olten créé par l'Union Syndicale et le Parti Socialiste : on a faim dans les villes, les familles dont les pères montent la garde aux frontières sont sans ressources (il n'y a pas
d'assurance perte de gain et la solde est dérisoire), la situation sociale est catastrophique -et des grèves sectorielles, comme celle des
employés de banque zurichois, ont déjà éclaté. Le cahier de revendication de la grève est un programme politique -celui d'un Etat
fédéral rénové, et d'une politique fédérale progressiste. La Grève fut levée, pour éviter un bain de sang, au bout de deux jours. Elle apparut
donc, dans l'immédiat, comme se soldant par une défaite. Et pourtant, il suffit de relire précisément son cahier de revendications pour constater
que la plupart (pas toutes, certes...) d'entre elles ont finalement été satisfaites, certaines (l'AVS, le suffrage féminin...) après plusieurs
décennies, d'autres (l'élection du Conseil national à la proportionnelle, la semaine de travail de 48 heures) beaucoup plus rapidement. Et surtout, c'est bien la Grève Générale de 1918 qui posa le mouvement ouvrier suisse comme une puissance politique. La peur qu'elle inspira à la classe et à la caste dominantes fera le reste : ses revendications seront satisfaites, ses organisateurs intégrés (peut-être
même un peu trop...) à l'institutionnalité politique. Mais au-delà de l'exercice commémoratif, une question peut être posée un siècle après
l'événement : quel pourrait être en 2018 le cahier de revendication d'une grève générale aussi politique que celle de 1918 ? La Jeunesse Socialiste suisse a ouvert un site internet participatif pour recueillir les propositions : c'est sur https://generalstreik-reloaded.ch/fr/

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16:23 Publié dans Histoire, PS, Suisse, syndicats | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : grève générale, 1918 | |  Facebook | | | |

vendredi, 08 décembre 2017

Jeremy Corbyn à Genève ce soir pour recevoir le prix Sean McBride

Jeremy-Corbyn-2.jpgWelcome, Comrade !

Ce soir, à 18 heures, à la Mairie de Genève (Palais Eynard, 4 rue de la Croix Rouge), le leader du Parti travailliste britannique, et chef de l'opposition au gouvernement conservateur, et peut-être (ou sans doute...) prochain Premier Ministre de Grande-Bretagne, Jeremy Corbyn, recevra le Prix Sean McBride pour la Paix, décerné par le Bureau International pour la Paix. La cérémonie est publique, Jeremy Corbyn y prendra la parole. Il reçoit ce prix pour son engagement dans la campagne pour le désarmement nucléaire de la Grande-Bretagne -un engagement qui s'ajoute à tous ceux qui sont les siens, depuis des décennies, au sein de la gauche britannique -et de la gauche du Parti travailliste.

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16:00 Publié dans Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : corbyn, grande-bretagne | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 décembre 2017

L'initiative "No Billag" serait acceptée, selon un étrange sondage : Nous enfumerait-on ?

fumée.jpgSelon un étrange sondage réalisé du 17 au 27 novembre auprès de 1010 Suisses et Suisses rémunérés pour leur participation, 57 % des personnes interrogées voteraient "oui" le 4 mars à "No Billag" (et 34 % "non"), c'est-à-dire à la suppression de la redevance obligatoire pour l'accès à la radio et à la télévision. Pourquoi évoquer un "étrange" sondage ? d'abord, parce que son échantillon (l'ensemble des personnes interrogées) ne comprend aucune citoyenne ni aucun citoyen d plus de 65 ans, alors que cette classe d'âge est celle qui participe le plus massivement aux scrutins. Ensuite, parce que les résultats du sondage tels que publiés dans la presse ne distinguent pas les réponses des Romands et des Alémaniques, alors que tous les autres sondages effectués sur la question indiquent que les Romands soutiennent beaucoup moins "No Billag" que les Alémaniques. Enfin, parce que dans le même temps où le "sondage" indique une majorité favorable à la suppression de la redevance, il indique une majorité encore plus claire satisfaite des programmes radio et télé financés par la redevance. Sans vouloir complotiser bêtement (ni même intelligemment, si c'est concevable), on s'interroge : ne serait-on pas en train de nous enfumer ?

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15:36 Publié dans Médias, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : no billag, ssr | |  Facebook | | | |

mardi, 05 décembre 2017

Le genou de la baigneuse ? c'est Verdun !

burkini.jpgCombats de fantômes en burkinis dans les piscines genevoises

Clapotis dans les bassins : le règlement municipal sur les installations sportives de la Ville de Genève a été modifié :  le nouveau règlement se contente de poser des règles générales, applicables aux femmes comme aux hommes, avec comme règle de base que les tenues autorisées dans ces lieux de bain doivent être des tenues de bain. Comme les tenues autorisées sur les pistes de skis devraient être des tenues de ski, si un règlement municipal genevois avait quelque pertinence dans la poudreuse. Etre en tenue de bain dans un lieu de bains, à un esprit simple comme celui de l'auteur de ces lignes, cela paraît à la fois logique et suffisant. Mais pas à la droite et à l'extrême-droite du Conseil municipal, qui s'en sont étouffées d'indignation et ont brandi la menace d'un déferlement de "burkinis" (des tenues de bain couvrant le corps), parce que le nouveau règlement ose l'impensable : il n'oblige plus les femmes à se découvrir les bras, les genoux, les chevilles et les pieds. Ni même à se couvrir les seins. Il ne les oblige plus qu'à se baigner en tenue de bain. Comme les hommes. Et il les autorise à choisir leur tenue de bain. Comme les hommes peuvent la choisir. Invraisemblable laxisme, tout fout le camp, Il est urgent de réagir, de restaurer les vraies valeurs. Exhumant un "avis" anonyme supposé être celui du Service des Sports, la droite et l'extrême-droite municipales genevoise proposent donc  de réintroduire l'interdiction de la couverture des bras des femmes et des genoux de tout le monde, en même temps d'ailleurs que l'interdiction de la découverture des seins des femmes (on notera toutefois deux lacunes : aucune couleur n'est prescrite, aucune texture non plus. Tant qu'à faire, la droite aurait pu y penser). Ainsi l'essentiel est-il sauf : les hommes pourront aller à la piscine en short et les bras couverts, les femmes ne pourront pas y aller en maillot une pièce couvrant les bras et les genoux (burkini ou non), à supposer qu'elles en aient l'intention : le cas ne s'est d'ailleurs produit que deux fois. Mais  c'est deux fois de trop, c'est une brèche, une percée, la prise de Douaumont. Car c'est au nom de la lutte contre l'intégrisme religieux islamique qu'on veut faire prendre le genou des femmes  pour Verdun. Et le bras des dames, pour le chemin des Dames. Et elles ne passeront pas ! Elles, pas ils : eux, ils passeront toujours : comme d'habitude, c'est aux femmes qu'on impose en réalité ces normes, pas aux hommes.

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15:00 Publié dans Femmes, Genève | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : piscines, burkini | |  Facebook | | | |

lundi, 04 décembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Donner du temps perdu au temps déja perdu ?

Temps perdu.JPGMardi, à l'heure de se sustenter (et pour certains de s'abreuver), le Conseil municipal de la Ville de Genève votera (il n'a guère le choix : s'il ne le fait pas, le Conseil d'Etat le fera pour lui) l'entrée dans l'année budgétaire 2018 sous le régime des "douzièmes provisionnels". Faute d'avoir été capable d'adopter un budget. Car faute il y a : la Ville n'aura pas de budget pendant sans doute les premiers mois de 2018, ce qui aura pour son fonctionnement, mais aussi pour celui des associations et institutions subventionnées, des conséquences négatives. Et cela parce qu'une majorité du Conseil municipal, issue de la coagulation de la droite et de l'extrême-droite, a commencé par refuser de faire son boulot d'examen du projet de budget déposé fin août par le Conseil administratif, pour ensuite ne condescendre à le faire, le mois dernier, qu'en prenant bien soin de s'empêcher elle-même de le faire dans les temps (au cas où, par inadvertance, elle en aurait eu l'intention), en expédiant le nouveau projet de budget dans toutes les commissions spécialisées au lieu que de confier cette tâche à la seule commission des finances, en charge de rendre le rapport final soumis au vote du Conseil municipal. Ainsi le parlement de la Ville a-t-il commencé par perdre trois mois pour pouvoir en perdre encore deux ensuite. On cite toujours Mitterrand : "il faut donner du temps au temps". Donner du temps au temps ? oui, mais pour réfléchir, pas pour le perdre et le faire perdre.

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15:03 Publié dans budgets publics, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 décembre 2017

"Sauver le Plaza" : les choses sérieuses commencent

Affiche Plaza57.jpgImpossible n'est pas genevois

Mercredi, le Conseil d'Etat a, dans un arrêté publié aujourd'hui dans la Feuille d'Avis Officielle, constaté l'aboutissement de l'initiative populaire cantonale législative "Le Plaza ne doit pas mourir", qui avait été déposée avec 11'316 signatures. Il en fallait 7697 valable pour que l'initiative aboutisse, le Service des votations et élections en a trouvé 7701 valables en ne vérifiant que 8455 de celles rendues, l'initiative a donc abouti. Les choses sérieuses vont donc commencer : le gouvernement a jusqu'au 1er avril 2018 pour se prononcer sur la validité de l'initiative et transmettre au Grand Conseil un rapport sur sa prise en considération, le Grand Conseil a jusqu'au 1er décembre 2018 pour décider sur cette prise en considération et d'un éventuel contre-projet, et jusqu'au 1er décembre 2019 pour l'adopter. Après quoi, c'est au Conseil d'Etat de fixer la date de mise en votation de l'initiative et du contre-projet. Un parcours encore semé de quelques traîtresses embûches, mais pour les surmonter les défenseurs de ce qui fut la plus belle salle de cinéma genevois ne sont plus la demie-douzaine d'irreductibles à gueules d'alternatifs qui s'opposent depuis plus de deux ans à son saccage et sa destruction (Plus d'infos sur http://fb.me/PlazaCitta) : ils ont plus de 10'000 citoyennes et citoyens genevois avec eux. Impossible n'est pas genevois.

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18:21 Publié dans Genève, Plaza, cinéma, patrimoine, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |