mercredi, 29 novembre 2017

Prémices et prémisses de la laïcité

resistance.jpgAutour de la religion...

"La liberté de conscience est illimitée; la manifestation des opinions religieuses est subordonnée aux sentiments de la concorde et de la paix. Tous les cultes sont permis s'ils ne troublent point l'ordre public et n'affectent aucune domination ou prééminence. La police les surveille et a le droit de s'enquérir des dogmes et des devoirs qu'ile enseignent. Les rapports d'une secte avec une autorité étrangère ne doivent influer ni sur les affaires politiques, ni sur la prospérité et les lumières du peuple" (Art 6 de la Constitution de la République Helvétique). Cette première (1798) constitution suisse est aussi la seule dont se soit dotée l'Etat central qui pose le principe de la laïcité, sans utiliser ce terme (on est en 1798, pas en 1905) mais en donnant de la liberté religieuse une définition qui ne diffère pas fondamentalement de celle qu'on peut donner deux siècles plus tard : une conjugaison de la liberté et de l'égalité, dans la séparation des cultes religieux et de l'Etat...

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14:53 Publié dans Histoire, religion | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

mardi, 28 novembre 2017

Echec de la réforme PV2020 des retraites : Qui a marqué l'autogoal ?

préhistoire-du-foot.jpgLe Parti socialiste suisse et l'Union syndicale Suisse sont certes des organisations démocratiques. Et pluralistes. Mais ça n'empêche pas leurs directions respectives d'être quelque peu rancunières : après l'échec de la réforme des retraites (PV2020) qu'elles soutenaient toutes deux, et que soutenaient la majorité de leurs délégués, de leurs sections, de leurs fédérations, elles s'en sont prises aux minorités qui, en leur sein, appelaient à voter "non" à ladite réforme. Comme le PS genevois, la Jeunesse Socialiste ou la Communauté genevoise d'action syndicale. Et avaient ainsi contribué à son rejet dans les urnes. Une "erreur historique" dont se serait rendu coupable "un quarteron d'apparatchiks", selon le président du PSS, Christian Levrat, un "autogoal" selon sa vice-présidente, Géraldine Savary. Mais un "autogoal" marqué par qui ? Réponse de la présidente du PS genevois : "si la PV2020 a été rejetée, ce n'est pas à cause du PSG ni à cause des JS, mais parce que, comme ailleurs en Europe, l'électorat naturel de la social-démocratie voit de moins en moins dans le consensus et les compromis au sommet de perspectives à la résolution de ses problèmes". Bien dit, Carole-Anne...

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15:51 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, avs. retraites, pv2020 | |  Facebook | | | |

lundi, 27 novembre 2017

Le peuple contre le droit ? Foutaise...

Droit, UDCDroit international et droits démocratiques : Le peuple contre le droit ? Foutaise...

L'UDC ayant fait aboutir son initiative "le droit suisse au lieu de juges étrangers", l'initiative sera soumise au peuple et aux cantons l'année prochaine. Elle prétend imposer soit l'adaptation, soit la dénonciation des traités internationaux conclus par la Suisse, et qui seraient contraires à la constitution fédérale -et donc à des initiatives populaires la modifiant, et ayant été acceptées. Quatre initiatives populaires ont été ces dernières années dans ce cas, d'avoir été approuvées par le peuple et le canton, alors que leur contenu, inscrit désormais dans la constitution, était contraire à des dispositions importantes du droit international, contenues dans des traités signés et ratifiés par la Suisse : les initiatives pour l'internement à vie des criminels considérés comme dangereux, pour le renvoi des délinquants étrangers, pour l'interdiction des minarets et contre l'"immigration de masse".  On est là au coeur de la contradiction entre deux principes également fondamentaux : celui de la primauté du droit international (et de la valeur de la signature de la Suisse au bas d'un texte), d'une part, celui de la primauté du prononcement populaire en droit national, d'autre part. Et on ne cessera à ce propos de le rappeler : contrairement à ce qu'un vieux truisme affirme, la démocratie n'est pas un système où "le peuple a toujours raison", mais un système où le peuple a le pouvoir. Ce qui n'est évidemment pas, mais alors pas du tout, la même chose.

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17:04 Publié dans Droits de l'Homme, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : droit, udc | |  Facebook | | | |

samedi, 25 novembre 2017

L'Omnipotent, l'Omniscient, l'Omniprésent, l'Omnibénévent : Macron règne

Macron.jpgQuels sont les attributs de Dieu ? l'omnipotence, l'omniscience, l'omniprésente, l'omnibénévence. Et l'Eternité, seule qualité qui manque à Emmanuel Macron, Emmanuel signifiant d'ailleurs aussi bien « Dieu est avec nous », que « que Dieu soit avec nous ». Trève d'ironie (en cette journée internationale de la Bible, elle serait malséante), et contentons-nous de ce constat : alors même que sa popularité stagne autour de 40 % des personnes sondées, Macron est sans contre-pouvoir -sans même celui de la rue : les manifestations contre la "loi travail se font dans la division syndicale, s'ajoutant à la division entre syndicats et partis politiques. Macron tient le présidence, le gouvernement et l'Assemblée nationale. A droite, le mécontentement des maires furieux de la suppression (même partielle et échelonnée) de la taxe d'habitation est sans perspective, la droite libérale a été vampirisée par Macron et son mouvement, le Front National est aux abonnés absents, la gauche socialiste est à la recherche d'elle-même et la gauche "mouvementiste" à la recherche d'un début de commencement d'amorce d'efficacité politique. Et pendant ce temps, Macron règne, sans même avoir besoin d'être populaire : il lui suffit d'être sans adversaire.

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15:50 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : macron | |  Facebook | | | |

jeudi, 23 novembre 2017

Hommage genevois à Violeta Parra vendredi 24 novembre (demain)

Violeta Parra.jpgGRACIAS A LA VIOLETA

Le 28 mars dernier, la présidente chilienne Michelle Bachelet inaugurait à Genève, au collège Voltaire, une plaque rendant hommage à Violeta Parra, sur les lieux (démolis depuis lors) où elle vécut entre 1963 et 1964 avec son compagnon, Gilbert Favre. Soeur d'un grand poète (Nicanor Parra), mère de deux grands chanteurs (Angel et Isabel) emblématiques (avec Victor Jara, supplicié par les soudards de Pinochet) de la nueva canción chilena, accompagnant les luttes du peuple chilien, mais héritière aussi de la chanson populaire chilienne, la Lira Popular et de ses auteurs anonymes, Violeta Parra est devenue une incarnation du "Chili d'en bas". Luis Sepulveda dit d'elle  : "un de ses grands mérites a été celui d'assumer une identité contradictoire comme peut être l'identité métisse, mais cette femme ne voulait pas être la moitié de rien. Elle ne voulait pas être "moitié indienne", "moitié mapuche". La Violeta se sentait d'une identité volcanique qui la faisait être indienne à 100 %, rebelle à 100 % et à 100 % européenne quand elle vivait en France et en Suisse".

VENDREDI 24 NOVEMBRE, GENEVE
Hommage à Violeta Parra
Dès 17 h. 45, Salle Frank Martin
(Collège Calvin)
Hommages a Violeta Parra, souvenirs de ses passages à Genève dès 17 h. 50
Concert "Gracias a la vida" dès 20 heures

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14:09 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : violeta parra, chili | |  Facebook | | | |

mardi, 21 novembre 2017

Migrations : Le fond de la mer pour les morts, la géhenne pour les vivants

migrants.jpgDans les six premiers mois de 2017, 85'000 migrants ont débarqué en Italie. Dans le seul week-end de Pâques, près de 9000 personnes ont été secourues par les garde-côtes italiens ou les bateaux des organisations humanitaires.Et de janvier à la mi-août, 2300 personnes sont mortes, noyées, entre l'Afrique du nord et l'Europe du sud.  A l'appel de l'Italie, mais sans pour autant accepter toutes ses demandes, les 28 Etats de l'Union Européenne ont, début juillet, promis d'agir pour tenter d'endiguer ce flux de migrants africains qui, partant de Libye, traversent la Méditerranée pour, quand ils n'y sombrent pas, arriver sur les côtes italiennes, souvent en étant secourus en mer par les bateaux des ONG.  Mais les Etats européens qui auraient pu le faire (la France, l'Espagne, notamment) n'ont pas répondu favorablement à la demande italienne d'ouvrir l'accès de certains de leurs ports (Marseille, Barcelone, notamment) aux navires secourant les migrants en mer. Les Européens se sont contentés de décider d'un engagement accru envers la Libye et les pays de transit ou de départ des migrants (principalement le Nigeria, le Niger, le Bangladesh, la Guinée, la Côte d'Ivoire, la Gambie), et dans le catalogue de mesures de dissuasion européennes, on chercherait en vain quelque chose qui ressemble, même de loin, à un engagement commun des Etats européens de se répartir entre eux, et entre eux tous, la charge de l'accueil des migrants. On cherchait avec la même certitude de de rien trouver quelque chose qui garantisse qu'en Libye, où on veut les faire retourner, les migrants subsahariens seront traités autrement que comme du bétail : entassés dans des conditions sordides, rackettés, torturés, violés et violées, asservis.  Mais au moins n'auront-ils pas mis le pied en Europe. C'est tout ce qu'on cherche, et qu'on obtient : le fond de la mer pour les morts, la géhenne pour les vivants.

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15:41 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Immigration | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : migration, asile | |  Facebook | | | |

lundi, 20 novembre 2017

A l'automne tombent les feuilles des arbres. Et les augmentations de primes d'assurance-maladie. Et les initiatives populaires.

feuilles d'automne.jpgQuand LAMA fait cracher, LAMA toujours faire ainsi

A l'automne tombent les feuilles des arbres. Et les augmentations de primes d'assurance-maladie. Presque tout le monde s'en plaint (certains ont tout de même les moyens de s'en foutre), mais presque tout le monde s'y résigne : Genève est l'un des cantons où les primes d'assurance-maladie sont les plus élevées et subissent les plus fortes hausses moyennes : 5,4 % pour 2018 (4 % en moyenne nationale, mais jusqu'à 6,4 % dans le canton de Vaud). Or le niveau des primes est un facteur déterminant de paupérisation, avec le niveau des loyers. A Genève, les trois partis de l'"Alternative" (la gauche genevoise représentée au parlement cantonal), le PS, les Verts et "Ensemble à Gauche") ont lancé une initiative cantonale proposant des subsides cantonaux afin de permettre de plafonner à 10 % la part prise par les primes d'assurance-maladie sur le revenu des personnes et des familles (dans le canton de Vaud, un tel plafonnement, négocié et intégré dans les mesures d'accompagnement de la réforme de l'imposition des entreprises, va être mis en place à 12 % en 2018 et 10 % en 2019.
La récolte de signatures (il en faut 5100 valables) vient de commencer pour l'initiative cantonale genevoise*, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet la sienne pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social"et deux autres initiatives, fédérales, sont en cours de signature : l'une contre les liens d'intérêts entre caisses-maladie et parlement fédéral, l'autre pour autoriser les cantons à créer une caisse publique : On peut télécharger des feuilles de signatures sur http://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2017/11/IN10-PS.pdf

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14:19 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : lama, assurance-mladie | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 novembre 2017

Ce dont Tariq est le nom...

Ramadan.jpgRamadan2.jpgL'"Affaire Tariq Ramadan" occupe depuis maintenant plusieurs semaines les media. Et elle est exemplaire, à la fois par les accusations portées et par la personnalité de l'accusé. Les faits sont triviaux, les actes sont minables, l'accusé est célèbre. S'il n'y avait que les faits et les actes, il n'y aurait pas d'"affaire".  Il y a deux Tariq dans le même Ramadan : il y a le gourou islamiste (serait-il d'une autre obédience religieuse que cela n'importerait guère), et il y a le dragueur pulsionnel. Il y a celui qui dit ce qu'il faut faire et penser, et celui qui pense avec ses génitoires. Ce qui se dévoile là, sous l'apparence de rapports de séduction, c'est un rapport de dépendance à l'égard du prédicateur, de l'enseignant, de la figure autoproclamée de l'"intellectuel musulman". Celui qui se dévoile sous Ramadan, c'est Tartuffe. Que ce Tartuffe là soit musulman quand celui de Molière était chrétien (ou que d'autres du même acabit professent quelque autre religion, ou philosophie, ou idéologie) ne change rien à sa tartufferie, sauf à confirmer qu'il n'est nul besoin d'être chrétien pour être jésuite : c'est d'abus de pouvoir qu'il s'agit. D'abus d'un pouvoir bien spécifique, car il se trouve que le prédicateur, l'intellectuel, le théologien en cause, a prétention à être une référence pour au moins une partie des musulmans -qui en font effectivement une référence- et leur représentant auprès d'instances sociales, culturelles, médiatiques, voire politiques, des sociétés non musulmanes. C'est cette prétention à jouer ce rôle que "l'affaire" devrait réduire à néant. Parce que cette prétention a un pré-requis, une exigence préalable : celle de la cohérence entre le dire et le faire, entre l'image que l'on veut donner et la réalité de ce que l'on est. Et si les actes aujourd'hui reprochés, même tardivement, à Tariq Ramadan se confirment, si les témoignages sur ces actes se vérifient, alors la contradiction entre ce que veut être Tariq Ramadan et ce qu'il est se révélera telle qu'elle tiendra de la forfaiture. Qui veut indiquer le bon chemin ne doit pas patauger dans la gadoue du fossé : cela vaut pour Tariq Ramadan comme cela valait pour Dominique Strauss-Kahn et comme cela vaut pour un Thierry Marchal-Beck, ancien président du mouvement de la Jeunesse Socialiste française.

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16:45 Publié dans religion, Société - People | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : tariq ramadan, harcèlement, féminisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 15 novembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Hosannah !

masques.jpgHosannah ! La droite municipale genevoise (sauf le PLR) a décidé hier soir d'étudier le projet de budget (révisé) du Conseil administratif. Le Conseil municipal va donc pouvoir faire son travail. On n'en revient pas. Bon, le premier projet de budget se soldait par un déficit de 20 millions (soit 1,7 % d'un budget de plus de 1,1 milliard...), le second efface ce déficit sans couper dans les prestations, grâce essentiellement à une hausse des rentrée fiscales (d'ailleurs prévisibles, et prévues) -mais qui ne pouvaient être intégrées au projet puisqu'il fallait attendre que le canton les confirme), il devenait difficile de refuser d'entrer en matière sur son étude quand on clamait depuis des années qu'on n'accepterait pas de budget déficitaire, mais cela ne préjuge en rien du résultat du travail (accéléré, puisqu'il devra se faire en moins de deux mois au lieu de quatre) en commission, puisque la droite s'accroche à son exigence fétiche de plusieurs millions de boni annuels, plusieurs dizaines de millions sur une législature... pour n'en rien faire. Comme si cette exigence avait un sens, quand au terme de l'exercice, les comptes affichent, obstinément, un bénéfice (55 millions par an en moyenne décennale). Et puis, de toute façon, la procédure budgétaire en Ville de Genève aboutit depuis deux ans devant le peuple lorsque la droite municipale s'attaque à la solidarité sociale, à la solidarité internationale, au pluralisme culturel...

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15:39 Publié dans budgets publics, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 14 novembre 2017

Saison des intempéries sur le Grand Théâtre

GTG noir.jpgCoitus interruptus

Comme on le sait, le Grand Théâtre prend l'eau. Le 13 octobre dernier, le département municipal de Constructions et de l'Aménagement avait annoncé d'importantes infiltrations d'eau en sous-sol, retardant de quatre mois le chantier de rénovation du bâtiment de la place Neuve, et d'autant le retour de l'Opéra sur son site -ce qui du même coup l'empêche d'ouvrir chez lui sa saison 2018-2019, avec tout ce que cela implique de perturbations de sa programmation (exit, la Tétralogie wagnérienne prévue), de pertes de ressources et de dépenses supplémentaires à sa charge. Le PLR a d'ailleurs sauté sur l'occasion pour exiger (par voie de motion qui ne peut rien exiger, le Conseil administratif en faisant à peu près ce qu'il veut) la nomination d'un expert "indépendant". Et presque en même temps (c'est la saison des intempéries), le Conseil d'Etat annonçait qu'il renonçait à proposer au Grand Conseil que le canton prenne sa part de la "gouvernance" de la principale institution culturelle (hors l'école) de la région.

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lundi, 13 novembre 2017

Les media de service public invités au silence sur "No Billag"

museliere.jpgDébat avec muselière

En mars prochain, les Suissesses et les Suisses voteront sur une initiative populaire "No Billag", qui propose la suppression de la redevance d'accès aux programmes des media publics (la SSR). Un débat s'est donc ouvert, et va se tenir pendant quatre mois encore, sur cette initiative. Mais quel débat, dans quelles conditions ? Les dirigeants de la SSR ont édicté des règles strictes imposant à ses responsables, ses porte-paroles et ses collaborateurs, et même à ses programmes, un devoir de réserve s'appliquant à toute la période de campagne sur l'initiative. La SSR a même décidé de cesser toute campagne de promotion de ses chaînes et de ses services. Le service public de media renonce à se défendre ? c'est pousser fort loin le souci de ne pas donner aux partisans d'une initiative qui menace frontalement son existence, l'occasion de faire, à leur niveau et à leur manière, du "trumpisme" en se présentant comme les adversaires valeureux (et brimés) d'un "monopole" illégitime. En Romandie, la RTS a invité ses collaborateurs de mettre une sourdine à leur expression sur les réseaux sociaux, de n'y intervenir qu'en dehors de leur temps de travail et "d'éviter toute attaque directe et de garder leur calme". Admettre que les collaborateurs de la SSR sont aussi des citoyens, et qu'en tant que tels ils sont libres de leur opinion et de leur expression quand ils s'expriment à titre personnel, est-ce trop exiger ? Comment débattre sur les radios et télévisions de service public, et même sur les réseaux sociaux, d'une initiative qui menace le service public ? En faisant silence sur la menace ?

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samedi, 11 novembre 2017

Retour sur la révolution russe et son héritage

Lisez!.jpgL'art et la culture en révolution

Retour sur la révolution russe de 1917, celle de février-mars, et son épisode final en octobre-novembre. Retour, surtout, sur son héritage.
D'entre les héritages paradoxaux de la prise du pouvoir par les bolchéviks, on citera, nées de la peur qu'inspira la Russie soviétique, la lente construction de l'Etat social dans nos propres pays, la création de la Société des Nations (dont la Russie Soviétique sera exclue, comme, longtemps, l'Union Soviétique), celle du Bureau International du Travail. Et puis, il y a l'héritage culturel -non celui de la fossilisation stalinienne dans le "réalisme socialiste" et l'instrumentalisation de la création culturelle et artistique (comme d'ailleurs de la recherche scientifique), mais celui des trois ou quatre premières années qui suivirent la rupture révolutionnaire de février-mars 1917. Un foisonnement. Une révolution, une vraie, dans les images et les mots.

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jeudi, 09 novembre 2017

9 novembre 1932 + 85


9 novembre 1932.jpg

Chaque année, au printemps, tout au début du temps des cerises, la gauche française célèbre au Père Lachaise, devant le Mur des Fédérés, la mémoire de la Commune de Paris.
Chaque année, à l'automne, au début du temps des marrons, la gauche genevoise célèbre à Plainpalais, autour de la pierre la commémorant (ou cette année devant l'Université), la mémoire du 9 novembre 1932.
Ce n'est pas (quoique...) que nous ayons forcément en nous l'amour des rituels funéraires et des commémorations des douleurs passées , c'est que nous avons l'exigence de nous souvenir d'où nous venons. Surtout en des temps où nous ne savons plus vraiment où nous voulons aller. Ni très bien où nous sommes. Ni même toujours qui nous sommes.
Rendez-vous ce soir, à 18 heures, devant Uni Mail.

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mercredi, 08 novembre 2017

Reconnaissance de religions par l'Etat : Peser Dieu dans les urnes ?

dictionnairephi15voltgoog_0013.jpgIl n'y a que deux cantons suisses, Genève et Neuchâtel, qui se réclament de la laïcité, au sens donné à ce concept dans la tradition française : la séparation des églises et de l'Etat, ou, un peu plus largement dit, des organisations religieuses et des instituions politiques. Reste à savoir ce que ces institutions font, sur le terrain, de cette référence. A Neuchâtel, le Conseil d'Etat a soumis au Grand Conseil un projet qui part certes d'un principe au coeur de la laïcité, l'égalité des religions et de leurs organisations... mais partir d'un principe ne garantit pas qu'on lui reste fidèle ensuite : ainsi le projet neuchâtelois aboutit-il à celui d'une reconnaissance par l'Etat (ce qui en soi est contradictoire de la laïcité) de certaines religions mais pas de toutes : outre celles déjà reconnues (le catholicisme romain, le catholicisme chrétien et le protestantisme traditionnel), quelques autres pourraient l'être : le protestantisme évangélique, l'islam, le judaïsme, le bouddhisme... mais devraient pour cela, répondre à des critères posés par l'Etat, et passer par l'épreuve d'une ratification parlementaire, voire d'une onction populaire, dans les urnes. Or sauf à n'être que funéraires, les urnes sont l'un des pires instruments possibles d'une séparation réelle des religions et des institutions politiques. Ne serait-ce que parce qu'elles sont utilisées pour sélectionner d'entre les premières celles qui seront reconnues par les secondes, alors qu'il ne devrait, en laïcité, n'être nullement question d'une telle reconnaissance étatique... D'ailleurs, comment un croyant pourrait-il accepter que Dieu soit pesé dans les urnes comme un vulgaire projet d'aménagement routier ?

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lundi, 06 novembre 2017

Foutage de gueules taille olympique

coup-pied-hockey.jpgLes JO d'hiver 2026 en Suisse ?

Le Valais, associé à Vaud, Fribourg et Berne, est candidat à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Sa candidature est soutenue par "Swiss Olympic" et par le Conseil fédéral, qui prévoit d'y mettre un milliard mais ne peut exclure qu'il faudrait y mettre bien plus. Ce serait la première fois depuis 78 ans que les JO reviendraient en Helvétie. Le Valais ne pouvant assumer seul l'organisation de Jeux Olympiques, même d'hiver, il s'est associé à d'autres cantons, mais la décision d'organiser ou non les JO sera le fait d'un vote populaire dans le seul Valais, et non d'un vote dans toute la Suisse alors que toute la Suisse payerait la facture. Le Conseil fédéral, le CIO, le comité de promotion de la candidature suisse, assurent vouloir des Jeux raisonnables, modestes, "durables, à taille humaine et financièrement responsables". Et pourquoi pas respectueux de l'environnement et de l'amateurisme sportif, pendant qu'on y est ? Le Foutage de gueule, en tout cas, il l'est, lui, de taille olympique...

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vendredi, 03 novembre 2017

Pauvreté : le retour des classes dangereuses ?

pauvreté-travail.jpgSalauds de pauvres

Au XIXe siècle, on prit coutume de désigner les "classes laborieuses" comme des "classes dangereuses". Et de fait, elles l'étaient : quelques révolutions, de plus nombreuses insurrections, d'innombrables émeutes l'attestèrent. Et puis, le qualificatif s'estompa, au fur et à mesure de la construction de ce qui deviendra l'Etat social. Mais aujourd'hui, le fantôme des classes dangereuses revient hanter les nuits des classes prospères : les pauvres sont de retour. Sans doute, ici, aujourd'hui, ne meurent-ils plus de faim. Mais on les revoit dans les rues. D'où l'on s'épuise à les vouloir chasser. Et puis, derrière les pauvres, et bien plus nombreux qu'eux, il y a les modestes, les gens de peu, ceux qu'écouta et transcrivit Pierre Bourdieu dans "La Misère du Monde". Ceux là, on ne les chasse pas. Tout au plus les contient-on dans leur modestie. Désormais, il y a les pauvres qu'on chasse et les pauvres qu'on méprise.

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mercredi, 01 novembre 2017

Naturalisations : état des lieux

natus2.jpgDeux mois pour faire le pas

L'Union Syndicale Suisse a lancé, en février dernier, un appel à tous les étrangers nés en Suisse à entamer une procédure de naturalisation, et a invité les villes et les communes à agir pour les y inciter et le leur faciliter. La présidente de l'USS estime ainsi "qu'il est dans l'intérêt d'une démocratie de convaincre autant d'habitants et d'habitantes d'un pays que possible de devenir des citoyens et des citoyennes majeurs et actifs". Dans le même camp, le Parti socialiste suisse a également lancé  un appel ("Nous voulons plus de Suisse pour toutes et tous") pour la naturalisation des personnes au bénéfice d’un permis B tant que cela leur est encore possible, c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre de cette année. Le PSS propose à celles et ceux qui désirent acquérir la nationalité suisse d'entrer en contact avec une conseillère ou un conseiller en naturalisation (on s’inscrit ici : http://www.sp-ps.ch/fr/aide-la-naturalisation). Il reste deux mois pour faire le pas...

 

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