mardi, 31 octobre 2017

Réforme du système des retraites : Désaccord à corps

chute de mots.jpgLe 27 octobre, le Conseiller fédéral Alain Berset réunissait 27 protagonistes de la campagne sur son défunt projet de réforme du système de retraite : les partisans de gauche et les opposants de gauche, les opposants de droite et les partisans de droite, ceux qui veulent repousser l'âge de la retraite et ceux qui le refusent, ceux qui veulent une réforme globale et ceux qui veulent une réforme saucissonnée. Résultat selon Alain Berset lui-même : "il y a désaccord sur presque tous les points", et selon l'ATS, un peu plus euphémique : "Il n'y a pas de convergence de vue sur les contours d'une future réforme. Le seul constat partagé à été celui de la nécessité d'agir". Faut faire quelque chose. Oui, bon, d'accord, mais quoi ? Il faut un financement additionnel pour l'AVS afin de maintenir le niveau des rentes. Oui, bon, d'accord, mais quel  financement additionnel ? une hausse des cotisations, une hausse de la TVA, un déplafonnement de l'impôt fédéral direct ? un report  à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes ? un report de l'âge de la retraite de tout le monde à 66 ans ? à 67 ans ? Et le 2e Pilier, on en fait quoi ? On le renforce, on le renfloue, on le fusionne avec le premier ? "tous les points sont ouverts sur la table", a résumé Alain Berset. La table ? Disons : l'établi...

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lundi, 30 octobre 2017

Catalogne : La tutelle contre l'indépendance

Cop de falç.jpgBon cop de falç ?

L'adoption par le parlement catalan d'une déclaration d'indépendance ne devrait surprendre personne, surtout pas à Madrid : elle n'est que le terme symbolique d'un processus engagé depuis cinq ans, et une étape dans celui, décidé par le même parlement, d'un "processus constituant" devant déboucher sur un "Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : la République catalane. La réponse du gouvernement espagnol ne surprendra pas plus, tant elle était annoncée, et dans la droite ligne de toutes les réponses données à Madrid aux revendications catalanes depuis dix ans. La crise commence en 2006, lorsqu'un statut d'autonomie négocié entre Barcelone et Madrid, accepté par les parlements catalan et espagnol et ratifié par référendum, est saboté par une cour constitutionnelle instrumentalisée par le parti de droite aujourd'hui au pouvoir, et qui a refusé à la Catalogne ce qui avait été accordé au Pays Basque. La seule réalité qui empêche de comparer les dernières décisions du gouvernement de Rajoy (mise sous tutelle des institutions catalanes, destitution du gouvernement catalan, à commencer par son président, prise de contrôle de la police autonome, des finances, des télécommunications, des media publics, de l'enseignement... ) à celles d'Erdogan en Turquie après le putsch foireux de l'an dernier, c'est l'absence de moyens du premier de les concrétiser si les indépendantistes catalans décidaient d'y opposer une insoumission de masse, si pacifique qu'elle soit. Or c'est précisément ce à quoi ils appellent, par la voix de leur président (destitué par Madrid), Carles Puigdemont : "la meilleure manière de défendre les victoires obtenues jusqu'à ce jour est l'opposition démocratique" pour "construire un pays libre" de manière pacifique, et d'ores et déjà, des "comités de défense de la République" appellent, localement, à la "résistance pacifique" à la tutelle de l'Etat central.

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vendredi, 27 octobre 2017

Offensive udéciste contre le droit international

CEDH.jpg

On votera l'année prochaine sur une initiative de l'UDC qui, sous prétexte de privilégier le droit suisse au droit international, en invoquant (pour l'exorciser) le spectre des "juges étrangers" (et en confondant donc "juges étrangers" et juges internationaux, dont certains sont Suisses...), entend réduire la protection que le droit international et ses institutions (la Cour européenne des droits de l'homme, par exemple, institution du Conseil de l'Europe -dont la Suisse est membre) accordent ou tentent d'accorder aux droits et aux libertés des personnes, et des minorités sociales, culturelles, politiques. L'initiative udéciste remet à la fois en cause cette protection et la sécurité même du droit national, dans tous les domaines : en proposant d'empêcher le Tribunal fédéral suisse d'appliquer la Convention européenne des droits de l'homme, elle ne propose rien d'autre qu'empêcher des personnes de porter leur cause devant une Cour dont les décisions s'imposent à l'Etat. C'est un peu comme si on voulait empêcher des Suisses de porter leur cause devant le Tribunal fédéral, au nom de la suprématie des tribunaux cantonaux : la hiérarchie des normes de droit, qui pose le droit international au-dessus des droits nationaux (et le droit fédéral au dessus des droits cantonaux) est un instrument de défense des libertés individuelles et des droits de la personne face à l'Etat (ou à ses composantes régionales), pas un instrument de contrainte de la souveraineté nationale, et c'est à ce titre qu'il convient de la défendre... Ce ne sont pas les fantômatiques "juges étrangers" qui menacent les droits des Suisses, c'est la volonté de certains Suisses aux idées noueuses de priver leurs propres compatriotes de la protection du droit international, si insuffisante qu'elle soit encore.

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16:13 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : droit international, cedh | |  Facebook | | | |

mercredi, 25 octobre 2017

Transparence du financement de la vie politique : initiative déposée

transparenceгласность !

L'initiative populaire "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique a été déposée le 10 octobre, avec un peu moins de 110'000 signatures. Essentiellement soutenue par le Parti socialiste, soutenue également par les Verts, le parti pirate, le parti évangélique le parti bourgeois démocratique (PBD), leurs organisations de jeunesse et Transparency International. l'initiative veut contraindre les partis représentés aux Chambres fédérales à rendre publics leurs comptes annuels et les dons  de plus de 10'000 francs par an et par personne qu'ils reçoivent, en argent ou en nature. Les comptes des campagnes électorales et référendaires devraient également être publiés, dès un budget de 100'000 francs. Ce que l'initiative propose, c'est, en gros, ce que plusieurs cantons (Neuchâtel, le Tessin, Genève) connaissent déjà.

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lundi, 23 octobre 2017

Vers la fin de l'impunité des multinationales ?

WORLD-CO.GIFUn vieux mot pour une idée pérenne : l'internationalisme

Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Genève, en même temps que se réunira le Groupe de travail intergouvernemental de l'ONU chargé de préparer un traité, qui pourrait être contraignant, sur les entreprises (dont les multinationales) et les droits humains, plus de 200 organisations, associations, mouvements sociaux du monde entier appellent (https://www.stopcorporateimpunity.org/) à la mobilisation contre l'impunité totale dont jouissent les multinationales pour les violations qu'elles perpètrent des droits et des libertés individuelles et collectives : accaparement des terres, pollution des terres, des eaux et de l'air, violations des droits politiques, corruption... Ce dont il s'agit pour ces mouvements, et pour nous, est d'une ambition considérable : affirmer la primauté des droits des personnes et des peuples sur ceux des financiers et des marchés. Et pour l'affirmer, soutenir les résistances sur le terrain, et les mouvements qui les assument. Cela porte un vieux nom : l'internationalisme. Un vieux mot pour une exigence pérenne.

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13:57 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

vendredi, 20 octobre 2017

Picrocholeries et Genfereien (suite, et pas fin)

pilori.jpgPilorira bien qui pilorira le dernier...

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé mercredi, après avoir entendu les cinq conseillères et conseillers administratifs de la Ville dans le cadre d'une instruction préalable, l'ouverture d’une procédure disciplinaire à l'encontre du Maire de Genève, Rémy Pagani, "susceptible d'avoir violé ses devoirs de fonction" dans le cadre du "processus d'établissement de la brochure électorale relative à la votation municipale du 24 septembre" sur les coupes budgétaires opérées par la majorité de droite coagulée du Conseil Municipal, votation annulée quatre jours avant le scrutin, sur demande de la droite municipale, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà voté par correspondance. Rémy Pagani est passible, s'il est reconnu coupable d'avoir enfreint ses devoirs de fonction, de sanctions allant du blâme à la révocation. Les Conseillers d'Etat François Longchamp, Antonio Hodgers et Mauro Poggia, transformés en juges d'instruction, ont été chargés d'instruire la procédure et de proposer les sanctions (après avoir entendu Rémy Pagani, tout de même). Quant à la votation annulée, elle a été reporté au 4 mars, mais un recours a été déposé au Tribunal fédéral contre son annulation, par des citoyens estimant que leur liberté de vote avait été "gravement violée" et que "priver le peuple du droit de se prononcer" à temps pour que cela ait un sens est une "mesure excessive qui bafoue le fondement même de la démocratie directe".

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16:25 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : rémy pagani | |  Facebook | | | |

mercredi, 18 octobre 2017

Macron parle. Beaucoup. Mais pour dire quoi ?

Macron parle.jpgMoi Je...

Pour un président dont on pensait (et qui avait lui-même laissé croire) qu'il allait cultiver la "parole rare" qui sied à la posture jupitérienne, et en tout cas qu'il allait parler moins que son prédécesseur (qui, il est vrai, parlait trop), Macron parle beaucoup. Pas toujours clairement, et même parfois fort trivialement, mais beaucoup plus que ce qu'on attendait. Mais qu'attendait-on, au juste ?
Il y a en tout cas dans le discours macronien un fil conducteur, une revendication constante : celle d'être le chef. Le seul. Et donc, de pouvoir dire ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut, à qui il veut. Et avec les mots qu'il veut : "foutre le bordel" ou "poudre de perlimpinpin", selon le lieu, l'humeur et l'interlocuteur, mais en assurant toujours tenir "un discours de vérité" contrairement aux "élites politiques" tenant un "discours aseptisé". Et que dit ce "discours de vérité" ? Il dit : je sais ce qu'il vous faut, quand vous même ne le savez pas; je vais réformer, même si vous ne le voulez pas ou que vous combattez les réformes que je propose. Et si vous vous opposez, c'est que vous êtes animés de "passions tristes", comme la peur ou la jalousie. On est quelque part entre le messianisme et le populisme. Et surtout, on est en pleine Ve République, plus gaulllienne encore que gaulliste. Churchill ironisait sur de Gaulle : "il se prend pour Jeanne d'Arc". Macron, lui, se prend pour plus encore : il se prend pour Macron. Et si on pouvait résumer tous ses discours en deux mots, ce serait : Moi je...

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16:06 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : macron | |  Facebook | | | |

mardi, 17 octobre 2017

Interdiction du voile "islamique" intégral : On votera. Nul. Forcément.

Disparition de la femme.jpg

Donc, l'initiative crypto-udéciste pour, formellement, l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public, et en motivation réelle pour l'interdiction des diverses formes de "voile islamique intégral" (d'où sa désignation désormais commune d'"initiative anti-burqa"), a abouti (grâce à un nombre exceptionnellement élevé de signatures en provenance de Suisse centrale...), a été déposée à la mi-septembre, et sera soumise au peuple, vraisemblablement en pleine campagne électorale pour les fédérales de 2019. Le Conseil des Etats avait déjà sèchement refusé une initiative parlementaire visant le même objectif, en estimant que ce n'était pas à la Confédération de légiférer sur un problème, relevant soit du symbolique (la burqa considérée comme un symbole, évidemment patent, de l'oppression des femmes ou, plus fantasmatique, de l'"islamisation de la société"), du maintien de l'ordre public, ce qui est de la compétence institutionnelle des cantons, voire des communes.

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14:32 Publié dans Femmes, Politique, religion, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : islam, burqa, voile islamique | |  Facebook | | | |

lundi, 16 octobre 2017

Crise de la presse romande : Et si on cessait de pleurer ?

presse romande.jpg

Un "think thank" (un club de réflexion, donc) "Nouvelle presse" a été lancé en juin par le mensuel "La Cité", "dans un esprit de construction et non de lamentation", pour réfléchir sur les réponses à donner à la dégradation de la situation de la presse dans ce pays -et ce coin de pays. Réfléchir, cela s'impose, en effet : pleurer sur la situation de la presse romande en général, et genevoise en particulier, surtout si ces pleurs ne sont que larmes sauriennes, ne permet guère de relever les défis auxquels les media écrits ont à faire face, à commencer par le défi de leur indépendance, et donc de leur financement. Et donc, aussi, de leur lectorat. Parce qu'il n'y a pas cinquante sources de financement de la presse : il y a la vente au numéro et à l'abonnement, et donc le lectorat, il y a la publicité (dont les recettes ont diminué de plus de la moitié entre 2008 et 2016, et continunt de diminuer), il y a l'aide publique, c'est-à-dire l'Etat (au sens large : Confédération, cantons, communes), et il y a enfin le soutien individuel, militant, ou le soutien mécénal, de fondations et d'entreprises. Et c'est à peu près tout. Lesquelles de ces sources de financement sont à la fois suffisantes en volume pour assurer l'existence d'un titre, et suffisamment désintéressées pour n'en pas menacer l'indépendance ? On exprimera en tout cas de sérieux doutes, nourris par Tamedia, sur la capacité du "marché" de remplir ces deux conditions...

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vendredi, 13 octobre 2017

"L'initiative 99 %" de la Jeunesse Socialiste : Une question de justice

iniatiative99%.jpg

La Jeunesse socialiste a lancé le 4 octobre une initiative populaire fédérale pour "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital", dite "Initiative 99 %", proposant de taxer à 150 % la part des revenus excédentaires des plus fortunés des résidents suisses -ceux dont la fortune, précisément, pèse au total près de 500 milliards de francs. Le texte prévoit que les revenus du capital supérieurs à un montant défini par la loi seraient taxés à 150 %, les 100'000 premiers francs étant exonérés et les fonds de prévoyance n'étant pas concernés. Pour les initiants, il s'agit de justice : la richesse créée sans travail, mais grâce aux conditions créées par l'effort collectif, doit profiter à toutes et tous, au lieu que de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse que celle imposée aux salariés. Les ressources fiscales ainsi dégagées (estimées dans une fourchette de 5 à 10 milliards de francs) devraient servir à alléger la charge fiscale des petits et moyens revenus, à financer des prestations sociales, et pourraient également alléger le fardeau (pour les assurés modestes) des primes d'assurance-maladie. Lancée par la JS, l'initiative est soutenue par le PS (dont le président, Christian Levrat, fait partie du comité d'initiativew), les Verts et solidaritéS.

Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur https://99pourcent.ch/

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mercredi, 11 octobre 2017

Catalogne : l'indépendance comme volonté

imagesQADXNQAW.jpg"Nous constituons la République catalane, Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : La majorité du parlement catalan a adopté hier soir une déclaration d'indépendance, immédiatement suspendue par le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, pour laisser du temps au dialogue avec le gouvernement espagnol. Un appel auquel personne n'attend vraiment que Madrid réponde autrement que par un refus de dialoguer avec la Generalitat en tant qu'institution, et Puigdemont en tant que personne.  A Barcelone a ainsi été proclamé l'indépendance de la Catalogne non comme un état de fait, mais comme une volonté. A laquelle s'oppose (ou s'opposait, jusqu'à aujourd'hui) une autre volonté : celle du gouvernement espagnol, du parti au pouvoir, de ses alliés de droite et d'une partie du PS(OE) de s'arrimer à la constitution de 1974 comme Moïse à son décalogue, quitte à y puiser le fameux article 155 qui permettrait au pouvoir central de suspendre purement et simplement l'autonomie de la Catalogne. Et d'en revenir ainsi, au nom de la constitution de la "transition démocratique", à la situation qui prévalait sous le franquisme que cette constitution et cette transition voulaient dépasser. On a beaucoup ces derniers jours un "dialogue de sourds" entre Madrid et Barcelone, mais il n'y avait en fait qu'un seul sourd dans ce dialogue jusque là impossible. allô Madrid, ici Barcelone : on existe !

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mardi, 10 octobre 2017

Genève : Pauvreté visible, pauvreté invisible

mendiant.jpgLes trous du filet social

A Genève, il n'y a guère que les mendiants et quelques sdf récalcitrants à être hébergés dans les abris PC ou à l'Armée du Salut, qui témoignent visiblement de la présence d'une population pauvre dans une ville riche. Il y a certes une pauvreté volontaire, assumée, revendiquée, proclamée : c'est celle de l'ascète, celle de Diogène, celle du mendiant. Celle du refus de l'aliénation laborieuse et marchande. Celle du refus de la norme sociale. Celle-là n'est pas méprisée, elle est crainte. Parce qu'elle est subversive. Or la plus grande part de la population genevoise pauvre ne se voit pas comme telle, ne serait-ce que parce qu'elle ne se montre pas comme telle. Ou qu'on la cache, parce qu'elle fait tache, et qu'elle montre à la Cité les trous de son filet social. Cette pauvreté-là est celle de dizaines de milliers de personnes. Ainsi, le canton détient-il le record de la rente AVS moyenne la plus basse, et de la plus haute proportion de retraités ayant besoin de prestations complémentaires à l'AVS pour survivre : ils et elles sont un-e sur trois dans ce cas. Et les dépenses consenties par le canton pour ces prestations ont augmenté de 15 % entre 2010 et 2016, et vont continuer d'augmenter, si suspicieuses et tatillonnes que soient les vérifications du droit à les demander. En Suisse, 14 % des retraités sont en situation de pauvreté. S'y ajoutent, dans la même situation, les centaines de milliers de "travailleurs pauvres" et de familles monoparentales recevant (ou non) une aide sociale. Dans le canton de Vaud, par exemple, une personne sur vingt âgées de 26 à 65 ans est en situation de pauvreté. Une pauvreté invisible, mais, à l'aune de cantons et d'un pays riches, considérable, dans tous les sens du terme, à commencer par le premier : est considérable ce qui doit être considéré.

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lundi, 09 octobre 2017

Réforme des retraites : La gauche contre la gauche ?

age de la retraite.JPGLe 24 septembre dernier, Suissesses et Suisses ont refusé la réforme de leur système de retraite, telle que proposée par le Parlement. Le chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales, Roger Nordmann, est furax contre la Jeunesse Socialiste et sa présidente, Tamara Funiciello : en menant campagne contre la réforme des retraites, que Nordmann (comme le parti suisse) soutenait, la JS et sa présidente, "idéologiquement aveuglée", auraient contribué de "façon significative" à l'échec du projet (à vrai dire, c'était le but...) et à une grande victoire pour le camp bourgeois (le PDC et les syndicats patronaux romands, qui soutenaient le projet, n'en feraient donc pas partie, du "camp bourgeois" ?)... Or les premiers sondages d'après-vote signalent plutôt une majorité de l'électorat de gauche en faveur du "non". Pour Nordmann, qui nous fait le coup du "c'est jeune et ça ne sait pas", la JS ne doit pas s'opposer au PSS "lorsqu'il s'agit de thèmes  aussi complexes que tous les jeunes ne comprennent pas au premier coup d'oeil". Contrairement à tous les vieux, qui comprennent tout au premier coup de glaucome et de sonotone et aux caciques du parti (et du syndicat) qui ont la science infuse, même que c'est bien pour ça qu'ils sont caciques ? Réponse de la bergère au berger : "Au lieu de vouloir jouer au papa de la Jeunesse Socialiste, Roger Nordmann ferait mieux d'utiliser son temps à du travail de contenu". Sur l'avenir d'un système de retraite fondé, comme l'AVS, sur la solidarité et la répartition, plutôt que sur l'épargne individuelle forcée et la capitalisation, par exemple ?

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vendredi, 06 octobre 2017

Apu RIE III, coucou PF17 !

bonneteau.jpgLe Conseil fédéral découvre les villes

Le Département fédéral des Finances et le Conseil fédéral découvrent les villes : ils avaient promis que les cantons et les villes seraient "étroitement associés aux travaux" de conception de la nouvelle mouture de réforme fédérale de l'imposition des entreprises, après le refus de la précédente (l'illustre RIE III). Une RIE IIIbis ? Non : superstitieuses, les zautorités fédérales ont débaptisé l'objet maudit, et lui donnent désormais le nom de "Projet fiscal 17". Sur lequel les villes donc seront consultées (mieux vaut tard que jamais), sur la base des propositions du Conseil fédéral et des cantons, présentées en juin et soumises à consultation jusqu'au 6 décembre. Rien de tel qu'une baffe référendaire pour revenir aux réalités : comme le proclamait la Municipale des Finances lausannoise Florence Germond (et son homologue genevoise, socialiste comme elle, Sandrine Salerno exprimait la même conviction) : "On a l'habitude de dire qu'on ne peut pas gagner une votation sans les cantons. Il faudra désormais ajouter : sans l'appui des villes". Le 12 février, cet appui avait manqué à la RIE III -et pour de bonnes raisons : le projet de réforme fédérale vidait les caisses des villes. Pour amadouer les cantons et leur faire soutenir le RIE III, la droite avait porté de 17 % à 21,2 % la part de l'impôt fédéral direct qui leur reviendra. Manoeuvre réussie : les cantons, contrairement aux grandes villes, ne s'opposaient plus à la réforme. En oubliant que la baisse des ressources fiscales fédérales aura forcément des répercussions négatives sur ceux des engagements financiers de la Confédération dont les cantons bénéficient (dans le domaine de la formation, ou de l'assurance-maladie, par exemple).

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jeudi, 05 octobre 2017

Révolutions et contre-révolution russes : Que commémore-t-on ?

Marx-Engels-Lénine-Staline.jpgIl y aura cent ans en novembre prochain, la Russie, entrée en révolution en mars, voyait une force révolutionnaire totalement minoritaire prendre le pouvoir sur les autres. "Il revient aux plus faibles devenus à leur tour les plus forts d'appliquer sans merci les rigueurs de la loi. Mais sitôt la première ivresse éteinte se font jour les sordides calculs du ressentiment, les visées ambitieuses, la surenchère partisane, tout moyen étant bon, les principes rejetés sans vergogne, pour défendre le terrain conquis et s'y ailler la meilleure part. Ainsi tombent les masques à la fin de la fête, qui découvrent l’écœurante nudité des visages" : ne croirait pas que Louis-René des Forêts écrive ainsi du parcours de la révolution russe (ou des révolutions russes, au pluriel : celle, avortée, de 1905, puis celles de février-mars et d'octobre-novembre 1917) ? En novembre, on commémorera la "révolution d'Octobre". Une révolution, vraiment, ou une contre-révolution ?

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mercredi, 04 octobre 2017

Solidarité internationale, coopération au développement : Le prix d'une coupe budgétaire

Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits. Il y a un domaine sur lequel ces méfaits sont particulièrement inacceptables, et auraient du, et pu, être évités c'est la coopération au développement : 340'000 francs ont été supprimés de la contribution de la Ville de Genève à une solidarité internationale qui ne se contente pas de rhétorique, mais qui a l'ambition de se traduire le plus concrètement possible sur le terrain. La Ville de Genève célébrait cette année les cinquante ans de son engagement solidaire -la droite coagulée (PDC, PLR, UDC, MCG) de son Conseil municipal a choisi de célébrer ce cinquantenaire d'engagement par une réduction des moyens qui lui sont alloués, et sont alloués à des projets que la Ville soutient directement comme à des projets soutenus par la Fédération Genevoise de Coopération, soutenue par la Ville

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lundi, 02 octobre 2017

Répression d'un référendum d'autodétermination : Hommage à la Catalogne ?

ManifBilbao.jpgRépression d'un référendum d'autodétermination : Hommage à la Catalogne ?

5,5 millions d'habitantes et d'habitants de la Catalogne étaient appelés aux urnes. Combien ont pu voter ? Impossible à savoir précisément -mais devant les quelques locaux accessibles, la foule se pressait et attendait des heures pour pouvoir voter, alors que dix millions de bulletins de vote avaient été saisis et que les électeurs étaient invités à les imprimer chez eux. Pour les déposer dans des urnes dont la localisation avait été rendue incertaine par la mise sous scellés de la plupart des locaux de vote. Hommage post-orwellien à la Catalogne : 10'000 policiers, gardes civils et militaires espagnols y avaient été dépêchés pour empêcher le référendum, sans y arriver réellement, mais créant, écrit l'AFP, une "ambiance d'état de siège", d'"occupation". Des milliers d'"unionistes" (intéressante, d'ailleurs, cette reprise d'une terminologie nord-irlandaise pour désigner les partisans du maintien de la Catalogne dans l'Espagne, comme ceux du maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni...) ont manifesté hier à Madrid et Barcelone contre l'éventuelle indépendance de la Catalogne, mais 40'000 personnes ont aussi manifesté à Bilbao pour soutenir le droit des Catalans à se prononcer sur le projet d'indépendance. Et après les violences policières de dimanche (tirs de balles en caoutchouc, matraquages, au moins une centaine de blessés), c'est à la grève générale, mardi, que les Catalans sont appelés... Otez-nous d'un doute : Mariano Rajoy n'est tout de même pas le conseiller en communication des indépendantistes Catalans ? Si ?

ans ?

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18:49 Publié dans Droits de l'Homme, votations | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : catalogne | |  Facebook | | | |