vendredi, 13 octobre 2017

"L'initiative 99 %" de la Jeunesse Socialiste : Une question de justice

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La Jeunesse socialiste a lancé le 4 octobre une initiative populaire fédérale pour "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital", dite "Initiative 99 %", proposant de taxer à 150 % la part des revenus excédentaires des plus fortunés des résidents suisses -ceux dont la fortune, précisément, pèse au total près de 500 milliards de francs. Le texte prévoit que les revenus du capital supérieurs à un montant défini par la loi seraient taxés à 150 %, les 100'000 premiers francs étant exonérés et les fonds de prévoyance n'étant pas concernés. Pour les initiants, il s'agit de justice : la richesse créée sans travail, mais grâce aux conditions créées par l'effort collectif, doit profiter à toutes et tous, au lieu que de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse que celle imposée aux salariés. Les ressources fiscales ainsi dégagées (estimées dans une fourchette de 5 à 10 milliards de francs) devraient servir à alléger la charge fiscale des petits et moyens revenus, à financer des prestations sociales, et pourraient également alléger le fardeau (pour les assurés modestes) des primes d'assurance-maladie. Lancée par la JS, l'initiative est soutenue par le PS (dont le président, Christian Levrat, fait partie du comité d'initiativew), les Verts et solidaritéS.

Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur https://99pourcent.ch/


"L'argent ne travaille pas, nous oui"

L'initiative de la JS vise d'abord une "redistribution cohérente" de la fortune. Elle ne vise pas "tous les riches", mais ceux, propriétaires immobiliers, actionnaires, dont la richesse ne provient pas des revenus de leur travail mais de ceux de leur capital. "L'argent ne travaille pas, nous, oui", proclamait la banderole derrière laquelle, lors du lancement de l'initiative sur la Place Fédérale, 99 personnes symbolisaient les 99 % de la population suisse ne faisant pas partie de la caste des "super-riches", ce "petit groupe d’individus qui laissent leur argent travailler pour eux ». Ce sont eux qu'il s'agirait de mettre un peu plus à contribution, dès lors que le moindre centime de leur fortune est en réalité produit par l'activité du reste de la population, et les investissements publics financés par des impôts qui frappent plus lourdement les revenus tirés du travail humain que ceux tirés de l'évolution de la fortune (ainsi, les gros actionnaires ne sont imposés qu’à hauteur de 60% de leurs revenus, alors que les salariés le sont sur la totalité des leurs).


L'initiative vise ensuite à amener de nouvelles ressources aux caisses publiques. Pas pour les thésauriser : pour alléger la pression fiscale sur les salaires, pour alléger les primes des caisses-maladies, pour développer des prestations sociales et des services publics (des crèches, garderies, structures d'accueil de la petite enfance, par exemple).


Enfin, il s'agit d'affirmer un refus du rôle douteux joué par la Suisse dans la concurrence fiscale internationale, et le concours mondial des allégements fiscaux consentis aux plus riches et aux plus puissants : "Avec l’initiative 99%, nous érigeons une politique d’imposition plus solidaire, nous luttons contre les mesures d’austérité et le pouvoir du capital international". C'est beau comme du Jean Ziegler. Mais surtout, c'est juste. Et, peut-être paradoxalement, mais en tout cas opportunément, cela reprend l'un des plus solides lieux communs du discours tenu par la Suisse sur elle-même, ce "petit pays sans ressources naturelles ne tirant sa richesse que du travail de ses habitants". Du travail des humains, pas du "travail de l'argent"...


Alors, vous signez ?

15:56 Publié dans Fiscalité, Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : js, initiative populaire | |  Facebook | | | |

Commentaires

Donc en résumé, pour un ménage de la classe moyenne sup qui aurait réussi a épargner 200'000 Frs sur son salaire (sur lequel il a déjà payé un impôt sur le revenus conséquent): Si la tranche "excédentaire" rapport 1000 Frs de simple intérêts compte épargne (on ne parle pas ici de boursicotage de haut vol)il devra payer 1500 Frs d'impôts supplémentairement et donc perdre 500 Frs parce qu'il en a gagné 1000...

Faudra rebaptiser les jeunes socialiste les jeunes racketteurs. Mais heureusement ils sont trop c%% d'avoir mis le seuil aussi bas, c'est évident que ça impactera beaucoup plus de monde que les hais "1%" super riche et que donc ce sera massivement rejeté.

Écrit par : Eastwood | vendredi, 13 octobre 2017

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@ Eastwood.
Faudrait d'abord apprendre à lire avant de proposer des chiffres bidons:
"Les parts du revenu du capital supérieures à un montant défini par la loi sont imposables à hauteur de 150 %."

Écrit par : Chiffres bidons | samedi, 14 octobre 2017

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@Bidons

Oui et 150% est exactement le taux que j'ai pris dans mon exemple. Mais si vous avez une autre interprétation de ce que représente 150% du revenu, n’hésitez pas a nous en faire part.

Écrit par : Eastwood | samedi, 14 octobre 2017

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" Mais si vous avez une autre interprétation de ce que représente 150% du revenu"

Nous parlons des revenus du capital supérieurs à un certain montant (les initiants donnent 100'000 comme exemple), pas des revenus tout court...

En mettant la barre à 100'000.-, un ménage avec 1000.- de revenu du capital n'est pas concerné. Il faudrait gagner 100'001.- pour devoir payer 1,50.

Écrit par : Raisonnons avec les mauvais raisonneurs | samedi, 14 octobre 2017

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je trouve que c'est une bonne initiative.
Comme cela les riches fuiront les pays, l'industrie du luxe pourra enfin disparaitre et on pourra enfin se retrouver entre pauvre.

Écrit par : omar | samedi, 14 octobre 2017

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@eastwood
Le revenu à partir duquel vous êtes imposés par cette initiative est de 100 000 frs d'après les propositions de la jss. Ce qui signifie que si vous investissez dans des actions par exemple et que ces actins vous rapportent des dividendes exedants 100 000 frs vous aurez 150% de points d'imposition. Les points n'étant pas le taux qui lui sera définit par la confédération. C'est à dire que si vous investissez 3 millions vous allez en retirer quelque chose comme 200 000 frs de benefices dont 100 000 frs seront exoneres c est à dire que seul 100 000 francs seront taxés. Ceux ci seront multipliés par des points de 150% donc 150 000frs qui eux seront taxés à par exemple 10% donc vous serez imposés à 15 000 frs par année. Ça marche de la même manière avec les impots sur le salaire qui ont aussi des points d'impositions plus élevés que ce que vous gagnez.

Écrit par : Muriel | samedi, 14 octobre 2017

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Il faudrait peut-être commencer à revoir ce genre de stratégie. Le peuple suisse va refuser comme d'habitude, et le PS va y perdre des plumes.

Sur la partie de la taxation des riches:
Les riches ne sont pas tous une bande d'égoïste. Il faut encourager et avantager ceux qui veulent s'impliquer dans la société, et par contre taxer plus les égoïstes

Ainsi si ils s'impliquent par des soutiens, d'un coûts qui correspond, par exemple, à 150% de l'impôt qu'ils auraient dû payer, ils ne payent aucun impôt.
Ses soutiens seraient définis et validés par l'Etat, comme les écoles, les aides aux personnes vulnérables, etc...

Peut-être que je suis naïf, mais je pense que pousser les gens à prendre leurs responsabilités sociales, est plus rentable que de les forcer.

Bref, les JSS probablement majoritairement universitaires, devraient utiliser leurs neurones pour trouver des solutions qui encouragent, plutôt que celles qui stigmatisent.


De plus, il y a d'autres thèmes plus important comme le travail des séniors (conditions de travail, embauches,...), lié à l'âge de la retraite.

Il y a aussi l'intelligence artificiel qui se développe rapidement.
Il faut peut-être considérer les charges salariales, comme des impôts déjà versés par l'employeur. On peut appeler "contributions sociales".
L'utilisation de l'IA qui remplace l'humain, impliquerait à l'employeur un rattrapage d'impôts.
Le seul but de la manœuvre, est d'accompagner en douceur la société, vers un changement qu'on ne peut pas arrêter.

Entre l'UDC qui ne sait pas que le futur existe, la droite libéral championne du laisser faire, il ne reste que le Centre, Les Verts et le PS pour réfléchir et trouver des solutions à ce qui nous arrive dessus.

Écrit par : motus | samedi, 14 octobre 2017

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Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris le mécanisme. Cette initiative vise-t-elle uniquement le rendement des capitaux ? Et si c'est le cas, comment triera-t-on les revenus de l'argent de ceux produits par la valeur ajoutée, par le travail ?
Ne serait-il pas plus simple de mettre en place une taxe sur les transactions financières qui s'appliquerait à tous les investisseurs et autres spéculateurs sans discrimination dès le premier franc ?
Il faudra bien qu'un jour une nation se lance pour interrompre le cercle vicieux qui permet aux grands groupes transnationaux de se délocaliser en un clic de souris pour profiter de cette concurrence mondiale dévastatrice.

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 17 octobre 2017

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"Et si c'est le cas, comment triera-t-on les revenus de l'argent de ceux produits par la valeur ajoutée, par le travail ?"

Si vous recevez la même déclaration d'impôt que moi, vous avez du constater que les revenus sont déjà séparés en plusieurs rubriques, dont ceux du capital.

"grands groupes transnationaux de se délocaliser en un clic de souris"

Les grands groupes transnationaux ne se délocalisent pas en un clic de souris, et les impôts jouent un rôle mineur dans ce genre de décision.

Écrit par : Bizarre | mardi, 17 octobre 2017

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