mercredi, 04 octobre 2017

Solidarité internationale, coopération au développement : Le prix d'une coupe budgétaire

Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits. Il y a un domaine sur lequel ces méfaits sont particulièrement inacceptables, et auraient du, et pu, être évités c'est la coopération au développement : 340'000 francs ont été supprimés de la contribution de la Ville de Genève à une solidarité internationale qui ne se contente pas de rhétorique, mais qui a l'ambition de se traduire le plus concrètement possible sur le terrain. La Ville de Genève célébrait cette année les cinquante ans de son engagement solidaire -la droite coagulée (PDC, PLR, UDC, MCG) de son Conseil municipal a choisi de célébrer ce cinquantenaire d'engagement par une réduction des moyens qui lui sont alloués, et sont alloués à des projets que la Ville soutient directement comme à des projets soutenus par la Fédération Genevoise de Coopération, soutenue par la Ville


brouette.jpgClochemerle, capitale mondiale du monde mondial

On parle ici de solidarité internationale, de coopération au développement. On parle aussi de l'objectif d'y consacrer 0,7 % du budget communal, objectif affiché par la Ville, et ratifié par le même Conseil municipal qui coupe dans les moyens qui permettraient de l'atteindre (la Ville en était à 0,61 % en 2016, les coupes budgétaires opérées par la droite coagulée la fait redescendre à 0,57 %). Que ces termes et cet objectif soient incompréhensibles ou odieux pour l'UDC et le MCG, insignifiants pour le PLR, ne nous surprendra guère. Il nous semblait en revanche que ces mots étaient du vocabulaire du PDC, et que cet objectif lui convenait. On se trompait : le PDC a donné au PLR, à l'UDC et au MCG les votes nécessaires pour que leurs rabots et leurs sécateurs puissent devenir des outils budgétaires.
Ce sont ainsi une trentaine de projets portés par des associations membres de la FGC qui sont frappés, et devront être supprimés, ou, au mieux, reportés à des temps budgétaires meilleurs, que la persistance des pulsions équarrisseuses de la droite rendent peu probables. La moitié de l'aide apportée par Genève à des projets (de formation, de scolarisation, de santé, de soutien à l'agriculture) au Burkina Faso est remise en cause. On s'entend dire qu'une coupe de 340'000 francs, finalement, c'est peu de chose. Outre que ce "peu de chose" a le poids d'un quinzième du budget municipal de coopération, ce qui n'est pas négligeable, Terre des Hommes l'évalue en termes plus concrets, plus humains, moins comptables : 340'000 francs, c'est une aide directe à 70'000 personnes.
"La coopération va bien au-delà des clivages politiques", veut croire dans "Le Courrier" le président de la Fédération Genevoise de coopération, René Longet. En Ville de Genève, il semble au contraire que le clivage politique entre un Conseil administratif à majorité de gauche et un Conseil municipal à majorité de droite quand se coagulent les trois partis qui ne sont pas représentés à l'exécutif (le PLR, l'UDC et le MCG) et le PDC qui, lui, y est représenté, soit tel que la coopération au développement et la solidarité internationale en devienne otage. Et que finalement, la capitale mondiale du monde mondial ne soit pas, quoi qu'elle en croie, Genève, mais Clochemerle.

Commentaires

"Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits"...

Magnifique affirmation, pour une fois marquée au coin de la vérité.

Pour le plaintes et pleurnicheries, contacter Pagani qui, sur ce coup, a brillé d'une incomparable et insondable stupidité.

Écrit par : Déblogueur | mercredi, 04 octobre 2017

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"Que ces termes et cet objectif soient incompréhensibles ou odieux pour l'UDC et le MCG, insignifiants pour le PLR, ne nous surprendra guère."

Je ne suis pas du tout d'accord. Ces partis ne sont pas conséquents puisqu'ils s'opposent à l'immigration des plus démunis en suggérant à qui veut bien l'entendre qu'il serait plus intelligent de les aider chez eux que de les laisser venir chez nous.
Je suis globalement favorable à une gestion moins gourmande de la fonction publique et je suis choqué par le report des charges des TPG sur la population par les impôts plutôt que par l'optimisation de la gestion. Mais s'il est un domaine où nous ne devons pas, nous ne pouvons décemment pas, sabrer c'est bien l'aide au développement. Même si cela sert en partie à se donner bonne conscience.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 04 octobre 2017

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Tout l'argent de la coopération internationale sert aux pays receveurs à financer de leur côté leur armée en vue de futurs conflits. Rien n'est plus néfaste au développement que l'aide au développement. Si l'Occident est devenue cette civilisation qui a rayonné sur la planète comme nulle autre, c'est parce que nul MSF n'est venu de Mars la sauver de la peste au 13ème siècle...

Écrit par : Géo | mercredi, 04 octobre 2017

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Il s'agit ici du budget municipal genevois de la coopération et de la solidarité internationales. Ce budget finance des opérations "sur le terrain". Aucun financement n'est accordé aux Etats.

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 04 octobre 2017

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