mercredi, 20 septembre 2017

Coupes budgétaires en Ville de Genève : Non, non, non et non...

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgPlus de 25'000 électrices et électeurs de la Ville de Genève (soit 20 % du corps électoral) ont déjà voté pour (il en faut, mais pas trop) ou contre (il en faut beaucoup plus) les coupes opérées dans le budget de la Ville, sans autre raison que le besoin pressant de manifester son existence, par la droite municipale coagulée (du PDC au MCG en passant par le PLR et l'UDC). Il vous reste deux jours pour envoyer votre bulletin de vote par la poste. Il vous restera ensuite le dimanche matin de dix heures à midi pour aller le déposer dans l'urne de votre local de vote. Et pour dire, en votant quatre fois NON aux quatre questions posées en Ville de Genève, qu'un budget municipal n'est pas un jeu à disposition de celles et ceux qui, n'en comprenant pas les règles et n'y voyant pas d'autre utilité que celle de leur offrir un moment de défoulement, le triturent sans autre projet politique que celui de dire à un exécutif municipal (élu par le peuple) qu'il n'est pas de leur goût... Comme critère de définition d'une politique budgétaire, on conviendra que c'est un peu sommaire.


Le Conseil municipal, appendice vermiculaire du caecum de la Ville ?

On jugera de l'état de la réflexion budgétaire de la majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève en se souvenant qu'elle avait déjà capable de couper l'année dernière dans les subventions des organismes qui viennent en aide à la population la plus précarisée et celles qui assurent une politique culturelle respectueuse du pluralisme des besoins, des publics et des modes de création, en tentant de faire croire que ces coupes doivent sauver la Ville d'une catastrophe financière que ni les budgets, ni les comptes de la municipalité n'annoncent, et l'année suivante (2017), après qu'un vote populaire ait rétabli le budget initial, de se remettre à couper, mais cette fois dans les moyens de fonctionnement de la Municipalité en psamodiant la même explication apocalyptique, mais aussi, par exemple, dans le budget de la coopération au développement, dans les lignes budgétaires nécessaires à l'organisation de manifestations culturelles, et dans celle permettant le financement de l'allocation de rentrée scolaire accordées aux familles modestes (cette même allocation que cette même droite voudrait bien réduire à la distribution de bons d'achat dans les commerces qui condescendront à les accepter. Mais ce fétichisme sécatorial n'est pas le seul symptôme de la déliquescence politique de la droite locale : il faut y ajouter sa propension à empêcher le Conseil municipal de faire correctement le travail d'examen budgétaire pour lequel il a été élu -et qui est d'ailleurs la compétence originelle de tous les parlements occidentaux depuis trois quarts de millénaire.

Et on en arrive à la situation dans laquelle nous sommes installés depuis l'année dernière, où cette même majorité ayant sévi et produit un budget amputé et tronçonné, il faut qu'un ou plusieurs référendums soient lancés contre ce bûcheronnage et que le projet de budget initial du Conseil administratif soit rétabli par le peuple. La procédure est inventive, elle fonctionne (on l'a testée une première fois avec succès l'année dernière, on l'a reprise cette année et on espère que ce sera avec le même succès), elle est foncièrement démocratique, mais elle fait tout de même perdre du temps, de l'énergie et des moyens à tout le monde, puisqu'elle coûte l'organisation et la gestion de référendums facultatifs et retarde de plusieurs mois l'adoption définitive du budget de la Ville-au point que le budget de cette année ne sera adopté, dans la version du Conseil administratif ou dans celle du Conseil municipal, qu'avec neuf mois de retard.

Dès lors, on se demande si la meilleure solution ne serait pas que le Conseil administratif de la Ville puisse contourner les états d'âme de la majorité du Conseil municipal en soumettant directement au peuple le budget communal de chaque année, à la fin de l'année précédente. Evidemment, ce n'est pas la procédure prévue par la loi et la constitution -mais une loi et une constitution, ça s'adapte. Au fond, c'est comme un corps humain, une procédure : quand un organe est inutile, on s'en passe. Alors, si la majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève tient absolument à ce que ledit Conseil ait pour ladite Ville la même utilité que l'appendice vermiculaire du caecum de chacun de ses membres, on n'en voudra à personne de proposer de l'ignorer... et de passer, enfin, grâce à la droite, à une procédure de budget participatif, élaboré par les habitants et finalement adopté par eux.

15:36 Publié dans Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ville de genève | |  Facebook | | | |

Commentaires

"quand un organe est inutile, on s'en passe"
Mais quelle sagesse !
Vite, la démocratie liquide, véritablement directe ! Adieu, parlements, délégation, représentation, ces cours de récréation pour adultes qui s'emmerdent.

Écrit par : Pierre Jenni | mercredi, 20 septembre 2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.