mardi, 31 janvier 2017

Naturalisation des étrangers de la "troisième génération" : Surmonter le refus Heimatstil

naturalisation, nationalitéLe 26 septembre 2004, 51,6 % des votantes et des votants (et 19 cantons et demi-cantons) refusaient de faciliter la naturalisation des "étrangers de la troisième génération". Tous les cantons romands sauf le Valais avaient accepté ce que tous les cantons alémaniques sauf Bâle-Ville et Berne avaient refusé. Le 12 février prochain, il faudra, pour revenir sur ce vote d'il y a 12 ans (et demi), obtenir non seulement un basculement de la majorité populaire (il est à portée), mais surtout (puisque là est l'obstacle) un basculement de plusieurs cantons opposants dans le camp du "oui". C'est donc en Alémanie que va se jouer le sort de la proposition soumise au vote (soutenue par tous les partis nationaux sauf l'UDC, elle est d'ailleurs déjà appliquée en Romandie). On peut préjuger d'un vote favorable des villes alémaniques. On peut aussi préjuger d'un refus "heimatstil" réitéré des cantons de Suisse centrale et des campagnes alémaniques. On ne se risquera pas à parier sur le sens du vote de ce qui n'est ni la ville, ni la campagne, mais ce pays intermédiaire entre l'une et l'autre : le pays des banlieues et des zones péri-urbaines, à forte population immigrée et à forte population étrangère (les deux termes ne sont pas synonymes : un immigré est quelqu'un qui vient d'ailleurs, même quand il est suisse; un étranger est un ressortisssant d'un Etat étranger, même quand il est né ici. Il y a donc des immigrés suisses et des indigènes étrangers -mais allez expliquer cela à un udéciste...)

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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jeudi, 26 janvier 2017

RIE III : Le jour d'après

RIE IIIBelles promesses et lourdes menaces

Entre les belles promesses qui rendent les citoyens joyeux (genre diminuer les impôts des entreprises va en faire rentrer plus) et les lourdes menaces qui les rendent peureux, la campagne des partisans de la réforme fédérale des entreprises version III.0 a pris une étrange tournure...  On nous annonce quasiment que si le projet soumis au vote était refusé, toutes les multinationales (c'est fragile, ces petites bêtes) pourraient quitter la Suisse, que les PME qui travaillent pour elles pourraient toutes faire faillite, qu'au moins 200'000 emplois seraient supprimés, dont 50'000 rien qu'à Genève, qu'Ueli Maurer lancera un programme d'économies de plusieurs milliards de francs et que le PIB de la Suisse tombera au-dessous de celui de la Somalie. C'est comme on vous le dit : le Jour du Jugement, pas moins. On se dit alors qu'on a bien fait de garder au frais les cartes de rationnement de nos parents. Elles ont peut-être 75 ans, mais comme on nous promet quasiment le retour au rationnement (les bons pour les pauvres, c'est fait), au Plan Wahlen et au Réduit National... Sérieusement, il se passera quoi, si le "non" à la RIE III gagne le 12 février ? Sérieusement, il ne se passera rien : c'est si le "oui" gagne qu'il se passera des choses extrêmement désagréables pour tout le monde (ou presque) quand en cascade la Confédération reportera des charges sur les cantons qui reporteront des charges sur les communes qui les reporteront sur leurs habitants...

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mercredi, 25 janvier 2017

L'Hebdo au mur

presse.jpgRingier-Springer condamne l'"Hebdo" à mort

L'"Hebdo", condamné à mort dimanche soir par le groupe Ringier-Springer, cessera de paraître après son ultime numéro, le 2 février. Le journal aura vécu 35 ans. Deux ans de plus que le Christ (la comparaison s'arrêtant là, à moins que, crucifié par son éditeur, le journal ne ressuscite par la volonté de ses journalistes). La présidente de la section UDC de la Ville de Genève en est toute contente sur Face de Bouc : "un de moins en 2017. Bon début d'année"... Au moins, c'est franc. Pour le reste, on a droit à la colère impuissante des syndicats et au choeur des pleureuses de circonstance (qui nous rappellent ceux qui avaient salué en longs et lourds sanglots la disparition de "La Suisse", en 1994). "Cauchemar, stupéfaction, choc, consternation, tristesse" psalmodie en "une" la "Tribune de Genève", pour qui "La mort de "L'Hebdo" secoue la presse suisse". La secoue-t-elle, ou révèle-t-elle la fragilité d'une presse aux mains de groupes financiers ne laissant aux journaux réellement indépendants que les miettes d'un marché où les profits se raréfient ?

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mardi, 24 janvier 2017

"Primaire" de la gauche (mais pas toute) française : Tour de chauffe

valls-hamon-valls_5784063.jpgDonc, c'est Hamon (avec 36 % des suffrages) et Valls (31 %) qui sortent du (petit) chapeau de la primaire socialiste (et radicale de gauche, et un peu écolo) de dimanche. Exit Montebourg, qui ne donnait d'ailleurs pas vraiment l'impression de vouloir la gagner, cette primaire. On l'aimait bien, Montebourg. On l'aimait plus qu'on aimait ses positions politiques. Il appelle à voter Hamon au deuxième tour. Hamon et lui, cela fait une majorité si la totalité des suffrages de l'un s’additionnent à la totalité de ceux de l'autre. Et du fond de son lit d'hôpital, façon "Appel de Cochin", Martine Aubry appelle à voter Hamon. Ou à voter contre Valls, comme on veut. Dimanche, le PS aura un candidat à la présidentielle. Le troisième ou le quatrième candidat de gauche (on a déjà Macron -admettons qu'il soit de gauche- et Mélenchon Et Poutou, forcément). Coincé entre sa droite macroniste et sa gauche mélenchoniste, le PS ne joue même pas sa place au deuxième tour de la présidentielle, mais sa place au coeur de la gauche. En 1969, le candidat socialiste, Gaston Defferre terminait quatrième de la présidentielle, avec 5 % des suffrages, loin derrière le candidat gaulliste (Pompidou), le candidat centriste (Poher) et le candidat communiste (Duclos). On ne donnait plus très cher de l'avenir du parti socialiste. Deux ans plus tard, Mitterrand le prenait d'assaut, aidé par la gauche socialiste d'alors (le Ceres de Chevènement, Sarre et Motchane), s'y installait et le préparait à l'installer (et surtout à l'installer lui-même) au pouvoir. C'est résiliant, un vieux parti, et le PS, sous un nom ou un autre, a plus d'un siècle d'âge, en France, si on le fait remonter à la réunification opérée par Jaurès et Guesde, et près d'un siècle et demi si on le fait remonter à la première organisation politique socialiste...

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lundi, 23 janvier 2017

Sauver le "Plaza" : c'est pas fini

Vignette Plaza.jpgReclasser ou exproprier ?

Le cinéma "Le Plaza" n'a pas encore été démoli, mais le projet de ses propriétaire reste de le détruire pour le remplacer par un centre commercial, et sous le centre commercial un parking (et sur le centre commercial, des "logements pour étudiants" histoire de masquer un peu les objectifs purement financiers de l'exercice). Ce projet est à l'examen au Département cantonal de l'Aménagement (le DAL), à qui chacun-e peut encore adresser ses observations. Et même si le projet, malgré toutes ses tares (à commencer par celle de nécessiter, pour pouvoir être autorisé, une dérogation générale à quasiment toutes les lois qu'un projet de ce genre est supposé respecter) devait finalement être accepté, il sera encore temps de faire recours, pour autant qu'on en ait la capacité juridique, contre cette autorisation de démolir pour dénaturer. Pendant quoi, il nous faut également intervenir partout où cela peut avoir un effet, afin que la salle, dont la valeur patrimoniale a été reconnue même par les jugements qui la déclassaient, soit "reclassée", et que l'exigence de la maintenir devienne incontournable. Cette exigence suppose un projet culturel pour cette salle. S'ajoutant à la valeur patrimoniale du Plaza, seul un tel projet peut justifier l'intervention de la Ville et du canton. Mais pour que cette intervention se fasse, il n'est que deux moyens possibles : soit le reclassement de ce qui n'a été déclassé qu'au prétexte de la non-rentabilité de la salle, soit l'expropriation pour utilité publique. Cette expropriation peut être décidée par le parlement cantonal, mais aussi, par voie d'initiative législative, par le peuple. A tout cela, on travaille.

 

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vendredi, 20 janvier 2017

T'as fait ta prière ? Ben non, j'avais piscine...

piscine.jpg

L'égalité des droits prime la posture religieuse

La Cour Européenne des droits de l'Homme a confirmé au début du mois un jugement suisse qui refusait d'accorder à des élèves (musulmanes en l’occurrence) une dispense de cours de natation, dispense exigée par les parents pour des motifs religieux (ils refusaient que leurs filles prépubères participent aux cours de natation obligatoires, à Bâle, au prétexte que ces cours sont mixtes et que leur croyance religieuse leur imposerait de préparer leurs filles à respecter l'exigence religieuse de couvrir leur corps). Les parents avaient été condamnés à une amende, ils avaient fait recours en clamant que leurs droits parentaux avaient été bafoués, leur recours avait été rejeté, ils ont fait appel à la CEDH, qui a confirmé les décisions qu'ils contestaient : pour la Cour, l'égalité des chances et des sexes prime le respect de prescriptions religieuses particulières. On peut saluer ce jugement. D'abord parce qu'il est logique : soit les cours de natation sont obligatoire, et obligatoirement mixtes, soit ils ne sont pas obligatoires. S'ils sont obligatoires, parce qu'on considère que savoir nager est tout de même utile, pour des filles comme pour des garçons, ils le sont pour toutes et tous. Et s'ils ne sont pas obligatoires, il n'y a pas de raison d'en dispenser qui que ce soit pour raison religieuse, puisque n'importe qui peut s'en dispenser pour n'importe quelle raison. T'as fait ta prière ? Ben non, j'avais piscine...

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jeudi, 19 janvier 2017

Le Couronnement de Trump : Beauf Ier, Président

Trump, USADemain, vendredi, Donald Trump sera investi 45e Président des Etats Unis. Après-demain, samedi, des centaines de milliers de personnes manifesteront, non contre cette investiture, conforme au système baroque d'élection à la présidence d'un candidat ayant obtenu un moindre soutien électoral que sa concurrente, mais contre ce système, et contre le discours tenu par ce candidat élu, et contre une bonne partie de son programme*. La cérémonie d'investure elle-même sera d'ailleurs boycottée par des élus démocrates à la Chambre des Représentants, qui dénoncent les attaques de Trump contre l'un des leur, John Lewis, 76 ans, Représentant de la Géorgie, figure de la lutte pour l'égalité entre "noirs" et "blancs", co-organisateur de la fameuse Marche pour l'Egalité en 1963, accusé de n'avoir que de "belles paroles" à offrir à ses concitoyens. "Je ne veux pas contribuer à légitimer un homme qui ment à profusion, insulte quiconque n'est pas d'accord avec lui" et manque de respect pour les femmes, résume le démocrate Don Beyer (ancien ambassadeur en Suisse). Eh oui, Beauf Ier sera dès demain président des Etats-Unis...

* En Suisse, la "Marche des Femmes pour la Dignité" s'inscrira, au même moment, à Genève, dans le même refus du mépris des femmes et des minorités que la marche de Washington expérimera : Rendez-vous à 11 heures au Jardin Anglais pour une marche close par un rassemblement au Quai Wilson à 12 heures 30

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mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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mardi, 17 janvier 2017

La monnaie de singe de la droite genevoise

Carte de pauvre.jpg

Y'a bons


A Genève, l'Hospice Général a traité l'an dernier un nombre record de dossiers d'aide financière (ils étaient déjà 13'000 en 2015) et 13 % de la population  bénéfice d'une aide sociale (cette proportion étant stable dans une population en augmentation, cela signifie que plus de gens vivent dans la précarité) mais selon Caritas, un tiers des personnes ayant droit à une aide sociale ne la demandent pas. Cette pauvreté se concentre dans les villes, et particulièrement dans la Ville. Sur les 71 secteurs du canton de Genève qui présentent des signes importants de précarité, et donc de risques de pauvreté, 44 sont situés en Ville de Genève : ils sont tous caractérisés par un revenu annuel median faible, une proportion importante d'enfants scolarisés d'origine sociale modeste, une forte concentration de bas revenus et de chômeurs et un pourcentage élevé de bénéficiaires de subsides sociaux -du genre de celui que la droite municipale genevoise propose de verser désormais sous forme de bons, c'est-à-dire en monnaie de singe. Le président de Caritas, Dominique Froidevaux, constate qu'en Suisse, "mesurer la pauvreté n'a jamais été une priorité politique". En revanche, pour la droite municipale, dissuader les pauvres de faire valoir leurs droits en est une.

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

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jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

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mercredi, 11 janvier 2017

Exode mondial et accueil (?) helvétique

harragas.jpgAsile : Tenir les promesses

Il y a actuellement au moins 65 millions de personnes déplacées et réfugiées dans le monde : un record depuis la Guerre Mondiale. Et ce sont les pays les plus pauvres qui accueillent la plus grande part de ces migrants forcés et de ces réfugiés -les pays les plus riches, eux, manifestent une absence totale de volonté de résoudre cette crise, tout en fignant de croire qu'elle les frappe principalement, alors qu'elle ne les frappe que subsidiairement, voire, comme la Suisse, que marginalement (la Suisse ne reçoit que 3 % de l'ensemble des réfugiés arrivant en Europe, et des milliers d'entre eux n'y restent pas : entre janvier et fin novembre de l'année dernière, 8166 requérants d'asile enregistrés à leur arrivée en Suisse ont disparu dans la nature sans annoncer leur départ* (c'est presque deux fois plus que les années précédentes).
Une dizaine de pays totalisant ensemble moins de 2,5 du PIB mondial accueillent, parce qu'ils sont voisins de pays en crise ou en guerre, la majorité de tous les réfugiés de la planète. Ils n'ont pas les moyens de cet accueil, pas les forces de cette responsabilité -mais on la leur laisse, parce que les pays les plus riches y trouvent le moyen de ne pas assumer, eux qui en ont les moyens, cette responsabilité. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 1,20 million de réfugiés et de réfugiées particulièrement vulnérables (des femmes, des enfants, des vieillards, des malades, des handicapés et des blessés) devront être relocalisés dans un autre pays que celui dans lequel ils ont trouvé un asile précaire, dans des conditions souvent indignes. Moins d'un dixième des places d'accueil nécessaires ont été accordées par une trentaine d'autres pays que ceux de ce premier accueil, qui tient le plus souvent de l'entassement. Même en Europe, des milliers de réfugiés sont bloqués en Grèce et en Italie par la fermeture des frontières des autres pays, au mépris de leurs engagements internationaux.
En Suisse, Amnesty International a adressé au Conseil fédéral une pétition lui demandant d'accueillir en Suisse plus de réfugiés, en respectant au moins deux promesses faites en 2015 : soulager la Grèce et l'Italie de 1500 requérants d'asile, et accueillir 1500 réfugiés syriens particulièrement vulnérables. Promesses non encore tenues.

* Le Secrétariat d'Etat aux Migrations estime que la plupart d'entre eux (dont une grande partie sont des ressortissants africains) ont quitté la Suisse (le nombre de sans-papiers vivant en Suisse n'aurait donc pas augmenté) après avoir abandonné la procédure d'asile sans l'en informer, parce qu'ils ne lui donnent aucune chance d'aboutir, ou qu'ils veulent rejoindre des proches dans un autre pays, notamment en Allemagne.

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mardi, 10 janvier 2017

Salauds de pauvres ! (suite)

exclusion.jpgInterdire la mendicité ? "injuste et inutile"

Alors que le Grand Conseil vaudois, s'appuyant sur l'"exemple genevois", a décidé d'interdire la mendicité (et que le référendum lancé et soutenu par seulement une partie de la gauche a échoué au stade de la récolte de signature), la gauche genevoise propose au Grand Conseil d'abroger précisément l'article de la loi pénale cantonale qui interdit la mendicité. Une disposition "injuste et inutile", qui "s'attaque aux plus faibles" sans même réduire la mendicité, résume l'initiatrice de la démarche de l'abolir, la députée d'Ensemble à Gauche Jocelyne Haller. Les amendes (d'une centaine de francs en moyenne) imposées aux mendiants sont passées de 2000 en 2008 à 5739 en 2015, et les mendiants se mettent à les payer (ou à les faire payer par des proches) pour éviter de se retrouver en prison (les amendes étant convertibles en jours de détention), mais ils recommencent ensuite à mendier pour récupérer les sommes payées, et pour survivre. Il y a donc toujours autant de mendiants, et les coûts de procédure du système sont considérables. Certes,  Quant à l'existence de "réseaux" de mendiants professionnels organisés par "une sorte de mafia", hypothèse évoquée (et affirmée) par l'UDC, non seulement elle n'est pas avérée, mais même la police, qui n'a recensé en 2016 qu'une seule personne contrainte de mendier, la dément. Mais qu'importe la réalité des faits ? L'essentiel n'est-il pas de bien montrer aux mendiants ce que nous pensons d'eux ?

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lundi, 09 janvier 2017

Réforme de l'imposition des entreprises : Bonne rentrée, camarades !

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgDonc, le gouvernement genevois (puisque c'est lui qui, quoi qu'il s'en défende, est à l'origine de cette intéressante démarche) propose aux partis gouvernementaux (du MCG au PS en passant par le PLR, le PDC et les Verts) de n'être précisément plus que des partis gouvernementaux, sans autre autonomie de décision que celle consistant à décider de ne pas s'en servir pendant cinq ans. Le projet de convention soumis à ces partis (on peut le télécharger sur https://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/) les lierait non seulement au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises, à qui il s'agirait d'assurer "un soutien le plus large possible", mais également à un engagement de ne toucher ni à la taxe professionnelle communale, ni à l'imposition sur le lieu de travail, ni au bouclier fiscal, ni à l'évaluation fiscale de la valeur du patrimoine immobilier, ni à la déduction de la fortune investie dans une entreprise personnelle. Les partis invités à signer cet acte de désarmement politique sont partagés selon qu'ils sont à gauche ou à droite : à gauche, le comité directeur du PS propose à l'Assemblée générale du parti de refuser, ne serait-ce que parce que le projet de RIE III présenté par le Conseil d'Etat ne compense que très imparfaitement les pertes fiscales qu'il entraîne pour le canton et les communes. Les Verts ne semblent pas prêts non plus à signer. Certes, les trois partis de droite (PLR, PDC et MCG) y semblent, eux, disposés (encore qu'on nourrisse quelque doute sur leur capacité à respecter leur signature), leur réforme fiscale leur important plus que leur autonomie de décision, mais comme la validité de la convention  suppose l'accord de tous les partis gouvernementaux, il suffit qu'un seul  (disons, au hasard, le PS...) se refuse à se réduire au statut d'appendice du gouvernement, et de réduire ses députés au rôle que le "Canard Enchaîné" avait une fois pour toutes résumé par le terme de "godillots", pour que la convention finisse là d'où elle n'aurait jamais dû sortir. On le saura lundi 16 janvier, date de l'assemblée générale socialiste. D'ici là, et pendant encore le mois qui suivra, il s'agira de tout faire pour renvoyer à son expéditeur le projet fédéral de réforme (les sondage suggèrent un vote encore incertain, et même une majorité d'opposants en Suisse alémanique), et ses petits cadeaux à ceux qui n'en ont pas besoin. Bonne rentrée, camarades...

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dimanche, 01 janvier 2017

Fin (enfin) d'une année de merde


De Profundis

On ne regrettera pas l'an de disgrâce 2016. Et on ne changera pas non plus de calendrier pour l'extirper de nos mémoires embuées par le champagne et embourbées dans le foie gras des libations de fin d'année. 2016, année de Trump, de Poutine, du Brexit, de la Syrie exsangue... Dies Irae ? Dies, on a comme un doute, mais irae, certainement. De Profundis, en tout cas. Et puis quoi ? Cette année morte n'est ni la première ni la dernièr, que scandent nos défaites. Nous avons survécu aux autres, nous survivrons à celle-là. Nous ne sommes pas résignés, nous sommes patients. Et nous avons de la mémoire.

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19:09 Publié dans De tout un peu, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : révolution, socialisme | |  Facebook | | | |