lundi, 03 octobre 2016

Sarawak : quand les palmiers détruisent la forêt

 
SADIA Sarawak.jpgHuile lourde

De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
*SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7


 
Diligite iustitiam qui iudicatis terram

L'huile de palme ? on y baigne. On en mange, on en brûle, on s'en tartine. Il y en a dans la moitié des produits de consommation courants dans nos pays. Et la Suisse en a importé 35'000 tonnes en 2013, trois fois plus qu'en 2000. 80 % de l'huile de palme importée en Suisse provient de Malaisie, deuxième producteur mondial d'huile de palme, couvrant à elle seule un tiers de la consommation mondiale. Et le Sarawak, sur l'île de Bornéo, produit 20 % de la production malaise. Résultat : les trois quarts des forêts de tourbières du Sarawak, à Bornéo, ont disparu. A leur place : des palmiers à huile. Dans le secteur de la production d'huile de palme, la corruption est massive, et généralisée. On en profite d'ailleurs aussi en Suisse, de cette corruption : une procédure a été lancée contre UBS, qui aurait blanchi 90 millions de dollars de pots-de-vin destinée à favoriser la déforestation de la forêt pluviale de Bornéo.
Mais des empêcheur de déforester en rond résistent : depuis des années, des communautés villageoises autochtones s'opposent à la destruction de leur milieu de vie. Elles manifestent, elles occupent, elles lancent des actions en justice, elles alertent l'opinion publique internationale. Un combat difficile : face à elles, des sociétés privées puissantes, des autorités corrompues, la police au service des entreprises pour expulser les communautés villageoises Et la répression, les menaces, la violence. Le 21 juin dernier, le militant autochtone Bill Kayong, était assassiné en plein jour et en pleine rue. Il était de ceux qui luttaient contre l'accaparement des terres et la déforestation. Il en est de la monoculture de l'huile de palme comme de toutes les autres : elle est ravageuse de l'environnement, des droits humains, et de la vie même des populations autochtones.  
 
Le SOLIFONDS lance un appel au soutien de l'association SADIA, qui conseille les communautés paysannes, soutient leurs manifestations et leurs actions en justice, documente et alerte l'opinion publique en recueillant preuves et témoignages du déni des droits des populations locales. Répondez à cet appel :
SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7

15:29 Publié dans Développement durable, Economie, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sarawak, bornéo, malaisie, sadia, huile de palme | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pas une ligne sur le fait que la DDC a encouragé la production d'huile de palme dans ces régions pour le plus grand bien de leur développement...
C'est bien de protéger les camarades, mais cela ne nous échappe pas.

Écrit par : Géo | lundi, 03 octobre 2016

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Si la DDC (des "camarades", vraiment ? à quel titre ?) a encouragé la production d'huile de palme ou que ce soit, le moins que l'on puisse dire est qu'elle a commis une faute.

Écrit par : Pascal Holenweg | lundi, 03 octobre 2016

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