mardi, 27 septembre 2016

Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

 En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

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 "(...) so gut in unsere Zeit passende Genfer Devise mit : Post Tenebras Lux"

Tout en affirmant et se félicitant que la Suisse fasse déjà l'essentiel de ce que les Verts lui demandaient de faire, les opposants à l'initiative clamaient qu'il était impossible de le faire sans ruiner le confort de la population, les profits des entreprises et les libertés individuelles : les Verts voulaient nous faire bouffer des graines, nous faire prendre des douches froides et partir en vacances à vélo. Or on est déjà les meilleurs dans les économies d'énergie, le tri des déchets, le bio et la consommation "responsable", et quand on est les meilleurs, il serait fou d'être encore meilleurs. Et près de deux votant-e-s sur trois se sont contentés
d'une argumentation de ce genre. Parce que ça les arrangeait. Et la Conseillère fédérale Doris Leuthard de résumer ce vote pharisien : "ce n'est pas un non à l'économie verte, mais un non à cette initiative. Les objectifs ne sont pas contestés, mais (les Verts allaient) trop loin, trop vite". Pourtant, les solutions existent déjà pour concrétiser ce qui était le projet de l'initiative, dans le délai (35 ans) qu'elle donnait....Mais voulait-on vraiment les concrétiser ?

Nous ne vivons pas un moment de l'histoire où les propositions de réforme, les volontés de changement (sauf celles d'un retour en arrière), les projets alternatifs, sont portés par l'ambiance générale, mais un moment de rétraction, de repli foetal sur les acquis. L'avenir radieux a cédé le pas au tiens qui vaut mieux que deux tu l'auras. Bref, alors même qu'elle reposait sur des constats d'évidence, et même des possibilités réelles de la concrétiser, l'initiative des Verts ne disposait que d'un capital de sympathie fragile, prêt à se dissoudre à la première évocation d'une menace sur "notre mode de vie". Inscrire de grands principes écolos dans la Constitution fédérale, on veut bien -à condition qu'ils n'engagent à rien.

Des villes et un canton ont accepté l'initiative : là, peut-être, le discours sur l''"économie verte" qui est un objectif louable, avec lequel tout le monde est d'accord, mais pas trop vite et pas trop fort, pourra trouver cette concrétisation que la majorité des votants de dimanche lui a refusé : comme disait Jean-Paul Sartre, en allemand dans le texte : "(...) so gut in unsere Zeit passende Genfer Devise mit : Post Tenebras Lux". Et pas en revenant au temps de l'éclairage à la chandelle, en utilisant les possibilités que notre propre temps nous offre déjà.

15:45 Publié dans Développement durable, Economie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce vote s'explique aussi par le sabotage organisé par economiesuisse, qui devient carrément une caricature de l'ultralibéralisme, et qui a réduit à néant l'argument de la viabilité économique des modèles respectueux de l'environnement.
Si nous continuons à suivre ces gourous, nous serons pris de vitesse par ceux qui ont compris le potentiel économique qui se profile avec ce nouveau marché des énergies renouvelables et du recyclage.
A force de vouloir rester prudents, nous allons louper le train et ramer pour suivre la tendance. Alors que nous prétendons faire partie du top en matière d'innovation et de recherche. Bonjour la schizophrénie.
On paiera le prix de notre frilosité. On n'a que ce qu'on mérite.
http://posttenebraslux.blog.tdg.ch/archive/2016/09/01/je-te-tiens-tu-me-tiens-278536.html

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 27 septembre 2016

Va falloir réviser vos copies! l'initiative ne proposait rien en terme de promotion d'une éco-économie des énergies dites vertes, ou écologiques

vous ne proposez rien de concret valant les millions de subventions que vous attendez en face, vous n'ouvrez aucune opportunité d'emplois, rien sur le support ni la formation d'intervenants, rien en terme de défiscalisation de particuliers investissant massivement pour recours à tous systèmes écologiques,

où vous avez oublié le plus simple et le moins coûteux: l'usage du solaire par panneaux, l'appoint en chauffage + eau sanitaire par panneaux solaires

mais là c'est tellement simple et si peu co0teux, qu'il ne faut que des panneaux pas difficile à fabriquer, ET DES PLOMBIERS capables de les installer sur toutes chaudières ! (c'est vrai que quand c'est simple, ça rapporte moins)

non mais, MERDE QUOI! les verts gneuvois, vous visez quoi, au fait, à part votre salaire de membre d'assoce?

Écrit par : divergente | mardi, 27 septembre 2016

Et l'idée que tout à chacun puisse répondre des fadaises à l'institut de sondage ? Je le fais systèmatiquement.

Et n'est-ce pas la Ville, à majorité de gauche, qui a fait venir deux cents tonnes de pavé vietnamien pour rénover la rue de Etienne-Dumont, il y a trois mois ? Alors venir nous parler d'économie verte, mdr. On devrait leur organiser un chemin de croix de la Cathédrale jusqu'à la rue De-Beaumont, avec une cinquantaine de kilos de basalte sur le dos.

Écrit par : Pascal Legendre | mercredi, 28 septembre 2016

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