vendredi, 23 septembre 2016

Aux urnes pour "AVS +"

Vous n'avez pas encore voté ?

Pour voter par correspondance en faveur de l'initiative "AVS+", c'est trop tard. Il va falloir vous rendre au local de vote dimanche avant midi pour déposer, à l'ancienne, comme nos parents et nos grande-parents, votre bulletin dans l'urne. Un exercice qui en vaut la peine : pour éviter ce que les défenseurs de l'AVS dénoncent comme son "saccage", il faut que l'initiative qui améliore les rentes de ce premier pilier de la retraite, fasse le meilleur résultat possible -le meilleur résultat étant évidemment son acceptation. Car ce n'est pas seulement l'initiative elle-même qui est l'enjeu du vote de dimanche : c'est le niveau des retraites dans ce pays, et la capacité du système des "trois "piliers" de la maintenir, quand seul le premier -l'AVS, précisément- est assez solide, assez durable et assez équitable pour remplir le mandat constitutionnel de rentes assurant, à la retraite, une vie digne. Vous avez oublié de voter par correspondance ? Aux urnes de votre local, citoyennes et citoyens !


Affiche AVS Erni.JPGRevendiquée avant-hier, instaurée hier, à défendre aujourd'hui

"En glissant un oui dans l'urne le 25 septembre, c'est aux retraité-e-s peinant à joindre les deux bouts que je penserai en priorité", écrit dans "Le Temps" d'hier la conseillère nationale Valérie Piller Carrard (socialiste). Aider les retraités les plus pauvres à vivre dignement est en effet une motivation  suffisante (et le seul moyen de réduire la dépendance des aînées à l'égard des prestations complémentaires) pour soutenir l'initiative syndicale "AVS+". Mais il y en a une autre, plus politique : constituer, aux Chambres fédérales, et même face au gouvernement, un rapport de forces favorable au premier pilier du système de retraites, l'AVS, et non au second, la "prévoyance professionnelle", dont les rentes sont en baisse et vont continuer de baisser. Or un franc investi dans un système de répartition collective comme celui de l'AVS est bien mieux investi que dans un système de capitalisation individuelle comme celui du "2e Pilier".

Pour mieux privilégier le "2e Pilier", on nous présente maintenant le premier comme fragile. Alors, en danger, l'AVS, du fait de l'évolution démographique ? Il suffirait d'une augmentation de 1 point de la TVA pour garantir la capacité de l'assurance-vieillesse d'intégrer cette évolution pour les quinze années à venir... Le danger vient d'ailleurs : Il vient du refus de la majorité parlementaire des Chambres fédérales de maintenir la contribution des caisses fédérales à l'AVS : elles ont été réduites d'une dizaine de milliards de francs en une dizaine d'années. Et le Conseil fédéral, poussé par la droite et les cantons, veut s'attaquer aux prestations complémentaires, et plus précisément au remboursement des primes de caisses-maladie accordés à 50'000 personnes qui n'ont pas les moyens de se les payer...

Et puis, il y a le critère de la justice et de l'égalité: selon une étude de l’Office fédéral des assurances sociales et du Bureau fédéral de l’égalité, les rentes des hommes sont supérieures d’en moyenne 37 % à celles des femmes (la différence représente presque 20 000 francs par année) et près de la moitié des retraitées ne touchent aucune rente de IIe pilier. Une inégalité inacceptable. Seule une amélioration des rentes de l’AVS est en mesure de résoudre ce problème, et de compenser les pertes de rente d'un système de prévoyance professionnelle fort imprévoyant quand à sa solidité même, et incapable d'assurer le maintien des rentes promise. Là encore, la comparaison avec l'AVS est de manière si évidente en sa faveur, et en défaveur du "2e Pilier", qu'on se demande pourquoi les majorités parlementaires s'obstinent à vouloir privilégier le système le plus inefficace. Peut-être parce que la solidité de l'AVS tient à son caractère solidaire : les cotisations sont proportionnelles aux revenus professionnels, alors que les rentes sont plafonnées : plus vous gagnez, plus vous payez, mais sans que ce que vous payez vous revienne à vous, puisque la masse des cotisations encaissées paie la masse des rentes versées, et pas seulement la rente du cotisant. Autrement dit : les riches paient pour les pauvres. On conçoit que cela déplaise à la droite, au patronat, aux caisses privées et aux banques. Mais c'est une conquête populaire : elle était déjà revendiquée lors de la Grève Générale de 1918, elle a été instaurée par un vote populaire trente ans plus tard, et aujourd'hui, elle est à défendre. Le vote de dimanche y concourra d'autant mieux qu'il sera plus favorable à "AVS+".
Vous connaissez le chemin de votre local de vote, au moins ?

21:58 Publié dans Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, retraites, 2ème pilier | |  Facebook | | | |

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