mercredi, 31 août 2016

Police fouineuse, le retour ?

Un "non" de témoignage et de prudence

Le 25 septembre, on se prononcera sur la nouvelle loi fédérale sur le renseignement, attaquée en référendum par une coalition dont font partie le PS, les Verts, la "gauche de la gauche" et le Parti pirate, mais également Amnesty International. En revanche, on ne votera pas sur la loi renforçant les moyens de surveillance des communications : le référendum lancé par un comité assez hétéroclite (les Jeunes PLR, UDC et Verts libéraux, le Parti Pirate, Operation Libero et, initialement, la Jeunesse Socialiste -qui a finalement abandonné ce combat) a échoué au stade de la récolte de signatures, mais de peu. Le 25 septembre on dira "non" à la loi sur le renseignement. Par réflexe, avouons-le, mais aussi par raison : parce que cette nouvelle loi est inutile, et dangereuse. Portée par l'ambiance générale, après les attentats djhadistes de ces deux dernières années, elle ne risque guère d'être refusée : selon un premier sondage Tamedia, elle recueille 55 % d'avis favorables en moyenne suisse, grâce à son succès massif auprès de l'électorat de droite. Notre opposition tient donc du témoignage, et du principe de précaution.

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14:25 Publié dans Sécurité, insécurité, Suisse, terrorisme, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : police, surveillance | |  Facebook | | | |

mardi, 30 août 2016

Après le "Brexit", quoi ?

chapeau-cerveau.jpgBoucher les trous de la construction européenne...
  
Un peu de temps passé depuis le vote populaire sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne permet d'y voir un peu plus clair sur les raisons de ce vote, mais pas vraiment sur ses conséquences. Sinon qu'il n'y aura pas de nouveau vote pour éventuellement annuler celui d'il y a deux mois : ainsi a a décidé la nouvelle cheffe du gouvernement, Theresa May, qui s'opposait au Brexit mais a déclaré qu'il fallait en assumer les conséquences : "Brexit signifie Brexit", et pas sortie à moitié et maintien à moitié : vous avez voulu sortir, nous sortirons. Quand, comment, à quel prix ? Nul n'en sait rien : ni ceux qui voulaient sortir, ni ceux qui voulaient rester, ni l'Union Européenne elle-même. Alors, après le Brexit, quoi ?  "Il faut arrêter de pleurer" plaide Daniel Cohn-Bendit, qui considère qu'il faut utiliser l'opportunité du départ du Royaume-Uni pour relancer la construction européenne sur des bases démocratiques, avec un contenu et des ambitions plus larges que celui d'un marché et celle de son extension. Bel enjeu, car l'UE telle qu'elle est n'est pas défendable (d'où le vote "europhobe" d'une partie importante des classes populaires), mais elle ne prend pas le chemin de sa réforme : 27 gouvernements, dont chacun dispose d'un droit de veto, vont négocier entre eux et avec le Royaume-Uni les modalités du Brexit. Le résultat de ces négociations sera forcément un compromis, plus ou moins solide ou boîteux, mais faisant l'impasse sur les questions de fond. On va donc assister à une gigantesque distribution de rustines pour boucher les trous de la construction européenne, sur fond de montée des populismes europhobes.

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14:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brexit, grande-bretagne | |  Facebook | | | |

lundi, 29 août 2016

L'impensé et le non-dit de la rentrée : L'apolitique de l'asile

 Elle n'est pas au menu des votations fédérales du mois prochain, elle ne fait plus les gros titres des journaux, recouverte qu'elle est fort opportunément (mais pas entièrement, tant la polémique sur ces vêtures d'emballage fleure la xénophobie la plus ordinaire) par une burqa ou un burkini. Elle est devenue l'impensé, le non-dit, de la rentrée. Pourtant, elle est toujours l'un des enjeux, ou même l'enjeu continental le plus lourd, le plus décisif pour les décennies à venir, et donc celui qu'il serait le plus urgent de relever, en même temps que celui qu'on s'acharne à ne pas vouloir relever : c'est de la politique d'asile qu'on parle ici. Des politiques nationales d'asile, de la politique européenne, de la politique internationale d'asile : "Le déplacement forcé atteint un niveau sans précédent", constate le rapport annuel du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), qui a recensé plus de 65 millions de personnes déplacées en 2015 (cinq millions de plus en un an), dont 3,2 millions en attente d'asile dans nos pays industrialisés, 21,3 millions de réfugiés dans le monde (dont la moitié viennent de Syrie, d'Afghanistan et de Somalie) 40,8 millions de déplacés forcés à l'intérieur de leur pays (dont 13,5 millions en Colombie, en Irak et au Yemen). Les réfugiés constituent 18,3 % de la population du Liban.  Un humain sur 113 est aujourd'hui un humain déplacé : demandeur d'asile, réfugié ou déplacé interne, et leur nombre total dépasse la population totale de la France (ou de la Grande-Bretagne ou de l'Italie).   A ce nombre s'ajoutent chaque minute 24 personnes, alors que, constate le HCR, "le rythme auquel des solutions sont trouvées pour les réfugiés et les déplacés internes est en baisse depuis la guerre froide", époque du triomphe (en "Occident") du droit d'asile de masse pour les victimes des régimes du camp adverse.

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13:10 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : asile, migration, xénophobie | |  Facebook | | | |

lundi, 01 août 2016

Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

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14:49 Publié dans Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er août, hymne national | |  Facebook | | | |