lundi, 02 mai 2016

Oranges amères

Espagne : Soutenons les "princesses des serres"
 
60'000 ouvrières, presque toutes migrantes, travaillent dans les serres et les entreprises d'emballage de la région d'Almeriadans des conditions inacceptables, pour des salaires de misère, sous la pression constante de leurs employeurs et de leurs petits chefs. Pourtant,  celles que l'une d'entre elles a baptisées les "princesses des serres" résistent, et s'organisent syndicalement. Leur syndicat, le SOC-SAT, lance une campagne de formation, de conseil et d'affiliation, sur les lieux de travail et sur les lieux de vie des ouvrières, pour que leur défense aboutisse, comme cela été le cas à la fin de l'année dernière, à la reconnaissance de leurs droits et à la condamnation des pratiques patronales. Le SOLIFONDS* appelle au soutien matériel de cette campagne et du syndicat qui l'organise, et qui a été en pointe dans la lutte pour le respect des lois sociales et sur le travail, les droits des migrants, la lutte contre le racisme et la xénophobie. Répondez à l'appel à soutenir le SOC-SAT. Et lorsque vous irez faire vos courses, regardez d'où viennent les fruits et les légumes que vous achetez, et essayez d'imaginer dans quelles conditions travaillent, et à quel prix, celles qui les ont ramassés et celles qui les ont conditionnés. 
*SOLIFONDS, CP, 8031 Zurich
mail@solifonds.ch
www.solifonds.ch
CP 80-7761-7


 « être captif, là n'est pas la question, la question est de ne pas se rendre » (Nazim Hikmet).

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Fin 2015, le syndicat des ouvrières et ouvriers agricoles d'Almeria (dans le sud andalou de l'Espagne) a obtenu l'annulation du licenciement en août 2014 de cinq travailleuses marocaines, et a imposé leur réengagement et le paiement de quatorze mois de leur salaire par leur employeur, BioSol, entreprise de conditionnement de produit agricoles qui fournit notamment, en Suisse, la Migros et la Coop . De quoi s'étaient rendues coupables les cinq licenciées ? d'avoir critiqué à la télévision, sur Arte, leurs conditions de travail. Une ouvrière témoigne, dans un texte qu'elle a intitulé "les princesses des serres" : les ouvrières "triment sans relâche" pour six euros de l'heure, sans "élever la voix contre ceux qui possèdent un certain pouvoir sur elles", parce que protester pourrait leur coûter leur emploi. Sans formation (elles n'ont que celle de l'école primaire), n'ayant "de la vie qu'une idée très limitée", elles sont constamment, sur leur lieu de travail, menacées d'être licenciées, portées (surtout si elles sont migrantes) sur une liste noire, harcelées, injuriées. Et pourtant, elles résistent. Et s'organisent, dans le syndicat SOC-SAT. Et grâce à l'appui du syndicat, elles ont donc gagné devant le tribunal des prudhommes, malgré les tentatives de l'entreprise de les payer pour qu'elles renoncent à s'opposer à leur licenciement.

L'audience médiatique donnée à ce conflit par le syndicat, par le Forum Civique Européen et par la Plateforme pour une agriculture socialement durable a pesé d'un poids important dans sa résolution favorable aux travailleuses : sous pression des consommateurs, le label Biosuisse, qui certifie les produits de BioSol lui a retiré cette certification, ce qui a conduit Migros et Coop a cesser de vendre les produits conditionnés par l'entreprise espagnole. Mais c'est, au départ, sur l'action des travailleuses concernées et de leur syndicat que leur succès a reposé. Un succès qui encourage le syndicat à redoubler d'efforts pour organiser les 60'000 ouvrières qui travaillent dans les serres et les entreprises d'emballage de la région d'Almeria.

C'est cet effort que le SOLIFONDS nous appelle à soutenir, en soutenant le syndicat SOC-SAT.
« être captif, là n'est pas la question, la question est de ne pas se rendre » (Nazim Hikmet).

16:15 Publié dans Solidarité, syndicats | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : almeria, soc-sat, solifonds | |  Facebook | | | |

Commentaires

Dans le même ordre d'idées, les esclaves des temps modernes s'organisent dans la grande pomme. http://www.tdg.ch/economie/New-York-des-chauffeurs-de-Uber-veulent-s-organiser/story/27178231
Mais au final, tout le monde s'en fout car ce que chacun veut, c'est tout et si possible gratuitement.
Avant de regarder la provenance des oranges on regarde le prix. Et même si on regarde la provenance, on ne sait plus quelle cause embrasser. Entre Israël et l'Espagne mon coeur balance. Un peu comme entre Shell et BP, laquelle faut-il boycotter ?

Écrit par : Pierre Jenni | mardi, 03 mai 2016

Les deux, camarades. Enfin, pour l'essence, je sais pas, mais pour les oranges, faut choisir l'Italie...

Écrit par : Pascal Holenweg | mardi, 03 mai 2016

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