vendredi, 29 avril 2016

1er mai, 28 mai, 5 juin : Chaud, le printemps, chaud

 

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 Le printemps politique n'est pas le printemps saisonnier. Que la température frisquette de ces jours ne vous trompe pas : le printemps politique, cette année, sera chaud. Dimanche, on sera dans la rue. Comme tous les Premier Mai. Non pour célébrer la fête du travail, mais pour célébrer celles des travailleuses et des travailleurs. Et de leur émancipation. Quatre semaines plus tard, on sera à nouveau dans la rue. Pour dénoncer les coupes budgétaires, les menaces sur les services publics, le mépris des salariés de la fonction publique. Et une semaine plus tard encore, nous serons dans les urnes. Pour annuler ces coupes, repousser ces menaces, rétablir les moyens nécessaire à la commune pour qu'elle puisse jouer son rôle, assumer ses tâches, faire son travail. Mais aussi, pour faire avancer le projet de revenu de base inconditionnel.

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jeudi, 28 avril 2016

Revenu de base inconditionnel : Débat nourri à gauche

A deux contre un, les socialistes suisses, réunis en Assemblée des délégués, ont décidé d'appeler à voter "non" le 5 juin à l'initiative pour un revenu de base inconditionnel. Ce mot d'ordre (dont on fera ce qu'on veut, d'autant que le PS genevois a, lui, appelé, à la quasi unanimité d'une assemblée générale, à voter "oui" au RBI, et que le Conseil communal de Lausanne a demandé à la Municipalité d'étudier la mise en place d'une "expérience pilote" de RBI) n'est pas franchement une surprise, et on peut même être assez satisfait qu'un tiers des délégués du  PSS soutiennent une initiative qui remet radicalement en cause quelques solides réflexes socialistes (ou du moins sociaux-démocrates) et syndicaux. A gauche, d'ailleurs, le débat est nourri, d'attentes autant que de craintes : ainsi, dans "Gauche Hebdo" du 1er avril, Jean-Marie Meilland reprochait au revenu de base inconditionnel de n'être qu'une forme de "légalisation résignée d'une société à deux vitesses". Comme si on en était encore à une "société à deux vitesses" et qu'elle avait besoin d'être "légalisée"... de "vitesses", la société actuelle en a quatre, et bien lourdement légalisées : la vitesse des maîtres du monde (ceux qui dirigent la société et la conduisent), la vitesse de la classe dominante (celle qui, sans forcément diriger ni conduire la société, arrive aisément à suivre son cours), la vitesse des classes dominées (celles qui rament pour suivre, sans y arriver) et la vitesse, qui n'en est même plus une, des largués, des marginaux, des exclus. Rien que pour ceux-là et celles-là, de plus en plus nombreux, laissés pour compte du travail, du salariat et du filet social, et pour qui, tout de même, la gauche est supposée se battre, un RBI s'imposerait...

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16:43 Publié dans Suisse, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : rbi, revenu minimum, salariat | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 avril 2016

Commission municipale des naturalisations en Ville de Genève : Respecter les textes et les personnes ? Plus tard...

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16 communes genevoises ont décidé de ne pas ou plus avoir recours à une commission des naturalisations. La majorité du Conseil municipal Ville de Genève a fait quand à elle le choix de la maintenir, mais sans pour autant accorder à ladite commission le droit de fonctionner au mépris du règlement du Conseil Municipal, de la Loi sur l'administration des Communes et des règles les plus élémentaires de respect des personnes dont les dossiers lui sont transmis.

La question du maintien ou non d'une commission municipale des naturalisations en Ville de Genève se reposera. Mais quelle que soit la réponse qui sera alors donnée par le Conseil Municipal, la commission encore existante se doit, d'ici-là, de respecter les textes qui l'encadrent, et surtout les personnes dont elle examine les requêtes en naturalisation. Or tel n'est pas le cas.

Bien que l'on ne puisse attendre de conseiller-ère-s municipaux-ales l’objectivité, l’impartialité et la distance que l’on exige d’un-e professionnel-le, on est toutefois en droit d'attendre des membres d'une commission municipale des naturalisations d'être capables de faire abstraction de leurs préjugés. Or des témoignages nombreux et crédibles font état de prises de positions xénophobes voire racistes, homophobes ou sexistes, de la part de membres de la commission, sur les conformations physiques ou encore sur le niveau de revenu et de salaire des candidat-e-s à la citoyenneté genevoise.

A cela s'ajoute le fait que la commission persiste à ne pas respecter le règlement du Conseil Municipal, qui lui impose de décider de ses préavis par des votes à bulletins secrets et non à main levée, ce qui rend ces préavis formellement contestables. De plus,  la loi sur l'administration des communes n'autorise pas une commission du Conseil municipal à transmettre directement ses rapports au Conseil administratif, comme le fait la commission des naturalisations. Bref, à l'initiative du PS, la gauche a déposé hier au Conseil municipal de la Ville une résolution demandant à la commission municipales des naturalisations de respecter les textes et les personnes. Plus tard, le plus tard possible, a répondu la majorité de droite coagulée pour qui l'important est de punir les lanceurs d'alerte qui rendent publiques les dérives de la commission -pas de faire respecter par celle-ci le règlement et la loi auxquels elle est soumise, et qui lui indifférent.

Un élément de plus dans le dossier à charge de cette instance parasitaire.

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15:45 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : naturalisation, nationalité, commission municipale | |  Facebook | | | |

mardi, 26 avril 2016

Les coupes budgétaires linéaires ? Une "solution de facilité"...

Quand la droite galère...

Le Conseiller d'Etat (MCG, paraît-il) Mauro Poggia reconnait "volontiers" (dans la "Tribune de Genève" du 15 janvier) qu'une coupe linéaire "est une solution de facilité et mérite d'être rediscutée". Et ça tombe bien, en Ville de Genève, le 5 juin, on va précisément en "rediscuter". Et même en décider. Dans un vote populaire sur les coupes linéaires opérées par la droite coagulée (MCG compris) dans le budget municipal. Coupes que le parti de Poggia appelle donc à confirmer en votant "oui" à ce que Poggia qualifie de "solution de facilité". Heureusement que Gominator veut reprendre la barre du MCG, dites-donc, parce que la communication semble passer assez mal entre la barre et le banc de nage de cette galère...

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14:45 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : coupes budgétaires, ville de genève | |  Facebook | | | |

lundi, 25 avril 2016

Initiative "Vache à lait" : Meuh non !

La Vache et le Prisonnier.jpgDans le paquet bourratif de textes soumis le 5 juin prochain à la sagacité proverbiale de nos votes, on en trouve un particulièrement pernicieux : une initiative populaire lancée par le lobby routier. ("Auto Suisse", l'association des importateurs de bagnoles. Le nom officiel de l'initiative est "Pour un financement équitable des transports", plus connue sous son petit nom d'initiative "vache à lait". Qu'est-ce que Marguerite vient faire dans cette proposition ? Elle vient y jouer le rôle de victime : les initiants se plaisent en effet à présenter le transport automobile comme la "vache à lait" de la caisse fédérale. Comparaison injurieuse pour Marguerite. Défendons son honneur : non seulement le transport automobile n'est pas la Marguerite de Maman Helvetia, mais il coûte bien plus cher à la collectivité que ce qu'il lui paie en impôts et taxes, si on tient compte de ses effets directs sur l'environnement (naturel ou bâti), l'aménagement, la santé et on en passe... Financement "équitable des transports", disiez-vous ? 

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16:36 Publié dans Suisse, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vache à lait | |  Facebook | | | |

vendredi, 22 avril 2016

Dans la rue le 28 mai, dans les urnes le 5 juin

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Comptes de printemps

C'est le printemps : on fait  les comptes politiques d'un épisode navrant, lors duquel la droite municipale s'est attaquée à un budget excédentaire proposé par un Conseil administratif unanime, et donc aux prestations et aux activités qu'il finance, pour la seule raison qu'il lui fallait manifester son existence à elle : plus de 9500 signatures au bas du référendum contre les coupes dans les subventions et les fournitures municipales, et presque autant au bas du référendum contre la coupe dans les "fonds généraux" de la culture, ont été déposées au début de l'année. C'était au-delà du double du nombre de signatures requises. Ce soutien massif au double référendum, qui a donc doublement abouti, a été l'oeuvre d'une mobilisation commune des associations et des acteurs des champs social et culturel, des syndicats et des partis de gauche. On votera donc en Ville de Genève, dans un peu plus d'un mois, contre l'attaque stupide portée par la droite coagulée, sans aucune concertation avec qui que ce soit (elle s'est même fait engueuler par ses baillis cantonaux), au fonctionnement même de la commune, à son engagement social et culturel, à son soutien à la culture émergente. Et même à son fonds de lutte contre le chômage.

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17:04 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 avril 2016

Loi sur l'asile : Xénophobie petit bras

Ce n'est pas parce que l'UDC, encore toute marrie de sa défaite du 28 février (elle avait consacré des moyens considérables pour promouvoir son initiative de "mise en oeuvre", largement refusée par le peuple et tous les cantons...) a décidé de jouer "à l'économie" sa campagne contre la loi sur l'asile (pas d'affiches nationales, pas de journal gratuit "tous ménages" etc...) que son référendum sent moins mauvais. Il semble plutôt qu'instruite par sa défaite de février, elle veuille éviter de susciter contre elle en juin un front aussi combatif que celui qui l'a vaincue en février. Elle compte donc sur ses sections cantonales pour faire passer son message : la loi proposée n'est pas assez dure aux requérants d'asile. "Beaucoup croient qu'on gagne grâce à l'argent mais nous pouvons le faire grâce à nos idées", assure le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor. NOS idéeS, au pluriel ? Plutôt "notre idée", singulière et obsessionnelle : les étrangers, dehors ! Murmurée ou beuglée, l'obsession reste...

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17:51 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile, udc | |  Facebook | | | |

mardi, 19 avril 2016

"Panama Papers" : Genève, terre de contrastes

Panama Papers, offshore leaksLe Parquet genevois a ouvert des enquêtes, confiées à sa "section des affaires complexes", après que la publication des "Panama Papers" ait mis en évidence le rôle de Genève, de ses banques, de ses fiduciaires, de ses intermédiaires financiers, de ses gestionnaires de fortune et de ses avocats d'affaires dans l'industrie de la domiciliation "offshore". Plusieurs avocats mis en cause (comme Marc Bonnant) se sont défaussés en mettant en cause l'"impureté des sources" des media (les auteurs des "fuites" panaméennes). Or pour la justice, les sources ne seront pas les "lanceurs d'alerte" mais précisément les media, qui ont parfaitement joué leur rôle, et le prétexte dilatoire de l'"impureté des sources" ne pourra être invoqué à leur propos. Un Bonnant se défend d'avoir contribué au moindre acte de blanchiment de fonds d'origine criminelle, se revendique sans rire de la pureté fiscale et assure que sa présence dans des conseils d'administration de sociétés Offshore ne se justifie que pour veiller au respect du droit. De quel droit ? Du droit, qu'il proclame par ailleurs, de soustraire des fonds au fisc de son pays. Autant dire que nul, et sans doute pas même lui, n'accorde à ses déclarations la moindre crédibilité. Reste que depuis des lustres, toutes les "affaires" financières internationales d'importance renvoient, peu ou prou, à Genève : les fonds du clan Bhutto comme ceux des amis de Boris Eltsine, des potentats kazakhs ou angolais, de  trafiquants de diamants ou d'armes. Le canal de Panama ? Il part de Genève. Capitale mondiale du monde mondial. Et même du demi-monde : celui des avocats d'affaires pour qui le droit est ce que l'amour est aux péripatéticiennes : tarifé.

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17:39 Publié dans Fiscalité, Genève, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : panama papers, offshore leaks | |  Facebook | | | |

lundi, 18 avril 2016

Service public : Unanimité de façade contre l'initiative "Pro Services Publics"

A entendre la gauche (à nous entendre, donc) et les syndicats, on pourrait croire que les services publics sont menacés, dans ce pays comme un peu partout ailleurs. Que la droite et le patronat ne rêveraient que les mettre en pièces, les privatiser, n'en garder que quelques pans, les moins rentables, les moins porteurs de profits potentiels... Billevesées, paranoïa : les services publics, en Suisse, tout le monde (ou presque) les aime. La gauche et les syndicats, évidemment, mais aussi le Conseil fédéral, le PLR, le PDC, même l'UDC, même EconomieSuisse, même l'USAM. Il n'est, pour se rendre compte de cet amour fou, que de constater la belle unanimité qui s'est faite pour renvoyer aux oubliettes (elle le mérite amplement, soit dit en passant) l'initiative de la presse consumériste "Pro Services Publics", soumise au vote populaire le 5 juin après n'avoir obtenu, performance rare, aucune voix aux Chambres fédérales... Un doute, pourtant, nous tenaille : Lorsque même ceux qui ferment les bureaux de postes et veulent privatiser la SSR proclament leur volonté de défendre le service public, n'y aurait-il pas, quelque raison de soupçonner que l'unanimité pour le "non"ne soit qu'une façade, et que certains "non" à l'initiative ne soient que d'enfumage ?

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15:42 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : service public | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 avril 2016

Comptes 2015 (et budget 2016) de la Ville de Genève : Bon comptes et mauvaises coupes

La Ville de Genève à présenté ses comptes 2015. Alors que le budget était presque à l'équilibre avec un tout petit excédent de revenus, les comptes en présentent un de 39,5 millions, grâce à une maîtrise des charges et à des revenus non budgétisés. Pour rendre le tableau encore plus souriant, la dette est stabilisée et les investissements sont presque totalement autofinancés (ils le sont à 95,2%). "C'est une bonne nouvelle qui permet d'envisager sereinement les années à venir", résume la Conseillère administrative Sandrine Salerno. Une bonne nouvelle pour la Ville et ses habitants, sans doute. Mais pas pour la droite municipale, qui espère depuis des années que la situation financière de la Commune soit assez mauvaise (et que la droite cantonale l'ait rendue assez précaire) pour justifier l'usage de la hache et du rabot budgétaires auquel cette droite s'essaie. Or le 5 juin, on votera précisément sur des coupes budgétaires opérées par ladite droite, municipale et coagulée. Des coupes qui se confirment comme étant inutiles puisque les finances de la Ville sont bonnes, nuisibles puisqu'elles s'en prennent à des prestations à la population, et stupides puisqu'elles sont mécaniques, linéaires et aveugles.

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jeudi, 14 avril 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : La droite charge le bateau

RIE IIIAu Conseil National, la droite a réussi le tour de force de "charger le bateau", déjà bien alourdi, de la Réforme de l'imposition des entreprises, saison III (RIE III), en y introduisant de nouveaux cadeaux fiscaux, au point d'inquiéter même le Conseiller fédéral le plus à droite, Ueli Maurer, sur le coût de l'exercice (et le résultat final en votation populaire, après le référdum annoncé par la gauche ?) Ainsi de la "taxe au tonnage", une sorte de forfait fiscal permettant aux compagnies de fret maritime d'être imposées non sur leurs bénéfices, mais sur la capacité de charge de leurs bateaux. Ainsi également de la déduction des "intérêts optionnels", un cadeau qui coûterait un quart de milliard à la Confédération et un tiers de milliard aux cantons. Ainsi, toujours, de l'abolition du plafond des déductions liées aux produits des brevets et aux dépenses de recherche... Quant on aime (les cadeaux fiscaux), on ne compte pas. Il vaudrait mieux pourtant, quand il s'agit de fiscalité : en 2008, pour faire accepter la deuxième réforme de l'imposition des entreprises, le Conseil fédéral, la droite et le patronat avaient assuré qu'elle ne coûterait que 80 millions de francs par année. Trois ans plus tard, il s'avère qu'elle coûtera presque dix fois plus (plus de 7 milliards en dix ans). Alors quand le Conseil fédéral estime à 1,2 milliard les pertes fiscales de la seule Confédération (plus celles des cantons et des communes), dues à son projet de troisième réforme, doit-on s'attendre à ce qu'elles soient en réalité de dix milliards ?

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16:16 Publié dans Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 avril 2016

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Un "NON" libérateur

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Le 28 février dernier, les Genevois et voises (de la Ville, puisqu'un Musée d'Art et d'Histoire n'intéresse pas le canton -au contraire du Grand Théâtre, plus décoratif sur une carte de visite politique) ont libéré le Conseil administratif, et même le MAH, d'un héritage pesant, et paralysant : le refus du projet Nouvel-Jucker de rénovation et d'extension du MAH a en effet quelque chose d'une libération en même temps que d'une remise des compteurs à zéro : on va enfin pouvoir procéder comme il aurait fallu le faire dès le départ : d'abord définir le contenu et le rôle du musée, et ensuite le contenant, le bâtiment. L'inverse de ce qui a été fait. Et ça tombe bien : le projet muséal, on l'a. Ou plutôt : on en a un -mais comme c'est le seul, c'est sur celui-là, quelque critique qu'on ait à lui faire, qu'on va pouvoir repartir. En somme, il fallait dire "non" d'abord (au projet Nouvel-Jucker) pour pouvoir, un jour, dire "oui" à un projet qui tienne la route, culturellement et politiquement, avant même que de satisfaire architecturalement et de rassurer financièrement.

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mardi, 12 avril 2016

Répartition des tâches entre les communes et le canton de Genève : "Désenchevêtrer", vraiment ?

ficelles.jpgUne réforme de la répartition des tâches entre le canton de Genève et les communes genevoise a été imposée par la nouvelle constitution cantonale et doit être achevée le 31 mai 2018. Elle est conduite en fonction d'une "feuille de route" faisant référence aux grands principes de "proximité, subsidiarité, transparence et efficacité", et selon une règle imposant que toute transfert de tâches est accompagné d'un transfert de ressources, via un "fonds de régulation" alimenté par le canton et les communes, chaque collectivité y versant ce que lui coûte la tâche qu'elle transfère à une autre collectivité. A la fin du processus, une "bascule fiscale" corrigera à la hausse ou à la baisse le montant des centimes additionnels (c'est-à-dire le niveau de l'impôt communal) pour arriver à une "neutralité globale" de l'exercice. Cette jolie mécanique pourrait fonctionner, si on ne tenait compte ni du contexte politique, ni des arrière-pensées des uns et des autres, ni des choix politiques majoritaires (en particulier de ceux du gouvernement et du parlement cantonaux). Or maintenant, on en arrive à un domaine qui est l'un des rares où, à Genève, les communes sont premières : la politique culturelle. Et là, on est plus dans le "désenchevêtrement", mais dans le marchandage.

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lundi, 11 avril 2016

Initiative "pro service public" : Un piège...

 Une initiative portant le titre alléchant (surtout pour la gauche) de "Pro service public" est soumise à la légendaire sagacité du peuple suisse (et des cantons) le 5 juin. Lancée par des journaux de consommateurs, elle charge le parlement de distinguer les "prestations de base" soumises à la loi, des autres prestations. La Confédération devrait s'abstenir de "viser de but lucratif" avec ses services publics, et de procéder grâce à eux à des "subventionnement croisés" en faveur d'autres entités publiques ou secteurs de l'administration -ce qui interdirait d'utiliser le produit des secteurs rentables pour compenser les pertes des secteurs non rentables, qui ne relèvent pas moins que les premiers du service public, et lui sont même souvent plus essentiels. Quant à l'interdiction de verser dans la caisse fédérale une part du bénéfice des entreprises publiques, elle aurait, si elle avait été en vigueur, privé celles-ci de près de 800 millions... Cette initiative est un piège coûteux et pervers : n'y tombons pas...

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vendredi, 08 avril 2016

Référendum contre la loi sur l'asile : Ni brun, ni rose : blanc ?

Balance-apothicaire-1850-avec-poids_2142.jpgComment dire "oui" à la loi sans dire "oui" à la politique qu'elle contient ? Et comment dire "non" à la loi sans que ce non ne fasse que compléter celui de l'UDC, qui ne refuse la loi que parce qu'elle en voudrait une pire encore : c'était, résumé, le dilemme en lequel mercredi soir les socialistes genevois se débattaient. Personne lors de l'assemblée générale du PS genevois n'a défendu la loi, dans son contenu. Et personne n'a ignoré non plus le risque qu'un "non" de gauche ne soit que l'appendice d'un "non" xénophobe. Ni rose Simonette, ni brun UDC, le PS genevois a décidé de se sortir de ce piège en appelant à voter blanc. Non pas à s'abstenir, mais à voter en ne votant ni pour une loi qui ne le mérite pas, ni pour un référendum qui le mérite encore moins.  Pendant la campagne référendaire, un "non" de gauche, pour les raisons exprimées notamment par Ueli Leuenberger, Nils de Dardel ou, lors de l'assemblée socialiste, Maurice Gardiol, est évidemment possible et légitime. Il ne faut que le rendre audible. Mais dans les urnes, le dimanche 5 juin, il n'y aura plus de "non" de gauche, il n'y aura que des "non " à une loi contre laquelle c'est l'UDC qui a lancé un référendum, pour le pire, pas la gauche, contre le pire. Malgré toutes les raisons que nous avions de le faire. C'est cette faiblesse, ou cette erreur, que nous payons aujourd'hui.

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17:34 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile | |  Facebook | | | |

jeudi, 07 avril 2016

Les socialistes genevois soutiennent l'initiative revenu de base inconditionnel

chut je rêve.jpgRBI : un "oui" socialiste

C'est sous le slogan "avec le RBI, je choisis ma vie" que les partisans de l'initiative proposant d'instaurer en Suisse un revenu de base inconditionnel vont faire campagne. Leur initiative n'est pour l'instant soutenue que par les Verts, quelques personnalités (dont Guy-Olivier Segond) et quelques élus fédéraux (19 conseillères nationales et conseillers nationaux, toutes et tous de gauche, dont les trois socialistes et la verte genevois-e ) et, depuis hier soir, par le Parti socialiste genevois. C'est peu. Mais c'est déjà cela. L'initiative est simple, et radicale : elle demande à la Confédération d'instaurer un revenu de base inconditionnel, à destination de toute la population permettant à chacun-e de vivre dignement. Elle ne précise ni le délai de concrétisation de sa revendication, ni le montant du RBI qu'elle propose, tous éléments de concrétisation qu'elle laisse à la responsabilité du parlement, comme il sied pour un principe constitutionnel. ça prendra du temps, comme pour l'AVS, mais le jeu en vaut la chandelle

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16:23 Publié dans Economie, votations | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : rbi, revenu minimum, revenu de base | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 avril 2016

Réforme de l'imposition des entreprise, version III : Référendum il y aura

digestion.jpgLe président du Parti socialiste suisse l'a annoncé le 31 mars : "ce n'est plus une menace mais un  fait", il y aura référendum contre la réforme de l'imposition des entreprise, troisième du genre. Pourquoi n'avoir pas attendu la fin des débats aux Chambres fédérales pour l'annoncer ? Parce qu'on sait déjà que la majorité de droite du parlement, en alignant les cadeaux fiscaux comme des noix sur un bâton, va rendre le coût de cette réforme insupportable pour les caisses publiques : fédérales, cantonales, municipales (celles des villes). La réforme est inévitable (c'est l'Union Européenne qui contraint la Suisse à modifier sa législation fiscale pour mettre toutes les entreprises sur pied d'égalité en abolissant les privilèges fiscaux accordés à certaines d'entre elles, étrangères. D'où d'ailleurs un léger ricanement de notre part à voir l'UDC appeler à exécuter un ordre de l'Union Européenne...),mais pas le prix dont la droite entend la faire payer. La "RIE III", c'est tout de même le plus gros cadeau fait au patronat (grand ou petit, mais le cadeau est d'autant plus gros que l'entreprise l'est...) depuis la fin de la Guerre Mondiale. Et on voudrait qu'il soit fait dans l'indifférence, sans résistance, sans débat, dans le "consensus" ? Pour qu'après la RIE III, on nous balance une RIE IV, puis une RIE V, et ainsi de suite romainement chiffrée jusqu'à la chute finale ?

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mardi, 05 avril 2016

"Panama Papers" : Quai des Brumes Offshore

Quai des Brumes2.jpgAu bout du Quai des Brumes de Carné et Prévert, il y a un rade minable où viennent s'échouer solitaires et paumés : un déserteur que suit un chien perdu, un peintre maudit qui malgré lui peint toujours les choses qui sont derrière les choses, une orpheline autour de qui rôdent quelques malfaisants. Ce rade, c'est celui de "Panama". Un rescapé d'on ne sait trop quoi, et de quelques fièvres reçues des bords du canal. Dans les pages de nos quotidiens, depuis hier, et pendant plusieurs jours encore, il y a un rapport sur 11 millions et demi de documents qui comme le peintre maudit, dépeignent les choses qui sont derrière les choses. Le fric qui est derrière les sociétés "offshore" et les potentats qui sont derrière ce fric. Et la Suisse, et Genève, qui sont au coeur de ce système. Dans le rade de "Panama", venaient s'échouer solitaires et paumés. Dans les "Panama Papers", on trouve des puissants, des célèbres, des bourrés de pognon, laissant les autres, les modestes, ceux qui ne peuvent se payer ni société "offshore" ni avocats d'affaire, payer à leur place les impôts auxquels ils échappent. Le "Quai des Brumes" pouvait faire pleurer. Les "Panama Papers" font vomir.

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15:19 Publié dans Economie, Fiscalité, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blanchiment, évasion fiscale, panama, paname papers | |  Facebook | | | |

lundi, 04 avril 2016

Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

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17:01 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 avril 2016

Ne plus penser à l'avenir, oublier le passé, ne plus avoir à l'esprit que le présent ?

Manifeste Incertain, Frédéric Pajak  L'ordre de ne plus penser qu'à rien

On  ne le connait pas personnellement, Frédéric Pajak. On le reprend, de son "Manifeste Incertain"*, sans lui demander son autorisation. Parce qu'on a aimé ce livre. Parce qu'en nous racontant Ezra Pound et Walter Benjamin, il nous dit d'où nous venons : "Nous sommes les héritiers malgré nous des idéologies du XXe siècle. Nous ressemblons à leurs pensionnaires hébétés, croupissant dans le déni de leurs illusions encore tièdes. Nous ne voulons rien accepter de ces croyances périmées, car nous savons assez le fléau qu'elles ont été, toutes sans exception -nationalistes, communistes, fascistes"... Nous disant d'où nous venons, Pajak nous dit où nous sommes, et quand il écrit de l'idéologie moderne qu'elle "omet sciemment le passé pour mieux se vautrer dans le présent", alors que les idéologies du XXe siècle "se sont acharnées à oublier le présent pour s'oublier dans l'avenir", il écrit d'une impasse, celle dans laquelle nous végétons. Ne plus penser à l'avenir, oublier le passé, ce à quoi l'"idéologie moderne" nous enjoint, c'est de ne plus avoir à l'esprit que le présent. Or il n'y a pas de présent. ll n'y a que le passé et l'avenir. Le présent n'est rien que le moment imperceptible où ce qui était de l'avenir devient, sans délai, du passé. Ne plus penser qu'au présent, c'est ne plus penser qu'à rien. C'est cela qu'on attend de nous ? C'est cela qu'il nous faut refuser.


*(Frédéric Pajak, Manifeste Incertain, Noir et Blanc, Lausanne, 2014)

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