vendredi, 01 avril 2016

Ne plus penser à l'avenir, oublier le passé, ne plus avoir à l'esprit que le présent ?

Manifeste Incertain, Frédéric Pajak  L'ordre de ne plus penser qu'à rien

On  ne le connait pas personnellement, Frédéric Pajak. On le reprend, de son "Manifeste Incertain"*, sans lui demander son autorisation. Parce qu'on a aimé ce livre. Parce qu'en nous racontant Ezra Pound et Walter Benjamin, il nous dit d'où nous venons : "Nous sommes les héritiers malgré nous des idéologies du XXe siècle. Nous ressemblons à leurs pensionnaires hébétés, croupissant dans le déni de leurs illusions encore tièdes. Nous ne voulons rien accepter de ces croyances périmées, car nous savons assez le fléau qu'elles ont été, toutes sans exception -nationalistes, communistes, fascistes"... Nous disant d'où nous venons, Pajak nous dit où nous sommes, et quand il écrit de l'idéologie moderne qu'elle "omet sciemment le passé pour mieux se vautrer dans le présent", alors que les idéologies du XXe siècle "se sont acharnées à oublier le présent pour s'oublier dans l'avenir", il écrit d'une impasse, celle dans laquelle nous végétons. Ne plus penser à l'avenir, oublier le passé, ce à quoi l'"idéologie moderne" nous enjoint, c'est de ne plus avoir à l'esprit que le présent. Or il n'y a pas de présent. ll n'y a que le passé et l'avenir. Le présent n'est rien que le moment imperceptible où ce qui était de l'avenir devient, sans délai, du passé. Ne plus penser qu'au présent, c'est ne plus penser qu'à rien. C'est cela qu'on attend de nous ? C'est cela qu'il nous faut refuser.


*(Frédéric Pajak, Manifeste Incertain, Noir et Blanc, Lausanne, 2014)



 "Rien de ce qui eut jamais lieu n'est perdu pour l'Histoire"

"Nous sommes les héritiers malgré nous des idéologies du XXe siècle. Nous ressemblons à leurs pensionnaires hébétés, croupissant dans le déni de leurs illusions encore tièdes. Nous ne voulons rien accepter de ces croyances périmées, car nous savons assez le fléau qu'elles ont été, toutes sans exception -nationalistes, communistes, fascistes.
De ce monceau de dogmes évanouis subsiste néanmoins une idéologie moderne. Sans se prévaloir des idéologies passées, elle en porte les traces, certaines manies, des habitudes ou des stratagèmes. Mais cette idéologie moderne se défend d'être une idéologie. Elle s'efforce de paraître débarrassée de tout ce qui constituait une idéologie, et elle sait faire illusion. A force de masques et de dénégations, elle parvient à faire douter de son existence. Nous pourrons l'arracher à son ombre pour la faire passer aux aveux; elle ne se déroberait pas. Même si elle disait haut et fort de quoi elle est faite, de quelles pensées inavouables, de quelle ambition, de quelle soif d'hégémonie, nous ne serions pas plus avancés. Car si cette idéologie ne se montre pas, c'est qu'elle n'en a pas besoin. Contrairement au christianisme, au communisme ou au fascisme, elle se dispense des pompes et de la terreur. Elle ne nous force ni à prier ni à nous taire. C'est qu'elle s'est insinuée partout, jusque dans les petites choses. Elle s'exprime par bribes, et dans le murmure. Elle ne paraît jamais d'un bloc, d'un visage. On ne l'identifie pas, ou mal. Elle tergiverse, finasse, se pare de la plus grande confusion possible. C'est dans le brouhaha qu'elle se sent chez elle.
Imperceptiblement, insidieusement, elle s'est mise dans notre langage, dans nos coutumes, dans nos jugements et dans notre façon d'appréhender la réalité, à commencer par l'Histoire. Or c'est précisément de cette Histoire, de ce mouvement entre passé, présent et avenir, que veut nous priver l'idéologie moderne.  Elle omet sciemment le passé pour mieux se vautrer dans le présent, un présent qui doit coûte que coûte faire oublier l'avenir. L'avenir, n'oublions pas que les idéologies du XXe siècle se sont acharnées à oublier le présent pour s'oublier dans la promesse d'un avenir, forcément meilleur, forcément radieux.


Aujourd'hui, l'avenir est avant tout une menace, un monde mauvais et périlleux qu'il faut ôter de notre esprit. Pour cela, il suffit de provoquer son oubli. Et, dès lors que l'avenir est oublié, on peut oublier le passé.
Mais on ne saurait faire disparaître complètement le passé. Il doit donc apparaître tel que le présent puisse le supporter : un passé éloigné, flou, fait de perruques royales, de victoires navales, de conquêtes triomphales. Il ne doit en rester que des dates magistrales, des batailles héroïques et des splendeurs muséifiées. C'est par ce travestissement du passé et ce rejet de l'avenir que l'idéologie moderne se constitue et agit comme une idéologie. Elle procède avec une violence tout en raffinement, sans jamais avouer sa besogne qui consiste à abolir systématiquement le mouvement de l'Histoire. C'est une technique d'aveuglement, une technique qui a fait ses preuves. C'est désormais en aveugles que nous appréhendons le monde. Nous sommes dans une étrange nuit, une nuit qui ne commence pas et ne finit pas, puisqu'elle n'a ni passé ni avenir. Et dans cette nuit, nous sommes comme suspendus dans le présent. Mieux : nous nous y réfugions, comme dans un cocon.
Mais dans ce temps suspendu, dans ce présent glacé, une infime lueur vient brouiller la nuit bien ordonnée. Lueur faite d'incertitude, de contradiction, de paradoxe. Elle n'appelle pas à un espoir béat du lendemain, et pour autant elle ne s'oppose pas au lendemain : le lendemain tient toujours sa promesse d'incertitude. L'avenir, on ne peut que le rêver, et le rêver conduit à mieux rêver le passé, un passé qu'il ne s'agit pas pour autant de magnifier. Il faut le craindre, et le critiquer sans ménagement. Il faut le convoquer sans répit. Et c'est paradoxalement par les tragédies du passé, par ses heures sombres, que le présent s'éclaire.


Benjamin l'a remarqué : "Rien de ce qui eut jamais lieu n'est perdu pour l'Histoire". Mais l'Histoire ne consiste pas en une succession d'événements. Il ne s'agit pas de savoir comment les choses se sont passées. Il s'agit de réveiller les morts, tous les morts, sans exception. Il faut entendre la voix de ce qu'on a fait taire, la voix des misérables, des anonymes, des exclus de l'Histoire officielle. Seules ces voix retrouvées donneront une réalité au présent. Elles en sont le garant invisible et muet.
La voix des maîtres et des vainqueurs meurt dans le silence des vaincus. L'Histoire officielle qui est la leur, cette Histoire de la "putain il était une fois" -dit Benjamin- est une Histoire sans habitants, une Histoire des absents. Il y manque le corps, la chair, la substance."

Frédéric Pajak, Manifeste Incertain, Noir et Blanc, Lausanne, 2014

16:57 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : manifeste incertain, frédéric pajak | |  Facebook | | | |

Commentaires

Comme l'eut écrit le redbaron "Mais qui est donc ce nous?" Frédéric Pajak -que certains de nos membres Abrutis connaissent un peu, avouons nous le à vous- et vous Pascal Hollenweg utilisez ce nous. Donc il s'agit de vous, pas de nous! Nous ne nous reconnaissons pas dans cette description, n'ayant jamais donné dans les pièges décrits ici, même ce clafoutis passé au mixer de Benjamin, Pound, etc., spécialité éditoriale du Frédérik "incertain".
Et nous nous étonnons de vous voir admettre tout ça! Retour de la confession de type catholique? Ou de l'autocritique sans permis? C'est à vous de voir, car ceci ne nous regarde pas, nous n'exigeons pas de réponses à nos questions, nous ne faisons que les poser!
Bravo Ânes-Abrutis, combien de nous avons-nous laissés, abandonner ici?
Certes définir c'est limiter... Mais dans la lutte politique, qui comme écrit Clausewitz...
Il est important de définir le but, les moyens, mais aussi de définir clairement l'adversaire, et les alliés ou amis.
Ce "nous", est accusateur, culpabilisant, généraliste, inutile car de qui parle-t-on? Tous dans le même sac?
Les insurgés du Chiapas avec le forum de Davos, par ex.? Un seul exemple suffit. Il y en aurait tant!
Quant à nous, nous sommes la somme de plusieurs Je, égocentriques, mais en expension.
Ps: Et si d'aventure un de nos membres interrogé sur QUI est le trio quatuor, pressé, sommés parfois, lorsque nous billetions sur les blogs de 24 heures, chacun répondait qu'IL était le Trio. Certes un seul, connu de tous les services, risquait les sévices, en ouvrant le blog.

Écrit par : Trio-Octet In inferno | dimanche, 03 avril 2016

"Nous", en effet, ce n'est pas "on". "Nous", c'est qui parle (ou écrit). Et nul n'est tenu de se sentir impliqué dans ce "nous" qui parle...

Écrit par : Pascal Holenweg | dimanche, 03 avril 2016

"Il ne s'agit pas de savoir comment les choses se sont passées." Pourtant si. Et c'est seulement en essayant de comprendre ce qui s'est passé qu'on peut essayer d'influer sur le présent. Sans beaucoup de succès, il est vrai. Il y a encore aujourd'hui des gens qui croient que W.Bush est allé sauver le peuple irakien de son méchant dictateur Saddam Hussein lors de la GW II...
En fait, passé, présent et futur sont régis par une loi qui supplante largement les autres : la raison du plus fort, quelle que soit la forme qu'elle prend...

Écrit par : Géo | dimanche, 03 avril 2016

Du présent faisons table rase.
à un présent qui se conjugue comme un passé décomposé , enquêtes -investigations - analyses , il faut lui substituer un immédiat synonyme de "flash" "Breaking News"
avec ses soldats "embedded" dans l'action mais forcément en attente d'un "développement" d'un projet en devenir .
suspendus , entre un non- évènement, et un "fait" dans un grand nulle part , ainsi va la vie à notre connaissance.

Écrit par : briand | dimanche, 03 avril 2016

Reprenons -avec humour- car même Abrutis Les Ânes c'est connu sont têtu comme une mule. Voilà par ex. et par hasard un forme d'écrit typique! LES ânes têtus comme UNE mule!
Le lecteur y retrouve NOTRE nous, et nous appelons chez lui un réflexe pavlovien de dicton. Mais les mules sont-elles têtues? Qui le sait? ON nous l'a dit, sous forme dictatoire -diktaton, chez rb-, et NOUS-nous- l'avons crûs, mais ceux qui ne l'ont pas crus?
Si nous nous élevons contre ce collectivisme forcé de la pense, c'est parce qu'il est présent partout! Il s'agit d'un trope -voir notre billet sur le blog-
Ainsi dans les médias "Tout le monde à peur/se réjouït de/ fête la victoire de/" est équivalent au "Nous"... Mais... "Tout le monde" est-il psychologiquement tels que décrit?
Certes, vous le dite personne n'est tenu de s'impliquer dans ce "Nous" qui parle, ou écrit. Mais ce n'est pas aussi simple, si toute la "mise en scène" créée autour sert le sujet, et serre celui à qui Nous/On s'adresse... Tentant ainsi d'infléchir sa pensée. (Alors vu du point de vue de Clausewitz, Machiavel, ce serait là guerre psychologique?)

On est ch..t hein? A découper le concombre en lamelles!

Mais justement, la force du Nous/On/Tout le monde, est tellement impliquante, -plus que le Je- que s'en sont toujours servis les pouvoirs dénoncés dans le texte de Pajak. Voyez-vous Hitler, Staline etc., accomplir ce qu'ils ont accomplis, sans passer par le Nous... ou sa (toutes) forme dérivée "Allemands" pour Hitler/Mussolini, "Union soviétique" "Soviet suprême", pour Staline, etc.etc.
C'est justement ce "nous", ce "on", qui représente TOUT LE MONDE, ou tout fidèle, qui EST la tromperie de l'idéologie, puis de l'idéologie de la contre idéologie, etc. ad aeternum!
Nous aussi allons l'utiliser, cet outil de manipulation et évidemment à bon escient! Lecteur, chaque fois que dans le journal, le poste, etc. on te causera de tout le monde ou de toi mais en nous, pose-toi la question de savoir si tu en FAIS PARTIE!

Écrit par : Trio-Octet In inferno | mardi, 05 avril 2016

Bien, voilà encore un. Le Trio-Octet ne trouve pas votre texte ou celui de Pajak inintéresant. Cependant il manque quelque chose, qui interpelle le Trio.
Un exemple, un seul promis... Dans la première citation, il manque pour le Trio, un mot, un adjectif, une mise en perspective, importante pour contenter le ânes que nous sommes...
Les mots détournement, manipulation ou synonymes... Par exemple pour le communisme, détournement d'idéaux généreux en idéologies, confiscation des volontés de chacun par et pour un parti.
Manipulation pour le nazisme et le fascisme, qui emprunte au socialisme sa base, la nationalise, mais n'attaque jamais les fondements de la misère sociale, et abuse le peuple.
Enfin dans le présent, les mêmes forces agissent, mais par dissimulation, falsification, et généralisation de l'idée de "complot", comme si gouverner n'était pas comploter.

Écrit par : Trio-Octet In inferno | mardi, 05 avril 2016

Eh oui, c'est encore le Trio-quatuor..."Plaidoyer pour le NOUS en politique, extrait: "Pierre Laurent affirme, sur les réseaux sociaux, vouloir s’extraire de la logique du « J’ai changé, je suis meilleur, je suis l’homme ou la femme de la situation » : « J’ai choisi de parler de NOUS. Nous, les 99 %, nous qui formons la masse, le peuple, à qui les “1 %” veulent dicter leur loi. (…) Ces 1 % dont je dévoile le système sur lequel repose leur pouvoir, pour mieux l’affronter et le dépasser. Encore faut-il que nous ayons confiance en nous et en notre capacité à reprendre le pouvoir »."
Ben oui, le Trio-Octet ce quarteron d'Ânes lit parfois CA:
http://www.humanite.fr/99-plaidoyer-pour-le-nous-en-politique-603913

Écrit par : Trio-Octet In inferno | vendredi, 08 avril 2016

A propos de ceci :
"C'est justement ce "nous", ce "on", qui représente TOUT LE MONDE, ou tout fidèle, qui EST la tromperie de l'idéologie, puis de l'idéologie de la contre idéologie, etc. ad aeternum!"

C.G Jung, 1945, Aspects du drame contemporain
(Article paru dans la « Neue Schweizer Rundschau »)

« Les événements qui se sont déroulés en Allemagne et la dévastation morale de toute une génération d’un peuple qui compte 80 millions d’habitants constituent pour tout Européen un rude coup. On pouvait jadis reléguer de telles horreurs dans la lointaine Asie… Qu’un membre de la famille culturelle européenne ait pu en arriver aux camps de concentration, jette sur tous les autres une lumière troublante. Car enfin, qui sommes –nous pour nous imaginer qu’une chose pareille soit absolument impossible chez nous ? Multiplions pour un instant la population suisse par vingt, et nous voilà 80 millions d’âmes. Du même coup, l’intelligence de notre opinion publique et notre morale civique s’en trouveraient divisées d’autant, en raison de l’influence catastrophique qu’a, au point de vue spirituel et moral, toute accumulation grégaire, toute agglutination en masses.

Cela est la base même des crimes collectifs, et il ne faut rien moins qu'un miracle qu'il ne s'en produise point. Croyons-nous sérieusement que nous en aurions été préservés, nous qui avons parmi nous bon nombre de traîtres et de psychopathes politiques ?
Avec horreur nous avons pris conscience de tout ce dont l'homme est capable et de ce dont nous aurions été capables aussi. Depuis lors, un affreux doute en l'humanité nous tenaille, en cette humanité dont nous sommes faits et dont nous sommes une parcelle. Certes pareille dégénérescence suppose la réalisation de certaines conditions préalables, dont la principale est l'accumulation de masses citadines, industrialisées, c'est-à-dire occupées à des travaux spécialisés et monotones, masses humaines déracinées qui ont perdu les instincts les plus sains, jusqu'à l'instinct de conservation.

En effet, dans la mesure où l'on attend de l'Etat protection et sollicitude, l'instinct de conservation se perd, ce qui est un symptôme alarmant. Tout attendre de l’Etat,cela signifie qu’on attend tout des « autres » au lieu de compter sur soi. Chacun s’appuie sur l’autre, dans un faux sentiment de sécurité. Car pour être dix mille à s’accrocher les uns aux autres, on n’en est pas moins suspendu dans les airs, avec la seule différence que l’on ne ressent plus l’insécurité qui vous entoure. Compter toujours davantage sur la protection de l’Etat n’est pas de bon augure, car cela signifie que le peuple est en train de se transformer en un troupeau de moutons, qui escomptent toujourd que les bergers les conduiront sur de gras pâturages. Mais bientôt la houlette devient règle de fer et les bergers se changent en loups. Ce fut un spectacle pénible que d’assister au soupir de soulagement que poussa l’Allemagne tout entière lorsqu’un psychopathe atteint de la folie des grandeurs lui déclara : « Je prends sur moi l’entière responsabilité ». Quiconque a encore en apanage un instinct de conservation intact sent parfaitement que seul un imposteur peut prétendre vouloir le soulager de toute sa responsabilité. Un homme sain d’esprit songera-t-il à prendre la responsabilité de l’existence d’autrui ? Quiconque promet tout ne tiendra rien, et quiconque promet trop court le danger d’en venir aux expédients pour tenir ses promesses, ce qui le met sur la pente de la catastrophe. L’extension continuelle de la prévoyance étatisante est, certes, en un sens très belle, mais elle donne d’autre part fort à penser, car elle escamote la responsabilité individuelle et produit des caractères infantiles et moutonniers. Elle s’accompagne en outre du danger que les gens irresponsables n’exploitent finalement les hommes capables, comme cela s’est produit en Allemagne sur une vaste échelle. Il faut veiller, coûte que coûte, à ce que soit préservé l’instinct de conservation du citoyen ; car l’homme privé des racines nourricières de ses instincts devient la proie des vents. Il n’est plus qu’un animal malade, démoralisé et dégénéré, et ce n’est qu’à travers une catastrophe qu’il a une chance de recouvrer la santé."

Bien entendu, Jung n'était qu'un sale réactionnaire. La preuve : il était major à l'armée, alors vous pensez, Mme Michu...

Écrit par : Géo | vendredi, 08 avril 2016

Si, dans sa logique trinitaire et schizophrène, le Trio est bien légitimé à parler de "nous", dans le cas de Pascal Holenweg, je soupçonne une réticence, une certaine pudeur, à parler de "je". Sinon, il faudrait envisager l'inverse, soit le principe royal.

Bon, allez, pour la route, je vous propose une strophe du poème "Sempiternam" de mon regretté père, Hermann Jenni.

"En mouvante limite, qui n'a point d'existence,
Du Passé, le Présent, sépare le Futur.
Et le Temps qui mesure, des Mondes l'Aventure,
Devant l'Eternité n'a plus de consistance."

Écrit par : Pierre Jenni | vendredi, 08 avril 2016

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