• Pompe à phynance genevoise : Les comptes sont bons, le budget est mort

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    pompe à phynance.jpg

    Des comptes 2015 légèrement déficitaires (de 21 millions) alors que le Conseil d'Etat les annonçait calamiteux (avec un déficit de plus de 200 millions), une caisse de pension du personnel de l'Etat lourdement re-provisionnée, et pas de budget 2016 : la pompe à phynance genevoise fonctionne comme celle du Père Ubu : pataphysiquement. Certes, ne pas avoir de budget n'empêche pas l'Etat de fonctionner. D'ailleurs, en vingt ans, Genève s'est retrouvée six fois dans cette situation, et n'en est pas morte. Il vaut sans doute mieux se passer de budget que se faire imposer un budget inepte... Genève n'a pas de budget ? Elle s'en passera. Elle a un Conseil d'Etat ? Elle pourrait tout aussi bien s'en passer aussi. D'ailleurs, ne s'en passe-t-elle pas déjà ?

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  • Initiative pour un revenu de base inconditionnel : Oui au travail. Mais choisi.

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    Le 5 juin prochain, pour la première fois au monde, un pays votera par référendum sur l'introduction (ou non) d'un revenu minimum garanti (un "revenu de base inconditionnel"). Et on a de la chance : ce pays, c'est le nôtre (voir sur http://rbi-oui.ch/).  Nous sommes, ici, pour le revenu de base comme nous le sommes pour la gratuité des transports publics, la gratuité de l'éducation, la gratuité des soins. La gratuité en général. Quand l'espace public tend à ne plus être qu'un appendice de l'espace privé colonisé par la marchandise, la gratuité (l'inconditionnalité du revenu de base est en effet une forme de gratuité, puisqu'on ne demandera rien en échange de ce revenu à celles et ceux qui le recevront) y réinstalle de la solidarité et des droits, en y chassant le marché, et en redonnant leur sens aux mots : le revenu de base permet de traduire fort justement "travail salarié" par "temps de travail vendu", de substituer à ce travail vendu un travail choisi et de sortir de l'assistance celles et ceux que le prix payé à leur temps de travail ne permet pas de vivre décemment. Le Revenu de base inconditionnel ? On votera "oui"

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    Lien permanent Catégories : Travail, votations 6 commentaires
  • Révision de la loi sur l'asile : dilemme...

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    asile, droit d'asile, réfugiésQue faire d'une loi qui nous déplaît, combattue par qui nous déplaît plus encore ? C'est le dilemme de la gauche suisse face à la révision de la loi sur l'asile, combattue par l'UDC, mais soutenue par les villes, les cantons, le Conseil fédéral et la majorité du parlement, coalisés pour la promouvoir.  La dernière votation fédérale sur une question liée au droit d'asile date de trois ans et s'était soldée par une lourde défaite de la gauche : en juin 2013, plus des trois quarts des votantes et tants acceptaient des mesures urgentes que nous combattions. Cette année, c'est l'UDC et ses satellites qui combattent la révision proposée. Pour deux raisons principales : l'octroi d'une assistance juridique gratuite aux requérants, et la possibilité d'exproprier des particuliers ou des communes pour créer des centres d'accueil, si la situation l'exige (une possibilité qui cependant existe déjà, et n'a encore jamais été utilisée). Dire "oui" à une loi qu'en d'autres temps nous aurions reprouvée, ou "non" comme le disent des forces qu'en ce temps nous combattons et qui nous combattent ?

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  • Un foulard, des morts, un fantôme, des zombies... Et Dieu, dans tout ça ?

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    Joyeuses Pâques !

    C'est Pâques, on va donc prêcher : On était paisiblement en train de s'anathémiser entre amis dans notre coin de gauche de notre coin de pays pour une histoire de foulard et de définitions de la laïcité, quand nous ont rattrapés les massacres de Bruxelles.  Eh oui, l'histoire est tragique ! Sinon elle ne serait pas l'histoire. Et ceux qui en nient le tragique ne font que nier l'histoire. Et se nier eux-mêmes en tant qu'ils en sont le produit. Alors voilà, on arrive aux Pâques chrétiennes. Et on y arrive avec nos débats folkloriques locaux, et le tragique de l'histoire qui vient les recouvrir de trente linceuls. Et derrière ces débats et ces linceuls, un fantôme : celui de Dieu. Et des zombies : quelques uns de ses fidèles. Les pires, sans doute. Mais pas si neufs dans leur nuisance qu'on voudrait bien les dépeindre.

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  • Bruxelles : "Ni rire, ni pleurer, mais comprendre" ? Il en a de bonnes, Spinoza

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    Je suis belge.JPG

    Ce fut, par Daech ou la Qaeda, la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, les Etats-Unis, la Russie, le Mali, le Burkina Faso et bien d'autres. C'est la Belgique. Rien ne dit que ce ne sera pas un jour la Suisse. Parce que rien n'est plus facile à commettre qu'un attentat du genre de ceux commis hier à Bruxelles : on a besoin d'explosif, de kalach', et d'un ou plusieurs abrutis prêts à se faire sauter en tuant, mutilant, blessant un maximum de personnes, sans distinction entre elles. Et tout cela se trouve sans grand effort. Et on se retrouve devant nos télés ou nos ordinateurs à contempler les images d'un carnage : ce n'est pas encore nous qu'on a visé, ce n'est pas encore chez nous qu'on a tué.

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    Lien permanent Catégories : Monde, terrorisme 5 commentaires
  • Plébiscite vaudois, palinodies genevoises

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    "RIE III" version vaudoise : Brouillard et Malice gagnent à 87 %
     
    A la soviétique, à la bulgare, à la roumaine ou à l'albanaise ? Les Conseillers d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard et Pascal Broulis ont fait adopter par plus de 87 % des votants (avec un taux d'abstention de 65 %, il est vrai) leur réforme de l'imposition des entreprise, le volet vaudois d'une réforme fédérale sur laquelle droite et gauche joutent férocement au Parlement fédéral. Leur projet était contesté par un référendum lancé par la gauche de la gauche, et soutenu par la Jeunesse socialiste et les syndicats de la fonction publique. Elle est donc passée. Et à Genève ? Au plébiscite vaudois répondent les palinodies genevoises : des promesses de "discussions", faites par un Conseil d'Etat qui ne semble pas vouloir négocier grand chose. Mais à gauche, on a à Genève deux avantages sur nos camarades vaudois : d'abord celui de ne pas avoir à faire l'effort de lancer un référendum si le projet final ne nous convient pas, puisque dans la capitale mondiale du monde mondial le référendum est obligatoire sur les modifications des lois fiscales. Et ensuite, de ne pas avoir de Grand Chef à suivre benoîtement quand il dit où aller (
    Ni Dieu, ni César, ni tribun, socialistes, sauvons-nous nous mêmes, l'impôt va changer de base, ils ne paient rien, ils paieront tout...)...

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  • "Touchez pas au Plaza" : Frémissements...

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    Je suis Le Plaza.JPGOn vous reparle du sauvetage de la plus belle salle de cinéma genevoise, en déshérence depuis des lustres : le Plaza. Parce qu'il y a du nouveau. Oh, pas un bouleversement, pas un renversement de situation, non, mais des frémissements. Les auteurs des recours individuels contre l'autorisation de démolir la salle (sous réserve de la délivrance d'une autorisation de construire le souk que les propriétaires projettent à sa place) ont bien été déboutés, par dénégation de la qualité pour agir, mais un recours reste pendant, celui de la Société suisse des architectes, section de Genève, à qui la qualité pour agir peut difficilement être niée. Et puis, les défenseurs de la salle ont présenté il y a deux semaines un projet de "quartier culturel" dont le Plaza, en tant que salle de cinéma, serait le centre, et des messages indirects et informels de quelques autorités leur sont parvenus selon lesquels si un projet culturel était avancé à partir du Plaza cinéma, leur position (soit l'autorisation de démolir, conditionnée à une autorisation de construire) pourrait être revue dans le sens de la préservation de la salle. La rénovation réussie, par la Ville, de l'Alhambra  prouve d'ailleurs qu'on peut parfaitement réhabiliter et adapter une salle de cinéma historique (même plus ancienne que le Plaza) à une fonction culturelle plus large et plus polyvalente, sans attenter à sa structure et à sa qualité architecturale. C'est d'ailleurs ce que la Ville de Lausanne entend faire de sa salle du Capitole...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève 1 commentaire
  • Au prétextes de quelques querelles intestines

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    subversionSemer des graines de désordre

    Quelques péripéties dans quelques formations de gauche locales, quelques désordres dans le champ politique genevois, quelques exclusions, quelques exorcismes, peuvent à la fois égayer les encore longues soirées de fin d'hiver, et inciter à se demander à quoi rime, à quoi sert, d'être dans un parti politique (ou une coialition d'organisations politiques), et ce que nous pouvons y faire sans nous défaire de nos libertés et de nos volontés inividuelles d'agir. Semer des graines de désordre, et attendre de voir ce qui en pousse : rien n'est peut-être plus utile dans le paysage politique en lequel nous figurons. Mettez derrière ce "nous" ce que vous voulez, et qui vous voulez : peut-être n'est-ce qu'un pluriel de majesté, peut-être est-ce une connivence, peut-être est-ce une conspiration. Allez savoir...  

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  • Vers l'égalité des droits entre homos et hétéros ?

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    mariage pour tous.jpgA petits pas comptés...

    Le 28 février dernier, les votantes et tants ont repoussé, à une très faible majorité, une initiative démocrate-chrétienne à l'intitulé alléchant (il s'agissait d'équité fiscale), mais au contenu plombé par une référence explicite et normative au mariage dans sa conception traditionnelle, et donc forcément hétérosexuel, ce qui aurait, si l'initiative avait été acceptée, inscrit cette référence dans la constitution fédérale et fermé la porte à toute modification de la loi accordant également aux homosexuel-les le droit de se marier. Cette casserole sociétale traînée par l'initiative démo-chrétienne n'a sans doute pas été le premier motif de son refus (elle était également coûteuse pour les finances publiques, et socialement injuste puisqu'elle favorisait les couples mariés à hauts revenus. Mais si le PDC n'avait pas commis la maladresse (et cédé à ses réflexes conservateurs) en produisant un texte mélangeant réforme fiscale et blocage sociétal, ce texte aurait sans doute obtenu la double majorité nécessaire à son adoption. Son refus rend désormais possible une évolution de la conception même du mariage, vers le "mariage pour tous". Du moins pour tous ceux et toutes celles qui tiennent à se marier... et le parlement fédéral commence, à petit pas comptés, par réalisme, à prendre ce chemin, au grand désespoir des conservateurs.

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    Lien permanent Catégories : Famille 4 commentaires
  • Amanuel : un cas exemplaire

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    droit d'asileL'air pourri du temps
    Il était quatre heures du matin, vendredi dernier, lorsque les policiers ont fait irruption dans le logement d'Amanuel G, de son épouse Shishay, enceinte de cinq mois, et de leurs deux petites filles, pour emmener le père, menotté, et l'expulser vers l'Italie sans lui laisser le temps de préparer ses affaires et de dire au revoir à sa famille, sans même autoriser se femme à lui parler en tigrinya, leur langue. Beautés des "renvois Dublin".
    "Un renvoi inhumain et incompréhensible", dénonce le Centre social Protestant. Inhumain, certainement. Incompréhensible ? Exemplaire, plutôt : de l'air pourri du temps, en tout cas. En Allemagne, l'extrême-droite xénophobe (pardonnez le pléonasme) a fait un carton aux élections régionales...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 4 commentaires
  • Epurons en rond (et ron petit patapon)...

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    Cause toujours.jpgDe la discipline et de la cohérence politiques

    Deux députés d'"Ensemble à Gauche" exclus des commissions du Grand Conseil pour avoir voté contre le mot d'ordre de leur groupe, une députée UDC exclue (en son  absence) de son groupe pour avoir été élue première Vice-présidente du Grand Conseil (elle en était déjà la deuxième vice-présidente) contre le candidat de son parti, trois conseillers municipaux socialistes menacés de sanctions pour avoir appelé à voter "Non" au projet de rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire soutenu par le PS, une conseillère municipale d'"Ensemble à Gauche" se drapant d'un foulard pour marquer son opposition aux positions défendues par un conseiller municipal du même groupe : les parlements genevois ont au moins réussi un exercice, ces derniers jours : illustrer la difficulté de concilier la cohérence individuelle et la discipline collective. Et, au passage, de confirmer ce que l'on savait déjà : que si la discipline fait parait-il la force des armées, elle ne fait pas l'intelligence des organisations politiques. Et même pas toujours leur efficacité.

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  • La laïcité par et pour les nuls

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    feminisme.jpgQue voile le voile ?

    Surfant sur un épisode parfaitement marginal et insignifiant (une employée de la Ville ayant porté un voile supposé "islamique" pendant son temps de travail), le PLR de la Ville de Genève a déposé au Conseil municipal, en invoquant le principe de laïcité (et sans avoir consulté le moins du monde les représentants de ce personnel, ce qui en dit plus sur la conception radelibe du "dialogue social" que sur sa compréhension du principe de laïcité) une proposition de modification du statut du personnel de la Ville, imposant à ses membres de s'abstenir de "signaler leur appartenance religieuse par des propos ou des signes extérieurs lorsqu'ils sont en contact avec le public". On souhaite bonne chance à celles et ceux qui auraient à faire appliquer cette disposition (qui n'a finalement pas été votée, la proposition ayant été renvoyée en commission après l'un de ces épisode dont nous avons à Genève le secret), voire à sanctionner ceux et celles qui ne l'auraient pas respectées : ce voile est-il un signe religieux ou social ? Porter une croix ou d'une étoile de David autour du cou, est-ce signaler son appartenance religieuse par un signe extérieur ? Et souhaiter Joyeuses Pâques, ou Joyeux Noël, signaler son appartenance religieuse par un propos ? Disons en tout cas que la laïcité, comme principe institutionnel (et désormais constitutionnel) mérite mieux que ce à quoi on est en train de la réduire... et de la voiler...
         

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  • 8 mars : Une journée internationale de qui et de quoi ?

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    LA femme ? non : LES femmes...

    L'a-t-on assez entendu, ces jours derniers, cette annonce que ce 8 mars était le "jour de la femme"... On commencera donc par rappeler que nous célébrons aujourd'hui la Journée Internationale DES droits DES femmes, non la journée de LA Femme. De la femme essentielle, ontologique, fantasmatique. Ce jour n'est pas le jour de la femme en soi, il est le jour de la femme pour soi. De la femme réelle dans le monde réel. Et le jour de ses droits, conquis et non concédés. Le jour d'un combat pour l'égalité -pas une égalité éthérée, rhétorique, mais une égalité concrète, à ras le terrain social. Et là où elle peut faire mal. Et pas dans la "moitié du ciel", mais sur la totalité de la terre... En Suisse, par exemple, où les femmes sont majoritaires dans la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté, où les inégalités salariales persistent (les femmes sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes, et jusqu'à 30 % de moins dans des secteurs à hauts salaires), vingt ans après l'adoption d'une loi sur l'égalité salariale. En Suisse, par exemple, où une femme sur cinq est victime de violences de la part de son compagnon (voire de sa compagne). En Suisse et partout ailleurs dans le monde, où les femmes effectuent la majeure partie du travail effectué dans la société, et la plus majeure encore partie du travail non rémunéré.

    A Genève, rendez-vous (pour celles et ceusses qui ne pioncent pas jusqu'à des heures que la morale militante réprouve) à midi, place Bel-Air, pour rappeler aux passantes et aux passants qui passent en quel jour et quel monde ils vivent...

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  • Le cinéma Plaza n'est pas encore mort

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    Je suis Le Plaza.JPGLe Plaza, comme le Capitole ?

    Le cinéma Plaza n'est pas encore mort. Et s'il devait mourir, ce ne serait pas de sa belle mort, mais d'avoir été tué. Délibérément. Par ceux qui veulent le détruire, et ceux qui ne veulent rien faire pour les en empêcher. Contre l'autorisation donnée par le Conseil d'Etat de démolir cette splendide salle, il reste un recours pendant devant le Tribunal administratif de première instance (les autres ont été déboutés) : le recours de la Fédération des architectes suisses (FAS), qui avait déjà été active dans le sauvetage de la salle du Manhattan, et pour qui il ne s'agit pas seulement de sauver un bâtiment ou une salle, "mais aussi une spatialité, celle des années 50, et avec elle l'optimisme de l'après-guerre". La FAS, qui demande au Conseil d'Etat de "reclasser la salle" (classée en 2004 mais déclassée en 2007 sur pression des propriétaires), demande notamment la nomination d'un expert indépendant pour produire une contre-expertise (il n'y en a jamais eu...) à celles, de pure opportunité, commanditées par les propriétaires pour conforter leur volonté de détruire la salle. Enfin, le directeur de la Cinémathèque suisse, Frédéric Maire, a apporté son soutien à la lutte pour le sauvetage du Plaza, en s'appuyant sur l'expérience du sauvetage de la salle lausannoise du Capitole. Bref : le Plaza bouge encore...

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  • Genève : un référendum gagné, deux référendums perdus

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    Enjeux sacrifiés ?
    La gauche politique, syndicale et sociale genevoise avait lancé trois référendums (qui avaient abouti tous les trois) contre trois mesures d'"économies" votées par le parlement cantonal, sur proposition du Conseil d'Etat. Trois mesures consistant toutes les trois à ponctionner soit les retraités et les invalides, soit les locataires, soit les assurés contre la maladie. Seule l'une des trois a finalement été refusée (par 56 % des suffrages) par les citoyens et yennes, celle réduisant les prestations complémentaires à la rente AVS. Les deux autres, celle réduisant les subsides à l'assurance-maladie et celle réduisant l'aide au logement, ont été acceptées par des majorités si étriquées (50,3 % et 52 %) que le regret de ne pas s'être suffisamment mobilisé pour les combattre, et les combattre unitairement, mous tenaille : ces enjeux n'ont ils pas été sacrifiés, sans qu'il y ait à cela le moindre calcul, au profit de l'un ou l'autre objet de la dizaine qui était soumise au vote, dimanche dernier ?

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  • Pas d'interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires, mais...

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    nord-sud.jpgDeux Suisses sur cinq...

     L'ultime sondage GFS-SSR accordait à l'initiative socialiste contre la spéculation sur les denrées alimentaires le soutien de 31 % des personnes interrogées (mais avec un quart de l''échantillon qui n'avait pas encore pris position). Au final, l'initiative, qui avait reçu le soutien, outre celui, naturel, de toute la gauche politique, de plusieurs dizaines d'organisations et de mouvements environnementaux, de solidarité internationale, et de syndicats, y compris du syndicat paysan Uniterre, a obtenu plus de 40 % des suffrages, a été acceptée dans deux cantons (Jura et Bâle-Ville), et n'a été repoussée à Genève, capitale mondiale du négoce céréalier, "que" par 54 % des votantes et tants. Ni les initiants (la Jeunesse Socialiste), ni leurs soutiens ne s'attendaient à un tel score : deux suisses sur cinq favorables à leur proposition anticapitaliste et altermondialiste...

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  • MAH : Du bon usage d'un refus

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    MAH, musée d'art et d'histoireDa capo !

    Par 54,3 % des votants (on avait parié sur une proportion encore plus forte), le peuple municipal de Genève a donc refusé le projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire. Le vote n'était que municipal -aurait-il été cantonal que le "oui" aurait peut-être gagné (comme il a gagné dans les arrondissements de droite de la Ville), encore qu'on ne puisse en jurer. Pas plus qu'on ne puisse jurer, même si on en est persuadé, que si la rénovation et l'extension du musée avaient été dissociées au lieu que d'être liées dans un seul vote, la rénovation aurait été acceptée -peut-être même sans vote populaire, parce que sans référendum. Reste que refus il y a eu. Et qu'il y en a un bon usage possible : il rouvre le débat que l'acceptation du projet aurait fermée, avant même qu'il ait réellement commencé. Non le débat sur le coût du projet, l'odeur de l'argent privé qui contribuait à le financer, ni même le débat patrimonial, mais le débat sur le rôle du musée, sa place dans le dispositif culturel genevois. Et même le débat sur un nouveau musée, ailleurs. Parce que le musée ne doit pas être prisonnier de son bâtiment et que peu nous importe au fond le sort du bâtiment Camoletti : il n'est pas le musée, mais son enveloppe...

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