jeudi, 25 février 2016

Caserne des Vernets : ce n'est pas l'armée qui s'y accroche...


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 On allait voter sur la prise en charge financière, par Genève, d'une partie du déménagement de l'armée suisse de la caserne des Vernets, sans même avoir pu lire la convention qui lie le canton à l'armée depuis 2006, ni l'accord passé six ans plus tard entre le canton et l'armée pour que le premier paie le départ de la seconde.  Le Département du capitaine Maudet (s'il est toujours capitaine et n'a pas gradé) a finalement publié sur son site internet les deux documents, en affirmant qu'il avait toujours été prêt à le faire. Admettons. Mais alors pourquoi diable a-t-il alors fallu que le Groupe pour une Suisse sans armée s'adresse au préposé à l'information du public, et menace de contester en justice le résultat de la votation de dimanche, pour que cette publication se fasse ? Les documents ont été publiés. Fort bien. Qu'est-ce qu'on en apprend ? Pas grand chose. Sauf ceci : que ce n'est pas l'armée qui s'accroche aux Vernets, mais le Conseil d'Etat genevois qui s'accroche à l'armée. "Ne me quitte pas" est une chanson splendide. Mais on nous pardonnera de préférer l'entendre par Brel plutôt que par Maudet.


"Les Vernets occupés, mais les Vernets libérés"...
 
Qui doit payer pour que l'armée suisse "libère" la caserne des Vernets et que l'on puisse construire à la place de cette caserne, 1500 logements ? L'armée elle-même, c'est-à-dire la Confédération, ou le canton de Genève ? L'heureux usage du verbe "libérer", on le reprend du journal patronal "Entreprise romande", mué en réincarnation de "Combat" :  il s'agit bien d'une "libération"... d'une occupation militaire... le même journal patronal résume, à sa manière, le scrutin de dimanche : "Dire oui à la loi ouvrant un crédit de quelques vingt millions pour la reconstruction d^'un bâtiment de stationnement de troupe sur le site de Meyrin-Mategnin s'apparente à dire oui à une politique cantonale de construction plus ambitieuse"... à laquelle les partisans du "non" ne s'opposent pas : on vote sur le crédit de déménagement de la caserne, pas sur la construction de logements...
"Libérer les Vernets", donc -mais à quel prix, et quand ? L'armée voulait déjà quitter les Vernets en 2006, et s'installer sur son propre terrain, à Epeisses. Mais comme le site lui a finalement paru trop petit et que Berne ne voulait pas payer le déménagement de la caserne, Genève s'est offerte pour le payer à sa place. Et est aujourd'hui prête à le financer pour 74 millions de francs., soit le coût de l'aménagement de trois sites. L'accord a été passé en 2011, et signé en mars 2012 (c'est un des deux documents finalement rendus publics -six jours avant le dernier moment du vote, et alors que la plupart des votants s'étaient déjà exprimés...), malgré que "le concept de stationnement de l'armée (n'ait) pas encore été établi". Autrement dit, avant même que l'on sache précisément si l'armée a véritablement besoin de ce que Genève propose de lui offrir...
Mais refuse-t-on un cadeau si gentiment offert, même si on pourrait s'en passer ? Ce serait impoli, et notre armée est polie. Le cadeau que le gouvernement genevois était prêt à lui faire, elle l'a donc accepté. Par pure gentillesse.

Un canton qui aime les prisons au point de les multiplier ne pouvait pas renoncer facilement à une caserne. Il y a une logique là-dedans. Quant à vous dire ce qu'elle vaut... vous aurez compris vous même que la "construction de 1500 logements aux Vernets" n'en est pas l'impératif le plus catégorique...

L'attachement du Conseil d'Etat à la présence de l'armée suisse à Genève a un prix. Il se chiffre à 74 millions. Le référendum du GSsA n'en conteste une vingtaine, il en restera toute même une cinquantaine.  Ce prix là suffit. Largement.
Finalement, nous aussi, on est gentils. Même trop.

17:25 Publié dans Armée, défense nationale, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est pourtant parfois bon d'être mauvais.

Écrit par : Pierre Jenni | jeudi, 25 février 2016

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