dimanche, 12 juillet 2015

Tunisie, quatre ans après la révolution : Rembourser la dette ou construire la société ?

Dans les seuls quatre premiers mois de 2015, 2000 personnes parties d'Afrique du nord pour l'Europe se sont noyées en Méditerranée. Les causes de leur migration sont évidemment à rechercher dans les conditions de vie faites dans leurs pays à celles et ceux qui sont prêts à risquer de mourir pour les fuir -des conditions de vie qui ne sont certainement pas étrangères, non plus, à la tentation djihadiste à laquelle certains d'entre eux peuvent céder. Ainsi, en Tunisie, où la sombre connerie purificatrice vient de frapper, des ressources considérables (10 % des recettes d'exportation) sont consacrées par l'Etat au service de la dette plutôt qu'à la construction d'une société, et d'une économie, ouvrant d'autres perspectives aux jeunes que l'exil ou le délire exterminateur. La solidarité avec les migrants implique aussi un travail sur les causes de la migration : c'est au soutien à un tel travail en Tunisie que nous appelle le SOLIFONDS...
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La Tunisie, c'est juste là, à côté, ou en face, de chez nous. Juste une mer à traverser, que des centaines de milliers de touristes traversent dans un sens (puis dans l'autre). Un pays qui a été le premier à lancer les révolutions du "printemps arabe", et à faire tomber un régime prédateur, corrompu et répressif. Et de tous les pays où ce printemps a fait éclore des révolutions, la Tunisie est le seul où elle n'a pas abouti à pire encore que ce qui y avait été renversé.

La Tunisie est tellement "juste là, à côté ou en face", qu'elle est, économiquement, un pays européen. L'Union Européenne et l'AELE sont destinataires de 80 % des ventes tunisiennes de biens (principalement des accessoires automobiles et de la production textile) et de services (comme les centre d'appels externalisés) à l'exportation. La balance commerciale entre la Suisse et la Tunisie est largement au bénéfice de la Suisse (en 2013, la Suisse a exporté pour 678 millions de dollars US vers la Tunisie, dont elle n'a importé que pour 216 millions de dollars.

Mais ce pays européen si on tient compte de ses exportations, autrement dit de ses principales ressources financières, reste un pays du "tiers-monde" pour ce qui est des conditions de vie et de travail de la grande majorité de sa population. Ainsi, dans le principal secteur industriel et d'exportation du pays, la production textile, qui a elle seule pèse pour moitié des exportations tunisiennes, et pour 44 % des emplois industriel (des emplois essentiellement occupés, dans le textile par de jeunes femmes),  les conditions de salaire et de travail sont calamiteuses et les droits syndicaux constamment bafoués : salaires insuffisants, heures supplémentaires exigées mais non payées, cotisations sociales non payées, affiliation syndicale interdite, employeurs étrangers délocalisant en licenciant tout leur personnel et en lui devant des mois de salaire...

Depuis la révolution de 2011, la dette publique tunisienne est passée de 24 à 42 milliards de dinars (soit 20 milliards de francs) en 2014, soit une hausse de 75 % alors que le produit intérieur brut n'a progressé que de 27 %. Le pays s'endette donc lourdement -mais pas pour relancer son économie et répondre aux besoins sociaux : pour rembourser une dette précédente, celle contractée par le régime de Ben Ali à l'égard des institutions financière internationales. La Tunisie se surendette pour rembourser sa dette. Ce cercle vicieux doit être brisé, et la gauche (le Front Populaire) va présenter cet automne un projet de loi proposant un moratoire sur le paiement du service de la dette jusqu'à ce qu'un audit de celle-ci ait été rendu, et l'annulation de la partie de la dette qui aura été jugée illégale. Le Rassemblement pour une alternative internationale du développement (RAID), qui conseille le Front Populaire dans cette démarche, entend mener, avant le projet de loi, une campagne d'information auprès de la population, des media et des parlementaire. Le SOLIFONDS soutiendra cette campagne -et fait appel à votre soutien à ce soutien...

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22:40 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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