vendredi, 05 juin 2015

Une menace pour la démocratie et les services publics : Les enjeux de l’accord TISA

mondialisation, libre-échange, TISADes négociations à huis clos entre une cinquantaine de pays dont les USA, les 28 Etats membres de l'Union Européenne... et la Suisse, se déroulent à Genève, pour conclure un accord sur « le commerce des services », plus connu sous l’acronyme anglo-saxon (forcément) « TISA ». Les termes mêmes qui dénomment cet accord en disent l'enjeu : «commercialiser» les services publics, procéder à leur privatisation massive dans tous les domaines et faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et les États-Unis. Le secret dont s'entourent ces négociations, secret parfois rompu par la publication de documents comme ceux que « Wikileaks » a divulgué cette semaine, est aussi une mesure de leur importance : celle d'une attaque généralisée contre le service public, mais aussi contre les droits démocratiques : les accords envisagés obligeraient les Etats signataires à s’engager dans une politique économique dont le cours ne pourrait plus ensuite être infléchi, et qui sers contrôlé par des tribunaux arbitraux privés aux ordres d'intérêts privés. Tiens, d'ailleurs, c'est curieux : on entend peu à ce sujet les habituels contempteurs des «juges étrangers»...

Le mensuel socialiste indépendant « Pages de gauche » organise Jeudi 11 juin 2015 à 19h00 au Café Gavroche (Bd James-Fazy) un débat public (suivi d'un apéro, y'a pas de raison de se laisser aller) sur «TISA», sur ses conséquences concrètes en Suisse, sur la résistance à ce danger. 


En transformant chaque droit en une marchandise, ce sont les individus que l'on marchande.

Libéraliser », privatiser, « marchandiser » quand ils ne le sont pas déjà, les services publics financiers, postaux, maritimes, les télécommunications, les services professionnels, le commerce électronique et la circulation des travailleurs, ne sont que quelques uns, révélés par les documents que Wikileaks vient de rendre publics, des objectifs de l'Accord sur le commerce des services, TISA pour les intimes (et il en a beaucoup, d'intimes : les Etats-Unis, les 28 Etats membres de l'Union Européenne, toutes couleurs politiques de leurs gouvernements confondues, la Suisse etc...). Car l'accord est ambitieux : il vise à rien moins que généraliser la mercantilisation des services. De tous les services. Surtout ceux assurés par le secteur public. Dans tous les domaines.
Et comme il ne suffit pas de mercantiliser, il faut aussi rendre impossible toute resocialisation de ce qu'on aura transformé en marchandise, TISA entend réduire à pas grand chose le droit des gouvernements, des parlements, des peuples, à réglementer et contrôler le secteur des services. L'impact d'une telle contre-réforme (puisqu'elle revient sur un siècle de socialisation progressives des services essentiels à la population) serait gigantesque sur l'environnement, la santé,. la recherche, l'élimination des déchets, la production et la distribution de l'énergie, la formation et l'information. Mot d'ordre : tout doit être à vendre. On brade. On liquide.

Les négociations sur TISA ne sont même pas des négociations multilatérales, comme celles de l'OMC, où chaque Etat dispose d'une voix -un système qui n'est évidemment pas satisfaisant, puisque les grands Etats peuvent soit acheter le soutien des plus faibles, soit les contraindre à les suivre, mais qui, au moins, garantit un minimum de transparence, parce que les négociations se déroulent dans un cadre normé par les pratiques des grandes organisations internationales. Mais avec TISA, on est dans le « plurilatéralisme » : quelques Etats se choisissant les uns les autres d'entre les plus riches et les plus puissants discutent entre eux, décident entre eux, clandestinement, puis imposent leurs décisions aux autres et à leurs propres peuples. Et font tout pour les rendre irréversibles et rendre irréversibles les cadeaux (les « avantages stupéfiants », écrit le socialiste Carlo Sommaruga -le PS demande d'ailleurs au Conseil fédéral de se tenir à l'écart de ces accord et de ne pas y engager la Suisse) accordés au secteur privé. Des tribunaux arbitraux privés (représentant les intérêts privés) protégeraient les investisseurs privés, et ni les parlements, ni les citoyens n'auraient plus rien à dire.

L'accord TISA pourrait être adopté l'année prochaine. Il y a donc urgence à se préparer à le combattre pour ce qu'il est: une formidable régression sociale et politique, un absolu piétinement des droits sociaux garantis par tous les grands textes internationaux, une réduction massive de ces droits, du contrôle démocratique sur la manière de les garantir, et des possibilités de se défendre contre la transformation de toute la société en un gigantesque souk où, chaque droit fondamental devenant marchandise, ce sont les individus eux-mêmes que l'on marchandera.

Stop TISA, pendant qu'il est temps...

16:53 Publié dans Economie, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mondialisation, libre-échange, tisa | |  Facebook | | | |

Commentaires

Oui

La merde dans toute sa splendeur !

A refuser net

Écrit par : absolom | vendredi, 05 juin 2015

On comprend mieux la cyber-attaque cette semaine contre des employés administratifs amerloques.......

C'est NON, NON, NON et non, chacun doit garder la main mise sur son pays.

Obama est le plus vil président que l'amérique ait connu, stop à ce machiavélisme étoilé!

Écrit par : Corélande | samedi, 06 juin 2015

Il semblerait que nous ne faisons que retourner aux valeurs de notre grand passé grec et romain de l'Antiquité: les gens "de bien" disputent sur l'agora ou le forum, les esclaves sont au travail.

Écrit par : Mère-Grand | samedi, 06 juin 2015

Je crois que cette campagne de sensibilisation devrait davantage cibler le Conseil Fédéral, la Chambre des Canton, le Conseil National et tous les élus au pouvoir.

Ne croyez vous pas, Pascal, que cette signature ne changera pas grand chose?
Le MPC de la Confédération s'exécute déjà sous les ordres du FBI, alors que si la justice suisse était digne de ce nom, elle n'aurait pas attendu qu'on le lui intime. Aujourd'hui, l'action sonne comme le parti à prendre et vite. Il est vrai que le fait d'avoir eu la présidence de l'OSCE, la Suisse est mis au parfum et sur les bons rails tant et si bien qu'elle en oublie le chemin de sa maison.

HSBC: 40 millions de francs suisses d'amende pour blanchiment de la drogue et autres expédients non détaillés. Une cacahuète pour des conversions en dizaines de milliards de francs propres chaque année.
HSBC sur son territoire suisse devait se sentir libre comme l'air et comme l'ile Caïman.

La Banque Nationale Suisse qui achète depuis des années l'euro à coups de dévaluation de sa monnaie et maintenant, elle pénalise et confisque une partie des avoirs des fonds collectifs et publics. Où est la morale?
La BNS qui soutient la dictature de l'Union des Bandits Européens en épaulant la BCE, laquelle, complice active du FMI, est en train de mettre à genoux plusieurs pays, y compris le nôtre où il ne sera question que de temps, de mois et des semaines à venir.
Les Banques Centrales qui conspirent pour enlever toute liberté et souveraineté populaires en programmant la disparition de l'argent liquide, avec des méthodes coercitives et confiscatoires... ?
Et les partis gouvernementaux qui ont une responsabilité directe dans toutes ces affaires, pourquoi se taisent-ils?

Votre parti ne cesse de plaider pour une économie d'exportation, pour le secret bancaire, pour des organisations internationales, des institutions-phare de la morale et de l'humanitaire, n'a jamais pris distance ni condamné publiquement le fascisme de la junte ukrainienne, ni n'a dénoncé des actions illégales contre d'autres peuples auxquelles les partenaires de la Suisses participent. Le Kosovo, cheval de bataille du Parti Socialiste, aujourd'hui, rappelle à tout moment, le type de régime maffieux qu'il a favorisé par ses efforts avec notre argent, il a trompé notre morale. Prêt à récidiver, il voudra que le peuple Suisse épouse l'Union des Bandits Européens et son bellicisme, renforcer l'OTAN avec notre tribut et dresser les Suisse à obéir à l'Empire du Chaos.

Alors, TTIP ou TiSA ou TAFTA ou TPP, ne sont que des bavardages que votre parti veut bien concédé au peuple. Soumis, la Suisse et les élites dirigeantes le sont déjà depuis fort longtemps.
Pour moi, vous ne faites que répéter ce que les autres savent déjà depuis plusieurs années. Les socialistes sont imperméables aux risques futurs d'une dépendance périlleuse, de devenir une petite nation tu tiers-monde. La gauche que votre parti qualifie injustement d'extrême est tout autant autiste qu'elle le suivra dans le silence d'une remorque bien huilée, pourvu qu'il la gratifie de temps en temps de quelques miettes.
C'est de l'histoire locale, certes, mais qui maintient le champs des politiques étrangères réservé.

D'ailleurs, vous savez très bien, Pascal, ce qui nous reste permis c'est de deviser sur la météo du lendemain et de nous chamailler pour un siège de plus ou pour le même siège. Cela est censé occuper largement notre temps. C'est, semble-t-il, notre visibilité ou disons plutôt notre exposition.
Le pouvoir, vous le savez pertinemment, il est ailleurs, inatteignable, il fera de nous ce qu'il voudra, vos diversions ne feront aucun effet contrariant.


Maintenant Oui! Chiche! Convertissez votre parti socialiste, faite lui faire campagne contre ces accords, dites lui de réclamer la non entrée en matière et de les rejeter tels quels. Histoire de montrer qu'il a une colonne vertébrale et des bits encore libres dans le cerveau.

Écrit par : Beatrix | samedi, 06 juin 2015

Bonjour Monsieur Holenweg

Juste pour dire que j'adore Beatrix lorsqu'elle sort sa tronçonneuse et avec raison :-)

Autre saleté à venir et certainement déjà fort développée dans les tiroirs...

L'agenda 21

Je trouve tout de même incroyable que le peuple préfère s'occuper de son putain de natel que de ces soucis là :-(

Qu'il est loin le temps de Guillaume...

Écrit par : absolom | dimanche, 07 juin 2015

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