lundi, 11 mai 2015

Elections Municipales genevoises, suite et fin : Quand la gauche gagne...

 

ville de genève

Au terme des élections municipales genevoises, on ne va pas bouder notre plaisir : En Ville de Genève, nos quatre candidates et candidats sont réélus, et sortent en tête, devant le candidat (sortant) de l'Entente (qui, déjà, n'avait dû son siège qu'au renoncement des partis de gauche à le lui contester, de sorte que si on avait cette fois présenté cinq candidates et candidats, on les aurait sans doute fait passer les cinq). De plus, dans toutes les villes où la gauche était présente, majoritairement ou non, dans les exécutifs, elle y a au minimum maintenu ses positions, et elle entre dans des exécutifs dont elle essayait depuis vingt, trente ou quarante ans de forcer (démocratiquement) la porte : à Bernex, au Grand Saconnex, à Versoix. Enfin, griotte sur le gâteau, le MCG est dans les choux à Onex (où Gominator perd son siège), dans les cardons à Lancy (où son luminescent président se traîne loin derrière les candidats de gauche) et dans les grobets à Carouge (où son candidat n'obtient pas même 1000 suffrages). Et vous voudriez qu'on cache notre joie ? Ben non : quand la gauche s'unit, elle gagne... A-t-on jamais écrit ici autre chose ?


"Sandrine Salerno et Rémy Pagani risquent fort de devoir continuer à travailler ensemble" ("Tribune de Genève" du 9 mai). En effet...

A quoi ça sert, une majorité de gauche au Conseil Administratif de la Ville, même sans majorité de gauche au Conseil Municipal ? ça sert à établir des budgets annuels qui financent des prestations sociales, culturelles, sportives; ça sert à accorder, malgré l'opposition du canton, des prestations municipales complémentaires aux prestations cantonales complémentaires à l'AVS et à l'AI; ça sert à créer des places de crèches; ça sert à défendre les droits des habitantes et des habitants. Et ça servira à résister à la volonté de la droite cantonale de vider les caisses municipales pour remplir celles du canton, et priver la Ville des moyens de sa politique, en réduisant par ailleurs au maximum, au nom d'une "nouvelle répartition des tâches" son droit de la mener. La gauche n'est plus majoritaire au Conseil Municipal de la Ville ? Elle ne l'était déjà plus depuis 2011... elle a perdu deux sièges ? ça ne change guère le rapport des forces. Et puis, les parlements ne sont pas les seuls lieux du combat politique : on peut parfaitement y passer des compromis (sans compromission) avec une partie de la droite démocratique et la combattre hors du parlement, avec les mouvements sociaux, avec les syndicats, avec des comités ponctuels, pour aller plus loin (et plus fort) que là où le rapport des forces au parlement le suggère : politiquement aussi, nous avons deux jambes, et au bout de ces deux jambes, deux pieds : un dans l'institution, un dans la rue. Et dans l'institution, la gauche est largement majoritaire au Conseil administratif. Parce qu'il est élu au scrutin majoritaire et qu'au scrutin majoritaire une majorité de citoyennes et yens ont élu les quatre candidates et candidats de gauche devant tous les autres.

Pour la droite, la Ville de Genève vit au-dessus de ses moyens, dépense trop, en fait trop dans tous les domaines prélève donc trop d'impôts pour financer ce qu'elle fait, et doit désormais se serrer la ceinture, restreindre ses dépenses, et se préparer à faire face à des années de disette financière du fait de réformes fiscales à venir -réformes fiscales qui sont d'ailleurs portées par la droite elle-même, puisque la catastrophe financière qu'elle annonce depuis des années se refuse obstinément à survenir, que la droite est fatiguée de l'attendre et qu'il lui faut donc, comme le héros du "Rivage des Syrtes", provoquer délibérément la catastrophe qu'elle annonce pour pouvoir justifier de l'avoir annoncée. Or non seulement la Ville est bien gérée (par la gauche), et fait face à toutes ses obligations (voire même un  peu plus), mais le choix politique d'accroître ses prestations (sociales, culturelles, sportives) découle directement de l'incapacité du canton à assumer ses propres tâches, ce qui conduit la commune à le faire à sa place dès lors qu'elle estime que ces tâches sont légitimes.

Le candidat UDC au Conseil administratif, Thomas Bläsi, répondant à la "Tribune de Genève" lui demandant quel est le "principal danger pour la Ville de Genève ces prochaines années", évoquait  "les problèmes financiers qui vont survenir en raison de la réforme de l'imposition des entreprises et de celle de l'imposition communale sur le lieu de domicile. Des dizaines de millions vont manquer". Oui, des dizaines de millions vont manquer à la Ville si ces réformes passent, et l'une des raisons pour lesquelles il est indispensable qu'une claire majorité des membres de l'exécutif de la Ville soient issus de la gauche est précisément la nécessité de les combattre, ces réformes... mais au fait, d'où viennent-elles,. politiquement, ces réformes ? de quel camp, de quels partis ? et l'UDC dont le député Thomas Bläsi est le candidat au Conseil administratif, aux côtés des candidats du MCG, les combat-elles, ces réformes ?

Une volonté commune de relever les enjeux de la législature qui s'est traduite par une liste commune du PS, des Verts et d'"Ensemble à Gauche" pour le deuxième tour du Conseil Administratif. Il faut croire que l'électorat (de gauche, en tout cas) l'a compris, puisque cette liste commune a été intégralement portée à la Municipalité. Dès lors, que tel et telle de nos magistrat-e-s ne soient pas liés par un amour fou, franchement, on s'en bat un peu les urnes : que Ginette et Marcel ne s'aiment pas est certes navrant, mais tant qu'ils arrivent à bosser ensemble, on les soutiendra ensemble. C'est aussi simple que ça ? Eh voui, c'est aussi simple que ça : une élection n'est pas un contrat de mariage, l'Alternative n'est pas une agence matrimoniale et vous n'êtes pas en train de lire "France Dimanche"...

16:47 Publié dans élections, Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ville de genève | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Les voix si" de Genève Dimanche ne sanctifient pas des amours de" l'Isle "de la tentation .Grâce à Rousseau , nous les interprétons comme une forme de résistance face à une vague conservatrice qui envahit tous les pores politiques d'une Europe en mal d'un cap synonyme d'un avenir apaisé , capable de permettre à ce qui ressemble à une déferlante de ne pas s'écraser sur des rochers "ultimes" tombes méditerranéennes d'une honte continentale.

Écrit par : briand | lundi, 11 mai 2015

La réélection de Rémy Pagani dimanche dernier reflète ces déshérences si caractéristiques de la gaucghe genevoise en général et de la gauche de la gauche (les dugongs?) en particulier.

Personne n'apprécie Pagani, qui n'est qu'un histrion trublionneur, sans envergure autre que celle d'avoir été un syndicaliste dont on reconnaîtra le mordant. Il va rempiler pour cinq ans ferme, par la couardise de la gauche socialiste, qui préfère, par principe idéologique, avoir à faire à un Pagani connu qu'à un libéral plus ou moins inconnu.

Ce n'est pas la gauche qui gagne, c'est la gauche lâche et sans dessein, qui ne sait que resserer les rangs (on le lui concédera) lorsqu'elle se sent en danger. Il n'y a ni projet, ni ambition politique là-dedans, autre que de faire perdurer la gestion gauche-caviar de la Ville de Genève.

Heureusement qu'il y reste encore quelques banquiers contribuables à Genève pour financer ça...

Écrit par : Déblogueur | mardi, 12 mai 2015

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