• 20 mars, « Journée internationale sans viande » ...

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    animaux, alimentation, végétarisme, végétalisme, véganisme, Journée sans viandeRapport aux bêtes...

    Ainsi, il y a désormais, une « question animale » à laquelle réponse doit-être donnée. Une question posée par notre rapport paradoxal, foncièrement contradictoire, aux animaux (c'est-à-dire aux autres animaux que nous-mêmes, puisque nous avons péniblement fini par admettre que nous sommes des animaux...). « Le Temps » de la fin de l'année dernière titrait : « L'homme ne n'est jamais senti si proche des animaux, mais il les tue en masse » -et pas seulement pour les bouffer. Il se trouve cependant que les animaux dont nous nous sentons proche ne sont généralement pas les mêmes que ceux que nous massacrons, que les espèces de nos animaux de compagnie ne sont pas celles de notre alimentation (et de l'alimentation de nos chats et de nos chiens) et que si sensibles que nous soyons au bien-être des animaux que nous consommons et faisons consommer à nos animaux de compagnie, il n'est pas évident qu'une majorité d'entre nous accepteraient de payer leur bidoche et celle de Félix et Médor dix fois plus cher pour en finir avec les conditions abominables de « vie » et de mise à mort des animaux qu'implique la production industrielle de viande.

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  • Islamophobie, islamomysie, anti-islamisme ? Attention, mots piégés !

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    Dans les deux semaines qui ont suivi le carnage de « Charlie Hebdo » et du supermarché kasher, 33 actions violentes contre des lieux de culte musulmans ont été recensées en France, dont des tirs d'armes à feu et des lancers de grenades, et 95 menaces et agressions contre des personnes. C'est presque autant en deux semaines que pendant toute l'année 2014. Et en 2013, toujours en France, trois quart (74 %) des personnes interrogées par IPSOS estimaient que l'islam, en tant que tel, et toutes distinction effacées entre ses diverses composantes, conceptions et confessions, est une religion « intolérante » et « incompatible avec les valeurs de la société françaises ». Quant à la Suisse, on se contentera de rappeler qu'elle est sauf erreur, à ce jour le seul Etat démocratique où le peuple ait imposé, par un vote, l'interdiction de la construction de minarets. On a donc affaire à quelque chose qu'on a peine à définir en par un seul mot : islamophobie (peur de l'islam), islamomysie (haine de l'islam), anti-islamisme (lutte contre une dérive de l'islam) ? Attention, mots piégés...

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  • Journée d'action unitaire de la fonction publique genevoise, jeudi : Pas touche aux services publics !

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    Manif jeudi.jpgDemain, jeudi, sera une journée action unitaire et de grève de la fonction publique genevoise, avec une manifestation de soutien à la clef.  Le budget cantonal 2015 ayant été voté, l'action syndicale et politique ne consiste plus à tenter d'empêcher qu'il soit « antisocial », puisqu'il l'est, mais à tenter d'en réparer les béances et d'en limiter les dégâts, et à faire front contre les projets de loi que la droite, ultramajoritaire au parlement, a déposé ou va déposer, pour alourdir encore la facture sociale de sa propre politique d'« économies » sur le dos (si possible courbé) des plus faibles, dans le même temps que se déversent les cadeaux fiscaux dans les poches des plus forts. Dès lors, cette mobilisation ne doit pas être seulement celle des salariés de la fonction  publique, mais celle de la population au service de qui ces salariés travaillent. Car toucher aux services publics c'est toucher aux droits sociaux de toutes et tous. Qu'on se le dise et le manifeste, à 17 heures, jeudi, place Neuve : pas touche aux services publics !

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  • Syriza, l'éthique de vérité et l'éthique de responsabilité

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    Tsipras.jpgLe Risorgimento, et après ?


    Ce qui s'est produit en Grèce, dimanche, n'est pas une révolution, mais une renaissance : celle de la démocratie, en tant qu'elle s'impose à l'économie et à ses maîtres. La tradition de gauche, en Grèce, est fort ancienne, et c'est l'électorat de gauche qui, désertant un Pasok effondré sur son dernier carré clientéliste, a fait la victoire de Syriza. Car Syriza, c'est toute la gauche, en Grèce, où le PS (PASOK) est en mort clinique (il l'a d'ailleurs bien méritée) et où le parti communiste est fossilisé dans le sectarisme stalinien (on comptera pour rien le nouveau parti de Papadopoulos III, d'une absolue insignifiance, en sus de ne rien avoir qui permette de le qualifier de parti de gauche). Désormais, Syriza gouverne (avec un petit parti de droite comme appoint) la Grèce. Et le 12 février, au Sommet européen, c'est Alexis Tsipras qui représentera son pays, et la volonté de plus de 36 % de ses électrices et électeurs : Syriza dépasse de près de dix points le parti historique de la droite démocratique, de plus de 30 points l'extrême-droite d'"Aube dorée" (devenue "crépuscule glauque"), et renvoie feu le parti socialiste (PASOK) dans les poubelles de l'histoire de ses propres reniements... La victoire historique de Syriza sonne comme une résurrection, non seulement de la gauche grecque, mais de la volonté de faire prévaloir les choix politiques sur la résignation aux dogmes économiques. Et c'est la suite qui va être passionnante : Le Risorgimento, certes, et après ?

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  • 022 Télégenève (Naxoo), un an après : Le "service au public" corseté par l'intérêt privé...

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    Comme on n'a pas encore cuvé l'ouzo de la victoire ingurgité hier soir, on  attendra demain et d'avoir les idées claires (déjà que Syriza n'a pas attendu qu'on décuite pour passer un accord avec la droite) pour vous parler de la Grèce. Aujourd'hui, on se replie sur une valeur genevoise sûre : Naxoo.
    Une année après le refus, en votation populaire, de la proposition du Conseil Administratif et du Conseil Municipal de la Ville de Genève de vendre les actions détenues, en tant qu'actionnaire majoritaire, par la Ville de Genève dans le téléréseau 022-Télégenève (Naxoo pour les intimes), le Conseil Municipal se prononcera aujourd'hui sur le rapport de la commission des finances, chargée de traiter (ou de maltraiter) trois motions différentes, l'une (déposée avant la votation) du MCG, la deuxième du groupe "Ensemble à Gauche", la troisième du PLR et de l'UDC, portant sur à peu près tout ce qui, s'agissant de ce dossier, a précédé, accompagné et suivi la votation. La commission des Finances a mis quatre mois pour venir à bout de l'étude des motions et la majorité (MCG, UDC, PLR, PDC, EàG) de la commission en a tiré une proposition assez insignifiante faite au Conseil Municipal. Enfin, la semaine dernière, répondant indirectement à cette proposition, le Conseil Administratif a présenté un plan d'action pour développer les prestations de service public de la société, en proposant que tous les représentants de la Municipalité au sein du Conseil d'administration de Naxoo s'accordent sur des propositions, des stratégies et une "vision" communes. On s'accordera à considérer que c'est bien le moins qu'ils doivent faire, mais que peut faire réellement la Ville, actionnaire certes majoritaire de Naxoo, mais corseté par des contrats, une convention et des lois qui l'empêchent de mettre réellement cette société "au service du public" et la mettent au service de l'intérêt privé de l'actionnaire minoritaire ?

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  • Election à l'escabeau du perchoir du Grand Conseil de Piogre : Au bal des faux-derches

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    Pina Bausch.jpgLe Grand Conseil genevois a renouvelé hier soir son bureau, au sein duquel tous les groupes parlementaires sont représentés, en s'arrangeant habituellement entre copains de chambrée pour y occuper à tout de rôle la présidence, les vice-présidences et les secrétariats. Seul candidat en lice pour la présidence, le député PLR Antoine Barde a été élu sans problème à la succession du socialiste Antoine Droin. Pour la première vice-présidence, le parlement cantonal avait le choix entre le chef de tribu MCG, Eric Stauffer, et un PDC, Jean-Marc Guinchard. C'est le PDC qui a été élu par 54 voix (très vraisemblablement celles de la gauche et du PDC, plus une partie du PLR) contre 44 (le MCG, l'UDC et l'autre partie du PLR). Du coup, vexé et furax, Gominator, qui estimait avoir « toutes les compétences pour diriger les débats » et affirmait sans rire que lesdites compétences «  ne sont pas contestées » dénonce en parlant de lui à la troisième personne « la basse manœuvre des partis qui veulent sanctionner Stauffer ». Et tout cela vous a plutôt un air de bal des faux derches chorégraphié par Pina Bausch que du  Bal du « Guépard » de Visconti...

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  • Exercice de conjugaison d'un verbe du premier groupe à l'indicatif présent : « Je blasphème, tu blasphèmes... »

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    Nous lisions, dans notre quotidien préféré, samedi, que Reporters sans frontières, pour qui « la liberté d'expression n'a pas de religion » (contrairement, souvent, à sa répression) réclame l'instauration d'un « droit au blasphème ». Et nous lisons aussi ce rappel que depuis des plombes, l'Organisation de la coopération islamique tente, dans les instances de l'ONU, d'imposer un «délit de blasphème» pudiquement camouflé en délit de «diffamation des religions»... étrange formulation (mais peut-être tient-elle à une traduction maladroite) : on peut diffamer des personnes, c'est même assez courant, mais comment peut-on diffamer une idée ? et qui serait en droit de s'en estimer propriétaire pour ester en justice en son nom ?

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  • Prestations sociales municipales : Egalisons par le haut, pas par le bas !

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    Politique sociale, aide sociale, pauvretéLors du récent débat budgétaire municipal, nous avons entendu des bancs de la droite une dénonciation de l'« inégalité » qu'introduirait, entre les habitants du canton, le fait que la Ville de Genève accorde aux siens des prestations que la plupart des autres communes n'accordent pas aux leurs (allocation de rentrée scolaire, aide sociale complémentaire aux allocations complémentaires cantonales, par exemple). Nous n'avons en revanche pas entendu formuler la proposition de contribuer si peu que ce soit à ce que ces prestations soient introduites dans les communes qui ne les accordent pas, mais seulement le dur désir d'en priver les habitants de la Ville. La Ville de Genève ne peut certes (et hélas) imposer à d'autres communes une élévation de leurs prestations sociales au niveau de celles de la Ville, mais puisqu'une majorité du Conseil municipal trouve cette inégalité inacceptable, et que nous espérons qu'une majorité considère que ce scandale ne réside pas dans le fait que les habitants de la Ville bénéficient d'un droit mais dans le fait que les habitants des autres communes n'en bénéficient pas, nous proposons que s'instaure une égalité des droits sociaux non par le bas, mais par le haut.        

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  • Comment Dugong déplacera les montagnes : Ze Manifeste

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    Gauche Dugong, politiqueIl y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », nous procédâmes à la création de la «  Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur, que nous (re)publions ci-dessous, se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques (et les élections municipales à venir) rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément...  vous en voyez une autre, vous ?

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  • Les Musées d'Art et d'Histoire de Genève « à l'horizon 2020 » : notre faim d'un projet culturel toujours pas rassasiée...

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    Nous avons reçu, il y a quelque temps des Musées d'art et d'histoire un texte, intitulé « Le MAH à l'horizon 2020 », donnant, du point de vue de la direction du MAH, des «éléments pour un  projet culturel», dans le cadre du traitement par la commission des Arts & de la Culture du Conseil Municipal d'une motion de l'Alternative demandant au Conseil administratif de présenter au Conseil Municipal, avant le vote du projet de crédit pour la restauration et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire, un rapport spécifique sur les implications et les contenus de ce projet, la politique muséale du MAH, les collaborations entre le MAH et les autres musées genevois, ainsi que les autres institutions culturelles genevoises, y compris les établissements d'enseignement public et de recherche. Que dire des « éléments pour un projet culturel », tels qu'esquissés par les MAH ? Qu'on reste sur notre faim -il est vrai qu'elle confinait à la gloutonnerie, et que ce qu'on nous sert pour la calmer tient, pour l'instant, du carême. Alors on attend, pour savoir si le projet de rénovation et d'extension du MAH vaudra, culturellement, la peine qu'on le soutienne.

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  • Abolition de la peine de mort : la Ville de Genève veut s'engager... Sans « mais » ni « sauf »...

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    MORTOPOR.jpgElle tient en une phrase de treize mots, la proposition que le Conseil Administratif de la Ville de Genève fait au Conseil Municipal, et dont celui-ci débattra mardi ou mercredi: « s'engager en faveur de l'abolition de la peine de mort ». Point (ou poing) final. Pas de « mais » ni de « sauf » : on s'engage ou non, mais si on s'engage, c'est sans restriction, sans exception, sans barguigner. On entendra certainement maugréer que, deux semaines après les sanglants délires djihadistes de Paris (et les massacres innommables, mais recouverts des fracas parisiens, commis au Nigeria par « Boko Haram »), le moment est mal choisi pour que le parlement d'une ville, fût-elle « capitale mondiale des droits de l'Homme », s'engage, comme il y est sollicité, pour l'abolition d'une peine définitive que l'on pourrait prononcer contre les terroristes et les massacreurs... et si au contraire nous étions précisément dans le moment de dire que nous ne voulons rien avoir de commun avec eux, qui la chérissent, la fétichisent, la pratiquent sans restriction, et finissent par se l'infliger à eux-mêmes, comme on s'offre un cadeau  ?

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  • « Union sacrée » pour les libertés d'expression et de publication ?

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    50 mouches, un million de citoyens

    Collez le qualificatif de « sacrée » au substantif d'« union », vous serez sûr d'attirer les mouches. Elle était pourtant splendide, la gigantesque manif parisienne du 11 janvier dernier, pour «Charlie» et la liberté d'expression, contre le terrorisme et la purification religieuse. Splendide, n'était la présence, au début de la manif (ils se sont éclipsés ensuite) de quelques dirigeants peu suspects de convictions libertaires, et plus prompts à embastiller (pour le moins) les journalistes, les dessinateurs, les écrivains, les opposants de tout poils qu'à défendre la liberté d'expression, le pluralisme et la laïcité. Bref, le genre Bongo, Orban, Netanyahu... Ils n'étaient certes qu'une cinquantaine sur plus d'un million, mais ils faisaient tache. «Le Temps» essayait, lundi de s'en consoler  : « En paradant aux côtés des démocrates, les Orban, Davutoglu ou Bongo se sont liés les poings : au prochain faux pas, il se trouvera toujours quelqu'un pour leur rappeler qu'ils étaient aussi à la marche républicaine de Paris ce 11 janvier 2015 ». Tu parles, Charlie...

    Mais peu importe, en ce moment : de la formidable mobilisation de la semaine dernière, on ne retiendra pas les 50 mouches, mais les millions de citoyennes et de citoyens.

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  • Petit débourrage de Champ-Dollon : quand on veut, on peut...

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    Pourvu que ça dure...

    Quand on veut, on peut (et si on disait ne pas pouvoir, c'est qu'en fait on ne voulait pas) : en cinq mois, le nombre de détenus dans la prison genevoise, surpeuplée, de Champ-Dollon, a diminué de 18 % et est revenu à son niveau de décembre 2012, en passant de plus de 900 détenus à la mi-août à 734 détenus le 6 janvier. Toujours pour 387 places, il est vrai, ce qui signifie que la prison est toujours surpeuplée, mais qu'elle l'est moins qu'avant. Maigre progrès, mais progrès tout de même. Acquis comment ? en faisant ce qu'on assurait ne pas pouvoir faire : en cessant de bourrer la prison avec tout ce qu'on ramasse dans la rue comme petits délinquants et comme étrangers en situation irrégulière. C'est un (bon) début, mais ce n'est qu'un début : d'une année sur l'autre, en moyenne, le nombre de détenus continue à augmenter (comme ailleurs en Suisse). Et si la surpopulation carcérale de Champ-Dollon se réduit, c'est aussi parce que quand on a atteint la barre des 900 détenus et qu'on on a craint l'explosion, on a transféré une partie des détenus dans d'autres lieux d'enfermement. Le choix, décisif, d'une autre politique pénale reste donc à faire. Et les réflexes carcéromaniaques à défaire.         
          

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  • Massacre de "Charlie Hebdo" et du supermarché kacher : Les religions au banquet funèbre

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    Quelque chose nous dit qu'on va encore les voir défiler pendant des jours, les experts de l'islam, les experts de l'islamisme, les experts du terrorisme, les experts du terrorisme islamiste et les experts du contre-terrorisme. Sans compter une escouade de complotistes dénonçant la main du Mossad dans le carnage du magasin kacher et celles de la CIA, de la NSA et de la DGSE dans le massacre de Charlie Hebdo. Ne manquent que des experts des expertises. Mais depuis le temps qu'ils nous les gonflent, tous ces experts, nous qui ne sommes experts que de notre inexpertise, on se demande comment il se peut qu'il y ait encore des islamistes capables de discourir et des djihadistes en état de massacrer... et de nourrir les experts. Mais, tout contrits de briser la belle unanimité post-traumatique, on trouvera pire, et certainement plus pervers, et plus dangereux, que ce parasitisme des "experts" : celui des religions, s'invitant (ou étant invitées, ce qui sans doute plus navrant encore) au banquet funèbre des victimes d'un massacre commis au nom de l'une d'entre elle...

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  • Le rêve autoroutier-lacustre de la droite genevoise : Combler le lac, qu'on voie le parking !

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    Vous parler de la traversée autoroutière du Petit Lac genevois après le massacre parisien des porteurs de liberté, c'est sans doute une faute de goût. Et une absence coupable de sens des priorités. Mais quoi ? la bouffonnerie peut succéder à la tragédie sans l'effacer, et ayant revendiqué hier, d'autant plus fièrement qu'on ne risquait pas grand chose à le faire, le droit de dire et d'écrire ce qu'on voulait, comme on le voulait, quand on le voulait, on a du même coup revendiqué le droit d'écrire de ce qui n'importe pas le plus. Ne serait-ce que pour prendre date lorsqu'aucune cause plus exigeante ne nous requerra. Or donc, lundi dernier, la droite genevoise, avec le sens des priorités et des combats historiques qu'on lui connaît, a déposé une initiative populaire signée par un peu moins de 12'000 personnes, pour une traversée routière du Petit-Lac de Genève. Enthousiasme de la « Tribune de Genève » du lendemain : « on ne pouvait rêver mieux pour se remettre dans le bain en cette rentrée 2015 à Genève ». La « Julie » a les rêves qu'elle peut.

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  • Syriza au pouvoir le 25 janvier ? Mauvaise Grèce

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    Toute la gauche de la gauche en Europe (y compris les gauches des partis socialistes et sociaux-démocrates) a les yeux rivés sur la Grèce : le soleil de la renaissance politique d'un mouvement de masse porteur d'un projet de rupture avec le capitalisme va-t-il se lever sur l'Olympe ? L'émergence de Syriza en Grèce ou de Podemos en Espagne présage-t-elle de lendemains qui chantent l'« Internationale » en culbutant d'un même coup de pied au cul l'Union Européenne, la zone euro et le FMI ? Hellas, trois fois Hellas : D'une part, Syriza ne peut guère arriver au pouvoir que dans le cadre d'une coalition; d'autre part, elle ne propose plus ni que la Grèce sorte de l'Union Européenne, ni qu'elle sorte de la zone Euro. Enfin, le programme de Syriza est un vrai programme... social-démocrate de gauche...  Un succès de la « gauche de la gauche » grecque ne sera donc pas le séisme politique que feignent de conjurer les hiérarques européens et les gouvernants actuels de la Grèce.  Pour autant, il témoignera de l'essentiel : d'un refus de la résignation, et de la possibilité de dire ce refus autrement qu'en basculant à l'extrême-droite...

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  • « On a tué Charlie Hebdo » ? Eh bien non : « Nous sommes Charlie » !

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    Je suis Charlie.JPGAlbert Camus évoquait « ce droit au déshonneur dont Dostoïevski disait déjà qu'on est toujours sûr, l'offrant aux hommes, de les voir s'y ruer ». Ils furent trois à s'y ruer, hier, dans les locaux de Charlie Hebdo, abattant douze dessinateurs, journalistes, policiers...« On a tué Charlie Hebdo », beuglait après le massacre l'un des massacreurs, tout fier de son acte. Eh bien non : Des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de personnes, se sont rassemblées dans toutes les villes de France, et un peu partout en Europe (nous étions entre 500 et 1000, à Genève) pour dire « nous sommes Charlie ». Une journée de deuil national a été proclamée en France aujourd'hui, avec un hommage aux victimes du massacre. A Genève, à midi et demi, place Neuve, un rassemblement est organisé en soutien a Charlie Hebdo. Une grande marche de défense de la République et valeurs aura lieu à Paris, samedi. Et mercredi prochain, Charlie reparaîtra. On n'aura pas tué Charlie.

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  • Migrations : de « Mare Nostrum » à « Triton »...

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    harragas.jpgditerranée : tombeau ou barrière ?

    Depuis novembre, une nouvelle opération, « Triton » a été lancée en Méditerranée pour tenter (sans y parvenir) de contrôler la migration massive partant d'Afrique du nord et du Moyen et Proche Orient pour l'Europe. Confiée à « Frontex » l'agence européenne de surveillance des glacis de la «forteresse Europe», « Triton » remplace « Mare Nostrum », opération purement italienne qui avait permis de récupérer en mer plus de 150'000 migrants. «Triton» n'est pas ce qu'était « Mare Nostrum », une opération humanitaire de sauvetage des migrants en perdition dans le grand cimetière marin ou des milliers d'entre eux ont déjà sombré, « Triton » est une opération de surveillance des frontières : 20, pays y participent, mais les fonds qui lui sont alloués sont trois fois moins importants, le personnel qui lui est affecté quinze fois moins nombreux et elle mobilise deux fois moins de navires que « Mare Nostrum » par l'Italie seule. Il est vrai qu'il ne s'agit que d'immigrants. D'une quantité négligeable, donc. Du moins quand ils ont le bon goût de se noyer : quand ils atteignent les côtes européennes, ils ne sont plus négligeables, ils sont importuns. Comme si la Méditerranée ne pouvait être être pour les migrants qu'un tombeau ou une barrière. Ou l'un et l'autre.

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  • 2015, année politique... Des urnes et des burnes

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    2015 sera donc, nous annonce-t-on, une année « très politique » en nos contrées (et ailleurs). Forcément, on est d'accord, en mauvais lecteurs d'Aristote : politiques les années humaines le sont toutes, par nature humaine... Année politique, donc, et année d'élections, par conséquent. Mais seulement par conséquent : il n'y a pas que les élections, dans la vie politique. Alors, bien sûr que 2015 sera une année électorale, municipale et fédérale. Bien sûr qu'il va s'agir à Genève de maintenir et de renforcer les majorités de gauche en Ville et dans les villes, et en Suisse d'affaiblir la majorité de droite qui sévit au parlement et au gouvernement fédéraux. Mais les élections ne sont qu'une traduction -celle d'un rapport de forces sociales, qui, s'il aboutit dans les urnes, ne s'y construit pas. Parce qu'il se construit ailleurs, avant et autour. Et après. Au risque assumé (dans la honte) d'un machisme très ordinaire, on dira qu'avant et après les urnes, il y a les burnes. Celles qui sont supposées, métaphoriquement bien sûr, permettre d'accepter, voire de rechercher, le conflit, créateur de politique et dissolvant des connivences.

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